Dr Jessica Taylor : « Présumées coupables : Comment les féministes radicales sont tenues responsables des violences masculines »

Par Jessica Taylor

J’ouvre les réseaux sociaux sur mon téléphone pour tomber de nouveau sur une vague d’insultes, de harcèlement et de discussions concernant le caractère violent, malintentionné et dangereux de la féministe radicale que je suis.

Hier encore, j’ai vu qu’une femme célèbre avait reçu des centaines de commentaires injurieux et de menaces de mort pour avoir défendu des idées féministes radicales.

La veille, c’était une artiste qui avait reçu des menaces et des insultes pour son point de vue féministe radical.

La même chose la semaine dernière. Le mois dernier. L’année dernière.

Et pourtant, malgré toute la violence infligée aux féministes radicales pour avoir ne serait-ce que couché sur le papier leurs idées ou créé des œuvres d’art, j’ai remarqué une tendance de plus en plus répandue qui consiste à affirmer qu’elles sont responsables de la violence masculine.

Assez récemment, je me suis aperçue que les féministes radicales étaient tenues responsables des homicides, des féminicides, des viols et des actes de misogynie commis par les hommes.

Dans cet article, j’aimerais explorer les raisons de ce phénomène et comprendre comment les féministes radicales, qui sont les seules capables de nommer la violence masculine, sont à présent accusées d’en être responsables. Plus précisément, j’aimerais parler de la façon dont on les condamne à la place des hommes :

1. Qui assassinent les transfemmes

2. Qui violent et assassinent les femmes dans l’industrie du sexe et la prostitution

3. Qui envoient des menaces de viol et de mort aux femmes sur internet

4. Qui haïssent les filles et les femmes (en particulier les masculinistes/les incels)

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais profiter de l’occasion pour clarifier ce que nous entendons lorsque nous disons être des « féministes radicales ». Bien que de nombreuses personnes pensent que le mot « radical » signifie certainement « extrême », ce n’est pas ainsi que le mot est utilisé dans le militantisme, quel qu’il soit. Les théoriciennes et les activistes sont qualifiées de « radicales » car elles envisagent un changement systémique considérable afin de s’attaquer à la racine d’un problème. Les féministes radicales (comme moi) pensent qu’il faut revoir et réorganiser complètement les structures qui nous gouvernent (localement et mondialement) pour que les filles et les femmes cessent d’être opprimées. Cela signifie qu’il faut tout remettre en cause, des attitudes et stéréotypes subtils aux violences et persécutions manifestes.

À cette fin, les féministes radicales dénoncent souvent les violences masculines flagrantes qui nous entourent :

Les hommes représentent 99 % des agresseurs violents dans le monde chaque année

Les hommes représentent 97 % de agresseurs sexuels dans le monde chaque année

Les hommes représentent 99 % des meurtriers chaque année

Les hommes représentent plus de 99 % des terroristes et des kamikazes

Les hommes représentent plus de 99 % de tueurs de masse dans les écoles

(FBI, 2020 ; Ministère de la justice britannique, 2020)

Malgré cela, les hommes ont toujours plus de chances d’occuper les postes de leaders mondiaux, de chefs d’entreprises, de hauts responsables, de contrôleurs financiers, de PDG de banques, de juges d’assises, d’avocats, d’officiers de police, de commissaires de police, de politiciens et de chefs de famille (de là provient le mot « patriarche »).

A l’échelle du globe, le monde est marqué par les inégalités : les femmes représentent 51 % de la population, mais dans certains conseils d’administration, à la tête des gouvernements et des institutions financières, nous occupons moins de 2% des postes.

Les hommes sont surreprésentés parmi les responsables de violences sur autrui, d’agressions et d’abus de position dominante – à tous les échelons de la société.

Le féminisme radical cherche à restructurer et changer la société à tous les niveaux, afin que les filles et les femmes soient traitées de façon juste et équitable.

Maintenant que nous avons posé les bases, examinons comment les femmes qui adoptent les principes du féminisme radical sont à présent condamnées pour les violences et les agressions commises par les hommes.

1. Les hommes qui assassinent les transfemmes

Presque tous les jours maintenant, je vois un post ou un mème sur les réseaux sociaux qui affirme que la théorie, les arguments ou le militantisme des féministes radicales sont à l’origine des meurtres de transfemmes à travers le monde, malgré le fait que celles-ci soient presque exclusivement tuées par des hommes.

