Ce que les incels et les transactivistes ont en commun

Ils ont tous deux ont un dégoût viscéral pour les droits des femmes.
Julie Burchill, chroniqueuse
Spike, le 12 octobre 2022

En observant la mer d’hommes entourant les oratrices lors d’un événement Let Women Speak tenu à Brighton, Royaume-uni, le mois dernier, avec leurs sweats à capuche noirs, leurs cagoules noires, leurs lunettes de soleil noires, leurs bandanas noirs et – pour la touche finale de style – leurs gants noirs lestés (qui ont la même fonction que des poings américains), je me suis dit que ce n’était pas une coïncidence s’ils ressemblaient à des criminels cherchant à échapper à des caméras de surveillance. J’ai également été frappé par les points communs entre ces jeunes hommes et leurs prétendus ennemis de droite, les « incels » (« célibataires involontaires »). Les « Black Pampers », comme les a surnommés une féministe anonyme, veulent plus que tout empêcher les femmes de défendre leurs droits. Comme les incels, ces Antifas veulent revenir à une époque où être un homme signifiait automatiquement être au sommet de la hiérarchie, même s’il manquait cruellement d’autres qualités.

La principale cible de cette bande d’imbéciles était la figure en combinaison rose de Kellie-Jay Keen, créatrice de l’organisation Standing for Women et inventrice du slogan qui a défini les femmes comme des « femelles humaines adultes » et qui a dérangé tant d’ennemis de la réalité biologique. Le message de Keen est très simple. Il n’existe rien de tel que de « naître dans le mauvais corps ». Il existe un nombre infime de malheureuses personnes hermaphrodites mais l’essentiel du lobby trans est composé d’hommes hétérosexuels qui prennent plaisir à s’habiller en femme. Souvent, ce sont aussi des misogynes qui prennent plaisir à gâcher les espaces réservés aux femmes, qu’il s’agisse de toilettes ou de podiums sportifs. Il est dommage que l’ancien terme de « transsexuel » soit passé de mode, car la plupart de ceux qui se disent trans aujourd’hui sont simplement des travestis, ou mieux encore des « cross-dressers » – particulièrement irrités (autre sens de « cross ») en fait, dans le cas du contingent qui a sévi à Brighton.

Le physique de Keen (une Marilyn Monroe d’âge mûr ressemblant à la jeune Reine Elizabeth II) s’est avéré être une épine particulièrement acérée dans le pied de ceux qui la craignent et/ou la détestent. Pour reprendre un vieux cliché amusant, beaucoup d’hommes aimeraient être elle et beaucoup de femmes aimeraient être à ses côtés. Quant aux jeunes hommes qui lui hurlent leur haine, on ne peut que deviner le marasme de leurs émotions confuses.

Le média masculiniste Pink News s’est plaint d’une « forte présence policière » à la manifestation de Brighton, « les officiers gardant les manifestantes et les contre-manifestants séparés ». Le réalisateur de films transgenres Fox Fisher a estimé que la police véhiculait le message qu’elle « protégeait les TERF et leur droit de dire des choses haineuses et blessantes… Un transphobe avait une interaction directe avec un défenseur des droits des transgenres, échangeant des insultes comme autant de revers au tennis, la police formant le filet entre les deux adversaires ». Des policiers en gardiens de la paix – quelle audace!

Les oratrices ont conservé la parole, malgré les contre-protestataires. Elles ont partagé leurs expériences de violences et d’agressions sexuelles, ainsi que leurs expériences d’avoir été boycottées et licenciées simplement pour avoir cru que les droits des femmes méritaient d’être protégés. La bonne humeur de ces femmes était remarquable – n’eût été des bombes fumigènes que les Hommes en Noir nous lançaient, cela aurait pu être une journée de travail en plein air. J’ai aperçu des femmes de tous âges et de toutes origines ethniques, beaucoup de lesbiennes, quelques jolis couples hétérosexuels et des hommes sympathiques. Et de l’autre côté, un flot continu de haine envers notre désobéissance civile.

Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que l’habit des Men in Black était la seule chose qu’ils avaient de noire. Pour paraphraser Jon Snow lors d’un rassemblement sur le Brexit, je n’avais jamais vu une foule aussi uniformément blanche de toute ma vie, ce qui semblait les rendre encore plus furieux contre les personnes de couleur rangées à nos côtés. Les femmes portant des t-shirts lesbiens ont été traitées de « freaks » (monstres). Une femme en scooter d’handicapée a été encerclée et menacée. Mais la folie du camp adverse a vraiment atteint son paroxysme lorsqu’une travailleuse sociale attachée au député de Brighton, Lloyd Russell-Moyle, a accusé un père soutenant la liberté d’expression d’élever son bébé pour en faire un fasciste.

