Les veuves trans, la technologie et la déstigmatisation de l’autogynéphilie (par Jennifer Bilek)

4 avril 2022

Le texte suivant est une traduction par le site partage-le.com d’un article de fond de la féministe états-unienne Jennifer Bilek initialement publié en anglais, le 31 mars 2022, à l’adresse suivante : https://www.the11thhourblog.com/post/trans-widows-technology-and-the-destigmatization-of-autogynephelia-transsexualism


Au fondement de la nouvelle industrie du genre réside le fétichisme sexuel des hommes adultes que l’on connait aujourd’hui sous le nom d’autogynéphilie (AGP) et qui était auparavant appelé transsexualisme. L’AGP est un fétichisme sexuel qui consiste à convoiter la biologie féminine. Il s’agit de l’érotisation des femmes en tant qu’objets, de l’objectification sexuelle des femmes aujourd’hui portée par les industries du sexe à leur apogée. Le « transgenrisme » représente l’image de marque et la façade politique de ce fétichisme très profitable de l’ingénierie humaine. La pierre angulaire de ce fétichisme, actuellement consolidée au travers de la normalisation de l’AGP dans la société, est l’effacement des femmes. L’AGP s’exprimait autrefois par l’appropriation de ce qui était culturellement (stéréotypes) considéré comme des vêtements et accessoires féminins (fétichisme de travestissement). Grâce aux progrès technologiques, ce fétichisme s’est étendu à l’appropriation de la biologie féminine elle-même. Lorsque l’appropriation du corps des femmes est sérieusement considérée comme un « traitement médical » afin de soulager les paraphilies masculines ou leur homophobie intériorisée, leurs problèmes de santé mentale et/ou d’image de soi, les femmes n’existent plus en tant qu’êtres sexués à part entière.

En cela réside tout l’intérêt de l’industrie du genre. L’effacement des femmes est devenu le money shot ultime de l’industrie du sexe (NdLT : le money shot désigne le moment de l’éjaculation ou/et le moment le plus violent d’une vidéo pornographique, ce qui est attendu par les consommateurs). Les femmes deviennent tout et n’importe quoi, tout ce que n’importe qui dira qu’elles sont. Spoliées de toute définition de leur réalité sexuée, elles perdent leur intégrité. Il s’agit pourtant de la limite la plus importante qu’un être humain puisse avoir ; c’est d’ailleurs ce qui fait du viol un acte épouvantable.

Les « veuves trans », les femmes autrefois mariées à des hommes fétichistes autogynéphiles — des hommes qui, par plaisir, essayaient de s’habiller de façon à imiter la réalité sexuée de leurs femmes — ont été marginalisées et réduites au silence, bien au-delà de la censure opérée dans les rangs des femmes non féministes. Elles augurent de ce qui est en train de se passer dans la société avec la normalisation de l’AGP. Ayant vécu aux côtés d’hommes atteints d’AGP, elles ont le plus à nous dire sur le tour que prend la déstigmatisation de ce fétichisme. Autoriser l’immixtion, dans la réalité sexuée des femmes, d’hommes qui cherchent à les posséder, à les devenir et à les effacer, conduira à l’effacement et à la dégradation de l’humanité elle-même. Les femmes sont la moitié de l’espèce humaine. Lorsque nous sommes avilies et effacées, l’humanité sombre avec nous. (…)

À suivre au https://www.partage-le.com/2022/04/04/les-veuves-trans-la-technologie-et-la-destigmatisation-de-lautogynephilie-par-jennifer-bilek/

Une réflexion sur “Les veuves trans, la technologie et la déstigmatisation de l’autogynéphilie (par Jennifer Bilek)

  1. Je suis une femme trans non hormonée (« travesti ») qui rejette la théorie du genre. Je considère que le Pr. Blanchard a largement raison, notamment avec sa théorie sur l’autogynéphilie. Moi-même, j’aime exclusivement les femmes, je rentre donc dans la catégorie des hommes biologiques autogynéphiles. D’autres facteurs jouent, comme l’hyperhétérosexualité (aimer et admirer tellement les femmes que dans sa tête on vit dans un monde sans homme, si bien que l’on ressemble de plus en plus aux femmes), ou encore l’insatisfaction vis-à-vis de ce que la société attend des hommes (les hommes n’ont pas le droit de faire toutes les choses merveilleuses que font les femmes). Quand j’ai transitionné socialement, je n’ai pas laissé de « veuve de trans » (meilleure traduction que « veuve trans ») : je suis autiste Asperger et donc tout en bas sur l’échelle d’attractivité en tant qu’homme, historiquement je n’avais pas accès à tout ce qui touche à l’amour (c’est comme cela que les choses se passent chez les hommes, les femmes étant beaucoup plus sélectives ; j’ai eu par contre l’énorme surprise de voir qu’en tant que femme j’avais au contraire beaucoup de succès chez les hommes). D’ailleurs pourquoi empêcher que des hommes hétérosexuels qui n’ont de toute façon pas accès à l’amour s’épanouissent notamment de cette manière ? Voir le livre « Female Choice » de Meike Stoverock (en allemand) et les solutions que l’auteure propose pour ces hommes (ici une critique en anglais : https://forbetterscience.com/2021/03/18/female-choice-by-meike-stoverock-book-review/ ).

    Je suis d’accord avec vous sur beaucoup de points. Oui, les femmes trans ne devraient pas avoir accès aux lieux réservés aux femmes. Elles ne devraient pas participer à des compétitions sportives dans la catégorie femme. Elles ne devraient pas bénéficier des mesures destinées à promouvoir les femmes. Il ne devrait pas être possible de changer son sexe légal. Aucuns bloqueurs de puberté, aucune transition hormonale avant 18 ans (et encore…), aucune opération avant 25 ans. Le mégenrage ne devrait pas être pénalisé. Etc.

    Mais une apparence donnée, certains vêtements, bijoux, ou encore le maquillage, ne sont pas la propriété d’un sexe particulier. J’ai lu un grand nombre de témoignages de veuves de trans en novembre 2021, et ceux-ci ne sont pas aussi radicaux que cet article. Ces femmes n’ont généralement aucun problème à ce que des hommes se maquillent et sont pour que chacun s’habille comme il le souhaite. Mais elles sont contre le mensonge consistant à dire que ces hommes sont réellement des femmes. Elles ont bien remarqué l’autogynéphilie chez leurs anciens maris qui n’étaient par ailleurs pas spécialement féminins, présentaient dans certains cas des signes de machisme, de masculinité toxique. La manière dont elles sont traitées par la société (dont la plupart des féministes) est scandaleuse, et il est ahurissant d’entendre des propos laissant entendre qu’elles sont des imbéciles car elles ne se sont même pas rendu compte avant qu’elles étaient en couple avec une femme. Elles étaient mieux placées pour savoir qui était leur ancien mari que ceux qui les jugent, et si elles n’ont pas eu l’impression d’être en couple avec une femme, c’est probablement au contraire qu’il y a un gros problème avec la théorie du genre. Mais les veuves de trans ne disent pas non plus que les hommes autogynéphiles sont d’immondes pervers ou encore qu’il faut interdire aux hommes de faire tout ce qui est actuellement considéré comme féminin. Comme beaucoup de fétiches dans notre société encore très conservatrice, l’autogynéphilie n’est actuellement pas déstigmatisée, elle est cachée, niée, à la place on parle d’« identité de genre ».

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