Au Royaume-Uni, il y a eu un meurtre de transfemme, Naomi Hersei, qui a été tuée par un homme de 25 ans. Ils s’étaient rencontrés sur un site échangiste. L’homme a brutalement assassiné Naomi à coups de couteau dans une chambre d’hôtel en 2018.

Cependant, dans d’autres pays (notamment en Amérique du Sud), les meurtres de transfemmes sont courants et en augmentation. Selon TransRespect, la majorité des meurtres ont eu lieu au Brésil (152), au Mexique (57) et aux États-Unis (28), atteignant un total de 3 664 cas signalés dans 75 pays et territoires dans le monde entre le 1er janvier 2008 et le 30 septembre 2020. 98% des personnes trans assassinées dans le monde étaient des transfemmes. 82% des meurtres comptabilisés ont eu lieu en Amérique centrale et en Amérique du Sud ; 43% au Brésil.

Parmi toutes les transfemmes assassinées, 62 % étaient exploitées ou décrites comme exerçant dans le « travail du sexe » au moment où elles ont été tuées par un homme (ou par des groupes d’hommes).

Dans la plupart des cas signalés, les transfemmes sont tuées par des hommes qui les violent, les exploitent sexuellement ou les achètent pour des rapports sexuels, puis les tuent. En outre, d’autres transfemmes ont été assassinées par des hommes de leur famille, des frères, des oncles et des pères, ainsi que des hommes de leur communauté. Ces meurtres sont généralement le produit de la transphobie et de l’homophobie (et/ou d’un mélange des deux, avec le croisement d’autres facteurs tels que le racisme).

Ce qui apparaît clairement, c’est que dans chacun de ces cas, des hommes ont fait le choix de tuer des transfemmes. Aucune féministe radicale, aucune, n’a blessé ou tué de transfemmes. Dans toutes ces affaires, les transfemmes ont été poursuivies, harcelées, violées, battues et/ou assassinées par des hommes.

Il s’agit là de violences masculines. Tout comme les hommes sont plus susceptibles de tuer des hommes, des femmes et des enfants, les hommes sont également plus susceptibles de tuer des transfemmes.

J’ai identifié deux principaux raisonnements qui permettent de condamner les féministes radicales et qui doivent être questionnés. Le premier consiste à dire que c’est la façon dont les féministes radicales conçoivent le sexe et le genre qui pousse les hommes violents à tuer des personnes trans. Comme le montrent, je crois, assez clairement toutes ces affaires, les hommes qui commettent ces homicides ne s’intéressent absolument pas aux discussions théoriques féministes sur les origines du sexe et du genre. En réalité, leurs crimes ont pour origine leurs motivations propres, leur violence et leur relation au pouvoir (comme tous les actes de violence masculine).

Nous ne devons pas non plus ignorer le fait que, parmi les transfemmes qui ont été assassinées, nombreuses sont celles qui étaient dans l’industrie du sexe ou victimes d’exploitation sexuelle, opprimées par des hommes – et nous ne devons pas ignorer que les hommes qui achètent leurs corps pour des rapports sexuels sont déjà des personnes violentes et dangereuses qui choisissent d’exploiter et d’utiliser des minorités vulnérables à des fins sexuelles.

Tout ceci n’a aucun rapport avec la pensée ou la théorie féministe radicale. Cela a par contre tout à voir avec les hommes qui commettent ces crimes.

Je suis perplexe quand je vois que la plupart du temps, les féministes radicales comme moi sont dépeintes comme des extrémistes marginales qui n’ont rien d’utile ou d’important à dire, et qu’on suggère que personne ne devrait nous écouter déblatérer à propos des agressions dont sont victimes les filles et les femmes – mais que les gens semblent penser que nous avons le pouvoir de pousser des milliers d’hommes meurtriers à sortir de chez eux pour tuer des transfemmes.

Nous ne pouvons pas à la fois être de vieilles casse-pieds qui gueulent dans le vide, sans influence sur les hommes, et la cause de meurtres commis à l’échelle mondiale de par notre influence sur les hommes.

Le second raisonnement consiste à dire que le discours des féministes radicales, qui expliquent pourquoi nous devons être en mesure de nommer les hommes et les femmes (en particulier dans les statistiques sur la criminalité), est conservateur et dangereux.

Pourtant, ici, il est vital de pouvoir enregistrer correctement le sexe d’un criminel – des hommes tuent des transfemmes, ce qui s’inscrit dans une tradition millénaire de criminalité et de violence masculines. Les hommes constituent la majorité des meurtriers, quelles que soient les victimes – il est donc logique qu’ils soient aussi les meurtriers de transfemmes.

