Comment tout a-t-il dérapé pour le lobby transgenriste Mermaids ?

Par Julie Bindel, The Observer, le 27 novembre 2022

Adieu Susie Green, directrice générale de Mermaids, une association caritative qui se décrit comme soutenant « les enfants, les jeunes et leurs familles trans, non binaires et de genre variable ». 

Mme Green a démissionné de manière assez abrupte vendredi, et la déclaration du président de l’organisation a été courte et lapidaire. Il paraît qu’un directeur général intérimaire sera nommé en bon temps. 

Mermaids s’est retrouvée à faire l’objet d’un examen minutieux après avoir décidé d’intenter un recours judiciaire contre la LGB Alliance, la seule organisation britannique qui se consacre exclusivement à la défense des droits des gens attirés par les personnes de même sexe. Dans son recours au tribunal, Mermaids a soutenu que la LGB Alliance n’a pas, en fait, été créée pour soutenir les lesbiennes, les gays et les bisexuels, mais plutôt pour discréditer et dissoudre les associations caritatives transgenristes comme Mermaids. Les affirmations et questions provocatrices formulées par les témoins et les avocats de Mermaids au cours du procès, telles que la question de savoir si les lesbiennes peuvent avoir un pénis et la suggestion que le terme « attirance pour le même sexe » est « excluant« , ont conduit une foule de gens à adresser à Mermaids des questions cruciales. 

Susie Green, qui a raconté avoir emmené son propre enfant adolescent subir une castration en Thaïlande, a entraîné Mermaids dans une bataille contre la LGB Alliance en contestant son statut d’organisation caritative.

Sous la direction de Green, Mermaids est devenue beaucoup plus importante, obtenant le soutien de personnes comme le prince Harry, la députée américaine Alexandria Ocasio-Cortez, et des accords de parrainage avec de méga-entreprises comme Starbucks. Green elle-même a été très applaudie et a figuré en 2016 sur la Pride Power List du lobby LBGTI en tant qu’alliée.   

Mermaids a été créé en 1995 par un groupe de parents dont les enfants souffraient selon leurs définitions, d’une « dysphorie de genre », soit un malaise concernant leur sexe de naissance. L’organisation n’est pas impliquée dans es soins médicaux, et Green ne possède aucune connaissance ou formation médicale. Beaucoup des membres de Mermaids s’identifient simplement comme parents d’enfants trans. 

Une saga qui prend fin en queue de poisson

Comment tout a-t-il mal tourné sous la direction de Green ? Eh bien, pour commencer, il y a eu le scandale lié à Jacob Breslow, un administrateur de Mermaids qui a quitté l’organisation en catastrophe lorsqu’un journaliste a découvert qu’il avait fait l’apologie de la maltraitance sexuelle d’enfants. Ensuite, il y a eu le fait que des jeunes filles de 14 ans ont reçu de Mermaids par la poste des bandeaux de compression des seins, sans le consentement ou la connaissance de leurs parents. 

Il y a aussi eu des violations de confidentialité concernant des enfants, et deux témoins de Mermaids ont « admis » en Cour « n’avoir pas lu le rapport Cass », qui a soutenu que le modèle clinique actuel de provision d’un seul service spécialisé dans le développement de l’identité de genre (GIDS) à la clinique Tavistock, tant vanté par Mermaids, n’était plus approprié. 

Il y a ensuite le fait que les forums de discussion organisés par Mermaids orientaient souvent les familles vers des cliniques privées actives sur internet, comme celle dirigée par Helen Webberly, dont la licence a été suspendue par le General Medical Council du Royaume-Uni, tout comme celle de son mari, qui a également dirigé la clinique après la suspension de son épouse.  

J’ai demandé à Richie Herron, qui a subi une opération de changement de sexe après avoir été persuadé que c’était la réponse à une myriade de problèmes de santé mentale, ce qu’il pensait de la démission de Green : « Il est clair que ce recours judiciaire a fait la lumière sur les activités de Mermaids, m’a-t-il répondu. Cette organisation autrefois réputée, créée à l’origine pour aider les parents, a conclu des alliances irrémédiables avec des individus dont les intérêts ont déclenché de véritables signaux d’alarme », dit-il. 

« De jeunes homosexuels, hommes et femmes, sont aujourd’hui massacrés au nom de la « santé des trans » », dit-il. Et Mermaids semble avoir soutenu cette approche.

Avant sa nomination au poste de PDG, Mme Green faisait la promotion des bloqueurs de puberté pour les très jeunes enfants. En 2014, on lui a demandé, suite à la révélation que la clinique d’identité de genre de l’hôpital Tavistock prévoyait de proposer des bloqueurs de puberté à de jeunes enfants à la suite d’un essai clinique, « est-ce que le National  Health Service a raison de proposer ce traitement à des enfants de neuf ans ? ». Elle a répondu par l’affirmative.   

Depuis que Mme Green a pris ses fonctions, la notion que certains très jeunes enfants puissent être identifiés comme étant « nés dans le mauvais corps » est de plus en plus acceptée. 

J’ai été l’une des signataires d’une lettre ouverte adressée au Times en 2019, dans laquelle plusieurs personnes ont exprimé leurs inquiétudes quant au fait que Mermaids colportait l’idée que des enfants âgés d’aussi peu que deux ans pouvaient avoir une identité de genre. 

Green a semblé intouchable pendant des années, mais sa chute actuelle est peut-être due à son arrogance, dont témoigne son sentiment qu’elle était en droit de détruire un autre organisme caritatif qui fournit un soutien indispensable aux personnes attirées par les gens de même sexe. 

Un-e PDG qui démissionne avant que son remplaçant ne soit nommé n’est pas un phénomène courant : c’est le signe d’une organisation caritative en crise interne. Mermaids prétend être attaquée, comme elle l’a déclaré lors de son plus récent appel de collecte de fonds auprès de la population, mais elle s’est attiré de telles critiques en s’en prenant aux personnes qui refusent de capituler devant l’idéologie du genre et en s’associant à des gens comme Jacob Breslow. 

La notion que tout enfant qui se sent mal à l’aise dans son propre corps est transgenre et devrait se voir prescrire des bloqueurs de puberté et des opérations de changement de sexe demeurera certainement le pire scandale médical depuis celui de la thalidomide. 

Quoi qu’il se passe actuellement au sein de Mermaids, j’espère que chacune des personnes et organisations qui ont offert à ce lobby un soutien inconditionnel, et qui ont ignoré tous les signaux d’alarme et les avertissements, se réveillent aujourd’hui la nuit avec effroi. Leur rôle dans cette affaire ne passera pas inaperçu lorsque la vérité éclatera. 

La Commission britannique d’examen des organisations caritatives a récemment ouvert une enquête de conformité réglementaire sur Mermaids après un certain nombre de plaintes selon lesquelles Mermaids manque à la sauvegarde des intérêts des jeunes. J’irais jusqu’à réclamer une enquête de police sur ses pratiques, ainsi qu’une enquête publique. Le départ de Susie Green n’est qu’un début. Mermaids doit tomber. 

Julie Bindel

Julie Bindel est une militante féministe qui lutte contre les violences sexuelles.

Version originale : https://www.spectator.co.uk/article/where-did-it-all-go-wrong-for-trans-charity-mermaids/?

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