Pourquoi les écoles canadiennes autorisent-elles des hommes à faire la promotion en classe de leurs fétiches sexuels ?

par Meghan Murphy, sur son blog Feminist Current, le 22 septembre 2022

Où pensiez-vous que cela se dirigeait ? Le mantra « les transfemmes sont des femmes », l’approche « inclusive » à tout prix, les lois qui exigent que nous permettions à n’importe quel homme d’accéder pleinement aux espaces réservés aux femmes et que nous l’appelions « madame » ? Ici. C’est ici que cette dérive aboutit.

La semaine dernière, on a vu devenir virale la nouvelle selon laquelle un enseignant qui se nomme Kayla Lemieux a donné ses cours d’atelier de menuiserie à l’école secondaire ontarienne d’Oakville Trafalgar en portant des vêtements de femme, une perruque blonde et des prothèses mammaires de taille caricaturale.

La plupart des gens normaux ont été choqués qu’un professionnel exhibe son fétiche pornographique devant des élèves, sans même parler du fait que Lemieux a reçu pour le faire l’appui de l’école et du conseil scolaire d’Oakville. En effet, les élèves n’ont certainement pas été les seuls à remarquer que l’instructeur en technologie de fabrication arrivait au travail dans cet état, mais l’école n’a rien fait.

C’est apparemment parce que, depuis l’année dernière, Lemieux a commencé à « s’identifier comme femme ». Le site Reduxx rapporte qu’un élève a tweeté : « L’année dernière, ce professeur était un homme. Je ne pense pas que l’école puisse le renvoyer. »

Beaucoup de femmes ont commencé à tirer la sonnette d’alarme sur les excès du transgenrisme au cours de la dernière décennie (certaines, depuis plus longtemps encore), en particulier sur son lien avec la pornographie et le fétichisme.

Pour la plupart des hommes, le transgenrisme n’a rien à voir avec le concept imaginaire « d’identité sexuelle ». Il n’est pas possible d’avoir un intérieur « féminin » et un extérieur masculin. On ne peut pas naître avec ou acquérir une âme « féminine ». En vérité, ce qu’ont la plupart des hommes qui s’identifient publiquement comme « transfemme » (ou simplement comme « femme »), c’est un fétiche et/ou une forme de maladie mentale.

Alors que même beaucoup des personnes qui critiquent l’idéologie transgenriste continuent à traiter le transgenrisme comme un concept légitime (c’est-à-dire qu’ils croient et parlent comme si le « trans » était une identité légitime, comme si certaines personnes de notre monde étaient vraiment du sexe opposé « à l’intérieur »), la réalité est que, pour la plupart des hommes, il s’agit simplement d’un fétiche sexuel. Ces soi-disant « transfemmes » adultes sont des hommes excités à l’idée de se voir comme des « femmes », et par le fait de se déplacer en public habillés comme tels. Une partie de ce fétichisme concerne en effet l’exhibitionnisme, soit le fait de s’exhiber habillé « en femme ».

Cette pratique était autrefois largement désapprouvée, mais grâce à des politicien·nes, des institutions, des militant·es et des membres du public progressistes, elle est devenue non seulement acceptée mais aussi célébrée. En effet, les progressistes ont donné à ces hommes exactement ce qu’ils réclamaient : une tribune pour leur narcissisme.

Non seulement ces hommes ont-ils été autorisés à accéder aux espaces féminins tels que les vestiaires et toilettes, les maisons de transition, les refuges et les prisons, mais ils ont été autorisés à prendre le contrôle et à dominer l’ensemble de nos échanges sur les droits et les espaces des femmes. Même les hommes qui prétendent critiquer l’idéologie de l’identité de genre s’érigent en experts – les seuls assez courageux pour s’exprimer – au-dessus des femmes qui se battent contre ce problème depuis ses débuts.

Inutile de dire que ce à quoi nous sommes confronté·es aujourd’hui aurait facilement pu être prédit. Il n’a jamais vraiment été question d’ « accepter » des personnes « différentes » ou de soutenir les droits des lesbiennes et des gays, désormais accolés au « T » du transgenrisme. Il s’agissait de permettre l’accès et la domination des hommes dans ce domaine, des intimidateurs décidés à forcer le monde à se plier à leur volonté. Et nous avons plié.

Dans quel univers pourrions-nous imaginer un enseignant masculin faisant son travail avec des prothèses mammaires massives, rappelant un personnage d’animation pornographique, avec des « mamelons » bien en vue, une perruque blonde ridicule et des shorts de vélo sans que sa classe puisse se moquer de lui (ou lui faire honte)= ?

