« Mon amie JK Rowling avait raison », écrit Julie Bindel au sujet d’un projet de loi sur le genre.

Un projet de loi sur la reconnaissance du genre qui vient d’être déposé en Écosse risque en compromettre la sécurité des femmes et des filles

Opinion publiée dans le Scottish Daily Mail, le 28 octobre 2022

Lorsque mon amie JK Rowling a porté un T-shirt portant le slogan « Nicola Sturgeon : destructrice des droits des femmes », la Première ministre a répondu par une réprimande, affirmant qu’elle est au contraire une « féministe passionnée et de longue date ».
Je crois que Sturgeon est passionnée, mais pas en faveur des droits des femmes. Elle promeut depuis longtemps une idéologie transgenriste qui est profondément nuisible aux femmes et aux filles.

Hier, le gouvernement écossais a adopté, par 88 voix contre 33, la première étape d’un projet de loi visant à réformer la Loi écossaise sur la reconnaissance du genre (LRG) afin de faciliter l’obtention d’un certificat de reconnaissance du genre (CRG) pour les personnes qui vivent ou sont nées en Écosse.

Mais avec sept députés du Scottish National Party votant contre le projet de loi et deux abstentions, il s’agit de la plus grande rébellion que le SNP ait connue en 15 ans de pouvoir. Le SNP est extrêmement pointilleux sur la discipline de parti – des mutineries comme celle-ci n’arrivent jamais.

Pour marquer son désacciord, Madame Ash Regan a quitté son poste de ministre de la Sécurité communautaire avant le vote de ce projet de loi. Je suis convaincu que d’autres suivront. Le SNP a imposé à ce vote la règle du fouet qui ne lui laissait que deux choix : soit voter en sa faveur, soit démissionner.

Pourquoi l’opposition à la LRG est-elle si forte et pourquoi le gouvernement écossais a-t-il refusé de dialoguer avec les critiques de ce projet de loi, en particulier les groupes de femmes ?

En bref, si elle est adoptée en troisième lecture, la législation proposée va porter atteinte aux droits des femmes et supprimer un certain nombre de protections pour les enfants. Elle passe également outre à l’avis de la Commission pour l’égalité et les droits de l’homme concernant l’offre actuelle aux femmes de services non mixtes – comme dans les prisons, les vestiaires et les refuges contre la violence conjugale. Cette disposition autorise des espaces réservés aux femmes.

En fait, un homme peut aujourd’hui décider qu’il est « une femme », demander un CRG et exiger l’accès à ces ressources.

Dans le cadre des réformes proposées par le gouvernement, la nécessité d’un diagnostic médical de dysphorie de genre serait abandonnée et remplacée par une « déclaration solennelle » de l’individu indiquant qu’il a l’intention de vivre dans ce que la loi appelle son « genre acquis » pour le reste de sa vie, après l’avoir fait pendant au moins trois mois, en remplacement des deux ans requis actuellement.

Au cours du débat tenu au Parlement écossais, j’ai entendu un homme affirmer : « Le problème n’est pas celui de trans prédateurs, mais celui d’hommes prédateurs ». Cet argument est délibérément ignorant et profondément offensant.

Il n’existe aucune différence entre les taux de délits sexuels des hommes trans-identifiés et des hommes ordinaires. Et maintenant, avec la nouvelle loi, tout le monde pourra réclamer un CRG, que ce soient des délinquants sexuels masculins condamnés ou de simples écoliers.

Il est particulièrement inquiétant de penser aux risques auxquels seront exposés des jeunes.

Je me suis adressée à Sinead Watson, une femme qui s’est finalement désistée d’un processus de transition vers le genre masculin. Au début de la vingtaine, elle s’est adressée à une clinique et, après seulement trois séances de conseils, a été placée sur une liste d’attente pour un traitement.

Watson me dit que lorsqu’elle s’est rendue à la clinique écossaise, elle avait des doutes quant à sa transsexualité, mais que leur politique d' »affirmation » totale et aveugle lui a « confirmé » qu’elle était vraiment un homme.

« Faire en sorte que des personnes âgées d’à peine 16 ans soient ‘affirmées’ comme étant du sexe opposé par le biais de cette nouvelle loi aura pour effet de les engager dans un parcours médical irréversible. Je ne le sais que trop bien », déclare Watson. « Les réformes qu’instituerait en Écosse la LRG sont un véritable désastre. Je ne peux qu’espérer que d’autres jeunes femmes et hommes vulnérables ne deviendront pas la proie de ce que j’ai vécu ».

En Angleterre et au Pays de Galles, il y a environ 15 000 jeunes de 16 à 18 ans nés en Écosse qui pourraient annoncer un changement de sexe juridique alors qu’illes sont encore à l’école, selon le système proposé en Écosse. Les garçons pourraient ainsi exiger d’avoir accès aux toilettes et vestiaires féminins, aux équipes sportives et aux logements des filles lors des voyages scolaires.

Des enfants qui n’ont même pas l’âge légal pour boire de l’alcool, conduire une voiture ou se faire tatouer pourront consentir à des opérations chirurgicales et à des traitements hormonaux irréversibles qui changeront leur vie, par la simple obtention d’un certificat à cet effet.

Les féministes comme moi se sont battues pendant des décennies pour construire des centres d’aide aux victimes de viol et des services réservés aux femmes afin de nous protéger de la violence masculine. Nicola Sturgeon et tous celleux qui ont voté pour ce projet de loi viennent de déclarer que les droits et la protection des femmes et des filles importent moins que de donner l’impression d’être progressistes.

Julie Bindel est cofondatrice de l’organisation Justice For Women.

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