« Changements de sexe »- Mise en garde de plusieurs intervenant-e-s

Comme l’indique le schéma ci-dessous, l’illusion de la possibilité d’un changement de sexe affecte surtout les jeunes filles, qui sont maintenant des milliers à se livrer à des doubles mastectomies, des traitements à la testostérone et d’autres malversations médicales impulsées par le mouvement « trangenriste » qui exploite la mode, les médias sociaux et le mal-être des jeunes femmes.

Le mois dernier, de représentants d’associations de gais et lesbiennes, de parents, de professionnel-le-s de la santé et de personnes « détransitionnaires » ont adressé un mémoire au gouvernement canadien pour faire le point sur ce que l’on sait dans ce domaine et contester un projet de loi qui interdirait un soutien thérapeutique des jeunes fondé sur l’expérience acquise dans ce domaine.

En voici la version française.

16 juin 2022

Un breffage conjoint présenté au nom des organisations suivantes :

Gender Dysphoria Alliance, LGB Alliance Canada, Vancouver Lesbian Collective, Genspect et Canadian Gender Report

Ce document est maintenant de nature publique et publié en anglais sur le site Web Our Commons.

La situation

Au cours des dix dernières années, il y a eu une augmentation massive du nombre d’enfants et de jeunes cherchant des interventions médicales sur le genre. Les cliniques de genre pour les jeunes du monde entier ont signalé une multiplication par dix ou plus du nombre de renvois à leurs services. La population de patient·es a également subi un changement radical, passant d’une majorité de garçons de naissance à une majorité d’adolescentes de naissance. (1)

Au cours de la même période, le protocole de traitement précédent, qui consistait en une attente vigilante et un soutien psychologique, a été remplacé par un modèle affirmatif centré sur l’identité de genre auto-déclarée. Ce nouveau modèle est appliqué d’une manière qui ne tient pas compte de problèmes de santé mentale sous-jacents ou de la transition difficile que constitue la puberté, qui peut entraîner de nombreux défis, notamment la découverte de ses préférences sexuelles, la gestion des problèmes d’image corporelle, l’influence des pairs et la recherche de la validation du groupe social d’appartenance, ainsi que les comportements de frénésie attisés par les médias sociaux. Le résultat est que de plus en plus de personnes, surtout des jeunes femmes, découvrent que l’approche de soins affirmatifs n’a pas aidé leur santé mentale mais les a laissées avec des changements physiques permanents, une perte de fonctions, des douleurs et de l’insensibilité et des problèmes médicaux permanents.

De nombreuses adolescentes ne s’« identifient » pas comme garçons, mais plutôt comme « non-binaires » ou appartenant à quelque autre genre. Néanmoins, elles cherchent un soutien et des conseils auprès de praticien·nes de la santé qui, à leur tour, ont commencé à considérer que leur rôle est de soutenir « l’itinéraire de genre » d’un enfant et de répondre aux enfants en détresse en  leur administrant du Lupron et d’autres interventions médicales.  L’Hôpital pour enfants de London, basé en Ontario, a par exemple publié des directives à l’intention des médecins généralistes pour leur enjoindre de prescrire du Lupron avant même de référer l’enfant à une clinique spécialisée dans le genre, et il suggère qu’un consentement éclairé peut être obtenu auprès de jeunes qui viennent d’entrer dans la puberté, sur la base d’un examen sommaire de risques largement inconnus. (2)

Les lacunes du modèle actuel

Le traitement médical de la dysphorie de genre a d’abord été basé sur le soi-disant « protocole néerlandais », élaboré par des chercheurs d’Amsterdam. Celui-ci consistait en une suppression de la puberté à l’âge de 12 ans, l’administration d’hormones sexuelles de l’autre sexe à 16 ans et un traitement chirurgical, si désiré, après l’âge de 18 ans.

