Penile Imperialism : Travestissement et effacement des femmes

Dans ce chapitre du nouveau livre de Sheila Jeffreys, cette féministe sursoit aux vagues notions essentialistes « d’identité de genre » et de « transgenrisme » pour analyser le travestissement de certains hommes comme la dynamique propre aux hommes se disant femmes et décidés à exproprier les droits des femmes véritables. La Britannique Helen Joyce a effectué le même travail dans son essai TRANS (M Éditeur, publié au Québec).

CHAPITRE 8

Travestissement et effacement des femmes

Contrairement aux partisans des autres paraphilies que j’examine dans ce livre, les travestis ont rencontré un succès extraordinaire dans leur tentative de façonner le monde au service de leur penchants sexuels. Sous prétexte que leurs prédilections étaient d’ordre biologique – une âme féminine égarée dans un corps masculin plutôt qu’une excitation sexuelle – ils se sont présentés comme une minorité opprimée semblable aux homosexuel-les. Cela leur a permis d’instiller leurs fantasmes et leurs priorités dans l’élaboration de politiques aux niveaux local et national, dans la politique de santé, la politique du sport, l’éducation et la gestion pénitentiaire.

Dans ce chapitre, j’examinerai certains des impacts de ce changement sociétal d’importance qui s’étend désormais depuis l’entrisme d’hommes ayant des « identités de genre » dites féminines dans tous les espaces réservés aux femmes, à la transformation du vocabulaire et à l’effacement de toute mention des femmes et des mères, en passant par une grande campagne misogyne menée contre les femmes et les droits des femmes à l’échelon international. Je traiterai de la violence, des agressions et des insultes en ligne et hors ligne à l’égard des femmes, et en particulier des féministes, menées par des partisans du transgenrisme, ainsi que des tentatives de réduire les femmes au silence par des sanctions telles que le licenciement, la destruction de leurs moyens de subsistance et de leurs carrières dans les domaines de l’édition, du divertissement, des médias, du monde universitaire et de la politique.

Un autre effet de la montée du transgenrisme en tant que politique est l’émergence des spectacles de « drag » en tant que phénomène culturel majeur. La dernière section du présent chapitre est consacrée à la normalisation de cette pratique, qui consiste pour des homosexuels à se déguiser en « femmes », et qui a banalisé des attitudes misogynes dans les médias et les industries du divertissement. Le phénomène des hommes homosexuels qui prétendent avoir des « identités de genre » féminines qui feraient d’eux de véritables « femmes » émane de l’association de l’homosexualité masculine avec un statut avili de la condition féminine. Les enjeux du travestissement nécessitent une analyse féministe réfléchie.

Le travestissement, comme d’autres formes du droit sexuel masculin en action telles que la prostitution, n’est pas une pratique privée. Il affecte toutes les femmes et tous les enfants devant lesquels les travestis « expriment » leurs droits à l’identité de genre, comme je chercherai à le montrer ici.

Un affrontement de droits

La plupart des changements sociaux qu’ont instaurés les activistes des droits des transgenres ne sont pas le résultat de lois. En fait, la législation tente de rattraper une avalanche de changements qui se sont produits sur le terrain en l’espace de quelques années seulement (Joyce, 2021 ; Raymond, 2021).

La première preuve de l’impact de l’activisme des travestis sur les femmes est que des espaces réservés aux femmes sont de plus en plus infiltrés par des hommes qui disent avoir des « identités de genre » féminines (Joyce, 2021 ; Raymond, 2021). Le Royaume-Uni disposait d’un système en vertu de la Loi de 2004 sur la reconnaissance du genre, qui permettait aux hommes d’obtenir des certificats attestant d’un nouveau « genre » (Jeffreys, 2008e). Mais très peu de travestis se sont prévalus de cette possibilité. Ils se sont contentés de déclarer qu’ils étaient désormais des « femmes » et se sont installés dans des espaces réservés aux femmes, parfois sans même chercher à se faire passer pour des femmes, continuant à porter la barbe et leurs vêtements masculins habituels (Strudwick, 2015).

Ces espaces comprenaient des installations de toilettes pour femmes, des refuges pour femmes victimes de violences masculines, des pénitenciers pour femmes, et des vestiaires de boutiques – autant de lieux où l’on reconnaissait auparavant la nécessité de protéger l’intimité, la dignité et la sécurité physique des femmes en tant que membres d’un groupe subalterne et particulièrement sujet aux déprédations masculines.

La motivation de bon nombre de ces intrus, comme l’ont souligné les critiques des sexologues, était l’excitation sexuelle de pénétrer dans ce qui était considéré comme le saint des saints, l’espace des femmes, et de se faire passer pour des femmes devant des femmes (Bailey et Triea, 2007). Ce sentiment était toutefois défendu comme un « droit » à l’expression du genre.