Il est essentiel que nous soyons en mesure de parler de la violence masculine (et de la violence féminine, lorsqu’elle existe et elle existe) de manière juste et précise pour tout le monde. Nous ne pouvons pas combattre la violence masculine à l’encontre des transfemmes s’il n’est pas permis de dire que l’agresseur est un homme – ou que les faits relèvent de la violence masculine.

De mon point de vue, il s’agit d’une forme ultime de culpabilisation des victimes et des femmes, qui consiste à excuser des meurtriers et à rejeter la responsabilité de leurs crimes sur les femmes et les féministes. Des milliers de filles et de femmes sont tuées chaque jour par des hommes. Ce ne sont pas elles qui provoquent ou influencent la violence masculine, qui la dirigent contre elles-mêmes ou contre les transfemmes.

Il me semble que nous sommes devenues des boucs émissaires.

Ce mouvement s’autoproclame progressiste et pourtant, il commet l’erreur classique de pointer du doigt les femmes, au lieu des hommes qui commettent ces violences. Encore une fois.

2. Les hommes qui violent et assassinent les femmes dans l’industrie du sexe et la prostitution

Le deuxième exemple de culpabilisation que je croise souvent, et dont j’ai moi-même fait les frais, consiste à accuser les féministes radicales d’être à l’origine des viols et des meurtres des travailleuses de l’industrie du sexe et des femmes en situation de prostitution à travers le monde.

J’ai souvent reçu des messages injurieux m’accusant de contribuer à ces crimes contre les travailleuses de l’industrie du sexe, ou de les provoquer, du fait de mes opinions sur le travail du sexe. Même si mes positions sont le fruit d’expériences personnelles, elles sont claires : les travailleuses de l’industrie du sexe ne devraient jamais être criminalisées, nous devrions faire campagne pour que toutes leurs condamnations soient annulées et nous devrions aider chaque femme à sortir de cette industrie – tout en criminalisant les acheteurs, les exploiteurs, les propriétaires et les investisseurs de cette industrie.

Je pense (comme beaucoup d’autres féministes radicales) qu’aucun homme ne devrait pouvoir acheter le consentement d’une femme, et que les travailleuses de l’industrie du sexe sont principalement exploitées, violées, blessées, battues, menacées, humiliées, opprimées, criminalisées, pathologisées et discriminées – le tout pour qu’un homme puisse prendre son pied.

La pensée féministe radicale n’a jamais encouragé une quelconque forme de discrimination ou de violence envers les femmes dans l’industrie du sexe ou la prostitution. En réalité, des féministes radicales renommées ont aidé des femmes prostituées à faire annuler les condamnations pénales dont elles faisaient injustement l’objet.

Une fois de plus ici, on voit que les femmes et les féministes radicales sont considérées comme la cause et la solution au problème de la violence masculine. Malgré le fait que la majorité des acheteurs, des exploiteurs et des trafiquants soient des hommes, les femmes sont encore fustigées, tenues responsables de la violence masculine et sommées de rendre des comptes à ce sujet.

De façon similaire, je trouve étrange qu’on puisse dire que les féministes radicales (qui constituent un groupe relativement restreint de femmes) aient un quelconque pouvoir sur les hommes violents qui achètent des actes sexuels – et le consentement à ces actes – à des femmes et des filles partout dans le monde. Ces hommes n’écoutent déjà pas les féministes radicales lorsque nous parlons des préjudices et des traumatismes causés par l’industrie du sexe et la prostitution, alors pourquoi diable écouteraient-ils ne serait-ce qu’un seul de nos arguments théoriques concernant la criminalisation ou la décriminalisation ?

Cela ressemble à une excuse facile et misogyne pour reprocher aux femmes les actions des hommes, une fois de plus. Je n’arrive tout simplement pas à comprendre comment les gens peuvent constater que les hommes (et le patriarcat en général) n’écoutent pas une seule seconde les féministes radicales, qu’au lieu de cela ils les réduisent au silence, leur confisquent la parole, les menacent, les harcèlent, se moquent d’elles et les humilient – tout en maintenant que la théorie et les théoriciennes féministes radicales sont la raison qui pousse les hommes à sortir et à commettre ces crimes dévastateurs contre les femmes dans l’industrie du sexe et la prostitution.