Le protocole néerlandais original était bas sur une étude portant sur 55 patient·es. L’étude a rapporté qu’un an et demi après la chirurgie, la dysphorie de genre des patient·e s avait diminué et qu’ils et elles fonctionnaient bien. Il y avait eu un décès dû à des complications de la chirurgie.(3) Ce protocole a été adapté bien au-delà de l’intention initiale qui était de soutenir les rares cas d’enfants présentant une identification précoce à l’autre sexe de nature grave et persistante. Aujourd’hui, au Canada, la suppression de la puberté, les hormones transsexuelles et les chirurgies sont toutes proposées à des enfants plus jeunes, sans l’évaluation psychologique approfondie qui était requise dans le cas de la clinique néerlandaise. (4)

De plus, les avals donnés au modèle de « soins affirmatifs du genre » par plusieurs organisations médicales nord-américaines réputées ont été basés principalement sur des efforts de lobbying plutôt que sur des données scientifiques fiables. Normalement, les directives de pratique clinique sont élaborées selon un processus qui se veut systématique, transparent et exempt de conflits d’intérêts. Les directives actuelles de pratique clinique pour les interventions médicales affirmatives du genre ne répondent pas à ces normes. (5)

La participation des parties prenantes est un élément crucial de l’élaboration des directives cliniques, mais elle doit inclure toutes les parties prenantes. Or, l’élaboration de politiques sur les enjeux transgenristes est dominée par une communauté militante d’adultes transgenres pour lesquels les interventions médicales ont été utiles. Ce processus exclut cependant les préoccupations de deux groupes concernés tout aussi importants. Le premier est celui des personnes qui ont connu la dysphorie de genre dans leur enfance pour la voir se résoudre en grandissant. Des études ont révélé qu’entre 65 et 95 pour cent des enfants atteints de dysphorie de genre évoluent hors de cette condition à l’âge adulte. (6) Beaucoup d’entre eux deviennent attirés par le même sexe. Ce groupe est facilement ignoré car il n’a aucune raison de s’engager dans un combat politique.

Un autre groupe de parties prenantes également ignoré dans la politique actuelle sont les personnes qui mettent fin à une transition, les « détransitionnaires ». Des études menées sur les détransitionnaires ont révélé que leur transition a endommagé leur santé physique sans résoudre leurs problèmes de santé mentale. (7,8)

Il est difficile de déterminer l’ampleur des détransitions et des regrets en cause. Les études menées par les cliniques de genre et les groupes de défense des transgenres ne sont pas fiables, car la plupart des détransitionnaires déclarent aujourd’hui ne pas être retourné·es à leur clinique de genre et s’être désengagé·es de la communauté transgenre.

Alors que les directives existantes préconisent une évaluation de la santé mentale avant toute transition médicale et le traitement de toute condition comorbide, les cliniques passent fréquemment outre à ces directives. Les patient·es adolescent·es sont orienté·es vers une hormonothérapie après seulement une ou deux courtes séances avec une infirmière praticienne ou un travailleur social, même lorsqu’il y a des antécédents d’autres problèmes de santé mentale. Les résultats de santé ne sont pas surveillés comme condition du traitement.

Développements internationaux

  • Deux pays ont procédé à un examen systématique des directives de traitement de la dysphorie de genre chez les mineurs et, dans les deux cas, ils ont adopté des directives qui limitent le recours à la transition médicale.

En 2020, l’Autorité sanitaire finlandaise a publié de nouvelles directives pour le traitement de la dysphorie de genre chez les mineurs qui recommandent que le soutien psychosocial soit la première ligne de traitement utilisée. La suppression de la puberté et l’hormonothérapie ne sont autorisées qu’en cas de détresse grave et persistante, et alors seulement dans le cadre d’une étude expérimentale. (9)

Le Conseil national suédois de la santé et du bien-être a également complété un examen systématique des preuves de la dysphorie de genre et de l’incongruence de genre et a publié de nouvelles directives qui sont similaires aux directives finlandaises. (10) Le changement instauré en Suède reflète l’inquiétude croissante concernant la sécurité du traitement hormonal chez les enfants. L’hôpital Karolinska a récemment signalé qu’un enfant de 11 ans avait développé une ostéoporose sévère alors qu’il était traité avec des bloqueurs de puberté. (11)

Au Royaume-Uni, l’inquiétude suscitée par les pratiques de leur principal service d’identité de genre chez les enfants a incité le gouvernement à instaurer un processus indépendant d’enquête (la « Cass Review »). Cette commission d’examen a publié un rapport provisoire en février 2022 qui a révélé l’existence de lacunes importantes dans la base de preuves à l’appui du traitement de la dysphorie de genre chez les jeunes. Le rapport indique que si des recherches ont été menées sur les résultats à court terme en matière de santé mentale, il y a eu très peu de recherches sur les regrets à plus long terme et sur la détransition. (12)

