Le Défilé des Grotesques : Quand la politique transgenriste s’affiche en mode militant

par Stuart Parker

Des militants transactivistes font obstruction à un ralliement de femmes à New York la semaine dernière

Des défaites s’accumulent enfin pour l’orthodoxie de genre. Aux États-Unis, dans un certain nombre d’États démocrates, des projets de loi ont été déposés pour interdire aux hommes de concourir dans des équipes sportives de filles ou de femmes. En juillet, le National Health Service britannique a annoncé qu’il fermerait au printemps 2023 le GIDS de sa clinique Tavistock (un service consacré au genre et au développement de l’identité de genre chez les jeunes). Cette décision fait suite aux directives de la Dre Hilary Cass, qui a mené une étude indépendante concluant que leur modèle n’était « pas une option sûre ou viable à long terme. » Au Royaume-Uni, une coalition multipartite de femmes politiques a rompu les rangs de leurs partis respectifs pour former un caucus critique en matière de genre. Des fédérations sportives telles que la FINA (Fédération internationale de natation), la Ligue internationale de rugby et l’Union cycliste internationale se sont jointes à des législateurs pour protéger les sports féminins, après avoir déterminé que la biologie devait prendre le pas sur les fantasmes d’identification à l’autre sexe en matière de compétitions sportives. En réponse, le mouvement des orthodoxes du genre a intensifié ses efforts pour rallier ses principaux partisans et pour diaboliser et attaquer ses opposants.

Deux animateurs vedettes des médias occidentaux, Jon Stewart et John Oliver, ont récemment été enrôlés dans le projet de « protection des enfants transgenres » (un euphémisme à la Goebbels pour désigner la stérilisation et la mutilation d’enfants). L’on peut deviner la quantité d’argent et de pressions ont dû être investis dans cette contre-offensive médiatique, qui a été immédiatement répercutée au Canada par nos trois réseaux de télévision nationaux, avec force calomnies et articles à charge contre les candidats aux élections qui émettaient des critiques au sujet du transgenrisme.

Cette pression est mise en évidence par le fait que Stewart et Oliver ont tous deux dérogé à leur propre structure comique tripartite pour le faire. Cette structure est basée sur l’observation de John Cleese, qu’il a décrite à Ricky Gervais comme la base de son émission télé révolutionnaire, Fawlty Towers, il y a un demi-siècle : regarder une personne avoir un comportement délirant à l’écran est plus drôle si le scénario met en scène les réactions d’un personnage auquel le public peut s’identifier. Voilà la base du format d’humour que mettent en scène des animateurs télé comme Stewart, Oliver et Trevor Noah pour commenter l’actualité :

 Cette méthode est la suivante :

  • Passer un clip d’une personne ridicule tenant des propos ridicules.
  • Réagir silencieusement au clip avec des expressions faciales et des gesticulations exagérées mais silencieuses.
  • Réfuter avec humour la remarque originale

Mais comme nos adversaires imposent une censure absolue de toute voix s’opposant à l’orthodoxie, Stewart et Oliver n’ont diffusé aucun clip de personnes exprimant des points de vue critiques sur le genre, et n’ont donc rien eu à quoi réagir. Ils ont donc dû se rabattre essentiellement sur un sermon moraliste au lieu d’une séquence comique.

C’est ainsi que le mouvement réclamant plus de droits pour les personnes transgenres est monté en puissance et a envoyé au front Dylan Mulvaney, un transfemme qui réalise des vidéos sur Tiktok montrant sa capacité à avoir une érection sous une mini-jupe de cuir. Mulvaney ne s’identifie pas comme une femme mais comme une adolescente, dont l’apparence et les comportements semblent être modelés sur des dessins animés plutôt que sur des femmes réelles. Il a obtenu une rencontre au sommet avec Joe Biden, le leader du monde libre et chef du plus grand empire que le monde ait jamais connu.

Pourquoi envoyer Mulvaney au front si Stewart et Oliver ne pouvaient pas conclure l’affaire ? Si vous voulez bien me suivre, je pense pouvoir répondre à cette question.