Le mouvement de défense des droits lancé par les travestis a eu plus d’effets immédiats et clairement néfastes sur les droits des femmes que n’en avaient eus jusqu’à présent tous les mouvements visant à légitimer les autres paraphilies sexuelles masculines. En réponse aux menaces pesant sur les droits des femmes, le cas échéant où serait permis à des hommes de s’immiscer dans la catégorie des femmes selon leur bon plaisir, un groupe de féministes britanniques dont je fais partie a créé en 2019 la Déclaration sur les droits des femmes fondés sur le sexe. Celle-ci est aujourd’hui au centre d’un mouvement international de résistance à l’avancement des revendications de droits transgenristes (WHRC, 2019). Cette Déclaration affirme que l’admission des hommes ayant une « identité de genre » dans la catégorie des femmes viole tous les droits humains durement acquis basés sur le sexe, et non sur le genre, obtenus par les femmes au cours de 50 ans de travail aux Nations unies et au niveau international, plus précisément sous la forme de la Convention sur toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), 1979. Nous aborderons dans les pages suivantes certains des droits des femmes qui sont violés par cet entrisme des travestis.

Les comportements de brimades, d’intrusion et d’intimidation décrits dans ce chapitre sont le fait de travestis dans leur grande majorité. Les femmes ayant une « identité de genre » masculine ne sont pas concernées et, pour cette raison, le terme « travesti » est plus approprié que le terme « transgenre » pour la plupart des questions examinées. Cependant, la politique transgenriste a été promue auprès de la jeune génération par les universités et les médias, et de nombreux jeunes hommes et femmes qui n’ont aucun problème avec leur propre « identité de genre » ont été recrutés pour faire respecter les « droits des transgenres ». Certaines des formes de harcèlement des féministes que je décrirai ici, telles que le no-platforming (expulsion des tribunes), ont été menées par des assemblées mixtes de jeunes gens qui se sont laissé·es convaincre que le fait d’empêcher les féministes de s’exprimer ou de se réunir, par exemple, était un enjeu important de justice sociale. Le harcèlement des universitaires féministes sur les campus universitaires en est un bon exemple (Griffiths, 2021 ; Raymond, 2021). Le terme plus général de « transgenrisme » sera utilisé pour décrire ce type d’activisme.

Les espaces non mixtes réservés aux femmes

Les espaces non mixtes réservés aux femmes ont été historiquement établis pour protéger le droit des femmes à la dignité et à la sécurité. Pour les hommes qui ressentent de l’excitation sexuelle en se faisant passer pour des femmes, l’accès à ces espaces est crucial, car il confirme leur « féminité ». Les premiers espaces dans lesquels les travestis se sont efforcés d’entrer sont les toilettes pour femmes. Ils se sont battus pour leur « droit » d’y accéder par le biais d’une discrète campagne parfois baptisée « le droit de faire pipi » (right to pee) (Jeffreys, 2014b). Les militants travestis réclament le « droit de faire pipi » dans les toilettes pour femmes parce que, disent-ils, les toilettes des hommes ne sont pas des endroits sûrs pour eux, puisqu’ils pourraient y subir de la violence. Ils n’ont jamais apporté la moindre preuve de telles violences à leur égard de la part des autres hommes (Cavanagh, 2010). Les sexologues, qui considèrent ces hommes comme des autogynéphiles sexuellement excités par leur travestissement, proposent une explication très différente. Ils affirment que ces hommes sont sexuellement excités par de telles incursions parce qu’elles nourrissent leur fantasme érotique d’être admirés « en tant que persona féminine, par une autre personne » (Bailey et Triea, 2007 : 523), ou parce qu’ils ont besoin d’un public devant le « film » perpétuel qu’ils se jouent et dans lequel ils paradent « en tant que femmes » : devant des témoins involontaires, surtout leurs épouses, ou les femmes dans les toilettes (Cameron, 2013).

Les toilettes pour femmes sont nécessaires aux femmes et aux filles. Elles leur permettent de rester sur leur lieu de travail, de voyager et d’utiliser l’espace public. Toute restriction de leur nombre ou affaiblissement de leur sécurité par l’inclusion de certains hommes viole les droits des femmes (Penner, 2001 ; Yardley, 2012). Le danger de l’intrusion des hommes apparaît clairement sur les nombreux sites web consacrés à « l’upskirting » [soulèvement de jupes] d’après le nom de la pratique masculine sexuellement violente consistant à filmer secrètement les parties génitales et les fesses des femmes (Jeffreys, 2014a, 2014b).

J’ai montré au premier chapitre que les hommes sont parfois prêts à tout pour satisfaire leur urolagnie et leur coprophilie, allant jusqu’à s’enfouir dans des fosses septiques [au point d’en mourir, true story]. Les femmes et les filles ont besoin de toilettes non mixtes pour éviter le harcèlement et les agressions sexuelles des hommes.

Au Royaume-Uni, en 2018, il a été signalé qu’un peu moins de 90 % des plaintes concernant les agressions sexuelles dans les vestiaires, allant du voyeurisme au harcèlement, concernaient des incidents survenus dans des installations mixtes, et que deux tiers de toutes les agressions sexuelles dans les centres de loisirs et les piscines publiques avaient lieu dans des vestiaires mixtes (Hosie, 2018).  Les femmes ont également d’autres raisons d’avoir des toilettes offrant une certaine intimité, comme le besoin de changer de protection hygiénique et de mener des conversations avec leurs amies à l’écart de la surveillance masculine. L’entrisme des hommes perturbe tout cela.

