Graham Linehan: « Ne les laissez pas criminaliser l’approche thérapeutique »

Graham Linehan, scénariste-étoile au Royaume-Uni et militant pour les droits des jeunes face à l’idéologie transgenriste, signe un avertissement sur un projet de loi discuté demain au parlement britannique, et semblable à une loi similaire adoptée sans débat au Canada en décembre dernier.

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Thérapie de conversion : il est encore temps d’informer votre député.e des enjeux de la situation.

Publié il y a quelques heures

Lundi 13 juin, les député.es britanniques débattront des amendements à un projet de loi sur la thérapie de conversion. Ce projet de loi interdirait une série de techniques (dont la plupart sont déjà illégales) visant à « convertir » les lesbiennes et les homosexuels de leur attirance pour le même sexe.

Cela semble parfaitement correct, n’est-ce pas ? Après tout, il est prouvé que l’on ne peut pas réellement convertir les gens de leur attirance pour une personne qu’ils aiment, même si l’on peut les rendre extrêmement malheureux à ce sujet.

Mais le diable se cache dans les détails, comme l’Irlande l’a découvert en 2015 lorsque le soutien généralisé à l’égalité du mariage a été utilisé pour introduire l’auto-identification sexuelle sans débat public. L’amendement suggéré au projet de loi qui sera débattu lundi est tout droit sorti d’une stratégie politique qui consiste à attacher les exigences d’activistes trans à des changements populaires, mais sans rapport. Il s’agit d’ajouter au projet de loi en débat une interdiction de conversion de « l’identité de genre » d’une personne.

Cela inscrira pour la première fois dans la législature britannique le concept scientifiquement injustifié d’« identité de genre ». Des thérapeutes craignent que cet ajout interdise également toute exploration de ce qui peut pousser leur client à se sentir du mauvais sexe, pour le diriger directement vers le modèle de la « stricte affirmation », soit sa transition sociale, la prescription de bloqueurs de puberté et d’hormones de l’autre  sexe, et finalement l’intervention chirurgicale en direction du sexe opposé.

L’histoire de deux médecins

Pour comprendre les implications d’une telle interdiction de l’approche thérapeutique et voir ce que ce modèle de « stricte affirmation » signifie dans la pratique, il vaut la peine d’examiner de près l’histoire de deux médecins, tous deux signalés au General Medical Council pour leur traitement d’enfants qui s’interrogeaient sur leur sexe.

Dans le coin « Stricte Affirmation » : le gastro-entérologue retraité et copropriétaire des firmes GenderGP et MyWebDoctor, Michael Webberley.

Dans le coin « Parlons-en d’abord », le Dr Az Hakeem, qui est à la fois psychiatre et psychothérapeute qualifié. En tant que jeune chirurgien interniste, il a assisté à des interventions de chirurgie esthétique pour des opérations de « changement de sexe », comme on les appelait alors, et s’est inquiété de la santé mentale des patients en cause.

Le Dr Webberley et la transsexualité d’une enfant de neuf ans.

Vous ne le sauriez pas si vos informations proviennent strictement du journal The Guardian et de la BBC, mais le tribunal du General Medical Council chargé d’examiner l’aptitude à exercer du Dr Michael Webberley a conclu qu’il était imprudent, malhonnête et qu’il portait préjudice à ses  patients.

Parmi les pires exemples, citons le traitement d’une enfant désignée comme la « patiente V ». Ce cas mériterait de figurer dans tous les journaux télévisés et sur toutes les premières pages du pays. Il témoigne de la pourriture au cœur de l’idée de l’« enfant trans » et de ce que signifient réellement ce qu’on appelle les « soins affirmatifs ».

La « Patiente V » avait neuf ans lorsque ses parents ont contacté MyWebDoctor en se disant « désespérés » de lui faire prendre des bloqueurs de puberté le plus rapidement possible. GenderGP a répondu « très heureux de vous aider (pourquoi devraient-ils passer par la puberté aussi jeunes ?) il y a un long processus à suivre, qui va injecter les hormones, votre médecin traitant est-il d’accord ? L’infirmière du cabinet médical peut-elle faire les injections ou vous enseigner comment ? » Pas de questionnement, pas même un « oh, pourquoi cela ? », mais directement « Oui bien sûr : comment  voulez-vous l’intervention? »

Le Dr Webberley a ensuite envoyé aux parents un questionnaire servant à évaluer « l’identité de genre » chez les moins de 16 ans. Mais l’enfant ne l’a pas rempli : le tribunal a entendu que la mère a lu les questions à l’enfant et l’a rempli pour elle, sautant les questions à volonté si elle pensait qu’elles ne s’appliquaient pas.

S’en est suivie une  conversation par Skype avec l’enfant et ses parents – la première fois que Webberley a posé les yeux sur l’enfant de neuf ans. Il a conclu que tout allait bien et qu’il n’y avait « aucune raison de ne pas aller de l’avant » avec une prescription de bloqueurs de puberté et un plan pour aller plus loin, envoyant immédiatement un courriel aux parents pour discuter de la chirurgie.