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Je ne me souviens pas de mon dernier jour de travail dans le système universitaire ; il a eu lieu pendant une série de trous de mémoire induits par un traumatisme que j’ai subi en août et septembre 2020, en raison d’un stress extrême et de certains traitements EMDR de mauvaise qualité et malavisés. C’est une honte pour de nombreuses raisons, mais surtout parce que c’était le jour où je devais donner ma conférence soigneusement préparée sur le film de Zac Snyder, Les 300.

Nombreux sont ceux qui pensent que cette adaptation par Snyder des Histoires d’Hérodote, qui met en scène 300 jeunes gens joliment vêtus qui se battent contre un million de soldats perses lors de l’invasion de la Grèce par la Perse, était un peu inexacte d’un point de vue historique. De toute évidence, 300 hommes n’ont pas vraiment tenu un col de montagne contre un million d’envahisseurs.

Pour sa défense, je souligne que, contrairement à d’autres récits de l’invasion de la Grèce par les Perses, Snyder a fidèlement représenté ce qu’Hérodote a réellement écrit. En ce sens, son adaptation est plus fidèle, plus exacte, au sens textuel, que tout autre traitement de cette œuvre.

Mais qu’en est-il des ninjas, des géants, des bossus et des pyromanciens masqués qui figurent également dans ce film? Ils n’étaient sûrement pas tous dans le texte original. C’est vrai. Tout comme les avant-gardes des armées du Moyen-Orient à peine déguisées auxquelles fait face Danaerys, l’héroïne de la série Game of Thrones, les avant-gardes militaires exotisées et esthétisées de Snyder semblent insensées. Leurs accoutrements bizarres et leurs leaders étranges semblent mal adaptés à une véritable guerre d’épée à épée. Au lieu d’être invincibles, ces troupes semblent faibles, vulnérables et handicapées dans leur étrangeté difforme.

Mais il s’avère qu’il existe également une logique réelle, historique et culturelle, une crédibilité anthropologique à ces démonstrations apparemment gratuites. Snyder, comme l’auteur des films Game of Thrones, le cinéaste George Martin, ont en fait décrit une réalité culturelle établie sur le long terme de la guerre au Moyen-Orient. une réalité que je n’ai pas comprise avant 2017.

Cette année-là, j’ai accueilli Terry Glavin au nom de l’École d’études internationales de l’Université Simon Fraser pour qu’il parle de son expérience sur les lignes de front de la guerre civile syrienne, y compris son témoignage du pogrom des Yazidis et son séjour dans le territoire contrôlé par les Kurdes en Syrie et en Irak.

Terry a donné deux conférences complexes et nuancées – l’une devant mes étudiants, l’autre devant un vaste public – sur une variété de questions liées entre elles, allant du rôle du philosophe vert américain Murray Bookchin dans le mouvement autonomiste kurde aux parallèles entre les brigades internationales de la guerre civile syrienne et celles de la guerre civile espagnole telle que décrite dans Hommage à la Catalogne de George Orwell. Mais un argument s’est démarqué des autres et a commencé à réorganiser ma pensée politique dès que je l’ai entendu (j’aurais aimé en capter un enregistrement exact mais en voici une paraphrase) :

« L’armée de Bachar Al Assad est comme celle de tout véritable tyran du Moyen-Orient : son avant-garde n’est composée ni de ses soldats les plus sacrifiables, ni des plus meurtriers. Au contraire, lorsqu’une armée assadienne reprend une ville au régime, son avant-garde est composée d’hommes présentant les formes de modification corporelle les plus extrêmes et les plus accrocheuses, piercings, prothèses, tatouages, s’affichant sur les corps monstrueux les plus extrêmes, fabriqués à l’aide de stéroïdes. »

Malgré la volonté d’Assad d’utiliser les armes les plus primitives, les plus vicieuses et les plus illicites, l’avant-garde de son armée n’a pas utilisé un nuage de gaz moutarde pour créer le plus grand choc et la plus grande frayeur à l’entrée de la ville: il a eu recours à ce qu’on peut appeler le bataillon des Grotesques, aux corps hyper-musclés, avec des muscles localisés de façon improbable, des dents taillées en pointe, des anneaux perçant les oreilles, le nez, les lèvres, les sourcils des soldats, et des tatouages représentant eux-mêmes des atrocités et des actes de violence.