Les Black Pampers se considèrent comme étant de gauche, mais j’ai participé à suffisamment de piquets de grève et de défilés de protestation au cours de ma vie (mon père était communiste et militant syndical) pour savoir que ce n’est pas la manière habituelle dont les hommes de gauche se comportent. L’une des premières attaques de transactivistes contre une femme de notre pays a eu lieu lorsqu’une grand-mère de 60 ans, Maria MacLachlan, a été agressée par un homme de 25 ans à Speakers’ Corner à Hyde Park en 2017. Un an plus tard, l’agresseur, qui se fait appeler « Tara the TERF Slayer », aurait été accompagné au tribunal par d’autres hommes en noir, trois chiens de combat (dobermans et mastiffs) et « une énorme sono diffusant du death metal ». Le machisme de tout cela était palpable », a noté Jen Izaakson dans le blog Feminist Current.

Il est évident qu’il s’agit de jeunes hommes très en colère – mais plutôt que d’être en colère contre la société, ils sont en colère contre les femmes. Dans la chambre d’écho fétide qu’ils habitent, ils passent de l’université au squat et à des incidents de trouble de l’ordre public sans acquérir la moindre sagesse, mais en restant dans un état de colère adolescente. L’une des banderoles que j’ai vues à Brighton – avec l’inscription « COMMUNITY DEFENCE » à côté du dessin d’un cocktail Molotov – aurait pu être réalisée par un enfant d’école primaire particulièrement perturbé.

La brigade des Black Pampers en sait au moins assez long pour ne pas exprimer directement son dégoût du féminisme. Mais elle l’exprime de bien d’autres manières, depuis le slogan répété de « Vous n’êtes pas de vraies féministes » lancé à l’encontre des TERF (le vrai féminisme signifiant apparemment qu’il faut laisser les hommes faire tout ce qu’ils veulent) jusqu’à la diabolisation des belles couleurs des suffragettes – au point qu’une Écossaise a été arrêtée pour avoir affiché un ruban vert, blanc et violet sur Twitter parce qu’une activiste transgenre particulièrement cinglée a dit s’être sentie « menacée » par un « nœud coulant ».

Les propos d’un étudiant en études de genre de la London School of Economics, Matt Thompson, ont été mis en lumière il y a un an par le média Sex Matters. Ils sont revenus à l’avant-scène la semaine dernière lorsque l’un des professeurs de Thompson, un certain Jacob Breslow, a démissionné de son poste d’administrateur de l’organisation caritative transgenre Mermaids, pour avoir donné une conférence pour une organisation de « soutien aux pédophiles ». Thompson avait écrit dans une dissertation scolaire : « Si les TERF pensent que les trans sont une menace endémique pour le féminisme, soyons cette menace pour le féminisme… Imaginez ceci : Je tiens un couteau sous ta gorge et je crache ma transidentité dans ton oreille. Est-ce que ça t’excite ? Tu as peur ? Putain, j’espère que oui. » Au lieu d’être ridiculisé comme un pornographe bas du front, Thompson a été invité à présenter le même article lors d’une conférence de ce département des études de genre.

Comme les incels, les Black Pampers semblent outrés que les femmes puissent généralement choisir avec qui elles ont des rapports sexuels – et que les lesbiennes, en particulier, souhaitent les exclure. C’est pourquoi les hommes qui s’identifient comme des lesbiennes sont obsédés par ce qu’ils appellent le « plafond de coton » et qu’ils tentent d’envahir les applications de rencontres lesbiennes. Le fait que des femmes « refusent partager » ce domaine des plus intimes les a infectés d’une rage moralisatrice qui est plus qu’affreuse à constater.

Souvenez-vous-en la prochaine fois que les Hommes en Noir se qualifieront de révolutionnaires. Grattez un Antifa et vous trouverez un Incel, des frères d’armes à l’assaut des femmes indisciplinées.

Julie Burchill est une chroniqueuse de Spiked. Son livre, « Welcome To The Woke Trials : How #Identity Killed Progressive Politics », est publié par Academica Press.

Version originale: https://www.spiked-online.com/2022/10/12/what-incels-and-trans-activists-have-in-common/

Traduction: TRADEM

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