Le Secrétaire britannique à la Santé envisage maintenant d’élargir la portée de cet examen pour ouvrir l’accès aux bases de données du National Health Service (NHS) afin de permettre à l’examen d’effectuer un suivi à long terme des patient·es ayant subi une transition médicale.(13)

Le Collège royal australien et néo-zélandais des psychiatres a récemment publié une déclaration de position sur les besoins en santé mentale des personnes souffrant de dysphorie de genre. La politique reconnaît que le traitement de la dysphorie de genre chez les enfants et les adolescents a été impacté par un « discours sociopolitique polarisé ». La politique note qu’il existe de multiples perspectives et points de vue et n’approuve pas de directives spécifiques pour le traitement. Elle note que « les preuves et l’opinion professionnelle sont divisées quant à savoir s’il faut adopter une approche affirmative en ce qui concerne le traitement des enfants transgenres ou si d’autres approches sont plus appropriées ». Il souligne que la psychothérapie a un rôle à jouer dans le traitement des enfants et des adultes. (14)

En février 2022, l’Académie nationale de médecine française a publié un communiqué de presse qui appelle à la plus grande prudence dans l’utilisation des bloqueurs de puberté et des hormones de l’autre  sexe chez les enfants et les adolescents. (15)

Aux États-Unis, la majeure partie du débat s’est polarisée sur le plan politique, le gouvernement fédéral soutenant fortement les soins affirmatifs et certains États cherchant à les interdire complètement. Cependant, il existe également un débat plus large dans lequel de nombreux partisans du modèle de soins affirmatifs commencent à exprimer des réserves. Laura Edwards-Leeper et Erica Anderson, deux leaders dans le domaine de la transition de genre, ont fait valoir les échecs du modèle affirmatif. (16)

La Dre Marci Bowers, éminente chirurgienne spécialiste du genre, transsexuelle et présidente entrante de l’association WPATH, a déclaré publiquement que les hommes de naissance dont la puberté a été bloquée au stade 2 de Tanner ont « environ zéro » chance de pouvoir un jour connaître l’orgasme. (17) De plus, la Society for Evidence-based Gender Medicine est un groupe de cliniciens basé aux États-Unis qui fait un travail important en remettant en question l’approche affirmative actuelle. (18)

Recommandations

  1. Élaborer des directives nationales pour le traitement de la dysphorie de genre chez les enfants et les adolescent·es, conformément aux meilleures pratiques internationales dans l’élaboration de telles directives. Cela comprendrait une analyse systématique de la littérature et un processus d’élaboration protégé des conflits d’intérêts et prenant en compte toutes les parties prenantes concernées.
  • Élaborer une stratégie globale pour faire face à la détransition et au regret, qui comprend la fourniture de services de santé mentale pour répondre aux besoins des détransitionnaires et des études systématiques pour déterminer la prévalence de la détransition et des regrets.

À propos de nous

La Gender Dysphoria Alliance est un groupe de défense des personnes qui souffrent de dysphorie de genre.

LGB Alliance Canada est un groupe qui cherche à faire avancer les intérêts des lesbiennes, des gays et des bisexuel·les au Canada.

La Vancouver Lesbian Collective est un groupe de lesbiennes engagées dans la lutte contre l’oppression, l’effacement et la silenciation des lesbiennes au Canada.

Genspect est une alliance internationale qui recherche le meilleur soutien et les meilleurs soins pour les enfants en questionnement de genre.  

Canadian Gender Report sensibilise et recherche une discussion ouverte sur la façon dont l’idéologie du genre a un impact sur les enfants et les familles au Canada.

Références :

1.    Webinaire sur la clinique et la communauté de Vancouver/BCCH [Internet]. Trans Youth CAN ! [cité le 2022 mai 17]. Disponible sur : https://transyouthcan.ca/results/vancouver-self-care-and-coping-webinar/

2.    Guide et formulaire de consentement éclairé pour le Lupron du London Health Sciences Centre. Disponible sur : https://genderreport.ca/gender-affirming-care-in-canada/

3.    Vries ALC de, Steensma TD, Doreleijers TAH, Cohen-Kettenis PT. Puberty Suppression in Adolescents With Gender Identity Disorder : A Prospective Follow-Up Study. The Journal of Sexual Medicine [Internet]. 2011 Aug 1 [cité 2020 Mar 2];8(8):2276-83. Disponible à l’adresse : https://www.jsm.jsexmed.org/article/S1743-6095(15)33617-1/abstract.