Avant d’aller plus loin, je dois d’abord établir ce que j’entends par le terme « Grotesque », et comment ce sens a été élaboré au cours des cinq derniers siècles.

Contrairement à de nombreux mots qui émergent lentement de siècles d’obscurité, des dialectes oraux locaux vers l’écriture d’une grande langue nationale, les origines du terme « grotesque » sont tout le contraire d’obscures. Il existe un moment précis où ce mot est apparu.

Dans les années 1590, un garçon est tombé à travers le sol de la colline d’Oppian, à Rome, et s’est retrouvé dans le palais d’or de Néron, le célèbre Domus Aurea, oublié depuis longtemps et désormais souterrain, qui, au cours des 15 siècles qui ont suivi son abandon, était devenu une grotte. Ce qu’il y vit fit une profonde impression sur le peuple de Rome, alors situé, historiquement, au crescendo de la Renaissance italienne et au début de la Révolution scientifique. Au moment même où les Italiens redécouvraient et célébraient la peinture et la sculpture réalistes inspirées du réalisme des antiquités classiques que le christianisme cherchait à préserver, ils découvraient, littéralement, son autre face, son envers, celui du dieu Janus.

Plus que tout autre bâtiment, le palais construit par Néron après le Grand Incendie représentait la « décadence » de la République romaine tardive et du début de l’Empire, dont le mythe, alimenté par les héritiers chrétiens de l’Empire, s’était depuis longtemps détaché de la ville physique de Rome. Redécouvrir le Domus Aurea, tout aussi vaste et décadente que celle décrite dans les précieux textes classiques qui avaient constitué l’épine dorsale de l’éducation médiévale pendant un millénaire, était en soi une rencontre qui désorientait et réorganisait les perspectives. Les dimensions matérielle et métaphorique de ce passé se sont brusquement effondrées l’une dans l’autre lorsque le Domus Aurea réel a resurgi à la face du monde.

La métaphore la plus puissante que Platon ait utilisée pour exprimer sa vision du monde et celle de son mentor Socrate est la parabole de « la caverne ». Pour ceux qui ont raté La République à l’école, vous reconnaîtrez parfaitement cette perspective – vous n’avez pas besoin de connaître une parabole de l’Athénée classique, il vous suffit de penser au film La Matrice.

Ce point de vue stipule que la condition humaine est essentiellement d’habiter une grotte sombre avec peu d’éclairage mais avec l’entrée de la grotte en vue. Tout ce que l’on peut voir du monde extérieur – le monde réel – sont des ombres déformées qui vacillent sur les murs de la grotte. C’est là, selon Platon, l’existence matérielle. Le monde réel, expliquait-il, était immatériel – c’était le « monde des formes », entièrement constitué d’idées. Une chaise n’existait pas dans ce monde comme un assemblage d’atomes chaotiques de densités différentes forcés à prendre une forme (comme le pensaient les épicuriens); toutes les chaises de ce monde n’étaient que des reflets pâles, ombrageux et vacillants de l’ultime véritable chaise sise dans le monde des formes.

Ainsi, d’une autre manière encore, la métaphore s’effondre dans la littéralité. Le palais de Néron était un monde qui avait émergé de la terre – une grotte elle-même, pleine d’images vacillantes, éclairées par intermittence, de formes idéalisées rendues avec précision par les plus grands sculpteurs et peintres de l’Empire romain à son zénith territorial et culturel.

Sauf que ces formes n’étaient pas idéales… Aucune ne représentait une idée pure ; chacune représentait une forme d’hybridité – une hybridité sombre, étrange, inquiétante.

