La gauche se tire dans le pied pour ce qui est des enjeux de droits sexuels

Rarement a-t-on vu des accommodements particuliers exigés par un groupe s’avérer aussi délétères pour le reste de la population.

Par Bruce Lesnick, sur le blog Reality’s Last Stand

Imaginez un ouroboros qui se mange la queue, un but marqué contre son camp à un moment critique d’un match de football ou une grave blessure auto-infligée. Ce sont là des descriptions appropriées du comportement actuel de la gauche face à l’idéologie du genre.

À l’heure actuelle, l’idéologie du genre, un déni de la réalité matérielle qui s’apparente au créationnisme, est adoptée avec enthousiasme par l’ensemble de la gauche, allant des libéraux bourgeois et des soi-disant progressistes jusqu’aux socialistes et révolutionnaires autoproclamés. L’idéologie du genre postule que la biologie n’a rien à voir avec le sexe dont l’on est, et que la notion indéfinissable et entièrement subjective « d’identité de genre » est un moyen plus tangible et plus fondamental de catégoriser les gens, tant sur le plan social que juridique.

Les activistes du genre vont même plus loin en affirmant que les deux sexes – le masculin et le féminin – ne sont pas de véritables catégories biologiques, mais plutôt des « constructions sociales » arbitraires créées uniquement pour opprimer les femmes et les minorités raciales. Ces croyances sont maintenues en dépit du fait que plus de 99,98 % des êtres humains peuvent être catégorisés sans la moindre ambiguïté comme mâles ou femelles à la naissance.

Les idéologues genristes s’imposent par leurs jeux de mots et leur manipulation du langage. Lorsque cela les arrange, ils et elles utilisent le mot « gender » comme synonyme de « sex ». À d’autres moments, et selon le contexte, le genre fait référence aux rôles et aux comportements stéréotypés associés au fait d’être un homme ou une femme.

Et, lorsque tout le reste échoue, le genre est interprété comme une essence intérieure éthérée, une sorte d’âme, qui ne peut être observée ou étudiée directement, mais qui doit être prise pour argent comptant comme réelle et seulement connaissable à partir d’une perspective individuelle. Ensemble, ces définitions incohérentes et qui se chevauchent sont utilisées par les idéologues genristes pour éviter de se faire épingler ou de résoudre des contradictions logiques, et pour rejeter la réalité matérielle.

Ce qui rend le subterfuge du genre si efficace est que le genre est simultanément présenté comme distinct et synonyme du sexe. Lorsqu’il est considéré comme distinct, on affirme que l’expression du genre d’une personne – les comportements et préférences stéréotypés associés au fait d’être un homme ou une femme – ne peut être déterminée par un individu conscient que quelque temps après la naissance.

Mais comme le « genre » est également utilisé comme synonyme du « sexe », l’incapacité de déterminer l’expression du genre choisi par une personne dès sa sortie de l’utérus est utilisée pour affirmer que le sexe biologique lui-même ne peut être déterminé à la naissance (et encore moins in utero !). Au lieu de cela, les idéologues du genre insistent pour affirmer que les médecins ne font « qu’assigner » un genre et/ou un sexe aux nourrissons, ce qui donne lieu à une nouvelle équivoque sans fin entre l’anatomie sexuelle et les rôles sociaux.

Tout cela ne serait guère plus qu’un étrange nombrilisme si ce n’était que l’idéologie genriste, lorsqu’elle est autorisée à influencer la politique, a des répercussions négatives importantes sur les femmes, les gays, les lesbiennes, les enfants, la liberté d’expression, la liberté de religion et les droits démocratiques.

Quand le barrage se rompt

La plupart des Nord-américains considèrent comme acquis que le sexe biologique détermine si une personne est un homme ou une femme. C’est logique puisque la plupart des animaux et certaines plantes sont sexuellement binaires et dimorphiques (ils ont exactement deux sexes distincts). Les biologistes et les naturalistes utilisent les gamètes et les structures anatomiques qui les supportent pour déterminer le sexe des individus dans toutes les espèces qui ont des sexes distincts, ce qui inclut les plus de 5 400 espèces de mammifères connues. Dans toutes ces espèces, un mâle et une femelle biologiques sont nécessaires pour faire un bébé. La plupart des gens comprennent cela.

La plupart des habitants de notre pays n’ont aucune idée du fait que les idéologues genristes nient littéralement la base biologique du sexe et promeuvent l’idée qu’être une femme ou un homme est simplement basé sur ce que chaque personne ressent. Pour le Nord-américain moyen (et pour n’importe quel scientifique lorsqu’il s’agit de mammifères non humains), une personne dont l’anatomie reproductive est masculine est toujours un homme, quels que soient ses sentiments, sa tenue vestimentaire ou son « identité ». Il en va de même pour les femmes.

