Les racines pornographiques de l’idéologie genriste

Genevieve Gluck, cofondatrice du site féministe Reduxx, explique comment le transactivisme fait des femmes des objets.

publié sur SPIKED, le 23 novembre 2022

Vous vous souvenez de cet enseignant canadien transgenre que l’on a vu afficher des prothèses mammaires géantes à son école ? La tentative de Kayla Lemieux de s’identifier comme une femme a semblé à beaucoup de gens absurde, voire carrément obscène. Ces seins énormes, avec leurs mamelons saillants, représentaient une version pornographique de la féminité. Mais selon l’autrice féministe Geneviève Gluck, cette vision sexualisée de l’identité féminine, bien qu’extrême, n’est pas tout à fait unique à Lemieux. Genevieve est cofondatrice du webmagazine Reduxx, un projet féministe qui documente les pires excès du mouvement transgenriste. Pour elle, le lien entre l’extrémisme de genre et la pornographie extrême est clair. Elle a rejoint Brendan O’Neill dans le plus récent épisode de son podcast, The Brendan O’Neill Show. Ce qui suit est un extrait abrégé de leur conversation, que vous pouvez écouter au complet ici.

Brendan O’Neill : Quel rôle pensez-vous que la pornographie a joué dans la transformation de la féminité en une chose à laquelle n’importe qui peut s’identifier ?

Genevieve Gluck : Cela commence en grande partie avec la sexualisation de la chirurgie, qui s’est vraiment développée par le biais de l’industrie pornographique avec des choses comme les implants mammaires. Dans le cadre de ces procédures utilisées en pornographie, nous voyons la mise en valeur et l’objectivation de certains aspects du corps, et la sexualisation de la modification du corps elle-même. Qu’il s’agisse des seins, des fesses, des lèvres ou de toute autre caractéristique que l’on cherche à mettre en valeur, tout indique une fétichisation de certaines parties du corps.

La pornographie est désormais normalisée dans la sphère privée. Beaucoup de concepts ou d’idées sur les femmes que l’on observe chez les transactivistes – leur objectivation des femmes, ou leur réduction de la féminité à la chirurgie plastique et aux hormones, par exemple – ont un lien avec la pornographie. Nous ne mesurons pas encore pleinement l’ampleur du problème. Je pense qu’il n’est même pas possible de le faire, car nous ne le voyons pas dans la sphère publique. Tout ce que nous voyons, ce sont les répercussions de cette culture saturée de pornographie.

Je soupçonne fortement que beaucoup de ceux qui affirment la notion que des femmes peuvent avoir un pénis regardent un certain type de pornographie. Je sais que c’est sans doute une chose controversée à dire. Mais je pense que cela façonne certainement de nombreux comportements et influence la façon dont la société voit les femmes.

O’Neill : Comment pensez-vous que l’industrialisation de la pornographie a un impact sur les discussions concernant l’identité sexuelle ?

Gluck : Un bon exemple est l’expression « front hole » (trou avant). La première fois que je l’ai vue, c’était en 2016, lorsque la Human Rights Campaign a recommandé cette expression comme terminologie dans un guide intitulé « Safer Sex for Trans Bodies ». La plupart des gens n’ont pas tendance à réfléchir trop profondément à ce genre de choses ou à y reconnaître l’influence de la pornographie. Mais dans les représentations pornographiques transgenre « de femme à homme » (FàH), l’anatomie de la personne transgenre est désignée par le terme « trou frontal », car il s’agit d’une référence claire à l’anus. Le but visé est de définir l’anatomie de la femme par rapport à la réceptivité sexuelle. Il est tout simplement stupéfiant que ce soit une terminologie recommandée pour s’appliquer à toutes les femmes.

Il existe un écrivain transgenre, Andrea Long Chu, qui a beaucoup écrit sur ce qu’on appelle la « pornographie de chochottes » (sissy porn), dont il a carrément dit que c’est ce qui l’avait rendu transgenre. Dans ses écrits, il réduit à nouveau les femmes à leur réceptivité sexuelle. Il a déclaré que la pornographie est « une expression quintessentielle de la féminité » et que les « éléments les plus essentiels » des femmes sont « un trou du cul en attente et un regard complètement vide ». Ce sont des éléments que l’on retrouve dans le genre pornographique de la féminisation forcée, aussi parfois appelée « sissification », où l’homme est ostensiblement forcé, mais est en réalité un participant volontaire à sa féminisation. Il sera habillé en lingerie, obligé de se maquiller, puis subira l’acte ultime de la féminisation forcée, à savoir la pénétration.