Les activistes trans, eux, ne cessent de répéter qu’il n’y a aucun danger pour les femmes ou les jeunes filles à croiser des hommes dans leurs toilettes. Il s’agit d’un argument bien rodé visant à faire honte aux femmes qui s’opposent à leur présence, en laissant entendre qu’elles sont haineuses. Les réserves des femmes à l’égard du partage des vestiaires et toilettes avec des hommes sont comparées aux objections historiques que certains suprémacistes blancs américains ont jadis soulevées au sujet du partage des toilettes avec des Noirs. L’inconfort ressenti par les femmes est le résultat de préjugés similaires, a affirmé l’ex drag queen et « activiste des droits des transgenres » Laverne Cox dans une interview accordée à l’Observer en 2021 (Wiseman, 2021). L’analogie est cependant vicieuse. Il n’y a aucune équivalence entre le racisme et la peur des femmes face aux agressions sexuelles.

NdT : Jean « Marie » Cau, qui a bénéficié du soutien d’une association d’activistes pour les droits des droits des pères (SOS papa), vit maintenant son fétiche de travestissement de façon permanente. Dans l’émission Quelle époque ! il a déclaré : « Il n’y a pas de femmes trans qui vont venir violer des femmes dans les toilettes et les prisons » et « la prédation sexuelle, ce n’est pas mon problème ».

À la suite de la campagne menée par les activistes des droits des transgenres, des toilettes mixtes ont été installées dans les centres commerciaux, dans des lieux de divertissement tels que les galeries et les théâtres, ainsi que dans les écoles. Ce fut le cas dans de nombreux pays. Ces installations sont moins chères et plus faciles à mettre en place pour les architectes et les autorités : elles nécessitent moins de dépenses et en les proposant, les personnalités politiques et institutionnelles réduisent les pressions qu’exercent les activistes des droits des hommes. Mais ces installations sont généralement mal accueillies par les femmes et les jeunes filles, et pour de très bonnes raisons. Un groupe de femmes galloises a réalisé une enquête auprès de parents et d’élèves pour savoir ce qu’illes pensaient du déploiement de toilettes mixtes dans leurs écoles ainsi que pour connaître leurs inquiétudes à ce sujet : « Ce que nous avons recueilli jusqu’à présent témoigne de filles qui s’abstiennent de boire de l’eau toute la journée durant pour éviter d’aller aux toilettes jusqu’à d’autres qui signalent une “honte d’avoir leur règles” induite par la présence des garçons. » (Petter, 2019). En 2015, l’Université de Toronto a été contrainte de modifier ses toilettes pour revenir à des installations non mixtes après que « de nombreux étudiants de la résidence Whitney Hall de l’université se soient fait attraper en train de tenir leurs téléphones portables au-dessus des cabines de douche des étudiantes et de les filmer pendant qu’elles prenaient leur douche. » (Seleh, 2015)

Le gouvernement du Queensland, en Australie, a été contraint d’abandonner son projet de construction visant à équiper les nouvelles écoles exclusivement avec des toilettes mixtes, après des réactions défavorables de parents en 2020 (Stevens, 2020).

Au Royaume-Uni, la politique d’installation des toilettes mixtes a dû être modifiée en réponse aux préoccupations des femmes. Ces toilettes mixtes ont été introduites dans les bâtiments gouvernementaux et il a été signalé en 2021 que les employées au ministère de l’Intérieur ne les utilisaient pas et étaient sérieusement incommodées par ces installations : « Les femmes travaillant au ministère de l’Intérieur doivent se rendre dans d’autres services pour utiliser les toilettes, car de nombreuses installations du bâtiment sont mixtes. Quantité de femmes ont déclaré qu’elles se sentaient mal à l’aise dans des toilettes mixtes. De longues files d’attente se sont alors formées devant les dernières toilettes pour femmes. » (Dathan, 2021)

La colère des femmes a été efficace. En mai 2021, le gouvernement britannique a annoncé qu’en vertu de nouvelles règles, tous les bâtiments publics neufs et existants seraient tenus de fournir des toilettes non mixtes (Gilbody-Dickerson, 2021).

Par ailleurs, les activistes des droits des travestis cherchent à permettre aux hommes qui disent avoir une « identité de genre féminine » d’accéder aux logements d’urgence pour les femmes, y compris aux refuges pour les femmes qui fuient la violence masculine. Les effets de cette mesure sont maintenant très clairs : les refuges et les abris, dans le monde entier, admettent des hommes dans ces espaces et exigent, dans certains cas, que les femmes réfugiées de la violence masculine partagent des chambres et toutes les commodités avec des hommes (Gottschalk, 2009). Dans un cas, un homme nommé Christopher Hambrook, au lourd passif de délinquant sexuel, a été hébergé (sous le nom de Jessica) dans plusieurs refuges pour femmes à Montréal et à Toronto, où il s’est livré à des actes de voyeurisme, de harcèlement sexuel et de viol (Shaw, 2019). Il a finalement été accusé d’infractions sexuelles, déclaré dangereux pour la santé et la sécurité des femmes et condamné à une peine de prison à durée indéterminée, mais c’était trop tard pour les femmes qu’il avait déjà agressées.

