Qui mettra fin à la chasse aux sorcières du lobby de l’identité de genre ? Les universités ne font rien pour les arrêter.

par Julie BINDEL, sur Unherd, 11 août 2022

J’ai perdu le compte du nombre de fois où j’ai été désinvitée d’universités depuis que j’ai été déclarée « transphobe » par l’Union nationale des étudiants (NUS) britannique en 2008. Le scénario est toujours le même : je suis invitée par les étudiants ou le personnel universitaire, puis désinvitée publiquement.

Mais maintenant, les adultes ont été exposés comme étant plus irresponsables et immatures que les étudiants. L’University and College Union (UCU), dirigée par l’activiste transgenre Jo Grady, nous a donné un avant-goût d’une enquête en cours sur les activités de l’UCU la semaine dernière dans un message TikTok (quoi d’autre ?) où elle réprimande le journaliste du Times James Beal. Selon Grady, Beal avait posé des questions aux membres de l’UCU sur leur soutien aux « droits des trans ». En publiant la vidéo sur Twitter, Grady a déclaré fermement que « l’UCU soutient sans équivoque les personnes trans ».

L’essentiel de l’article du Times, publié aujourd’hui, est que l’UCU s’est occupée à compiler des listes de membres du personnel universitaire qui ont des « croyances critiques en matière de genre » (c’est-à-dire que le sexe est immuable et que le genre est une construction sociale) – des croyances qui ont pourtant été jugées « dignes de respect dans une société démocratique » selon l’affaire Maya Forstater et précisées par le recours récent d’Allison Bailey.

L’UCU avait prévu d’utiliser ces informations pour « informer » les branches universitaires de l’UCU des opinions de leurs collègues, en les accusant d’être des « transphobes » et des « activistes critiques du genre ».

À mes yeux, cela ressemble à une chasse aux sorcières. L’année dernière, Grady a refusé de condamner les brimades et la diffamation dont a été victime mon amie Kathleen Stock, qui a effectivement été évincée de son poste de professeur de philosophie à l’Université de Sussex. Comme Brady l’a fait remarquer à l’époque : « Je ne ressens pas le besoin de dire si je soutiens quelqu’un ». Ainsi, Grady, qui a gagné plus de 140 000 £ l’année dernière, n’a pas ressenti le besoin de soutenir l’une de ses membres qui était harcelée, menacée et finalement évincée de son emploi en raison de ses convictions parfaitement raisonnables.

Il n’est pas étonnant que le Times ait enquêté sur le comportement choquant de l’UCU. Au plus fort du calvaire de Kathleen Stock à Sussex, la branche Sussex de l’UCU a déclaré dans un communiqué que « tous les membres trans et non binaires doivent plus que jamais recevoir le soutien sans équivoque » de ce syndicat. Ainsi, dans ce dernier épisode de « Orwell n’aurait pu inventer ça », les brutes sont devenues les victimes.

Les universités ne sont plus des lieux d’apprentissage, mais des lieux où l’on se fait peur et où l’on se fait dorloter. Hier, il a été révélé qu’un certain nombre d’universités ont ajouté des avertissements (trigger warnings) à plus de 1 000 textes, et dans certains cas les ont supprimés, afin de « protéger » les étudiants de documents « difficiles ». L’un de ces livres, Straight Expectations : What does it mean to be gay today (Qu’est-ce que cela signifie d’être gay aujourd’hui ?), a été écrit par moi. Expliquant pourquoi un avertissement a été joint au livre, la déclaration de la Glasgow School of Art se lit comme suit : « Ses opinions… ont été critiquées comme étant transphobes par certains activistes et écrivains. »

L’UCU est censée « protéger et faire progresser les intérêts de ses membres sur le lieu de travail » mais au lieu de cela, sous Grady, elle est devenue l’amie des brutes et des censeurs.

Version originale: https://unherd.com/thepost/who-will-put-an-end-to-gender-id-witch-hunts/?fbclid=IwAR3X0wmvXigkre6pr9Ah6WHZkl1WxCe7AQ4k-Pf1iabd36zAHWR8JhFEI_w

Traduction: TRADFEM

4 réflexions sur “Qui mettra fin à la chasse aux sorcières du lobby de l’identité de genre ? Les universités ne font rien pour les arrêter.

  1. « Les universités ne sont plus des lieux d’apprentissage, mais des lieux où l’on se fait peur et où l’on se fait dorloter » : peut être à relier au fait que les services publics (ici l’enseignement) sont privatisés ?
    Avec un système comme ça, le public fait le contenu, donc la science. Les gérants d’établissement de science ne doivent pas déplaire à la clientèle, ou ils perdront de l’argent. Ils licencieront donc le personnel qui ne satisfait pas la clientèle. Et tant pis pour les connaissances.

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  2. Je crois surtout que c’est le fait de tenir tête à des oppressions qui est devenu vulnérable aux pressions des éléments conservateurs, toujours en mesure de faire jouer la pression des médias et des institutions subventionneuses.

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    • Vous avez raison, un cran au-dessus les oppresseurs font leur possible pour diriger l’opinion dans le sens qui leur rapporte le plus. Les conséquences se voient donc partout.

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  3. Il est plus que nécessaire de lutter contre cette religion du genre et sa réhabilitation du blasphème. En France, le Planning Familial a fait une affiche mettant en avant un « homme enceint », toutes les réactions critiques ont été considérées comme de droite, d’extrême droite et réactionnaires. Pourtant qu’est-ce que le « genre » si ce n’est l’accumulation de stéréotypes imposés par les mâles ? Si les mâles avaient choisi d’imposer le maquillage, les jupes et les talons hauts aux hommes et, les costumes 3 pièces aux femmes, la situation serait identique; les femmes n’auraient pas plus de pouvoir. D’ailleurs sous l’ancien régime, les hommes de l’aristocratie portaient des souliers à talons et se maquillaient. Ce qui n’empêchait pas Voltaire de dire que « les femmes inventrices » n’existaient pas.

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