3.    Malone WJ. Time to Hit Pause on “Pausing” Puberty in Gender-Dysphoric Youth [Internet]. Medscape. 2021 [cité le 2021 septembre 17]. Disponible sur : http://www.medscape.com/viewarticle/958742

4.    Dahlen S, Connolly D, Arif I, Junejo MH, Bewley S, Meads C. International clinical practice guidelines for gender minority/trans people: systematic review and quality assessment. BMJ Open [Internet]. 2021 Apr 1 [cité 2021 Apr 30];11(4):e048943. Disponible sur : https://bmjopen.bmj.com/content/11/4/e048943

5.    Kaltiala-Heino R, Bergman H, Työläjärvi M, Frisén L. Gender dysphoria in adolescence: current perspectives.. Adolesc Health Med Ther [Internet]. 2018 Mar 2 [cité le 2022 mai 19];9:31-41. Disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5841333/

6.    Littman L. Individuals Treated for Gender Dysphoria with Medical and/or Surgical Transition Who Subsequently Detransitioned: A Survey of 100 Detransitioners. Arch Sex Behav [Internet]. 2021 Oct 19 [cité le 2021 Oct 19] ; Disponible sur : https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10508-021-02163-w

7.    Vandenbussche E. . Detransition-Related Needs and Support: A Cross-Sectional Online Survey. Journal of Homosexuality [Internet]. 2021 Apr 30 [cité 2021 Apr 30];0(0):1-19. Available from: https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00918369.2021.1919479

8.   One Year Since Finland Broke with WPATH “Standards of Care” [Internet]. Société pour la médecine de genre basée sur les preuves. 2021 [cité le 2021 Oct 8]. Disponible sur : https://segm.org/Finland_deviates_from_WPATH_prioritizing_psychotherapy_no_surgery_for_minors

9.    Summary of Key Recommendations from the Swedish National Board of Health and Welfare (Socialstyrelsen/NBHW) [Internet]. Société pour la médecine de genre basée sur les preuves. 2022 [cité le 2022 mai 16]. Disponible sur : https://segm.org/segm-summary-sweden-prioritizes-therapy-curbs-hormones-for-gender-dysphoric-youth

10. Jemsby C, Mattisson K. Leo skadades i transvården – nu har sjukhuset anmält sig självt. SVT Nyheter [Internet]. 2022 Mar 17 [cité le 2022 Mai 18] ; Disponible sur : https://www.svt.se/nyheter/granskning/ug/sjukhusets-harda-sjalvkritik-efter-leos-transvard

11.   Independent review of gender identity services for children and young people: Interim report [Internet]. The Cass Review; 2022 Feb. Disponible sur : https://cass.independent-review.uk/publications/interim-report/

12. Crawford A. Sajid Javid to review gender treatment for children BBC News[Internet]. 2022 Apr 23 [cité le 2022 May 16] ; Disponible sur : https://www.bbc.com/news/uk-politics-61203575

13. Recognising and addressing the mental health needs of people experiencing Gender Dysphoria / Gender [Internet]. 2021 [cité le 2021 septembre 17]. Disponible sur : https://www.ranzcp.org/news-policy/policy-and-advocacy/position-statements/gender-dysphoria

14. La médecine face à la transidentité de genre chez les enfants et les adolescents – Académie nationale de médecine | Une institution dans son temps [Internet]. [cité le 2022 mai 17]. Disponible sur : https://www.academie-medecine.fr/la-medecine-face-a-la-transidentite-de-genre-chez-les-enfants-et-les-adolescents/?lang=en

15.  Edwards-Leeper L, Anderson E. The mental health establishment is failing trans kids.Washington Post [Internet]. 2021 Nov 24 [cité 2022 Jan 14] ; Disponible sur : https://www.washingtonpost.com/outlook/2021/11/24/trans-kids-therapy-psychologist/

16.  La Dre Marci Bowers s’exprimant lors d’un panel à l’Université Duke 2022 Disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=eYTKVwG7dG0

17.  SEGM promotes safe, compassionate, ethical and evidence-informed healthcare for children, adolescents, and young adults with gender dysphoria. [Internet]. [cité le 2022 mai 22]. Disponible sur : https://segm.org/home

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