Fermeture de la clinique de genre Tavistock – bon débarras!

Ce service de promotion d’une « identité de genre » a nui à des centaines d’enfants vulnérables.

Par Julie Bindel, sur la plate-forme Unherd, 28 juillet 2022

L’annonce cette semaine de l’ordonnance de fermer le Service d’identité de genre du Tavistock & Portman NHS Foundation Trust (GIDS) d’ici le printemps prochain constitue un énorme soulagement. Suite à un examen qui a révélé que cet établissement avait failli à ses obligations envers les jeunes vulnérables de moins de 18 ans (comme en témoigne le rapport Cass, dont une mise à jour a été publiée aujourd’hui), sa fermeture imminente est un autre exemple de la façon dont des enfants ont été sacrifié·es sur l’autel de l’idéologie transgenre.

En grandissant dans les années 1970 dans un quartier britannique de HLM, j’ai, comme la plupart des femmes, lutté avec mes sentiments face à la féminité. Tout était question de conformité, et je détestais les robes, les collants et porter mes cheveux indisciplinés en chignon. À l’occasion, je m’enfermais dans notre salle de bain et j’essayais le jean et le t-shirt Brutus de mon frère, en imaginant ce que ce serait de pouvoir m’habiller comme je le voulais. Je ne m’intéressais pas aux garçons et j’avais le béguin pour ma meilleure amie. Si j’étais née 40 ans plus tard avec des parents libéraux de la classe moyenne, on m’aurait proposé un voyage à la clinique du genre et j’y aurais couru. Je voulais désespérément être un garçon – non parce que j’étais « prisonnière du mauvais corps », mais parce que j’étais prisonnière d’une société patriarcale qui punit les filles quand elles n’adhèrent pas aux stéréotypes sexuels, autrement appelés « le genre ».

Ces dernières années, de plus en plus d’enfants ont été orientés vers une vie d’interventions médicales potentiellement dangereuses comme réponse à des sentiments de malheur et de détresse. L’année dernière, plus de 5 000 jeunes de moins de 18 ans ont été orienté·es vers la clinique Portman, en comparaison de 250 jeunes dix ans plus tôt. Alors qu’il était autrefois beaucoup plus fréquent que les hommes se présentent comme dysphoriques de genre, ces dernières années, le nombre de filles et de jeunes femmes dans cette situation est monté en flèche. Je me demande ce qui peut bien pousser une femme à vouloir échapper à une vie de fille dans un monde rempli de misogynie, de pornographie violente et d’agressions sexuelles…

Le GIDS sera remplacé par des centres régionaux situés dans les hôpitaux pour enfants existants, offrant des liens solides avec les services de santé mentale. C’est logique, parce que, quoi qu’on en dise, se sentir si bouleversée par son propre corps que tu te sens poussée à vivre comme le sexe opposé n’est pas un signe de santé mentale.

Un récent sondage a mis en évidence le scepticisme généralisé du public à l’égard de la prescription de bloqueurs de puberté à des enfants, ce qui est tout à fait juste et approprié. Et pourtant, ce sondage a été interprété comme une « érosion du soutien aux droits des trans » plutôt que comme une réponse scientifique correcte. Les organisations caritatives qui prétendent représenter les intérêts des enfants dysphoriques de genre, comme Stonewall et Mermaids, mettent actuellement toute leur énergie à présenter faussement les thérapies par la parole et le soutien aux enfants pour les aider à vivre heureux dans leur propre corps comme une « thérapie de conversion ».

Lorsque j’ai écrit mon premier article sur la question de la transsexualité, en 2003, j’ai contacté le GIDS et parlé à l’un de ses cliniciens principaux. J’ai demandé si les enfants se présentant comme « dysphoriques de genre » pouvaient être victimes d’intimidation homophobe ou de molestation sexuelle ? Il me semblait que se sentir étranger à un corps qui avait été violé sexuellement était une réponse commune à un traumatisme. On m’a répondu que non, et que certains jeunes sont transgenres, et qu’aucune thérapie pour leur faire accepter leur corps ne serait efficace.

Le GIDS a nui à nos enfants les plus vulnérables et, comme beaucoup, je serai heureuse de le voir disparaître.

Version originale : Good riddance to the Tavistock Clinic

Traduction : TRADFEM

2 réflexions sur “Fermeture de la clinique de genre Tavistock – bon débarras!

  1. « Le GIDS sera remplacé par des centres régionaux situés dans les hôpitaux pour enfants existants, offrant des liens solides avec les services de santé mentale. »
    Mais que devient son personnel ?
    Est-ce une si bonne idée que ceux qui prônent le transgenrisme se dissolvent dans les institutions ordinaires de santé ? N’est-ce pas plutôt une banalisation, n’y a-t-il pas un risque de faciliter les mutilations chimiques au contraire, en plaçant des centres plus directement encore au contact des personnes en souffrance ?
    N’est-ce pas la secte qui s’intègre plus profondément dans les institutions de santé ?

    En France, les femmes souhaitant avorter peuvent par exemple se retrouver face à un gynéco anti-IVG, alors qu’elles peuvent être en souffrance. La situation est telle que l’idée qu’il faudrait interdire aux gynéco à clause de conscience d’exercer la gynécologie est née. Le risque n’est-il pas le même, de faciliter la rencontre d’enfants en souffrance avec des docteurs sans éthique ? L’histoire de la médecine regorge de ce genre de personnages. Ne faudrait-il pas plutôt se réjouir quand on leur retirera leur autorisation d’exercer, pour avoir mutilé et mis en danger des patients ?

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