J’utilise délibérément le terme « uncanny », dont le sens anglais a été fortement marqué par l’essai rédigé par Sigmund Freud en 1919, « The Uncanny » (« L’inquiétante étrangeté« ), ou, dans la version originale allemande, unheimlich (« pas de la maison »). Les images qui apparurent à ceux qui entrèrent dans cette grotte étaient des représentations de centaures, de satyres et d’autres créatures hybrides, de corps humains déformés, de corps humains engagés dans des actes érotiques. Certaines images semblaient repoussantes pour leurs nouveaux spectateurs, d’autres extraordinairement belles. Mais ce qui les rendait étranges, c’était la façon dont certaines étaient vécues comme les deux à la fois.

La décoration artistique du palais de Néron correspondait à cette époque historique de l’imaginaire érotique patriarcal impérial, qui s’étend au-delà du physique, au-delà du possible, non pas vers le miraculeux ou le sacré, mais dans un nouveau type de domaine : le grotesque, qui signifie littéralement « issu de la caverne, de la grotte ».

En d’autres termes, par « grotesque », je ne veux pas dire « laid ». Ce que j’entends par là, c’est quelque chose dont l’apparence est si esthétiquement désordonnée qu’elle est intellectuellement désordonnée – une esthétique qui transperce les autres esthétiques en désordonnant la façon dont nous attribuons même la beauté comme une propriété, et qui le fait en mobilisant le pouvoir de l' »inquiétante étrangeté » freudienne.

Freud organise son essai sur l’inquiétude en partie par le biais de tropes littéraires. L’un d’entre eux qu’il explore est le « double » : Pourquoi une copie parfaite d’un corps humain mobilise-t-elle le même sentiment étrange de désorientation et d’ambivalence qu’une copie déformée, même si nous considérons l’une comme belle et l’autre comme hideuse ? On peut avancer que l’ouverture accidentelle de la grotte sous la colline d’Oppian a marqué le début de l’archéologie et du tourisme modernes. Les voyageurs venaient voir les images grotesques, les ombres sur le mur – cette danse étrange entre les formes humaines, sous-humaines, surhumaines et animales, la violation des frontières physiques entre l’intérieur et l’extérieur du corps humain apparaissant également derrière les flammes vacillantes. Ce lieu était-il la preuve de la dépravation de la Rome païenne ou de sa grandeur chrétienne naissante ? Ces questions, ainsi que celle de la grotte elle-même, étaient toutes déstabilisées. Et cette déstabilisation, obtenue par une sorte de « choc et crainte » visuel qui fait appel à notre sens de l’étrange, a pris le nom de « grotesque ».

Le grotesque a affecté d’autres mots et idées proches. L’idée médiévale de « contrefaçon », qui décrivait la moquerie de Lucifer à l’égard de la création divine, faisait référence à des moqueries visuellement évidentes (les tatous, par exemple, ont été interprétés comme une moquerie de Lucifer à l’égard de la tortue), mais faisait désormais également référence à des répliques impossibles à distinguer (ce qui allait devenir la signification première de ce mot dans les années 1800).

Le pouvoir que le « grotesque » cherche à décrire est également évident dans l’ensemble des non-définitions allusives, historiques et incomplètes du type « je le sais quand je le vois ». C’est précisément parce qu’elle touche à des choses qui ne peuvent être verbalisées que cette expression tire son pouvoir. Et ce pouvoir non-verbal inchoatif a une profonde emprise sur nous. Si une distillation du grotesque ou de l’inquiétant en tant que phénomène est possible, il semble que ce soit un sentiment profond, subconscient, que quelque chose que nous voyons fait partie de la création, de l’ordre des choses, mais pas là où nous le voyons ; son mauvais placement dans la création, en outre, semble perturber la création elle-même.