Et voici le pompon : pendant cet entretien Skype, l’enfant N’A PAS DIT UN MOT. La mère a parlé pour elle tout au long de l’entretien et il semble que Webberley n’ait pas essayé une seule fois de parler directement à l’enfant, ou d’obtenir une réponse de sa part dans ses propres mots. Aucune tentative d’évaluer son état mental, ses capacités, son désir déclaré d’ « être un garçon » – pas même une tentative d’établir que l’enfant comprenait ce dont les adultes parlaient. (Plus tard, il y eut une séance de dix minutes où il a au moins été établi que l’enfant n’était pas muette).

Pourquoi cela n’a-t-il pas fait la une de tous les journaux du pays ?

Voilà ce que signifie le modèle d’affirmation. Dès le premier contact en ligne, tous les adultes entourant l’enfant – les parents, l’ami qui a accepté de lui injecter des bloqueurs de puberté pour eux (leur évitant ainsi d’avoir à se rendre dans un cabinet médical), et le gentil médecin à l’autre bout de Skype, n’ont cessé de l’affirmer. Non pas affirmer l’enfant, mais affirmer la nécessité du traitement.

Et comment va l’enfant V maintenant ?

Elle aurait environ 14 ans.

Comment va-t-elle ?

Avec un grand coup d’éclat, le journal populaire Pink News et le webcomic i-news, propriété des oligarques transgenristes, ont annoncé que le Dr Az Hakeem, un grand spécialiste du traitement de la dysphorie de genre chez les jeunes, venait d’être signalé au GMC pour « pratique de la thérapie de conversion ».

Cette dénonciation a été reprise avec joie et retweetée par Nancy Kelley, PDG de Stonewall, qui l’a explicitement reliée à la campagne politique visant à intégrer la « conversion des trans » au projet de loi interdisant les thérapies de conversion.

La cliente dans cette affaire, une femme transidentifiée connue sous le nom de « Lyle », avait 17 ans lorsqu’elle a soudainement annoncé à sa mère qu’elle était trans et qu’elle voulait changer de sexe.

La mère – qui a également été réprimandée dans le reportage pour avoir trouvé cette annonce bouleversante et pour avoir cherché des informations en ligne – l’a suppliée d’aller au moins consulter d’abord un conseiller.

L’adolescente ne pensait pas que c’était nécessaire. Il suffit sûrement de se déclarer « trans » pour que les drogues, la chirurgie et l’adulation suivent ? Mais une séance exploratoire en ligne a été réservée avec le Dr Hakeem.

Hakeem a demandé è la cliente ce qu’être trans signifiait pour elle, comment elle se sentait par rapport à son corps (réponse : « il n’y a rien de mal à cela mais ce n’est pas le mien »), et pourquoi elle pensait être trans (réponse : « parce que je suis trans »). « Lyle » a également prédit qu’elle n’aurait « pas beaucoup de problèmes à l’avenir » et a nié toute probabilité d’éprouver des regrets.

Poser de telles questions ouvertes a été décrit dans les articles comme étant « coercitif », « recourir à des stratégies de manipulation » et – triste révélation de l’état d’esprit de la pauvre Lyle – « le simple fait d’entendre cela l’influence ».

La séance a duré 25 minutes : assez longtemps pour que le Dr Hakeem se rende compte qu’il y avait peu de chances que lui et elle puissent travailler ensemble.

On pourrait penser que « Lyle » – qui ne pensait pas que la thérapie était nécessaire et qui était furieuse que sa mère l’ait suggérée – aurait été ravie que la séance se termine plus tôt. Mais non. Neuf mois plus tard, elle était toujours bouleversée et prête à prétendre qu’elle avait été torturée lorsqu’un journaliste de Pink News est venu fouiller.

Ce qui est en jeu – et ce que vous pouvez faire

Le bon sens l’a emporté cette fois-ci. Le GMC a radié Michael Webberley – bien que cela n’ait pas été rapporté par le Guardian et ne le sera probablement jamais – et a rejeté la plainte concernant le Dr Hakeem – bien qu’à ce jour, ni Pink News ni i-news, ni Stonewall ni Nancy Kelley, n’aient retiré leurs insultes ou corrigé le dossier. Les récits originaux sont toujours affichés sur leurs sites Web.

Si l’amendement est ajouté demain au projet de loi sur les thérapies de conversion, l’approche du Dr Hakeem sera criminalisée. Vous posez des questions ? Comment osez-vous !

L’approche Webberley deviendra obligatoire. Neuf ans et des problèmes… Trajet direct vers la médication pour vous, et avez-vous prévu votre opération ?

Et la médicalisation de la santé mentale des enfants se poursuivra.

Vous pouvez arrêter ce processus.

Écrivez à votre député.e pour lui demander de s’opposer à l’amendement – ou au moins, de ne pas le soutenir.

Faites-le maintenant. Il est encore temps.

Graham Linehan

Version originale : https://grahamlinehan.substack.com/p/dont-let-them-criminalise-therapy?s=r

Traduction : TRADFEM

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