Le délire transgenriste a aveuglé la gauche britannique

Les travaillistes doivent cesser d’être manipulés par leur frange transactiviste et délirante.

Le leader travailliste Keir Starmer sur les charbons ardents face à la fondatrice du réseau Mumsnet.

par Jo Bartosch, Spiked, 2 novembre 2022

Alors que le leader travailliste Keir Starmer était assis sur le canapé en similicuir du bureau de la plate-forme en ligne Mumsnet, répondant aux questions de la fondatrice de ce réseau, Justine Roberts, on pouvait presque sentir la sueur couler à l’arrière de son veston. Mme Roberts venait d’aborder le sujet le plus épineux de l’heure, soit celui des enfants qui s’identifient comme transgenres. Avec une expression douloureuse et constipée, Starmer a tenté d’exposer ce qu’il pensait du rapport intérimaire de la Dre Hilary Cass, la pédiatre chargée de mener une étude sur la façon dont le Service national de santé britannique devrait traiter les enfants qui veulent changer de sexe. « Je crois fermement que les enfants ne devraient pas prendre ces décisions très importantes sans le consentement de leurs parents », a concédé mollement M. Starmer.

L’interview de Mumsnet a eu lieu la semaine dernière, mais un extrait de celle-ci est devenu viral sur Twitter depuis environ 24 heures. Alors que la plupart des gens seraient d’accord avec M. Starmer pour dire que, parfois, les enfants ne savent pas ce qu’il y a de mieux pour eux, ses commentaires ont mis la gauche en émoi. Apparemment, la phrase tiède de M. Starmer équivalait à un « cri de ralliement anti-trans ».

Désespéré d’imposer son avis sur la question, un chroniqueur libertarien du journal The Guardian, Owen Jones a qualifié de « plus qu’exaspérant » le commentaire de Starmer sur le consentement parental. Il a également formulé l’extraordinaire commentaire que les parents qui « refusent d’affirmer » leurs enfants dans le genre de leur choix les « violentent » et leur « imposent… un traumatisme »!

Au même moment, Ash Sarkar, rédactrice en chef de Novara Media et « communiste de luxe », a répondu en comparant la transition sociale des enfants – qui consiste à les traiter, à toutes fins utiles, comme appartenant au sexe opposé – à une simple coupe de cheveux. Elle a informé ses 400 000 abonné-e-s sur Twitter : « À 13 ans, j’ai fait tailler mes cheveux au complet, et je les ai gardés courts jusqu’à 21 ans. Aurais-je dû être légalement empêchée d’aller chez le coiffeur, ou cela ne devrait-il être qu’une règle spéciale discriminant les enfants qui pensent être trans ou non binaires ? », a-t-elle feint de demander.

Ces réactions absurdes ne devraient pas nous surprendre. Après tout, c’est typique du monde sans dessus dessous des woke, un monde où les enfants peuvent apparemment donner un consentement éclairé à des interventions médicales ayant des conséquences à vie. Et les parents qui cherchent à protéger leurs enfants de ces dérives sont dénoncés comme de cruels transphobes. C’est une vision du monde totalement imperméable à la raison et aux éléments probants du dossier. Ni l’angoisse des parents dont les enfants ont été placés sur une voie médicale irréversible, ni les avertissements de ceux et celles qui en sont venu-e-s à regretter leur transition, ni même le chœur croissant des préoccupations de cliniciens dans le monde entier ne semblent troubler les idéologues aveuglément rallié-e-s à cette politique extrémiste.

Dans son entretien avec Mumsnet, M. Starmer a pris soin d’éviter de confirmer s’il avait réellement lu le rapport provisoire de la Dre Cass, publié en février dernier. On peut supposer qu’aucun de ceux qui l’ont critiqué sur Twitter ne l’a consulté non plus. En effet, les observations contenues dans ce rapport intermédiaire sont tout à fait stupéfiantes. Le processus d’examen n’est même pas terminé, mais il a déjà conduit le Service national de santé britannique à annoncer la fermeture de son Service de développement de l’identité de genre (SDIG) à la clinique Tavistock. Il a également conduit le SNS à repenser radicalement la meilleure façon de traiter les enfants souffrant de confusion de genre. Selon les nouvelles directives récemment émises par le SNS, toute identification transgenriste des jeunes doit être considérée comme une simple phase. Ces directives préviennent également que la transition sociale des enfants, que Mme Sarkar compare à une simple coupe de cheveux, pourrait avoir des « effets significatifs » sur le « fonctionnement psychologique » de l’enfant.