La plupart des gens ne réalisent pas non plus que lorsque les idéologues genristes affirment que « les transfemmes sont des femmes », ils parlent de mâles anatomiques et biologiques ; ils affirment qu’un homme est littéralement une femme s’il choisit de s’identifier comme telle. Si des sondeurs leur demandaient à leurs répondants si des hommes devraient être autorisés à concourir dans les sports féminins, au lieu de masquer la réalité par leur choix de  mots en demandant si « les transfemmes et les transfilles » devraient pouvoir concourir dans les sports féminins, ces répondants seraient beaucoup plus nombreux à répondre « non » à la première question qu’à la seconde, même si ces questions portent effectivement sur le même enjeu.

Comme de plus en plus de personnes comprennent aujourd’hui cet artifice inhérent à l’idéologie genriste, ces personnes vont devenir en colère. Elles vont se sentir trompées, manipulées et abusées. Ce que beaucoup ont pris pour un simple mouvement de tolérance et d’acceptation se révélera être une croyance irrationnelle, à caractère religieux. Une croyance, en outre, qui ne tolère aucun apostat ; qui insiste pour que tous embrassent sa pensée, répètent ses catéchismes, rejettent la biologie et le bon sens, et répriment leur propre dissonance cognitive. Les sanctions d’un manquement à cette foi sont l’exclusion, la censure et la chasse aux sorcières.

Le Parti démocrate, le Parti des Verts, le Planning familial, l’ACLU, la Ligue La Leche, la National Organization for Women (NOW), le Parti travailliste britannique, les unitariens universalistes, les médias grand public, Democracy Now, pratiquement toutes les universités, de nombreux districts scolaires locaux et presque tous les groupes socialistes ont déjà porté allégeance à la religion du genre. Lorsque le barrage cèdera et que les gens réaliseront la fraude perpétrée par l’idéologie du genre, c’est vers ces organisations que la colère populaire se dirigera.

Quels sont les préjudices en cause ?

Les préjudices résultant de l’idéologie du genre sont nombreux. Il va sans dire que les personnes transgenres, comme tous les autres, méritent de jouir pleinement de leurs droits civils et humains. Mais un plein droit ne signifie pas un droit supérieur à ceux de autres personnes. Rarement a-t-on vu des accommodements particuliers exigés par un groupe s’avérer aussi délétères pour le reste de la population.

Les femmes ont été historiquement désavantagées et opprimées en raison de leur sexe. Mais l’idéologie genriste cherche à transformer la définition de la « discrimination sexuelle » dans la loi et la politique gouvernementale pour en faire une discrimination fondée sur « l’identité de genre » telle que perçue par chacun (ou plutôt autoproclamée).

Cela signifie que tout homme qui s’identifie simplement comme une femme obtiendrait un accès total aux espaces privés des femmes (salles de bain, vestiaires, salles d’hôpital, pénitenciers), aux équipes sportives, aux créneaux de discrimination positive, aux récompenses spécifiques, aux associations féminines, etc.

Cela revient à annuler de nombreux acquis pour lesquels les femmes se sont battues et qu’elles ont ont remportés au fil des siècles. Nous avons déjà vu des hommes accéder à des équipes sportives féminines, agresser des femmes en prison, violer des femmes dans des salles de bain qui leur sont dédiées, et arracher des distinctions et des reconnaissances réservées aux femmes.

Les idéologues genristes réclament également des modifications du langage qui ont pour effet de rabaisser et de marginaliser les femmes. La définition même du mot « femme » (celle d’un être humain adulte de sexe féminin) est désormais qualifiée de « transphobe ». L’expression « allaitement au sein » doit être remplacée par celle « d’allaitement de poitrine » (chest feeding), afin de tenir compte de la possibilité pour des hommes de participer à cette fonction exclusivement féminine. On réclame que les mères soient maintenant désignées comme « parents accoucheurs » (birthing parents). Les personnes devant subir un dépistage du cancer du col de l’utérus ne doivent plus être appelées « femmes », mais « porteuses de col utérin » (cervix havers).

Les gays et les lesbiennes sont maintenant harcelé.es par les militants transgenristes pour leur orientation sexuelle. Avoir une préférence pour un partenaire qui est basée sur le sexe plutôt que sur « l’identité de genre » est considéré comme transphobe. La notion même d’homosexualité est dénoncée par les idéologues genristes qui insistent pour que « l’identité de genre » perçue par chacun compte davantage que son anatomie. Les lesbiennes sont harcelées sur les sites de rencontre parce qu’elles refusent de fréquenter les hommes qui exigent d’être considérés comme des femmes.

