Textes d’Andrea Dworkin

Vous trouverez ici la liste des textes d’Andrea Dworkin traduits par la collective féministe TRADFEM. Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure des publications de nouvelles traductions. Vous trouverez également sous cette liste des articles relatifs à Andrea Dworkin et son oeuvre.

Andrea-Dworkin

Andrea Dworkin,

Fierté lesbienneLesbian Pride (1975)

« D’abord, cela signifie que j’aime, chéris et respecte les femmes de tout mon esprit, mon cœur et mon âme. Cet amour des femmes, c’est la terre dans laquelle ma vie est enracinée. C’est la terre de notre vie commune à toutes. C’est de cette terre que se nourrit ma vie. Partout ailleurs, je dépérirais. »

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La notion de supériorité biologique : un argument dangereux et meurtrierBiological Superiority: The World’s Most Dangerous and Deadly Idea (1977)

« Récemment, on a vu de plus en plus de féministes promouvoir des modèles sociaux, spirituels et mythologiques fondés sur une domination féminine ou un matriarcat. À mon sens, ces choix indiquent une conformité de base aux prémisses du déterminisme biologique qui sous-tendent le système social masculin. Séduites par une idéologie basée sur l’ascendant moral et social d’une biologie féminine distincte, en raison de sa familiarité émotionnelle et philosophique, attirées par la dignité spirituelle inhérente à un « principe féminin » (essentiellement défini par les hommes), et bien sûr incapables d’abandonner volontairement ou spontanément un engagement continu et séculaire à la grossesse comme acte créatif féminin par excellence, les femmes ont de plus en plus tenté de transformer l’idéologie même qui nous a réduites en esclavage en une célébration dynamique religieuse, psychologiquement impérative du potentiel biologique des femmes. »

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Interview à cranNervous Interview (1978)

« C’est d’ailleurs absolument remarquable que les hommes soient, à si peu d’exceptions près, aussi obsédés par le pénis. Je veux dire, s’il y a bien quelqu’un qui devrait être sûr de sa valeur dans une société axée autour du pénis, c’est bien celui qui détient le pénis. Mais un pénis par individu ne semble pas suffire. Je me demande combien de pénis par homme il faudrait pour les calmer. Eh ! On pourrait lancer un tout nouveau domaine d’intervention chirurgicale avec ça. »

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Une femme battue survitA Battered Wife Survives (1978, 1988, 1993)

« L’angoisse vient des souvenirs. Les souvenirs de terreur et de douleur insupportable peuvent s’emparer du présent, à n’importe quel moment, et y jeter des ombres si denses que l’esprit vacille, privé de lumière, et que le corps tremble, incapable de trouver une assise. Le passé nous rattrape littéralement, nous saisit, nous immobilise d’angoisse. Chaque année, à l’approche de mon anniversaire, je me souviens, involontairement, qu’à vingt-cinq ans, j’étais encore une femme battue, une femme dont la vie entière n’était que désespoir muet. »

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La nuit et le dangerThe Night and Danger (1979, 1988, 1993)

« La milice de la nuit – les violeurs et les autres hommes qui rôdent – a le droit de faire respecter les lois de la nuit : de traquer la femme et de la punir. Nous avons toutes été poursuivies, et beaucoup d’entre nous avons été attrapées. Une femme qui connaît les règles de la société civilisée sait qu’elle doit se mettre à l’abri de la nuit. Mais même lorsque la femme, comme une bonne fille, s’enferme à double tour, la nuit menace de faire intrusion. »

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Je veux une trêve de 24 heures durant laquelle il n’y aura pas de violI Want a Twenty-Four-Hour Truce During Which There Is No Rape (1983)

« Aujourd’hui, le mouvement des hommes laisse entendre que les hommes ne veulent pas le type de pouvoir que je viens de décrire. J’ai effectivement entendu des déclarations explicites à ce sujet. Et pourtant, vous trouvez toujours une bonne raison de ne rien faire contre ce pouvoir que vous avez. Se cacher derrière la culpabilité, c’est ma préférée. J’adore cette raison-là. Oh c’est horrible, oui, et je suis si désolé. Vous avez le temps de vous sentir coupable. Nous n’avons pas le temps que vous vous sentiez coupables. Votre culpabilité est une forme d’acquiescement à ce qui continue d’arriver. Votre culpabilité aide à maintenir les choses telles qu’elles sont. »

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Terreur, torture et résistanceTerror, Torture, and Resistance (1991)

« Nous vivons dans un monde où les hommes tuent des femmes et où les mobiles n’ont absolument rien de personnel. Comme le savent toutes les femmes présentes ici qui ont été violées ou battues. C’est l’une des expériences les plus impersonnelles qui puissent vous arriver. Vous êtes mariée. Vous vivez avec un homme. Vous pensez qu’il vous connaît et que vous le connaissez. Mais en fait quand il commence à vous faire mal, il le fait parce que vous êtes une femme. Pas parce que vous êtes la personne que vous êtes, qui que vous soyez. »

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Kate Millett, une grande figure de la pensée contemporaine, par Andrea Dworkin Andrea Dworkin on Kate Millett: Sexual Politics (2003)

« À mes yeux, personne n’est comparable à Kate Millett pour ce qu’elle a fait, avec ce seul livre. Il reste l’alpha et l’oméga du mouvement des femmes. Tout ce que les féministes ont fait est préfiguré, prédit ou encouragé par La politique du mâle. »

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Dworkin au podium


Textes sur Andrea Dworkin

Finn Mackay : Derrière le mythe

« Andrea Dworkin était et demeure un personnage légendaire du mouvement féministe. Il est malheureux que ce que la plupart des gens croient savoir à son sujet se résume à de la désinformation antiféministe.