Le rapport Cass souligne également le fait que le SDIG a donné aux enfants des médicaments expérimentaux pour bloquer leur puberté, alors que les effets à long terme de ces produits sont encore généralement inconnus. Et au lieu d’adopter une approche holistique du traitement, au lieu d’essayer d’explorer les raisons pour lesquelles un enfant est angoissé par les stéréotypes sexuels du genre, certains cliniciens du SDIG prenaient simplement les enfants au mot. Si un garçon affirmait qu’il était une fille, il était traité comme tel et on lui donnait des médicaments pour l’aider à transitionner vers le sexe opposé. Les cliniciens concernés pensaient que cette approche d' »affirmation » était la meilleure solution.

Conséquence directe de cette démarche, un grand nombre d’anciens patients se manifestent aujourd’hui pour exprimer leurs regrets. Beaucoup d’entre eux ont décidé de tenter de changer de sexe alors qu’illes étaient trop jeunes pour acheter un simple billet de loterie. Pourtant, illes devront vivre avec les conséquences physiques et psychologiques de cette démarche pour le reste de leur vie.

Pendant plus d’une décennie, plusieurs médecins spécialistes du SDIG ont tenté de tirer la sonnette d’alarme. Mais ces personnes ont été écartées et marginalisées. Par exemple, lorsque Sonia Appleby, responsable de la protection des patient-e-s à l’hôpital Tavistock, a essayé de faire part des préoccupations de spécialistes à la direction de l’hôpital, elle a été qualifiée d' »hostile » et accusée d’avoir un « programme personnel ».

Pourtant, condamner ce qui a été autorisé à se produire à la clinique Tavistock devrait relever de l’évidence pour tout homme politique. Car pour celleux que n’aveugle pas la nouvelle foi envers les dieux du genre, ce qui a été fait à des enfants au nom de l’idéologie transgenriste est littéralement un scandale médical. Le fait de chercher à minimiser ce fait témoigne du déficit moral actuel de la gauche qui se dit « woke ».

Au début de l’année, Sajid Javid, qui était ministre britannique de la Santé au moment de la publication du rapport intérimaire de la Dre Cass, a comparé la peur d’être taxé de « transphobe » pour quiconque soulevait des inquiétudes au sujet de la clinique Tavistock à la peur d’être traité de raciste lors de discussions sur les scandales de « grooming-gangs » (où des gangs racisés ont impunément détourné des enfants vers la prostitution à Rotherham). Les parallèles sont en effet accablants. Dans les deux cas, certains des enfants les plus vulnérables du Royaume-Uni ont été exposés à de graves dangers. Et ceux qui auraient dû être mieux informés ont fermé les yeux parce qu’ils ne voulaient pas causer d’esclandre.

La réaction irréfléchie des gauchistes aux commentaires de M. Starmer doit être un signal d’alarme pour le parti Travailliste. Cet épisode montre clairement pourquoi se plier aux exigences de certains « wokes » ne mène nulle part. Leur idéologie est axée sur manifestations d’intolérance et ces personnes trouveront toujours de nouvelles raisons de s’offenser. Nous avons besoin de politiciens qui ont le courage d’ignorer ces accusations de « transphobie » et qui accordent leur priorité au bien-être des enfants.

Jo Bartosch est une journaliste qui milite pour les droits des femmes et des filles.

Version initiale: https://www.spiked-online.com/2022/11/02/trans-lunacy-has-blinded-the-left/

Traduction: TRADFEM

11 réflexions sur “Le délire transgenriste a aveuglé la gauche britannique

  1. Cet intérêt soutenu pour le sexe des enfants et la mutilation des zones sexuelles de tous les individus est un point commun des sociétés patriarcales : circoncision, excision, « chirurgie d’affirmation », castrats et eunuques…

    Si on admet pour principe que les enfants ont la maturité et la capacité d’auto-préservation d’adultes, pour de décider pour eux-mêmes sans limite, l’étape suivante est d’aligner en cohérence le reste de leur statut sur celui des adultes. Le transgenrisme paraît de plus en plus comme une première étape vers cet alignement honteux, car il n’y aurait socialement aucune cohérence à permettre à des enfants de passer sous le bistouri sans accord parental, mais leur refuser un piercing, un tatouage, sans ce même accord parental.