Ils ne semblent jamais avoir envisagé le fait que, si ces hommes sortent dans la rue et achètent des relations sexuelles avec des femmes et des filles, c’est parce qu’ils sont déjà de violents criminels, plus enclins à tuer des femmes et des filles.

L’autre point qu’ils occultent complètement en imputant aux féministes radicales la responsabilité des meurtres et des viols des travailleuses de l’industrie du sexe et des femmes en situation de prostitution, c’est qu’une grande partie des féministes radicales sont des survivantes de la traite, de la prostitution et de l’exploitation sexuelle. Par conséquent, la position des féministes radicales s’appuie souvent sur l’expérience de milliers de femmes qui ont survécu à la violence masculine et à la prostitution. Elles n’ont pas été écoutées ou respectées par les hommes à l’époque, et elles ne le sont toujours pas aujourd’hui. Je ne vois tout simplement pas comment on peut solidement défendre l’idée selon laquelle le féminisme radical est la cause de la violence masculine.

Ces hommes-là ne prennent-ils pas leurs propres décisions ? Pourquoi ne pouvons-nous pas leur demander de rendre des comptes pour leurs croyances et leurs actes, puisque les gens semblent être capables de le faire lorsqu’il s’agit des féministes radicales ?

Les hommes tuent les travailleuses de l’industrie du sexe et les femmes et les filles dans la prostitution mondiale parce qu’ils les déshumanisent et les haïssent. Ils les utilisent sexuellement, puis ils les tuent. Les féministes radicales, en revanche, s’opposent au commerce sexuel à cause de tout cela. Parce que les hommes violents déshumanisent les femmes et les filles, les haïssent, les violent et les tuent. Ce ne sont pas deux facettes d’une même médaille. Ce ne sont pas des positions comparables. Ce sont des positions antagonistes.

3. Les hommes qui envoient des menaces de mort et de viol aux femmes sur internet

Comme certain.es l’ont peut-être vu cette semaine, J. K. Rowling a reçu de nouvelles menaces de mort en raison de ses opinions sur le sexe et le genre. Ses positions sont globalement celles des féministes radicales, ce qui lui a valu des milliers de messages harcelants, agressifs, et des menaces d’attentat ou de meurtre.

Ces derniers jours, on a pu observer deux manières de blâmer les victimes et les femmes. La première consiste à blâmer directement et indirectement J. K. Rowling pour les menaces de mort qui lui ont été adressées. Il a été dit à plusieurs reprises que ces menaces de mort étaient justifiées et qu’elle les méritait. La deuxième manière de blâmer les victimes se concentre sur le féminisme radical, pour changer.

L’un des raisonnements que j’ai observé consiste à croire ou à penser que les féministes radicales, parce qu’elles ont des opinions controversées ou contestées sur le genre, les stéréotypes, les identités de genre et le sexe, incitent les hommes à les agresser, les harceler et les menacer en ligne. Le raisonnement va souvent plus loin et se transforme en sommation de se justifier ou de disparaître. La croyance semble être la suivante : si les femmes s’expriment ou même discutent en privé de leurs opinions sur le sexe et le genre, elles attirent à elles la violence des hommes. De nombreuses féministes radicales (surtout au cours de ces 5 à 10 dernières années) ont fait l’objet de menaces de plus en plus inquiétantes pour leur sécurité, de menaces de viol, de menaces de mort, de divulgation de leurs informations personnelles, de harcèlement et d’autres formes de violences masculines au nom de l’activisme et du féminisme.

Le plus intéressant dans tout cela, c’est que les femmes payent cher pour une opinion qui est en fait également partagée par de nombreux hommes. J’ai remarqué que lorsque les hommes expriment leur point de vue sur le sexe et le genre, ils sont critiqués, mais ils ne font pas l’objet de menaces de mort, de menaces de viol, de diffusion d’informations privées et de harcèlement comme les femmes.

L’idée implicite selon laquelle les féministes radicales attirent à elles la violence masculine pour la simple et bonne raison qu’elles s’expriment sur le sexe et le genre n’est pas sans rappeler le discours des activistes maculinistes et des groupes d’incels, qui affirment régulièrement que les féministes radicales suscitent et méritent la violence des hommes, en raison de leur soi-disant « misandrie ».

