La préférence de genre n’a pas sa place sur un certificat de naissance

par Meghan Murphy, Unherd.com, 24 septembre 2018

Les nouvelles pièces d’identité  «non binaires» adoptées à New York perdent de vue la réalité du sexe biologique.

Un projet de loi autorisant les individus qui s’identifient comme «non binaires» à remplacer le sexe figurant sur leur certificat de naissance par un «X» a été autorisé la semaine dernière par le conseil municipal de New York. Le porte-parole du conseil municipal, Corey Johnson, qui a présenté le projet de loi avec le maire Bill de Blasio, a déclaré que cela «rendra les certificats de naissance de New York plus inclusifs pour tous et signalera clairement au monde que l’administration new-yorkaise a à coeur les intérêts de tous».

Le discours progressiste du moment a déterminé que tout doit être «inclusif» de tout le monde – mais en réalité, ce changement est à la fois inutile et dénué de sens.

Toby Adams, directeur exécutif du Projet de Reconnaissance Intersex et Genderqueer et défenseur du projet de loi, a affirmé qu’il était nécessaire pour que «les personnes dont le genre est non binaire, ni masculin ni féminin… obtiennent un certificat de naissance précis» afin de valider «leur réalité».

Cependant, l’objectif d’un certificat de naissance n’est pas d’enregistrer les sentiments d’un adulte à propos de son genre, ni la conformité de sa personnalité à la compréhension de la masculinité et de la féminité par la société – il est d’enregistrer le sexe biologique d’un bébé. Que ce bébé suive plus tard un cours en études de genre ou pas, n’a aucune conséquence sur son corps physique.

Adams a également affirmé que si un certificat de naissance «indique le mauvais genre, vous devez mentir chaque fois que vous remplissez un formulaire qui nécessite la présentation de votre certificat de naissance – en vous inscrivant à l’école, pour obtenir une carte d’“identité réelle”, pour voyager».

Encore une fois, il ne s’agit pas de cela. Le genre n’est pas la même chose que le sexe, et les sentiments d’un individu à propos de son genre ne changent pas son sexe biologique. Les défenseurs de ce type de changement de politique ne semblent pas comprendre que le genre désigne simplement les construits sociaux de ce que signifie être un homme et une femme. Selon le genre, un homme devrait être un fan de football, dominant, impassible et aventurier, tandis qu’une femme devrait une pleurnicheuse, polie, maternelle et délicate, avec un profond désir de porter des chaussures inconfortables et de se raser les poils pubiens.

Le sexe, en revanche, est biologique, généralement déterminé par l’anatomie reproductive d’une personne. À moins qu’ils soient nés avec une condition d’intersexualité rare, les hommes ont un pénis et produisent du sperme, tandis que les femmes ont un vagin et un utérus et produisent des ovules.

Ce qui est encore plus troublant ici est le fait que la réalité matérielle du sexe biologique, qui ne peut être modifiée sur la base de sentiments, de la politique ou de déclarations, est présentée comme un «mensonge», alors que les sentiments personnels de chacun à l’égard du genre sont considérés comme une vérité objective et indiscutable, à tel point que nous envisageons de modifier les archives et les données officielles de l’État.

“Mégenrer” un individu, par exemple parler d’un homme en disant “lui” alors qu’il préfère être appelé “elle”, est maintenant considéré comme un crime de haine. Et non seulement des gens prétendent-ils pouvoir changer de sexe, et que tout le monde autour d’eux doit jouer le jeu, mais les individus qui estiment ne pas correspondre au stéréotype du masculin ou du féminin s’identifient maintenant comme «non binaires».

Tout cela irait bien – les identités personnelles des gens sont, après tout, leur affaire privée – à l’exception de deux défauts flagrants de cette argumentation.

Tout d’abord, l’idée qu’une personne peut être non binaire suppose que tous les autres sont, d’une manière ou d’une autre, binaires en termes de genre. Mais personne au monde ne correspond à tous les stéréotypes de genre. Je n’aime pas le rose, je ne suis pas maternelle, j’aime roter et jurer beaucoup plus que de porter des talons aiguilles. Est-ce que cela signifie que je ne suis pas une femme? Bien sûr que non. Cela signifie que je suis une femme avec une personnalité. Et je n’ai jamais ressenti le besoin d’exprimer cette personnalité sur ma carte d’identité.

Deuxièmement, reconnaître qu’une personne est un homme ou une femme n’est ni une insulte ni une opinion – c’est un fait. Et un fait important. Les femmes et les hommes ont des corps et des besoins en matière de santé très différents. La grossesse est une différence évidente, nécessitant des soins de santé spécialisés, mais il existe beaucoup d’autres différences. Les maladies cardiovasculaires, par exemple, sont la principale cause de décès chez les femmes dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Canada et au Royaume-Uni, en partie parce que les symptômes et les traitements de ces maladies ont été testés principalement chez les hommes. Comme nos cellules sont sexuées, les maladies, les traitements et les produits chimiques affectent différemment les hommes et les femmes.

Indépendamment de la manière dont vous souhaitez vous identifier, les scientifiques et les médecins doivent connaître le sexe réel des personnes pour pouvoir les traiter correctement et mener des recherches efficaces.

Bien entendu, rien de tout cela ne signifie que nous ne devrions pas remettre en question l’identité que dicte la société aux femmes et aux hommes.  La pression pour rester dans le carcan social rigide de la masculinité ou de la féminité nous a toutes et tous blessés – il est difficile, voire impossible de satisfaire à ces exigences. Mais cela ne nous oblige pas à rejeter en même temps notre sexe biologique.

Il serait beaucoup plus progressiste de dire: «Oui, je suis une femme. Non, cela ne signifie pas que je suis  intrinsèquement soumise », ou « Oui, je suis un homme, mais cela ne signifie pas que je suis intrinsèquement agressif ». Les certificats de naissance, ou d’autres documents d’identification officielle, ne sont toutefois pas l’endroit où exprimer ces opinions.

Meghan Murphy

Version originale: https://unherd.com/2018/09/gender-preference-no-place-birth-certificate/

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