Les prisons constituent un autre espace réservé aux femmes, établi pour protéger leur sécurité, ayant été de plus en plus envahi au cours de la dernière décennie par des hommes prétendant avoir une « identité de genre féminine ». Les femmes représentent une petite minorité de la population carcérale et sont rarement incarcérées pour des délits de violence grave. Elles constituent un groupe particulièrement vulnérable, ayant périodiquement subi de graves violences sexuelles et physiques de la part d’hommes dans leur vie. Plus de la moitié des femmes incarcérées au Royaume-Uni ont subi des violences domestiques, 53 % ont été victimes d’agressions sexuelles dans leur enfance et plus d’un tiers ont été victimes de violences sexuelles à l’âge adulte (Foster, 2014). Des hommes prétendument transidentifiés en femmes ont agressé sexuellement à la fois les femmes détenues et le personnel féminin des prisons lorsqu’ils ont été placés dans les bâtiments pour femmes (Beckford et Owen, 2020).

La liberté d’expression

Un autre domaine des droits des femmes lourdement affecté par la campagne pour les droits des transgenres est celui de la liberté d’expression. Les activistes des droits des transgenres et leurs partisans ont été impliqués dans une longue campagne de harcèlement et d’intimidation à l’encontre des femmes qui n’acceptent pas l’idéologie de l’identité de genre — selon laquelle les hommes peuvent devenir des femmes — ou qui critiquent les revendications de ces activistes. Parmi les femmes (et les quelques hommes) ayant été victimes de ce comportement figurent des femmes politiques, des universitaires, des autrices, des personnalités du spectacle et des féministes. Les intimidations ont pris la forme de campagnes d’injures sur les médias sociaux, avec de graves menaces de violences, voire de mort.

Il s’agit d’une des raisons pour lesquelles l’activisme transgenre n’a rien à voir avec d’autres campagnes de défense de droits. Les militantes pour les droits des femmes et les droits des homosexuels, par exemple, n’ont jamais considéré que les menaces et les insultes pouvaient être un moyen utile d’avancement de leur cause. Elles et ils se sont en revanche appuyés sur des arguments. Les activistes pour les droits des travestis, en revanche, vont jusqu’à proférer des menaces de mort. En février 2021, l’UK Transgender Alliance (Alliance britannique transgenre) a estimé que tous les mouvements de défense des droits devaient pouvoir employer la violence pour parvenir à leurs fins :

« Chaque mouvement pour les droits civiques a donné lieu à des effusions de sang ; les groupes ne se contentent pas de s’écarter et d’accepter les changements. Lorsque les TERS commenceront à être tuées, les lois changeront (Shaw, 2021). »

TERF (Transgender Exclusionary Radical Feminists – Féministes Radicales Excluantes des Trans) est un terme utilisé par les militants des droits des travestis pour décrire les féministes qui ne sont pas d’accord avec eux.

Le site web « TERF IS A SLUR » (site web francophone : TERF est une insulte) documente les agressions que les femmes subissent sur internet de la part des activistes des droits des travestis, et l’une des nombreuses pages du site est consacrée aux menaces de violences envers les femmes qui se trouvent sur leur chemin. Nombre de ces menaces adjurent les femmes de sucer des bites ou de « s’étouffer avec ma bite de femme » — des menaces très masculines et très sexualisées. Certains de ces hommes annoncent qu’ils frapperont au visage celles qui disent que les travestis ne sont pas de vraies femmes ; d’autres les menacent en posant avec des armes telles qu’une batte de baseball « incrustée de clous ». L’un d’eux déclare : « Je poignarderai une TERF dans l’entrejambe et lui donnerai une bonne raison d’avoir besoin d’un tampon. » Un autre suggère que des « trans meufs » pourraient arracher la langue des TERF et leur couper les mains, ce qui permettrait de les utiliser comme jouets sexuels, tandis qu’un autre homme dit qu’il « commettra un génocide de TERFs s’il le faut ». Certaines des menaces visent des féministes en particulier — l’un d’entre eux dit qu’il aimerait « trancher la putain de gorge flasque de Germaine Greer ». L’on trouve sur internet une multitude d’images d’armes à feu et autant de suggestions sur la façon de tuer les TERFs.  Des centaines de messages extrêmement violents sont rassemblés sur le site TER IS A SLUR, et témoignent du fait que de nombreux activistes des droits des travestis, par leur rage et leur haine des femmes, font partie du phénomène incel, ce mouvement mondial très effrayant désormais pris au sérieux et considéré comme une menace terroriste (voir chapitre 4). Ce type de menaces vise à réduire les femmes au silence. Dans un tel contexte, il leur faut beaucoup de courage pour s’exprimer.

