De l’importance de ne pas relooker la prostitution en « travail du sexe »

« L’expression de « travail du sexe » n’est pas neutre : elle traîne derrière elle ses présupposés politiques tacites, aussi sûrement que toute autre alternative. Lorsque nous parlons de « travail du sexe », nous approuvons l’idée que le sexe est un travail pour les femmes et un loisir pour les hommes – des hommes qui ont le pouvoir social et économique d’agir comme une classe patronale en matière de rapports sexuels. Et ce qui est le plus accablant, c’est que nous acceptons que le corps des femmes existe en tant que ressource à utiliser par d’autres… »

Keira Bell : « Mon corps n’était pas le problème »

Aujourd’hui âgée de 23 ans, Keira a intenté et remporté un recours judiciaire contre la clinique Tavistock et Portman et la Fondation du National Health Service, responsable de son traitement. La clinique Tavistock du GIDS continue de diagnostiquer une « dysphorie de genre » chez des centaines de mineur.e.s. La plupart de ces enfants sont des filles, aussi confuses que l’était Keira pendant son adolescence. Keira affirme aujourd’hui que les enfants éprouvant une dysphorie de genre qui s’adressent à la clinique ont besoin d’un meilleur accompagnement, et non d’une « confortation » qui les oriente automatiquement vers les inhibiteurs de puberté et les hormones de substitution.

Entretien avec Rebecca Mott, femme sortie de la prostitution

 »(,,,) L’abolition est toujours ancrée dans la restitution de leurs droits de la personne et de leurs voix aux personnes réduites au silence et opprimées. Cela signifie qu’il faut s’attaquer à ceux qui sont au pouvoir – c’est donc toujours de l’anticapitalisme et de l’antipatriarcat. Les problèmes surviennent quand les voix des opprimées sont tenues pour une valeur symbolique faites pour être symboliques ou réduites au silence. Cela est courant dans les grands groupes abolitionnistes, souvent influents, où les femmes sorties du milieu sont utilisées et jetées, traitées comme des actrices sous-humaines et non comme des êtres humains à part entière.(…) »

Un nouveau livre explique les raisons pour lesquelles les femmes sont blâmées pour tout.

« Les résultats de cette enquête sont déprimants mais révélateurs, dit-elle. J’ai été surprise de voir combien d’hommes et de femmes adultes pensaient qu’il était normal d’avoir des relations sexuelles avec une femme pendant son sommeil. Dans ce scénario, 20 % des personnes interrogées ont déclaré que si un homme a des relations sexuelles avec une femme endormie, c’est de sa faute à elle… »