J’ai rencontré Andrea pour la première fois à Brighton en 1996, lors d’une conférence internationale sur les violences faites aux femmes et leurs droits civiques (International Conference on Violence, Abuse and Women’s Citizenship). Puis, j’ai eu la chance de la croiser à deux autres occasions, et nous avons eu plusieurs conversations dont je chéris le souvenir. Je n’oublierai jamais son discours d’ouverture de la conférence de Brighton, que j’ai écouté parmi plus d’un millier d’auditrices toutes hypnotisées par l’honnêteté et la force du témoignage d’Andrea. Je n’oublierai jamais la passion qui animait ses paroles et la détermination claire et ferme qui sous-tendait sa voix basse, lente, chaude et mesurée. Elle ne mâchait pas ses paroles; la plupart de ses discours ont une intensité viscérale; ils désignent la souffrance physique des femmes et des enfants victimes de violence, ils soulignent le lourd héritage qui couvre de cicatrices le corps des personnes captives de la prostitution et de la pornographie.

Bien sûr, Andrea n’était pas étrangère à la violence elle-même, et ses paroles n’hésitaient pas à désigner la violence des hommes contre les femmes et à en documenter les crimes. Érudite, critique littéraire, théoricienne politique, poète, romancière et militante, elle a mis la violence masculine sur la carte et elle a passé sa vie adulte à se dévouer sans relâche à la défense des personnes victimisées. Bien que nous la connaissions surtout pour son travail infatigable de plaidoyer pour les femmes, l’on sait moins qu’elle avait aussi longtemps été active dans les mouvements contre le racisme et contre la guerre. »

Mickey Z. : Merci Andrea Dworkin

« En tant que personne qui a fui l’université pour plutôt entreprendre un long périple d’autodidacte radical engagé, je trouve tout à fait éclairant qu’il m’ait fallu aussi diablement longtemps pour enfin rencontrer le travail d’Andrea Dworkin.

La «gauche» parle souvent de la marginalisation des dissident.e.s, mais j’ai trouvé facilement et naturellement les écrits de Noam Chomsky, Assata Shakur, Howard Zinn, Guy Debord, Frantz Fanon, Arundhati Roy, Edward Said, Angela Davis, Emma Goldman, Ward Churchill, bell hooks, et beaucoup trop d’autres pour tous les citer ici. Par contre, il m’a fallu arriver en 2015 pour lire l’autobiographie de Dworkin,Heartbreak: The Political Memoir of a Feminist Militant – et il se trouve que c’est le livre le plus révolutionnaire que j’aie jamais lu. »

John Stoltenberg, Vivre avec Andrea

« J’avais 29 ans, au printemps 1974, lorsque, quittant à Greenwich Village une lecture de poésie devenue lourde de misogynie (une soirée de soutien à la War Resisters League, en plus !), j’ai croisé sur le trottoir Andrea, qui avait alors 27 ans. Elle avait quitté la salle pour la même raison. Nous avons commencé à parler, puis à aller au fond des choses – et notre conversation dure encore.

Andrea et moi avions déjà été présentés par un ami commun, metteur en scène, lors d’un meeting d’une nouvelle organisation, la Gay Academic Union. Sa première impression de moi – elle me l’a dit – était que j’avais l’air d’un blondinet des plages, trainard et pas très futé. Nous n’étions pas vraiment assortis.

Le premier livre d’Andrea, Woman Hating, parut ce printemps-là. »

John Stoltenberg, Mettre en scène les derniers mots d’Andrea

Un manuscrit, découvert après la mort d’Andrea Dworkin, écrit sur son viol sous drogue, est maintenant une pièce de théâtre. Son compagnon de vie explique pourquoi.

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Julie Bindel, Quelques leçons que pourrait inspirer Andrea Dworkin aux jeunes féministesWhat Andrea Dworkin, The Feminist I Knew, Can Teach Young Women (v.o.)

« Il ne fait aucun doute que la lutte féministe contre la violence sexuelle, conjugale et culturelle des hommes envers les femmes et les filles est une guerre sanglante et dangereuse. Mais dans les tranchées, Andrea n’oubliait jamais son savoir-vivre ou son humanité. Même si cela peut paraître un cliché, je dois dire que ce qui la nourrissait n’était pas la haine de son ennemi – la suprématie masculine –, mais l’amour pour l’idée d’un nouveau monde, dans lequel le sadisme sexuel était obsolète. »

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Meghan Murphy, Calomnier Andrea Dworkin après sa mort est de la pure misogynieMaligning Andrea Dworkin In Death Amounts To Little More Than Misogyny (v.o.)

« Je ne cesse jamais d’être étonnée que des gens pensent que le féminisme a pour objet de vilipender les hommes comme autant de violeurs brutaux. Le féminisme n’existerait pas sans la conviction des femmes que les choses peuvent être différentes – que les hommes peuvent être différents. Nous savons que la masculinité n’est pas innée et nous savons que les hommes n’ont pas besoin de violer et de frapper. Des hommes font ce choix. »

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Nikki Craft, Pour en finir avec quelques faussetés au sujet d’Andrea DworkinThe Lie Detector (v.o.)

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Samantha Berg, Je veux 140 signes qui mettront fin au violI Want 140 Characters Which Will End Rape (v.o.)

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