Ces menaces ne sont pas que des menaces en l’air, car les travestis commettent des meurtres, y compris des meurtres de femmes. Nombre de ces meurtres sont épouvantables et révèlent un sadisme considérable. Le site web « Women are Human » (Les femmes sont humaines) documente les meurtres commis par des hommes travestis au moment des crimes, ou qui ont choisi de s’identifier en tant que femme au moment de leur arrestation ou pendant leur emprisonnement (Women Are Human, consulté le 6 mai 2021). Les hommes répertoriés ont assassiné des épouses, des petites amies, des filles, des petits amis, des inconnus au hasard, ainsi que des connaissances par divers moyens, et parfois ces meurtres ont été multiples.

À l’occasion, les meurtres étaient motivés par le refus des femmes de se plier aux exigences des travestis. En 2019, Roderick Deakin White, un décorateur de la Royal Opera House, a matraqué à mort Amy Parsons avec une barre de métal après qu’elle lui ait annoncé qu’elle le quittait parce qu’elle n’était pas heureuse depuis qu’il se travestissait (Lowe, 2019). En 2020, un homme qui se fait appeler Dana Rivers a été arrêté pour le meurtre, commis en 2016, d’un couple de lesbiennes et de leur fils adopté (FLC, 2020). [Le procès a lieu en ce moment même, à l’automne 2022. Précisons qu’il s’agit d’un couple de lesbiennes noires, et de l’un de leurs fils adoptifs noirs – Rivers les a tués tous les trois. (NdLT)] Rivers était un organisateur du Camp Trans, organisé chaque année en face du Michigan Womyns’ Music Festival, pour protester contre le fait que le festival n’accueillait pas officiellement les travestis. De nombreux travestis entraient toutefois sur le site, s’adonnant à beaucoup de harcèlement (Jeffreys, 2014a). Le festival a mis fin à ses 40 ans d’existence l’année des meurtres de Patricia Wright et Charlotte Reed, qui étaient des participantes régulières. Rivers a été arrêté sur la scène du crime, ensanglanté et muni de plusieurs armes.

Des femmes éminentes, outre Germaine Greer, ont été la cible d’attaques et de tentatives de destruction de leur carrière pour avoir exprimé ouvertement leurs critiques. L’autrice de la saga Harry Potter, J. K. Rowling, a fait l’objet d’une campagne de diffamation pour avoir critiqué l’effacement des femmes dans le langage, effacement revendiqué par les militants des droits des transgenres qui utilisent, pour désigner les femmes, l’expression « personnes qui ont leurs règles ». Les harceleurs ont cherché en vain à s’attaquer à son gagne-pain, en tentant de diminuer la vente de ses livres et des films qui en ont découlé (BBC News, 2020, 11 juin). La romancière nigériane Chimamanda Ngozi Adichie a également été attaquée en 2017 pour avoir simplement dit « les femmes trans sont des femmes trans ». Cette simple phrase a été qualiiée de « transphobe » (Freeman, 2021).

Outre la force brute et les campagnes visant à instiller la peur, des pressions et des menaces sont exercées sur les salles de spectacles, les maisons d’édition et tout autre établissement ou lieu où les féministes peuvent s’exprimer et formuler leurs objections. Des féministes de renom ayant déjà critiqué un aspect quelconque de la politique transgenre sont déprogrammées des évènements et conférences, ce qui signifie que les invitations à s’exprimer sur quelque sujet que ce soit ne leur sont pas envoyées ou sont retirées sous la pression des militants transgenres. Un exemple édifiant qui montre jusqu’où cette pratique peut aller concerne la journaliste et autrice féministe Julie Bindel, qui a été privée de plate-forme en 2021, alors qu’elle effectuait une tournée de promotion de son livre organisée par son éditeur, Spinifex Press. Readings, une librairie de Melbourne où elle s’était rendue en 2018 pour parler de son livre sur la prostitution, a présenté ses excuses aux activistes transgenres trois ans plus tard pour l’avoir autorisée à prendre la parole, alors qu’elle avait été accueillie favorablement à l’époque (Bannerman, 2021).

Le silence imposé aux femmes en politique

Les militants des droits des travestis cherchent à faire taire les femmes politiques qui critiquent l’idéologie et les pratiques transgenres, ce qui constitue une menace contre le droit des femmes à participer à la démocratie représentative. L’une de leurs victimes est la députée de Canterbury au Royaume-Uni, Rosie Duffield, qui a été décrite comme « complètement terrifiée » par les menaces proférées contre sa vie après qu’elle ait déclaré sur Twitter que « seules les femmes ont un col de l’utérus ». Elle l’avait fait en réponse au fait que les femmes aient été appelées « individus ayant un col de l’utérus », une expression adoptée afin d’apaiser les militants des droits des travestis (Sylvester, 2020). Un autre exemple est celui des menaces qui ont été adressées à Carmen Calvo, Vice Première ministre d’Espagne, qui a critiqué la législation proposée sur l’auto-identification de genre dans son pays (El Comun, 2021). Le 19 février 2021, une effigie d’elle a été pendue à un arbre d’une place importante de la Ville de Santiago de Compostela, baptisée du nom de la Journée internationale de la femme, Plaza 8 Marzo. L’emplacement avait été choisi délibérément, et un message autour du cou de cette effigie indiquait clairement que Calvo était visée en tant que féministe.