4. Les hommes qui détestent les femmes et les filles (en particulier les mascus/les incels)

Ce n’est un secret pour personne : les masculinistes et les incels haïssent le féminisme et les féministes radicales. Nous incarnons tout ce qu’ils détestent. Pour la plupart d’entre nous, nous sommes des femmes rebelles aux normes de genre, nous sommes lesbiennes, nous sommes militantes, nous sommes éduquées, nous sommes indépendantes – et nombre d’entre nous n’avons aucun intérêt à vivre ou à coopérer avec les hommes, ou plus largement avec le patriarcat mondial.

À chaque fois que j’ai été ciblée par les masculinistes et les incels, on m’a fait remarquer que mes idées sur le féminisme et les droits des femmes « provoquaient les réactions » et les attaques que je recevais. La police m’a même conseillée de fermer mes comptes sur les réseaux sociaux ou d’arrêter de parler des droits des femmes pour résoudre le problème. Je sais que ça n’est pas exceptionnel, car d’autres femmes ont reçu les mêmes recommandations.

Comme pour les autres points que j’ai déjà soulevés, personne ne semble imputer aux masculinistes ou aux incels leur violence en ligne et ailleurs. Personne ne semble parler de ces immenses communautés numériques qui partagent des mèmes, des posts et des vidéos faites de porno hardcore, de culture du viol, de propagande anti-féministe et anti-droits des femmes, et qui partagent des articles affirmant que la violence masculine et l’oppression des femmes font partie d’une théorie féministe complotiste.

Lorsqu’on les interroge, les gens ont tendance à soutenir que le mouvement masculiniste et celui des incels sont simplement des réactions au féminisme radical, un retour de bâton, ce qui, une fois de plus, positionne les féministes radicales comme la cause et la solution au problème de la violence masculine.

Blâmer l’agresseur – Allez, un p’tit effort, c’est pas difficile

J’ai conscience que cela peut sembler être une conclusion simpliste à un article complexe, mais la solution consiste vraiment à tenir les hommes responsables de la violence masculine. Blâmez ceux qui commettent le crime. Si une féministe radicale commet un meurtre, un viol ou une agression sexuelle, alors d’accord. Ce sera la faute des féministes radicales. Et elles seront à blâmer. Pas de problème.

Mais dans les affaires où des hommes ont exploité, menacé, violé, agressé, traqué et assassiné quelqu’un.e – blâmez l’agresseur. Tenez-le entièrement responsable. Faites-lui assumer la responsabilité de ses actes.

Lorsque des quantités d’hommes commettent ces crimes, parlez de la violence masculine comme d’un problème systémique – ne jetez pas la pierre aux féministes et ne dites pas que ce sont elles qui poussent les hommes à tuer, violer, menacer et violenter.

J’observe tout cela avec beaucoup d’attention en ce moment et je crois sincèrement que nous assistons à une collusion d’idées entre plusieurs groupes militants qui ont décidé de rejeter la responsabilité de nombreuses formes d’oppression sur les féministes radicales.

Bien que terrifiant, ce qui est sans doute le plus intéressant dans tout cela, c’est que c’était inévitable. Ce que je veux dire par là, c’est que nous sommes un groupe relativement réduit de femmes ambitieuses, éduquées, intelligentes, rebelles aux normes de genre, souvent homosexuelles et marginalisées, qui avons décidé de défendre les femmes du monde entier, de travailler en réseaux et de tenir bon face à de grandes difficultés, aux menaces et à l’adversité.

Ils n’allaient jamais laisser passer ça sans rien dire.

Les hommes n’ont jamais permis aux féministes radicales de s’exprimer sans filtre. Nous avons toujours été étiquettées comme folles, mauvaises, méchantes, dangereuses et violentes. Nous avons toujours été enfermées, arrêtées, maltraitées et menacées. On nous a toujours reproché l’évolution du rôle des femmes dans la société.

Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est comment d’autres femmes qui se disent féministes peuvent avoir connaissance du meurtre de quiconque, commis par un homme, et s’en détourner et blâmer une féministe radicale à la place, au lieu de reconnaître que la violence masculine est répandue et systémique – et que le féminisme radical est la seule forme de féminisme disposée à constamment la dénoncer.

Faire des féministes radicales des boucs émissaires pour les actes de violence masculine doit cesser.

Version originale : https://victimfocusblog.com/2021/07/20/woman-blaming-how-radical-feminists-are-blamed-for-male-violence/

Traduction : Léa Quedeville pour Tradfem

Une réflexion sur “Dr Jessica Taylor : « Présumées coupables : Comment les féministes radicales sont tenues responsables des violences masculines »

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