    Cela mène donc, au bout, à l’abolition du statut spécial des mineurs. C’est ce que font partout les capitalistes : faire sauter les régimes spéciaux de protection, l’un après l’autre, pour aligner tout le monde sur le pire.

    Et donc, comme le rêvent beaucoup de libertariens (comme par hasard, ils sont nombreux parmi les capitalistes des instances des grandes sociétés d’internet, wikipédia et twitter au premier rang) :
    – de rétablir le travail des enfants (parce qu’ils ont la capacité d’évaluer seuls si un contrat de travail est acceptable ou pas) : curieusement, le Canada, pays en pointe sur le transgenrisme, semble tenir à ce statut d’enfant travailleur. Il y a un article de l’Huma là dessus (L’Humanité, 13 juin 2022 « Canada. Au Québec, le travail des enfants toujours légal »).
    https://www.humanite.fr/monde/quebec/canada-au-quebec-le-travail-des-enfants-toujours-legal-753998
    – de punir pénalement les enfants comme des adultes, de faire tomber le statut de mineur : les USA, eux aussi parmi les premiers à ouvrir leurs prisons et leurs compétitions de haut niveau aux transactivistes, semblent aussi considérer les mineurs comme de petits majeurs en matière pénale.
    – donc, de permettre les rapports sexuels entre adultes et mineur de tout âge (puisqu’ils doivent être traités comme des adultes)… le site TRADFEM n’a-t-il pas traduit des écrits d’universitaires transactivistes qui sont très flous, pour le dire gentiment, avec le cas des pratiques pédophiles ?

    Une belle cohérence d’ensemble, qui ne rêverait pas de vivre dans un tel monde ? Parions que le droit de vote, lui, restera réservé aux adultes. Avec un peu de chance pour les capitalistes, aux seuls adultes riches, puisque toutes les digues sautent unes à unes, visiblement.

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    • « …le site TRADFEM n’a-t-il pas traduit des écrits d’universitaires transactivistes qui sont très flous, pour le dire gentiment, avec le cas des pratiques pédophiles ? »

      Je ne crois pas non, mais vous pouvez nous signaler si vous retrouvez ce à quoi vous pensez dans notre répertoire: https://1drv.ms/x/s!Ao4KqiDq6KzrgUUjNJbe3lgUgadf

      Les textes que nous choisissons sont des CRITIQUES féministes de l’idéologie transactiviste.

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      • J’ai retrouvé la page en question, mais peut-être l’ai-je mal comprise ?
        https://tradfem.wordpress.com/2021/01/11/7892/

        Sous l’article, j’avais commenté d’ailleurs pour savoir où trouver la référence précise de Judith Butler, car l’argument ne pouvait être utilisé sans cette précaution.
        La personne en charge des commentaires du site TRADFEM m’avait répondu ceci (extrait du commentaire Tradfem, 22 janvier 2021, 15h34) :
        « Voici cette citation:
        Dans son livre publié en 2004, « Undoing Gender », Judith Butler – souvent caractérisée comme une disciple de Foucault – reprend ces arguments. Elle écrit : « Je continue donc à ajouter cette qualification : « lorsque l’inceste est une violation », ce qui laisse entendre que je pense qu’il peut y avoir des cas où il n’en est rien. Pourquoi est-ce que je parlerais de cette façon ? Eh bien, je pense qu’il y a probablement des formes d’inceste qui ne sont pas nécessairement traumatisantes ou qui acquièrent leur caractère traumatisant en raison de la conscience de la honte sociale qu’elles produisent » (p.157) Nous y voilà : selon Butler, ce n’est pas l’acte de violence sexuelle qui est traumatique, mais la stigmatisation qui lui est attachée.

