La médecine transgenriste a-t-elle un robuste fondement philosophique ?

La philosophe Melissa Moschella
Does transgender medicine have a sound philosophical foundation? Michael Cook December 12, 2021 There are many angles from which to study the phenomenon of the transgender movement – psychological, sociological, historical, medical, political … — but surely the most fundamental is metaphysical. This is a word which is commonly used as a synonym for abstruse and impractical. In reality (so to speak), it is the most practical of all, as metaphysical is the branch of philosophy which studies what it means to be “real”. For instance, metaphysics asks transgenderism: is the sensation of “being trapped in the wrong body” real? It depends on which is fundamentally real – the mind or the body. From a metaphysical standpoint, questions of immense importance for our whole civilisation are at stake in the trans debate. In the latest issue of The Journal of Medicine & Philosophy, Melissa Moschella, of Catholic University of America, runs a metaphysical rule over transgender claims. It’s difficult to summarise here, but it’s a good introduction to the topic. She points out that trans claims are an example of the ancient philosophy of dualism: The wrong-body account of transgender identity seems to presuppose a dualist anthropology according to which the “I” or “self” is essentially a conscious, thinking, feeling entity that inhabits but is not identical to a particular body. For only by denying that the body is an essential, intrinsic component of personal identity can one claim that there is a mismatch between the body and the self.   In other words, the trans view is that the body is not real; only what we feel, think and imagine can claim to be real. That being the case, everything falls into place for trans supporters. But for a non-dualist this flies in the face of experience: “we are bodies, and whatever body we are is thus necessarily the ‘right’ body”. Moschella says that the biological view of human experience is the real view. Regardless of whether or not there are aspects of our identity that go beyond our biological identity, our biological identity is essential and intrinsic to our personal identity. In other words, I am my body, even if there are aspects of me that transcend the bodily dimension of my being.   She identifies a contradiction in trans claims: There is no such thing as a universal feeling of “maleness” or “femaleness.” There are probably as many ways of “feeling” female or male—whatever that means—as there are women and men. If “feeling female” or “feeling male” is to signify anything, there must be some objective, extra-mental reality to which it refers. That objective reality cannot be biological sexual identity itself, or it would be completely nonsensical for a biological male to say, “I feel female.”   This has important consequence for bioethics and transgender medicine: If that judgment is false…then affirming transgender identity claims, and performing medical and surgical interventions on the basis of such claims is not a truly responsible or compassionate response to those suffering from gender dysphoria, but rather is likely to result in profound harm, at least in the long run. It is probably futile for the opposing sides to harangue each other unless they tackle the knotty questions of transgender metaphysics.
Moschella’s article is a good start.  
La médecine transgenriste a-t-elle un robuste fondement philosophique ? Michaël Cook 12 décembre 2021     Il existe de nombreux angles sous lesquels on peut étudier le phénomène du mouvement transgenriste – psychologique, sociologique, historique, médical, politique… – mais le plus fondamental est certainement l’angle métaphysique. C’est un mot qui est couramment utilisé comme synonyme d’abscons et peu pratique .En réalité (pour ainsi dire), c’est le plus pratique de tous, car la métaphysique est la branche de la philosophie qui étudie ce que signifie être « réel’. Par exemple, la métaphysique pose la question suivante au transgenrisme : la sensation d’être « enfermé dans le mauvais corps » est-elle réelle ? Cela dépend de ce qui est fondamentalement réel – l’esprit ou le corps. D’un point de vue métaphysique, le débat sur le transgenrisme pose des questions d’une immense importance pour l’ensemble de notre civilisation. Dans le dernier numéro du Journal of Medicine & Philosophy, Melissa Moschella, de la Catholic University of America, soumet aux principes de la métaphysique les prétentions transgenristes. C’est un texte difficile à résumer ici, mais c’est une bonne introduction au sujet. Elle souligne que les prétentions transgenristes sont un exemple de l’ancienne philosophie du dualisme : Le récit du mauvais corps de l’identité transgenre semble présupposer une anthropologie dualiste selon laquelle le « je » ou le « soi » est essentiellement une entité consciente, pensante et sensible, qui habite un corps particulier mais ne lui est pas identique. Car ce n’est qu’en niant que le corps est une composante essentielle et intrinsèque de l’identité personnelle que l’on peut prétendre qu’il existe un décalage entre le corps et le soi.   En d’autres termes, le point de vue trans est que le corps n’est pas réel; seul ce que nous ressentons, pensons et imaginons peut prétendre être réel. Si cela est le cas, tous les problèmes sont résolus pour les adeptes du transgenrisme. Mais pour un non-dualiste, cela va à l’encontre de l’expérience : « nous sommes des corps, et quel que soit le corps que nous sommes, c’est donc nécessairement le ‘bon’ corps ». Mme Moschella dit que la perspective biologique de l’expérience humaine est la perspective réelle. Qu’il y ait ou non des aspects de notre identité qui vont au-delà de notre identité biologique, notre identité biologique est essentielle et intrinsèque à notre identité personnelle. En d’autres termes, je suis mon corps, même s’il y a des aspects de moi qui transcendent la dimension corporelle de mon être.  Mme Moschella identifie une contradiction dans les prétentions transgenristes : Il n’existe pas de sentiment universel de ‘masculinité’ ou de ‘féminité’. Il existe probablement autant de façons de ‘se sentir‘ femme ou homme – quoi que cela puisse signifier – qu’il existe de femmes et d’hommes. Si « se sentir femme » ou « se sentir homme » doit signifier quelque chose, il doit y avoir une réalité objective et extra-mentale à laquelle cela se réfère. Cette réalité objective ne peut pas être l’identité sexuelle biologique elle-même, ou il serait complètement absurde pour un homme biologique de dire: « Je me sens femme ». Cela a des conséquences importantes pour la bioéthique et la médecine transgenriste : Si ce jugement est faux… alors affirmer des prétentions identitaires transgenristes, et effectuer des interventions médicales et chirurgicales sur la base de telles prétentions n’est pas une réponse vraiment responsable ou compatissante pour ceux qui souffrent de dysphorie de genre, mais est plutôt susceptible d’entraîner un préjudice profond, du moins à long terme. Il est probablement vain pour les parties opposées de se haranguer les unes les autres à moins qu’elles ne s’attaquent aux questions épineuses de la métaphysique transgenriste.
L’article de Mme Moschella est un bon début.  

2 réflexions sur “La médecine transgenriste a-t-elle un robuste fondement philosophique ?

  1. Je trouve cette analyse éclairante. Elle vient fournir des nouveaux arguments à la lutte idéologique que nous devons mener d’une façon ou d’une autre.
    Merci de traduire ces textes.

    J’aime

    • Sens-toi bien à l’aise de te joindre à notre équipe, Hélène! On ne manque pas de livres et d’articles sur la table…

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.