Dans l’univers qui est maintenant le nôtre.

En effet, c’est grâce à la loi canadienne C-16 et aux politiques et pratiques conséquentes adoptées à travers le Canada pour empêcher une « discrimination fondée sur l’identité et l’expression de genre », que Kayla Lemieux a aujourd’hui le droit de parader en public avec ses fétiches sexuels privés, au travail et même dans une salle de classe.

Lorsque le média Rebel News a parlé à Curtis Ennis, le directeur de l’éducation du conseil scolaire du district de Halton (qui précise les pronoms « Il/Him » dans sa bio Twitter), celui-ci a déclaré au journaliste que le conseil est « déterminé à soutenir tous nos enseignants, notre personnel et nos élèves dans un environnement qui respecte leur dignité, leur identité de genre et leur expression de genre ».

Bien qu’il existe un code vestimentaire pour les élèves, le conseil scolaire a confirmé qu’il ne s’applique pas au personnel. En réponse au journaliste de Rebel News, qui a utilisé le bon pronom pour désigner Lemieux, Ennis a répondu : « Vous n’arrêtez pas de dire « il »… Nous sommes respectueux de toutes les identités et expressions de genre de tout notre personnel. »

Il est étonnant de faire référence à la « défense de la dignité » en parlant d’un homme qui se met dans l’embarras, et qui embarrasse son école et ses élèves, comme si tout cela était « digne ». Mais cela revient à signifier que des institutions comme ce Conseil scolaire font respecter le Code des droits de la personne de l’Ontario, en vertu du projet de loi C-16, qui a modifié la Loi canadienne sur les droits de la personne et le Code criminel du Canada pour ajouter l’identité et l’expression sexuelles à la liste des motifs de discrimination interdits. Par conséquent, Lemieux pourrait invoquer une « discrimination » s’il était congédié pour avoir affiché son « identité de genre » au travail.

C’est pourquoi le scénario le moins digne que l’on puisse imaginer est aujourd’hui défendu sous le couvert de la défense de la « dignité » et des droits de la personne.

En accord avec le culte de l’identité de genre, même les médias canadiens insistent pour défendre Lemieux en tant que « femme », en persiflant le tollé exprimé comme étant « anti-trans » et en accusant celles et ceux qui s’y opposent de faire semblant de se préoccuper des étudiant·es de Lemieux.

Lauren O’Neil du BlogTO a osé prétendre qu’il s’agissait d’une question de droits des femmes, en écrivant :

« C’est loin d’être la première fois qu’une femme éducatrice est largement critiquée sur Internet pour avoir porté un vêtement jugé « inapproprié » ou « distrayant » au travail, et ce n’est pas non plus la première fois qu’un·e enseignant·e de la communauté LGBTQIA2S+ subit du harcèlement pour avoir exprimé son identité. »

Il y a quelques semaines à peine, une autre enseignante d’école primaire du New Jersey est devenue virale au nom de sa silhouette qualifiée de « galbée », sollicitant par inadvertance des milliers d’avances sexuelles et d’insultes non désirées.

Phoebe Maltz Bovy, du Globe and Mail, a également comparé le problème aux étudiantes sexualisées par les adultes à l’école, en donnant l’exemple d’une « jeune fille, une adolescente ou une pré-adolescente » qui « encourt des ennuis avec l’administration de son école pour avoir enfreint un code vestimentaire », accusée de « sembler provocante ». Les jeunes filles doivent vivre avec leur corps, et les féministes combattent l’objectification sexuelle de ces filles par les hommes depuis des décennies. Maltz Bovy reconnaît cela, et reconnaît que malgré le fait que « les gens ne choisissent pas leur identité de genre », la situation de l’école Oakville Trafalgar passe les bornes. Il est clair que les « seins » prosthétiques affichés par Lemieux n’ont rien d’une obligation, et ils dérivent ouvertement en territoire pornographique. « C’est un choix que de porter ce qui est effectivement une tenue fétichiste pendant que l’on enseigne, d’une manière qui est visible par tous », explique Maltz Bovy.