De nombreuses autres femmes politiques et en vue dans la sphère publique ont été harcelées et menacées pour leur prétendue « transphobie ». Les activistes cherchent à faire taire ces femmes par divers moyens, demandant à la police de poursuivre les mécréantes qui seraient coupables de « discours haineux », tout en cherchant à les faire licencier et en menant contre elle des campagnes agressives de harcèlement avec menaces de mort sur les réseaux sociaux. Cela a pour effet d’empêcher l’expression de discours féministes. Dans le cas de la sénatrice Claire Chandler de l’État de Tasmanie, en Australie, un tribunal anti-discrimination a été instrumentalisé pour la harceler. En juillet 2020, elle avait écrit un article d’opinion dans lequel elle critiquait l’idée selon laquelle les travestis devraient être autorisés à concourir dans les sports féminins, en disant :

« Il n’est pas nécessaire d’être un réac’ pour reconnaître les différences entre les sexes masculin et féminin et comprendre pourquoi les sports féminins, les vestiaires et les toilettes non mixtes sont importants. » (Uhlmann, 2020)

Un homme lui a envoyé un courriel pour se plaindre. Elle a réaffirmé son point de vue dans sa réponse. Il s’est ensuite plaint auprès du Commissaire anti discrimination de Tasmanie qui a décidé que le courriel de Mme Chandler pouvait amener « une personne membre de la communauté LGBTIQ+ et de la diversité des genres » à se sentir « humiliée, intimidée, offensée et insultée » (Ibid). La sénatrice Chandler a été convoquée à une réunion devant la Commission, mais après une controverse considérable dans les médias, la plainte pour discrimination a été abandonnée.

L’activisme transgenre représente une menace sérieuse pour la représentation des femmes en politique, et ce de diverses manières. Les partis politiques du monde entier adoptent aujourd’hui l’idéologie transgenre et, même lorsqu’ils ne s’engagent pas à inscrire l’auto-identification du « genre » dans la loi, comme quantité l’ont déjà fait, ils mettent en place des lois et des pratiques qui punissent les femmes qui expriment des opinions critiques à l’égard de la politique transgenriste. C’est tout particulièrement le cas des partis qui se considèrent comme progressistes ou à gauche de la scène politique, tel que le Parti travailliste, le Parti des Verts, les Démocrates libéraux, le Parti pour l’égalité des femmes au Royaume-Uni et les Démocrates aux États-Unis. Ces partis semblent désireux de privilégier les politiques en vogue auprès de leurs membres les plus jeunes afin de courtiser cet électorat.

Le Scottish National Party (SNP) (Parti national écossais) au Royaume-Uni, qui défend l’indépendance de l’Écosse et se positionne du côté progressiste de l’échiquier politique, s’est retrouvé au cœur d’une controverse à l’intérieur et à l’extérieur de ses rangs, en raison de sa détermination à mettre en œuvre un programme législatif en faveur des transgenres. Cela a conduit au limogeage de la lesbienne et féministe Joanna Cherry de l’avant-garde du parti au Parlement de Westminster (Cherry, 2021). Cherry a fait le commentaire suivant :

« Les raisons de mon licenciement n’ont pas été précisées, mais je n’ai pas été surprise. Depuis un certain temps, une petite cohorte de mes collègues du SNP, qui se fait fortement entendre, s’est engagée dans une performance théâtrale qui rappelle les procès des sorcières de Salem. La question – croyez-vous ou avez-vous déjà cru que les femmes sont des femelles humaines adultes – est une question à laquelle je dois répondre par l’affirmative, mais ce n’est pas une réponse très populaire auprès de ceux qui ont l’oreille des dirigeants. »

La nuit où elle a été licenciée, elle explique avoir reçu « une série de messages sinistres et menaçants sur son téléphone, culminant en une menace de viol » (Ibid).

La représentation politique des femmes est également menacée par l’entrisme des travestis qui cherchent à obtenir les places paritaires réservées aux femmes, une réforme adoptée dans l’optique de faire progresser la place des femmes en politique, telles que les listes « All Women Shortlists » du parti travailliste (listes 100% femmes) au Royaume-Uni. En février 2021, la position du parti travailliste était la suivante : « Les listes de sélection des All Women Shortlists du parti sont ouvertes à toutes les femmes, y compris les femmes trans qui s’identifient comme telles. » En d’autres termes, il ne s’agit plus seulement de faire avancer les intérêts des femelles adultes humaines en politique, il s’agit aussi de faire progresser ceux des hommes qui prétendent être des femmes (The Labour Party, consulté le 17 février 2021).