Encore une fois, il faut souligner que le mot grotesque n’est pas synonyme de « laid ». En effet, la collaboration enthousiaste entre les pornographes américains, les pornographes japonais et les artistes informatiques, qui a débuté à la fin du XXe siècle, entraîne chaque année une part croissante d’hommes à idéaliser des images grotesques comme expression ultime d’une sexualité débridée. Le porno à tentacules, le porno futanari et diverses autres formes de monstruosité grotesque sont le pain et le beurre du « porno sans victime ». Pour ne pas être en reste, la bonne vieille pornographie violente et basée sur le trafic d’êtres humains est de plus en plus avide de « couples » de jumelles identiques que les consommateurs peuvent utiliser pour explorer l’inquiétude freudienne à travers des images du « double ».

Aujourd’hui, alors que le nombre de corps transgenres fabriqués par l’industrie du genre augmente chaque année, le nombre de personnes adoptant de nouvelles identités basées sur l’orthodoxie du genre croît plus rapidement. On constate une explosion de personnes « non-binaires », ainsi qu’un nombre croissant de personnes s’identifiant comme « transfemmes » et « transhommes » qui ne subissent pas les amputations et perturbations du système endocrinien que nous associons aux espériencers de style Joseph Mengele et que nous appelons par euphémisme « soins d’affirmation du genre ». Et puis, bien sûr, il y a les identités stupides et sans importance comme « demisexuel » qui se trouvent en marge du culte du genre de notre société.

Dans cette optique, nous devrions prêter attention aux occasions où le culte du genre présente les corps les plus radicalement modifiés – les corps les plus étranges – comme ses représentants. Le plus souvent, les partisans de l’orthodoxie qui s’expriment au nom de ce culte sont des personnes issues des groupes démographiques auxquels il cause le plus de tort ; les jeunes femmes et surtout les jeunes femmes de couleur sont considérées comme des porte-parole idéales. Elles expliquent à leurs auditoires que l’abandon des espaces réservés aux femmes, la garantie de représentation dans le cadre des règles de discrimination positive et autres sont des choses qu’elles ont volontiers dépassées ; alors pourquoi les autres femmes sont-elles égoïstes au point de vouloir les conserver ?

Les personnes transgenres, quant à elles, ont tendance à intervenir en appui à l’orthodoxie de genre dans trois contextes principaux :

* Les contre-protestations : Lorsque des féministes, des évangéliques ou des militants des droits de l’enfant protestent contre l’orthodoxie de genre, les personnes transgenres comprennent, apparemment instinctivement, qu’elles doivent être en première ligne de ceux qui crient pour étouffer les voix des manifestants, s’emparent de leurs pancartes, détériorent leur matériel et, bien sûr, agressent physiquement les manifestantes. Tout comme l’avant-garde de Bachar Al Assad, ils infligent à ceux qui se dressent contre eux un choc et un effroi qui vont au-delà de la menace physique qu’ils représentent. Ils amplifient les réactions de fuite, de gel et de fascination chez les personnes déjà traumatisées, car ils transforment le pouvoir du grotesque, qu’ils parviennent souvent à amplifier par leurs actions. Leurs apparitions attaquent notre catégorisation sexuée des corps humains, basée sur des centaines de millions d’années d’évolution ; mais tout aussi important, elles violent nos normes de comportement sexué honorable. Parce que, selon la logique de l’orthodoxie du genre (et aucune autre logique), les transfemmes sont des femmes et il est soudainement permis à un énorme homme barbu d’agresser une femme dans la rue en toute impunité, à condition qu’il ait des prothèses mammaires en complément de sa barbe fourchue.

* Espaces contestés : Alors que les jeunes femmes au corps non modifié sont les apologistes préférées des formes actuelles d' »affirmation » ou d' »inclusion » du genre, elles sont aujourd’hui remplacées par des personnes s’identifiant au sexe opposé et au corps « affirmé » lorsque ces pratiques sont menacées. Tant que la participation au sport féminin était incontestée, cette « inclusion » était principalement défendue par des jeunes femmes pour qui la perte d’une place éventuelle dans le sport d’élite était, apparemment, un petit prix à payer pour avoir la chance de se montrer « inclusives ». Cependant, lorsque des organisations sportives et des athlètes féminines d’élite ont commencé à se défendre en public, elles ont été remplacées et les représentants médiatiques de l’orthodoxie de genre sont devenus principalement des femmes transgenres de grande taille, à la voix autoritaire, costumées non pas pour rendre leur corps plus féminin, mais pour le rendre plus étrange, en accentuant même leurs hanches étroites, leurs grandes mains et leurs protubérances génitales.

