Comme Posie Parker et moi l’avons appris, les transactivistes extrêmes préfèrent l’intimidation à la raison.

J’ai été victime de harcèlement, de piquetage, de calomnies et de menaces de viol et de mort pour avoir défendu les droits des femmes.

Julie Bindel, The Telegraph, 30 mars 2023

Le week-end dernier, la militante des droits des femmes Kellie-Jay Keen, également connue sous le nom de Posie Parker, a été encerclée lors d’une conférence en Nouvelle-Zélande par un groupe de transactivistes enragés. Un manifestant a jeté de la sauce tomates sur Kellie-Jay et, alors qu’elle quittait la scène, une foule enragée lui a hurlé des jurons au visage. Sa conférence a été annulée et Mme Keen a depuis révélé avoir craint pour sa vie. Les images de cette agression sont troublantes et bouleversantes, mais elles ne m’ont pas étonnée.

En regardant l’enregistrement, j’ai vu des personnes qui cherchaient à intimider et faire taire des femmes dissidentes, et non des « alliés des trans » luttant pour « l’égalité des transgenres ». Ces transactivistes extrémistes répètent souvent le mantra « les mots sont de la violence » en réponse aux contestations d’éléments de leur idéologie, telles que le prétendu « mégenrage ». Pourtant, les images diffusées de cette manifestation montrent clairement ce qu’est de la véritable violence, et il ne s’agit pas d’un simple désaccord.

Je soutiens pleinement le droit de manifester, et j’ai personnellement exercé ce droit à de nombreuses reprises au cours de ma vie, mais ces transactivistes extrêmes font tout en leur pouvoir pour saper la démocratie. Ils refusent tout désaccord sur leur enjeu central de « droits » propres aux trans. Et, à constater la rage déclenchée par la vue de banderoles et de pancartes affichant des vérités aussi simples que « Femme = Femelle humaine adulte », je constate que le véritable enjeu est la haine de certains hommes à l’égard de femmes qui s’expriment. 

Cette situation épouvantable n’est pas le fait d’une poignée d’hommes qui en auraient décidé ainsi. Ils ont été soutenus par une portion bien plus vaste de la société. Au Royaume-Uni, les hommes politiques, les décideurs et d’autres responsables institutionnels se conforment aveuglément depuis longtemps à la ligne idéologique du transextrémisme. Ils portent la responsabilité d’avoir contribué à porter la situation actuelle à un point d’ébullition.

Je suis la cible de transactivistes depuis 2004, pour le crime d’avoir rédigé un article sur l’importance de maintenir des centres d’aide aux victimes de viols au personnel strictement féminin. Un transfemme avait intenté un procès à un de ces centres, l’immobilisant dans de nombreuses années de litiges coûteux. J’ai soutenu que les victimes de viol avaient le droit de bénéficier de services non mixtes et que les transhommes pouvaient créer leurs propres centres, tout comme les femmes l’avaient fait au départ.

Depuis ce jour, j’ai dû subir du harcèlement, du piquetage, des calomnies et des menaces de viol et de mort. Des transactivistes m’ont suivie partout lorsque je prenais la parole lors d’événements publics sur la violence masculine à l’égard des femmes et des filles, en criant leur slogan « droits des transgenres » alors que je n’abordais même pas cette question.

Au fil des ans, j’ai vu des hommes politiques se plier en quatre pour tenter d’apaiser cette horde, en assistant gaiement à des cérémonies de remise de prix organisées par des publications dites LGBTQ+ telles que Pink News et en payant le lobby Stonewall pour se faire dicter l’utilisation correcte de pronoms dans leurs courriels ou pour leur vanter l’importance d’espaces mixtes.

Chacun des grands partis politiques britanniques a cédé à l’exigence de traiter les transfemmes comme des femmes biologiques. C’est pourquoi tant de femmes n’ont d’autre choix aujourd’hui que d’intenter des recours en justice contre leurs employeurs et universités afin de faire préciser la loi et de pouvoir conserver leur emploi et leur cursus universitaire.

Depuis les scènes honteuses filmées à Auckland, j’entends souvent l’argument selon lequel « la raison » aurait abandonné le « débat sur les trans ». Je m’inscris en faux contre cette tournure de phrase. Premièrement, il n’y a jamais eu de « débat » : le lobby Stonewall et ses partisans se sont assurés dans leur programme d’exclure tout débat sur leurs revendications. Deuxièmement, la « raison » n’a jamais eu de place dans cet affrontement. L’embuscade déchaînée imposée à Kellie-Jay Keen en Nouvelle-Zélande est la conclusion logique de l’autorisation donnée aux transactivistes de brutalement battre en brèche les droits des femmes et des jeunes filles.

L’illusion ultime, perpétuée par des politiciens sans colonne vertébrale, est qu’il n’existe aucun conflit entre l’auto-identification sexuelle et les droits des femmes, malgré les preuves de plus en plus nombreuses du contraire. Quiconque ne voit pas que la présence de transfemmes auto-déclarés dans les refuges, les vestiaires, les salles d’hôpital ou les prisons se rend effectivement complice de la normalisation envahissante d’une intimidation de quiconque ose défendre la non-mixité de certains lieux réservés aux femmes et les lois à cet égard.

Les militants qui prétendent lutter contre l’oppression et le sectarisme en recourant à l’intimidation doivent admettre qu’ils détestent tout simplement le fait que des femmes se défendent. Les personnes transgenres qui se sentent mal à l’aise face à ces tactiques exercées en leur nom gagneraient à prendre la parole et à condamner les actions grotesques des activistes qui se sont déchaînés à Auckland et partout où la vie de femmes est mise en danger pour n’avoir rien fait d’autre que de faire valoir leurs droits.

Julie BINDEL

Traduction : TRADFEM

Source : https://www.telegraph.co.uk/news/2023/03/30/posie-parker-extreme-trans-activists-intimidation-debate/

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