La guerre transgenriste menée contre les femmes

L’Equality Act sacrifie la sécurité des femmes dans les salles de bain, les vestiaires et les refuges pour victimes de violence conjugale.

 

Tribune d’Abigail Shrier, Wall Street Journal, le 26 mars 2019

Il est devenu justement à la mode de ridiculiser l’idée d’« espaces sûrs », des endroits où certains adultes peuvent se cacher et bouder comme des enfants pour éviter les idées qu’ils trouvent menaçantes. Mais les femmes ont besoin d’espaces sûrs réels, non pas à l’abri de défis intellectuels, bien sûr, mais en regard de menaces physiques réelles de violences de la part des hommes. C’est un fait biologique que la plupart des femmes sont physiquement désavantagées face aux hommes. Ceux-ci sont plus forts et plus rapides que nous, bien que nous soyons mieux à même de tolérer la douleur et avons tendance à vivre plus longtemps.

Les démocrates de la Chambre des représentants américains ont présenté ce mois-ci un projet de loi qui proscrirait les espaces sûrs pour les femmes.

L’Equality Act (Loi sur l’égalité) – ainsi appelée parce que, pour dire les choses charitablement, les démocrates excellent dans la création d’images de marque – prétend simplement étendre aux personnes gaies et transgenres la protection de la Loi sur les droits civiques de 1964. Dans la mesure où elle interdirait aux propriétaires d’expulser des locataires et aux employeurs de congédier des employé·e·s en raison de leur orientation sexuelle, cette loi vient combler une nécessité de longue date.

Mais le projet de loi va beaucoup plus loin en proposant d’interdire toute discrimination fondée sur ce qu’elle appelle l’« identité de genre ». Cette revendication fait directement concurrence aux droits fondamentaux des femmes et des filles. En effet, en vertu de la Loi sur l’égalité, tout homme biologique disant « s’identifier comme femme » aurait le droit d’entrer dans les toilettes des femmes, leurs vestiaires et les établissements dédiés à leur protection, tels que les refuges pour femmes victimes de violence conjugale. Cela exposerait les femmes et les filles à des risques immédiats de violence physique.

Comme les tribunaux interprètent généralement le titre IX des Amendements de 1972 relatifs à l’éducation conformément aux dispositions de la Loi de 1964 sur les droits civiques, toute modification de cette dernière modifierait le sens donné à la première. Les garçons biologiques disant s’identifier comme filles obtiendraient instantanément le droit de concourir au sein d’épreuves féminines dans l’ensemble des 50 États. Ce serait la fin des discussions démocratiques sur les accommodements, les intérêts divergents, les sacrifices et l’équité. Fini le débat quant à savoir si nous devrions vraiment permettre que les bourses d’études et les trophées des filles soient décernés à des athlètes masculins qui n’ont pas réussi à exceller dans les équipes masculines. Plus de débat quant à s’il est équitable de permettre, comme nous l’avons fait, à des hommes biologiques de remporter des championnats d’haltérophilie, de cyclisme, de lutte et de course à pied contre des femmes et des filles. Ces discussions publiques émergentes seraient refoulées à jamais dans un coffre-fort verrouillé par des droits civiques.

Si les femmes ont hésité à tenir tête à ces intrusions dans leurs droits chèrement acquis, c’est en partie parce qu’elles sont gênées de reconnaître nos différences biologiques, que certaines féministes de premier plan nient depuis des années. Mais les femmes sont biologiquement différentes des hommes, comme en témoignent d’emblée les chromosomes de chaque cellule de notre corps. (Comme il est absurde qu’il faille le souligner.) Et une source de beaucoup de nos différences physiques réside dans nos glandes.

Les garçons vivent, au moment de la puberté, une poussée de testostérone qui est de 10 à 40 fois supérieure à celle des filles, ce qui leur confère des avantages physiques à vie en termes de masse musculaire beaucoup plus importante, de densité osseuse, de fibres musculaires à détente plus rapide, de coeurs et de poumons plus gros – toutes choses qui leur procurent un avantage absolu et irréductible aux plans de la force et de la vitesse.

Tant que les femmes disposaient de leurs propres espaces dédiés, de tels désavantages n’avaient pas beaucoup d’importance. Mais cela pourrait bientôt changer. Non pas parce que les femmes et les hommes ont changé, mais parce que la gauche progressiste s’est soudainement empressée de dépouiller les filles et les femmes de ressources distinctes, sacrifiant leurs droits au profit d’un groupe situé un cran ou deux plus haut dans la hiérarchie intersectionnelle. Comme me l’a dit Kara Dansky, directrice des médias du WOmen’s Liberation Front*, la Loi sur l’égalité éliminerait « les femmes et les filles en tant que catégorie juridique cohérente digne de protection de ses droits civiques ». Elle le ferait en redéfinissant la catégorie des « femmes » pour y inclure les « les femmes et ceux qui se disent femmes », c’est-à-dire les femmes et des personnes qui ne sont pas du tout des femmes.

Les activistes réfutent généralement cet argument en affirmant que les hommes ne se feraient pas passer pour des hommes-qui-croient-être-des-femmes à moins d’en être sincèrement convaincus. Il y a trop de tabous, et la vie de transgenre est trop difficile pour que quiconque veuille la simuler, affirment-ils. Mais en vertu de la Loi sur l’égalité, se faire passer pour transgenre serait parfois rationnel.

Il n’est pas difficile pour d’imaginer un homme condamné à une peine de prison qui se rebaptiserait « Sheila » afin de choisir un pénitencier féminin. Cela ne surprendrait personne non plus si des violeurs commençaient à « s’identifier » comme femmes – aucune modification physique n’étant nécessaire pour changer d’identité de genre – afin d’acquérir libre accès aux salles de douche des femmes. Quel pédophile ne voudrait pas avoir accès à des toilettes de filles ? Et beaucoup d’hommes biologiques dépourvus d’endroit où dormir préféreraient les confins plus calmes et accueillants d’un refuge pour femmes battues aux locaux louches d’un refuge pour sans-abri masculins.

Existe-t-il des personnes transgenres sincères qui devraient être hébergées dans des installations appropriées ? Bien sûr que oui. Mais leur besoin, aussi réel soit-il, ne justifie pas qu’on leur transfère d’emblée les droits chèrement acquis des femmes et des filles. Aucun sacrifice comparable n’est demandé aux garçons et aux hommes, qui sont peu susceptibles de se sentir menacés par la présence d’une femme biologique dans une salle de toilettes. Aucun athlète masculin de haut niveau n’est susceptible de perdre des compétitions au profit de femmes biologiques concourant en tant qu’hommes. Seules les femmes sont amenées à se sacrifier au nom de cette nouvelle « égalité ». Et ce que les femmes et les filles sont contraintes d’abandonner n’est pas un privilège injuste, mais un facteur de nivellement dont elles ont besoin.

Il est peu probable que ce projet de loi soit adopté tant que les républicains contrôleront le Sénat ou la Maison-Blanche. Mais ce n’est pas la première fois que les démocrates présentent la Loi sur l’égalité, et ce ne sera pas la dernière. C’est une proposition qui mérite d’être analysée avec soin parce qu’elle donne un aperçu de la volonté de la gauche de sacrifier les femmes et les filles à des loups habillés en moutons – transgenres ou non – qui en abuseraient.

Version originale : https://www.wsj.com/articles/the-transgender-war-on-women-11553640683
Traduction: TRADFEM

WOLF logo  *Groupe Facebook de WOLF, consacré à cet enjeu: https://www.facebook.com/We-demand-sex-segregated-safe-womens-spaces-1415911515364716/

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