        Elle enchaîne avec le retournement de situation désormais usuel, consistant à dire que ce sont les personnes dénonçant la violence qui sont violentes : « La réification du corps de l’enfant comme surface passive constituerait donc, à un niveau théorique, une privation supplémentaire de l’enfant : la privation de la vie psychique » (p. 155) (traduisonsla : ce sont les personnes considérant l’enfant comme une victime d’inceste qui objectifient et oppriment l’enfant).

        Et elle termine par une ouverture à la décriminalisation de l’inceste, accusant l’interdiction de l’inceste d’être « la violation » : « Il faudrait donc peut-être repenser l’interdiction de l’inceste comme celle qui protège parfois contre une violation, et qui devient parfois l’instrument même d’une violation » (p.160)
         »

        Il est vrai que le sujet est développé en commentaire et non dans l’article, et qu’il est question d »inceste » et non précisément de « pédophilie »; mais je vois mal comment on peut dissocier la question de la pédophilie de celle de l’inceste (même si l’inceste concerne aussi, parfois, le cas d’adulte à adulte, j’ai l’impression que c’est surtout des agressions perpétrées par des adultes sur des mineurs).

        Mais peut-être n’ai-je pas bien compris ?

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        • Si cela peut dissiper l’incompréhension: mous n’appuyons aucunement la distinction que fait Butler et d’autres critiques de l’analyse féministe matérialiste entre les rapports sexuels nuisibles d’adultes avec des enfants et d’autres qui ne le seraient pas.

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        • Réponse à Tradfem, 10/11, 17h16 : Je me doute que vous ne soutenez pas ce point de vue. Personne ne confond la pensée du traducteur ou de la traductrice et la pensée de celui ou celle qu’il traduit.
          Ce n’est pas parce que vous traduisez quelque chose, que vous adhérez au discours traduit.

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  2. « Si on admet pour principe que les enfants ont la maturité et la capacité d’auto-préservation d’adultes, pour de décider pour eux-mêmes sans limite, l’étape suivante est d’aligner en cohérence le reste de leur statut sur celui des adultes. »

    Une autre lecture de ce pattern est, comme vous le dites, de *faire sauter les digues* à l’avance des exploiteurs dans nos vies. Il me semble que ce sont eux – et non les enfants au nom de leurs « droits » – qui sont les moteurs de la suppression actuelle des protections instituées contre l’exploitation des jeunes (et des femmes) par les nouvelles techniques créées pour multiplier les profits des grandes entreprises.
    Martin Dufresne

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    • Je pense que vous avez parfaitement raison, les dominants sont évidemment à l’origine de cet effort pour dégrader la situation des enfants et des femmes.

      Pour cela, ils prennent appui sur les droits des enfants tels qu’ils les interprètent, c’est-à-dire de travers, comme ils interprètent de travers la phrase de Beauvoir « on ne naît pas femme, on le devient ».

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        • Je ne comprends pas votre commentaire.

          L’interprétation dont je parle est celle que font les transactivistes :
          1° des droits des enfants : ils les interprètent en y ajoutant un « droit » à l’auto-détermination de genre, autrement dit, sans employer leur novlangue bon teint, à un droit à adopter un discours sexiste en public et à l’imposer aux autres et à eux-mêmes, ce qui peut aller jusqu’à l’auto-mutilation (physique et psychique, si tant est qu’on puisse distinguer les deux)
          2° de la phrase de Beauvoir, « on ne naît pas femme, on le devient » : phrase interprétée par eux comme voulant dire « on peut choisir de devenir une femme », alors que le sens de la citation est « devenir femme n’est pas un choix, c’est un processus subi depuis l’enfance qui est imposé par toute la société aux individues femelles ».

          Donc je maintiens qu’il y a bien erreur d’interprétation de la part des transactivistes. Mais je ne suis pas sûre que vous parliez de cela. Donc je ne comprends pas votre commentaire.

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        • Je suis également d’accord avec « Mercredi », il y a clairement une incompréhension massive de cette citation du « Deuxième sexe », voire une instrumentalisation. Je pense que la majorité des gens qui l’emploient pour justifier qu’être une femme est quelque chose qu’on peut choisir à loisir, n’ayant rien à voir avec son sexe biologique, n’ont pas lu ce livre.

          « On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin. Seule la médiation d’autrui peut constituer un individu comme un Autre. »

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