Elle a raison, mais le problème réside au départ dans le fait d’avoir défendu « l’identité de genre » en tant que concept juridique, et dans l’insistance sur la notion voulant que « l’inclusivité » exige d’accepter et de célébrer toute « identité » et « sexualité » revendiquée comme relevant de l’ombrelle LGBTQ++. Il n’est pas nécessaire « d’accepter » les drag queens dans les salles de classe, ni de protéger les « droits » des hommes qui prétendent être des femmes dans la sphère publique. C’est le « transgenrisme » en tant que concept juridique légitime qui est le problème : une fois que nous affirmons que les hommes qui prétendent être des femmes le sont effectivement et ne peuvent pas être confrontés à la vérité, tout est perdu. Nous ne pouvons pas protéger les enfants ou les femmes si nous acceptons cette mascarade.

Le résultat est que des hommes fétichistes sont maintenant autorisés à dicter qui peut rédiger des tweets (et à quel sujet), quand et où les femmes peuvent conserver de la sécurité et de l’intimité (nulle part), qui doit être licencié·e s’il ou elle conteste n’importe quelle identité que s’arrogent des hommes, sur quelles bases les femmes doivent concourir dans le sport (des bases inéquitables!), et ce que les filles doivent accepter à l’école.

Le fait que nous ayons cette conversation (et que Kayla Lemieux soit protégé) est le résultat du projet de loi C-16, et il découle du fait que les progressistes de tout le pays ont soutenu l’idée qu’une personne pouvait « s’identifier » au sexe opposé, et devait être protégée, légalement, pour cette raison.

Kayla Lemieux n’a rien d’une « femme ». Mettons fin à cette notion absurde. Il s’agit d’un homme fétichiste, ridicule, inapproprié et exerçant du pouvoir (ou bien, il nous provoque toutes et tous avec succès), et quiconque n’ose pas le reconnaître fait preuve de lâcheté. Parler de lui au féminin n’est pas respectueux, c’est une insulte adressée à toutes les femmes.

C’est le résultat d’une société qui accepte un mensonge stupide dont tout le monde est conscient.

Lemieux n’a peut-être pas honte de lui, mais le reste d’entre nous devrait avoir honte de notre naïveté.

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SOURCE : https://www.feministcurrent.com/2022/09/21/why-are-canadian-schools-allowing-men-to-advertise-their-fetishes-in-the-classroom/

Traduction : TRADFEM

3 réflexions sur “Pourquoi les écoles canadiennes autorisent-elles des hommes à faire la promotion en classe de leurs fétiches sexuels ?

  1. Les enseignants peuvent choisir d’adopter un comportement respectueux envers leurs élèves. Cela exploite nos enfants qui sont piégés en sa présence. Il ridiculise également le corps féminin.

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  2. C’est quoi la différence entre le comportement de ce prof et un comportement d’exhibitionniste-harceleur, avec le comportement d’un agresseur en fait ?
    – il impose à tous, et notamment à ses élèves, de voir ses « seins » par transparence, comme les photos le montrent clairement = exhibition sexuelle
    – il impose ça à des élèves qu’il note (relation hiérarchique avec des mineurs et avec pouvoir de sanction) = harcèlement sexuel sur mineurs donc.

    Une femme prof qui aurait des gros seins (sans parler de prothèses surdimensionnées comme ce « prof ») et qui mettrait des hauts transparents moulants se feraient recadrer par la direction, et sûrement dans des termes dégradants.
    Une jeune fille qui irait au lycée en mini-jupe se verrait obliger de se changer avec un vêtement ridicule, trop grand, sale, se verrait peut-être même insultée devant ses camarades pour être venue habillée « comme ça ». Elle serait mise en danger par une stigmatisation honteuse, qui la désignerait comme cible à de potentiels agresseurs parmi ses camarades. Les équipes « pédagogiques » du public comme du privé, qui embêtent les élèves pour une bretelle de débardeur tout à fait innocente alors que le thermomètre dépasse les 25, mais qui se couchent comme des rats devant un lobby un peu actif… forts avec les faibles, faibles avec les forts, rien de nouveau.

    Homme et femme ne sont pas logés à la même enseigne, et le transgenrisme ne fait que confirmer ce fait patriarcal : une femme doit être ramenée à son corps au moindre prétexte, un homme aura lui tous les droits. Situation similaire, traitement inégal.

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  3. Ce serait intéressant, d’ailleurs, que les enseignantes de cette école viennent habillées en tee-shirt moulant transparent, elles aussi, pour qu’on puisse vérifier si la direction laisserait passer…
    Il est évident que cette action ne sera pas mise en place, déjà parce que tout le monde n’a pas la fibre militante, et surtout parce que ça exposerait ces enseignantes à des agressions. Mais c’est dommage : les masques tomberaient vite.

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