* Espaces pornographiques : Il n’y a pas beaucoup de pornographie dans laquelle des personnes ordinaires s’identifient comme « non-binaires », « poly » ou « demisexuelles ». Les histoires de crise d’identité personnelle n’ont peu ou pas de sens pour les consommateurs de porno. Même la pornographie la plus contextuelle, le porno fétichiste de l’inceste, repose moins sur le tabou et le franchissement des limites et plus sur le double freudien qu’on ne le croit généralement. De même, la pornographie qui s’intéresse le plus à la mise en scène de corps « affirmés » ne présente pratiquement pas de transhommes et presque exclusivement des transfemmes, qui sont généralement engagés dans la pénétration de corps de femmes, conformément à l’évolution de la féminité trans normative dont j’ai parlé dans un article précédent. (Il s’agit d’un changement d’importance en regard des images d’il y a dix ans, où l’on voyait principalement des transfemmes pénétrés par des hommes ou pénétrant des hommes).

Je veux suggérer que ces trois déploiements de corps « affirmés » sont tous des exemples de conquête dans une guerre littérale ou métaphorique. L’orthodoxie de genre n’a pas l’intention de faire transiter tous les corps ou même la plupart des corps des gens dans notre société. Les corps qu’elle transpose – qu’elle affirme – sur lesquels elle pratique une série d’amputations et fixe une série de prothèses, les corps qu’elle soumet à un cocktail médicamenteux à vie centré sur les hormones du sexe opposé : ces corps ont une fonction spéciale.

Ils sont l’avant-garde du mouvement ; ils ont été sélectionnés – spécialement choisis comme individus élus dont le but est de mettre en scène le Défilé des Grotesques : de semer la terreur, la confusion et la paralysie dans le coeur de leurs adversaires alors qu’ils envahissent et capturent espace après espace, communauté après communauté, laissant le drapeau de Big Pharma flotter dans leur sillage.

Même l’horreur, la confusion, le dégoût et/ou l’attraction que ces corps « affirmés » pourraient momentanément induire font partie de l’efficacité de cette avant-garde. Les réactions et émotions fortes suscitées par le grotesque sont déroutantes et humiliantes. « Devrais-je réagir de cette façon ? Devrais-je ressentir cela ? Devrais-je réagir si fortement ? » On nous assure que non, mais je veux suggérer que nos réactions sont tout à fait appropriées dans le contexte d’un phénomène de société de plus en plus violent.

Si nous voulons nous opposer fermement à l’orthodoxie du genre et mettre au point des tactiques qui la repousseront – des tactiques qui permettront de reconquérir les espaces réservés aux femmes, la sécurité des enfants, voire notre propre langue – nous devons évaluer honnêtement et décrire sans crainte ce qui nous est jeté à la figure. Et l’une de ces choses est le Défilé des Grotesques.

Stuart Parker est un écrivain, diffuseur et chercheur indépendant basé à Vancouver. Au cours de la dernière décennie, il a été président du Los Altos Institute, un petit groupe de réflexion écosocialiste.

Version originale : https://www.feministcurrent.com/2022/11/17/march-of-the-grotesques-trans-politics-on-militant-display/

Traduction : TRADFEM

2 réflexions sur “Le Défilé des Grotesques : Quand la politique transgenriste s’affiche en mode militant

  1. Intéressant cette notion de grotesque.
    La comparaison avec Mengele est néanmoins osée (jimagine qu’elle ferait bondir n’importe quel transactiviste).
    N’y a-t-il d’ailleurs pas une erreur de traduction, je ne comprends pas ce terme d' »espérienceurs »: « que nous associons aux espériencers de style Joseph Mengele « 

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