Les enfants qui ne sont pas à l’aise avec leur corps, qui s’insurgent contre les stéréotypes de genre ou qui souffrent d’autres troubles, comme l’autisme ou la dépression, sont aiguillés vers la chaîne de distribution des médicaments transgenristes. Pour la plupart des enfants qui souffrent de dysphorie de genre, le problème disparaît naturellement après la puberté. La plupart de ces enfants s’identifient ensuite comme gays ou lesbiennes. Mais aujourd’hui, bon nombre de ces jeunes souffrant de dysphorie sont orientés vers les bloqueurs de puberté, des médicaments autrefois utilisés pour la castration chimique des délinquants sexuels. Et l’écrasante majorité de ceux qui prennent des bloqueurs de puberté passent aux hormones stérilisantes destinées au sexe opposé et doivent ensuite faire face à une vie entière de médicalisation et de complications dangereuses.

De nouveaux programmes scolaires administrés à l’école primaire, au collège et au lycée immergent les enfants dans l’idéologie du genre. Le déni de la biologie actuellement enseigné est un retour en arrière vers l’enseignement des thèses réactionnaires du créationnisme et de « l’Intelligent Design », illustré par le tristement célèbre « Procès du singe » de Scopes en 1925.

Des droits démocratiques sont jetés par la fenêtre. Bien sûr, chacun a le droit d’avoir ses propres croyances personnelles, mais personne ne devrait avoir le droit d’imposer de telles croyances aux autres. Pourtant, les idéologues genristes insistent sur la nécessité de voir acceptée et validée la croyance de toute personne quant à sa nature masculine ou féminine, et ce de manière inconditionnelle, indépendamment de la réalité biologique évidente. Tout le monde est censé renforcer les pronoms choisis par quelqu’un, qu’ils correspondent ou non à son sexe. Tout le monde est censé respecter le droit d’une personne à entrer dans les espaces féminins comme elle l’entend, sur la seule base de son auto-identification. Ceux qui contestent tout aspect de cette philosophie peuvent être censurés, renvoyés, annulés ou même accusés d’un crime.

Les gens sont libres de ne pas croire au catholicisme, à l’islam, au judaïsme, à l’astrologie et à tout autre système de croyance. Personne ne prétend que cela « nie l’existence » des catholiques, des musulmans, des juifs ou des astrologues. Mais les idéologues genristes  affirment avec insistance que le fait de ne pas adhérer à leur idéologie revient à nier leur existence même. Cet excès de pouvoir est manipulateur et antidémocratique.

Une blessure auto-infligée

Rien de tout cela n’est progressiste, et encore moins révolutionnaire. Rien de tout cela ne remet en cause les pouvoirs établis. Au contraire, l’idéologie du genre est anti-matérielle, anti-science, et réactionnaire jusqu’à la moelle. Des « progressistes » qui, hier, reprochaient aux autres de « rejeter la science » en matière de changements climatiques, jettent aujourd’hui la science par la fenêtre lorsqu’il s’agit de l’idéologie genriste. Les anciens partisans de la science et de la réalité matérielle ont, avec cette question, abandonné toute raison. Qui plus est, ils ont abandonné toute prétention à soutenir la liberté d’expression et les libertés civiles, soutenant au contraire la censure de quiconque ose signaler que l’empereur est nu.

Si la gauche ne fait pas le ménage dans ses rangs à propos de cette question, et sans plus tarder, la droite interviendra de manière opportuniste pour se poser en gardienne de la raison et des libertés civiles. Cela a déjà commencé. En l’absence de forces de gauche prêtes à défendre les femmes, les gays, les lesbiennes et les jeunes dans cet enjeu, des cabinets d’avocats traditionnellement conservateurs, des politiciens et des personnalités médiatiques commencent déjà à combler le vide.

Comme toujours, il y a un lourd tribut à payer lorsque la gauche se retrouve du mauvais côté d’un enjeu important, en s’alignant, pour ainsi dire, du mauvais côté des barricades. Ce prix est payé non seulement par les organisations et les individus qui échouent en tant que leaders, mais aussi par les nombreuses personnes ordinaires qui souffrent directement et indirectement de ce malencontreux leadership.

Le réveil sonne. Il est temps de se réveiller !

SOURCE : https://www.realityslaststand.com/p/on-gender-the-left-is-shooting-itself?fbclid=IwAR3woCA77wi6UvzPj09ss65TONavcNatNzKaSwsmvL2ajYa5juVtWfef8IY

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