O’Neill : De nombreux hommes connus qui s’identifient comme des femmes modifient souvent leur corps pour refléter une vision très spécifique de la féminité – par exemple, des seins massifs, des cheveux longs flottants et les lèvres qui font la moue. Cela a-t-il un effet sur la façon dont les adolescentes en viennent à concevoir leur cops ?

Gluck : Certainement. Certaines filles qui ont interrompu une transition reconnaissent le poids de cette influence. Les filles se voient présenter cette idée de ce qu’est une femme par des hommes qui s’auto-objectivent et modifient leur corps de manière extrême et hypersexualisée. Et ces hommes sont applaudis et célébrés. Ils sont présentés comme des modèles pour les jeunes. Les filles vont alors intérioriser cette vision particulière de la féminité.

Non seulement les filles d’aujourd’hui sont exposées à la pornographie à un très jeune âge, mais elles voient aussi des hommes sur les plateformes de médias sociaux leur dire que c’est leur destin. Non seulement on attend d’elles qu’elles deviennent quelque chose d’objectivable, mais elles sont aussi censées aimer être objectivées. Il n’est pas étonnant que tant de filles se sentent dissociées de leur corps lorsqu’on leur présente cette image de la féminité, surtout si elles sont déjà aux prises avec la puberté. Il est difficile de reconnaître son propre corps comme féminin s’il ne ressemble pas à la version artificielle de la femme que l’on vous montre.

O’Neill : Quel impact cela a-t-il eu sur les jeunes qui pourraient s’identifier comme gays ou lesbiennes à l’âge adulte ? Il semble qu’il y ait un vrai problème ici : de nombreux jeunes en transition disent avoir été victimes d’intimidation homophobe, ou n’ont tout simplement pas voulu de cette identité parce que ce n’est plus cool d’être exclusivement attiré par des gens de notre sexe.

Gluck : Absolument, il y a un problème, surtout pour les filles lesbiennes. J’ai vu quelqu’un dire que la lesbienne n’est plus une identité ou une personne, c’est un genre pornographique. Je pense que c’est pertinent ici aussi. Les femmes lesbiennes sont devenues un tel objet que beaucoup d’entre elles veulent s’échapper ou ne sont même pas capables de reconnaître leur propre sexualité. L’homophobie est très réelle, c’est un courant très fort. Il y a quelque chose qui se passe là, et je pense que c’est différent pour les jeunes filles que pour les garçons et les jeunes hommes, donc je ne peux pas parler spécifiquement des garçons. Mais pour les filles lesbiennes en particulier, cela revient à dire qu’il est difficile de grandir en tant que fille et de se battre avec sa sexualité en plus.

Les transactivistes disent également aux lesbiennes qu’elles doivent accepter des partenaires masculins, ce qui n’est que la forme la plus extrême d’homophobie. Le concept de « pénis lesbien » est imposé aux femmes. Certaines transsexuelles utilisent l’expression « plafond de coton », qui fait référence aux sous-vêtements des femmes lesbiennes comme étant la barrière que ces hommes sont censés conquérir et franchir. C’est épouvantable. Dieu merci, il existe des groupes qui s’efforcent de mettre en lumière les aspects homophobes de ce mouvement. J’aimerais juste que plus de gens voient l’idéologie trans pour l’homophobie et le sexisme qu’elle représente vraiment.

Genevieve Gluck s’est entretenue avec Brendan O’Neill dans le plus récent épisode du Brendan O’Neill Show. Écoutez l’intégralité de la conversation ici :

2 réflexions sur “Les racines pornographiques de l’idéologie genriste

  1. « mise en valeur et l’objectivation de certains aspects du corps, et la sexualisation de la modification du corps elle-même » : c’est la nouvelle version actualisée de la sexualisation des pieds estropiés des femmes chinoises, les pieds bandés ?

    Deux fétiches qui portent sur des mutilations corporelles, sur les souffrances subies par les femmes, sur la mise en danger de la vie même des femmes qui subissent ces transformations… nous vivons décidément bien en patriarchie.

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