La même position a été adoptée dans toutes les situations où les femmes étaient censées être favorisées, par exemple vis-à-vis des places réservées pour que des femmes soient responsables de circonscription, qui peuvent désormais être occupées par des travestis. Le parti travailliste britannique a constitué un environnement particulièrement hostile aux femmes qui souhaitent critiquer les politiques transgenres. En septembre 2021, par exemple, à l’occasion de la conférence annuelle du parti travailliste, le Secrétaire d’État à la Justice du cabinet fantôme, David Lammy, a déclaré lors d’un événement organisé en marge qu’en ce qui concerne les « droits » des transgenres, « il y a quelques dinosaures à droite ». Et que « ces dinosaures existent dans notre propre parti » et cherchent à « amasser des droits » (Politics.co.uk.staff, 2021). Cette déclaration — selon laquelle les femmes qui veulent protéger leurs droits fondamentaux refuseraient déraisonnablement de les partager avec les travestis —  a suscité une controverse considérable.

Vocabulaire

Les transactivistes font campagne pour dévaloriser l’importance de la biologie afin de soutenir la prétention selon laquelle les hommes peuvent réellement être des femmes. Cela a eu des conséquences particulièrement graves sur le statut des femmes. Pour qu’un mouvement féministe existe, il faut que les femmes soient pensables en tant que telles, qu’elles se conceptualisent comme un groupe opprimé sur la base d’une caractéristique commune. Si le mot « femme » cesse d’avoir un sens, ou si ce sens est avili, alors le féminisme ne peut exister car les femmes sont devenues impensables. Cet effacement des femmes est le triomphe ultime de la politique du travestissement à ce moment précis de l’histoire (Joyce, 2021 ; Raymond, 2021).

Les travestis cherchent à vider le mot « femme » de son sens et façonnent un vocabulaire sur la biologie féminine pour répondre à leurs fantasmes sexuels spécifiques et pour empêcher toute remise en question de leur idéologie. Ils ont créé leur propre vocabulaire pour dévaloriser le statut des femmes, comme l’expression « femmes cis » (ciswomen) qu’ils utilisent pour distinguer les femmes humaines adultes des « femmes trans » (transwomen). De cette façon, ils réduisent les femmes de naissance à une seule variété de la catégorie des femmes et présentent un cas d’espèce de la façon dont les hommes ont étiqueté et défini les femmes, pour répondre à leurs besoins, tout au long des siècles de domination masculine.

Les anthropologues et les linguistes reconnaissent depuis longtemps que le vocabulaire structure ce qui peut être pensé (Kay et Kempton, 1984). Les théoriciennes féministes considèrent le langage comme fondamental à la subordination des femmes et ont montré comment les hommes l’ont façonné pour exprimer leur vision du monde en excluant ou en avilissant les femmes. Les puissants créent le langage, et cela s’applique en termes de race et de sexe. Les féministes soulignent que « « sémantiquement », « le sexe masculin est la « norme » humaine non désignée, les femmes étant désignées comme « autres » » (Penelope, 1990). Le pronom « il » a été utilisé pour inclure les femmes et « l’humanité », c’est-à-dire les deux sexes, par exemple. [NdT : La France est le dernier pays à parler de « Droits de l’Homme ». Tous nos voisins emploient le terme « personnes » en matière de droits fondamentaux et de grandes déclarations. Il s’agit d’un arriérisme volontaire de la part des hommes réactionnaires membres de l’Académie. Lire Eliane Viennot : Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin.]

De même, les mots utilisés pour désigner les femmes dans ce que la linguiste féministe Julia Penelope appelle l’UPD (univers patriarcal du discours) soit commettent un verbicide, en prenant un sens négatif, soit s’avèrent avilissants, comme lorsqu’on appelle les femmes adultes des « filles ». L’effacement massif des femmes, le privilège accordé aux hommes et l’avilissement des femmes dans l’UPD rendent non seulement difficile pour les femmes de ressentir de la fierté et de la confiance, mais aussi de décrire le monde à partir de leur propre vécu. Les féministes ont dû se livrer à des décennies de travail acharné pour analyser la façon dont fonctionne le vocabulaire masculin et pour inventer un langage plus adapté à leurs objectifs (Spender, 1980). Dale Spender explique que

« (le) patriarcat exige que toute conceptualisation du monde dans laquelle les hommes et leur pouvoir constituent un problème central devienne invisible et irréelle » (Spender, 1983 : 8).

Il est certain que le pouvoir masculin ne peut être considéré comme un problème s’il n’existe aucune catégorie de femmes distincte des hommes.

Les activistes transgenres ont la ferme intention d’extirper du langage de la politique, du droit, de la médecine et des politiques tous les termes qui se réfèrent à la biologie des femmes sous prétexte que des hommes qualifient ces mots de « triggering » (déclencheurs de souffrance psychologiques). Le fait de relier les femmes biologiques à des organes particuliers tels que les seins, ou à des capacités telles que la procréation, peut mettre certains travestis mal à l’aise parce qu’ils ne les possèdent pas, ce qui implique que ces mots doivent donc être abandonnés. Les travestis cherchent à imposer un déni de la biologie, ce qui conduit à des contorsions particulières de la part des politiques qui appuient leur programme politique.

