La disgracieuse campagne de diffamation menée contre l’Alliance LGB

Par Brendan O’Neill, dans The Spectator, le 27 novembre 2020

En Grande-Bretagne, en 2020, un groupe de défense des droits des homosexuels et des lesbiennes est traqué pour avoir osé promouvoir les vertus de l’attirance de même sexe. Des foules de personnes en colère tentent de le détruire. Elles l’ont qualifié de haineux, de dégoûtant, de dangereux. Elles ont même essayé de le pousser à la faillite. Pour le « crime » consistant à dire qu’il est bien que des gens du même sexe soient attirés les uns par les autres, ce groupe est devenu la cible d’une des campagnes les plus destructrices de l’année.

Seulement, ce ne sont pas des homophobes à l’ancienne, avec leurs permanentes teintes en bleu et leurs crucifix, qui font la guerre à cette organisation de défense des droits des homosexuel-le-s;c’est le contingent de la rectitude politique, des gens qui se disent de gauche. Il s’agit de commentateurs, de transactivistes et d’autres personnes qui se targuent d’être progressistes et équitables. Ceux qui auraient pu être autrefois des fondamentalistes brandissant la Bible ou des skinheads homophobes sont aujourd’hui des gens de la génération du Millénaire, qui se disent conscientisés.

Le groupe ainsi visé est l’Alliance LGB. Quiconque pense que la culture de l’annulation n’existe pas, que c’est un mythe inventé par des idéologues culturels de droite, devrait mener une recherche internet sur la « LGB Alliance ». La haine déployée envers cette organisation est intense. Les efforts multipliés pour la discréditer – en la qualifiant de « groupe haineux », en la privant de toute possibilité de collecter des fonds et en la privant de l’oxygène de la publicité – échappent à tout contrôle

Le crime de cette organisation? Elle se montre sceptique quant à certaines revendications des transactivistes. C’est pourquoi il n’y a pas de « T » dans son acronyme. Son but est de protéger et de promouvoir les intérêts des personnes attirées par les gens de leur sexe, c’est-à-dire les lesbiennes, les gays et les bisexuels, et elle estime donc que la réalité du sexe est une chose cruciale. Comme l’indique son site web, « nous pensons que le sexe biologique est observé dans l’utérus et/ou à la naissance et qu’il n’est pas assigné ». Elle estime également que les croyances idéologies actuelles en matière de genre – comme la fluidité du genre, le sexe en tant que « sentiment éprouvé », l’idée qu’un homme qui s’identifie comme femme peut être une lesbienne, etc. – sont « de la pseudo-science ».

La principale raison pour laquelle l’Alliance LGB rejette le « T » du transgenrisme est qu’elle estime que le culte de la fluidité du genre entraîne un risque pour les droits des personnes attirées par les gens de leur sexe. Par exemple, si des personnes ayant des organes masculins peuvent s’identifier comme lesbiennes – ce qu’elles peuvent faire, et font souvent -, cela réduit l’espace pour les véritables lesbiennes (les femmes attirées par des femmes) qui souhaitent exprimer leurs préoccupations et leurs intérêts. C’est pourquoi un groupe de lesbiennes intitulé « Get the L Out » a pris d’assaut la tête du Défilé de la fierté gaie à Londres en 2018 – pour sensibiliser les gens au risque d’effacement des lesbiennes si les hommes nés de sexe masculin peuvent également se dire lesbiennes.

Pour avoir soulevé ces préoccupations sur les nouvelles idéologies du genre – de façon polie et au plan intellectuel – l’Alliance LGB a été l’objet d’une agression collective débile. Il y a eu une nouvelle explosion de haine contre le groupe cette semaine. Le magazine gay Boyz a été la cible d’un mépris viscéral pour avoir osé retweeter les propos coupables de l’Alliance LGB sur son fil Twitter. Boyz a été confronté à une « réaction brutale », a déclaré avec délectation le média Pink News. Boyz a répondu en suggérant que les gens ne devraient pas sauter aux conclusions sur l’Alliance LGB et que nous devrions « les écouter ». Cela n’a fait qu’empirer les choses. Écouter quelqu’un ? Ce n’est pas ce qui se fait à l’époque de la culture de la suppression. Nous réduisons les gens au silence, plutôt que les écouter.

On a bientôt vu des foules de gens prendre pour cibles les entreprises qui achètent de la publicité dans Boyz ou qui distribuent ce magazine maléfique. Et ces efforts pour mobiliser le pouvoir du capital afin d’étouffer un magazine gay ont été couronnés de succès. Le mouvement de la Fierté Gaie s’est dissocié de Boyz. La taverne Vauxhall a dit qu’elle ne le stockerait plus. Finalement, le magazine a été défait par ce mouvement de foule. Il s’est excusé auprès de « tous nos lecteurs, sites et annonceurs pour la publicité que nous avons donnée à l’Alliance LGB ».

Il y a une odeur de néo-stalinisme dans tout cela. Une publication a été essentiellement mise sur la liste noire pour avoir exprimé un point de vue contraire à la nouvelle orthodoxie. Elle a été forcée à reculer de façon très publique pour tenter de protéger son entreprise et les emplois de son personnel de la foule impitoyable. Tout cela pour avoir parlé d’un groupe qui a la témérité d’exercer sa liberté d’association pour promouvoir les intérêts des lesbiennes, des gays et des bisexuels plutôt que ceux de n’importe qui. Par le passé, ce sont des homophobes hystériques qui auraient tenté de révoquer la liberté d’association des gays et des lesbiennes ; aujourd’hui, c’est le contingent politiquement correct.

L’Alliance LGB a également été empêchée de collecter des fonds. Ses détracteurs ont réussi à la faire chasser des sites web JustGiving et GoFundMe. L’une des fondatrices de l’Alliance LGB – la téméraire avocate et défenderesse des droits des homosexuel-le-s. Me Allison Bailey (photo) – fait l’objet d’une enquête de son cabinet pour « transphobie ». Le message est clair : si vous osez remettre en question l’orthodoxie, si vous parlez de sexe plutôt que de genre, si vous pensez que les lesbiennes sont des femmes, alors on vous écrasera.

Les gens utilisent souvent à tort le mot « fanatisme » (bigotry). Selon le dictionnaire anglais Oxford, ce mot désigne « l’intolérance envers les personnes qui ont des opinions différentes des siennes ». Alors, dites-moi, qui sont les vrais fanatiques dans la croisade délirante menée contre l’Alliance LGB ? Est-ce L’Alliance elle-même, pour avoir simplement parlé de la réalité du sexe et de l’attirance envers le même sexe ? Ou sont-ce les foules furieuses des imprécateurs qui font tout ce qu’ils peuvent pour humilier et pour silencier cette organisation ? Je pense que nous connaissons la réponse.

Version originale : https://www.spectator.co.uk/article/the-disgraceful-crusade-against-the-lgb-alliance/amp?

Traduction : TRADFEM

Brendan O’Neill est rédacteur-en-chef du média en ligne Spiked.

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