Le négationnisme de la biologie a pénétré au cœur même du pouvoir politique en Écosse lors d’une réunion de la Commission de la justice du parlement écossais en 2021. Le secrétaire du Cabinet, Humza Yousaf, s’est vu poser la question suivante par une députée travailliste : « Le gouvernement écossais croit-il qu’il n’y a que deux sexes ou pense-t-il que le sexe s’échelonne sur un spectre ? » Il a évité de répondre à la question. Comme l’a commenté le porte-parole d’une organisation de défense de la liberté d’expression créée pour s’opposer à l’inclusion des travestis comme catégorie protégée dans un projet de loi sur les discours de haine :

« Il y a quelques années, ces questions auraient pu susciter un petit rire. L’idée qu’il existe deux sexes, mâle et femelle, est parfaitement orthodoxe depuis la nuit des temps. » (Gillies, 2021)

En septembre 2021, l’article de couverture de The Lancet, la célèbre revue médicale établie de longue date, illustre à quel point les transactivistes ont réussi à ancrer leur idéologie dans la profession médicale. L’article portait sur l’histoire des menstruations et les tabous qui les entourent, et la citation de la couverture était la suivante : « Historiquement, l’anatomie et la physiologie des corps dotés d’un vagin ont été négligées. » (Patel et Bunyan, 2021) Cette citation suggérait que The Lancet avait intériorisé un tabou sur toute mention du mot « femme ». Par contre, elle n’affichait pas de telles restrictions sur l’utilisation du mot « homme », qui n’était jamais décrit comme un corps doté d’un pénis ou d’une prostate.

Le mot « sexe », comme référence au sexe biologique, a également été vidé de son sens par des activistes qui affirment que le sexe est attribué arbitrairement à la naissance, ce qui signifie qu’il peut être modifié à volonté par un homme s’il décide d’être une femme plus tard au cours de sa vie. Un bon exemple en est fourni par Planned Parenthood aux États-Unis. Cette organisation, fondée il y a 100 ans et gérée depuis la ville de New York, a été entièrement subornée par l’idéologie et le vocabulaire transgenristes, à tel point que certains de ses contenus sont désormais inintelligibles. Elle compte 600 cliniques et fait de la santé des transgenres l’un de ses objectifs actuels les plus importants et les plus lucratifs, bien qu’elle ait été créée à l’origine pour répondre au besoin des femmes de pouvoir contrôler leur fertilité. Elle prétend être le deuxième plus grand fournisseur de « soins d’affirmation du genre » aux États-Unis, ce qui oriente clairement son vocabulaire et son programme (Shrier, 2021). [NdT : Le Planning Familial français fait la même chose et participe des mêmes dérives.]

L’organisation explique sur son site web que

« (L)e sexe est une étiquette – homme ou femme – qui vous est assignée par un médecin à la naissance en fonction des organes génitaux et des chromosomes que vous avez à la naissance. Elle figure sur votre certificat de naissance. » (Planned Parenthood, consulté le 17 février 2021).

Elle précise que l’utilisation du terme « assignée » « reconnaît que « quelqu’un (souvent un médecin) prend une décision pour quelqu’un d’autre ». Le genre, en revanche, est « beaucoup plus complexe », puisqu’il s’agit d’un « statut social et juridique » et également d’un « processus de décision » et aussi d’un « ensemble d’attentes » qui est culturel.

Les auteurs affirment que

« (L)’identité de genre est ce que vous ressentez à l’intérieur et la façon dont vous exprimez votre genre par vos vêtements, votre comportement et votre apparence personnelle. C’est un sentiment qui commence très tôt dans la vie… à l’âge de deux ou trois ans. » (Ibid.)

Dans ce déroutant champ de mines linguistique, le sexe biologique [pléonasme] est devenu quelque chose de mutable alors que le genre ne l’est pas. Les rôles du sexe et du genre ont été entièrement inversés. Planned Parenthood explique que le terme « cisgenre » s’applique aux personnes dont « le sexe assigné et l’identité de genre sont à peu près les mêmes, ou conformes l’un à l’autre ». Les personnes qui ne ressentent pas cela sont appelées « transgenres ou trans ». Il n’y a pas de place pour le rejet du « genre » dans cette vision du monde. Au contraire, tout le monde est supposé s’engager à actualiser les stéréotypes de la domination masculine.

Traduction: Audrey A. et Martin D.

PENILE IMPERIALISM vient de paraître chez Spinifex Press.

Une réflexion sur “Penile Imperialism : Travestissement et effacement des femmes

  1. Les seuls droits que réclame cette nouvelle religion c’est de pouvoir promouvoir la subordination, la haine et d’imposer le silence aux femmes qui défendent leurs droits liés au sexe. C’est le paroxysme du machisme. Les F2M et les M2F se rejoignent dans la misogynie, mais les M2F sont bien plus violents contre les féministes critiques du genre et, plus généralement, contre toutes les femmes. C’est une pathologie psychiatrique lourde de conséquences pour les droits de TOUTES les femmes. On ne choisit pas sa biologie. Mais la biologie est importante, en particulier, en médecine: les femmes n’ont pas les mêmes symptômes prodromiques des infarctus, les femmes ne métabolisent pas les médicaments comme les hommes etc… Ne plus parler de femme est, à cet égard, dangereux, en termes de santé publique.

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