Le vent tourne-t-il enfin contre la transmanie ?

par Jo Bartosch, dans Spike-Online

De plus en plus de gens prennent conscience de la menace que représente l’idéologie trans pour les droits des femmes.

C’est en 2015 je me suis entretenue pour la première fois avec mon ancien député pour lui dire que le transgenrisme était une menace pour la société civile. Il m’a regardée avec le genre de scepticisme bienveillant habituellement réservé aux gens qui prétendent que Jésus leur envoie des messages à travers les plaques d’immatriculation d’auto. À l’époque, il n’y avait qu’une poignée de personnes avertissant que les hommes en talons aiguilles taille 46 entraient dans les services hospitaliers réservés aux femmes et se mettaient sur des listes paritaires réservées aux femmes, en s’identifiant comme trans. Nous avons été diffamées comme des hystériques haineuses ciblant un groupe vulnérable qui voulait simplement être accepté comme des femmes.

Mais aujourd’hui, beaucoup d’autres en viennent à l’idée que l’idéologie trans pose vraiment problème.

Et ce n’est pas étonnant. Après tout, les nouvelles sont ponctuées d’histoires de délinquants masculins violents envoyés dans des prisons pour femmes parce qu’ils prétendent qu’ils « sont des femmes à l’intérieur ». Au cours des cinq dernières années seulement, le nombre de personnes qui s’identifient comme transgenres dans la population carcérale a augmenté d’environ 175 % (au Royaume-Uni) Il semble raisonnable de supposer qu’au cours des décennies précédentes, les hommes physiquement intacts qui s’habillent comme des femmes auraient été étiquetés de travestis ordinaires et non pas comme une minorité vulnérable ayant besoin d’une protection juridique.

Il y a aussi le nombre croissant des détransitionnistes. Ce sont des gens à qui on avait dit que leur détresse mentale pourrait être résolue en changeant de sexe. Ils et elles révèlent maintenant que c’était un mensonge, qui leur a été vendu par des cliniciens idéologiquement bornés.

Peut-être que les points de vue sur l’activisme trans ont commencé à changer en 2017, lorsque le trans-activiste Tara Wolf a agressé la militante des droits des femmes Maria Maclachlan au Speakers’ Corner de Hyde Park. Maclachlan a aussi été réprimandée au tribunal par le juge pour ne pas accepter de parler de son agresseur avec des pronoms féminins.

Dans les années qui ont suivi, la conversation nationale a évolué. Le public est maintenant largement conscient d’un conflit entre le désir d’une minorité de s’autoidentifier comme le genre de leur choix et les droits existants de la majorité, fondés sur le sexe.

Chaque semaine, une nouvelle personnalité publique se présente comme « critique du genre », c’est-à-dire qu’elle reconnaît que le sexe biologique est important et qu’il ne peut pas vraiment être modifié. Lundi, c’était au tour du sceptique le plus célèbre du Royaume-Uni, Richard Dawkins. Comme Dawkins a construit sa carrière en ridiculisant des absurdités religieuses, on peut se demander pourquoi il lui a fallu si longtemps pour rejeter cette croyance quasi religieuse envers des « âmes genrées ».

La réponse se trouve probablement dans la longue liste de victimes du mob transactiviste. Les scalps publiquement visibles comprennent maintenant des figures bien connues comme JK Rowling et Dave Chappelle. Et il y en a d’innombrables autres, inconnus du public, qui ont été discrètement poussés hors de leur emploi ou dans le silence.

Même si de plus en plus de gens se rendent compte du problème, celles et ceux qui ont d’abord sonné l’alarme sur l’impact potentiel du transgenrisme ont été exclu-e-s de l’histoire. Après tout, depuis des décennies, les féministes de la deuxième vague se sont cassé la voix à force d’alerter le monde entier au sujet de cette menace.

Par exemple, The Transsexual Empire (L’empire transsexuel) de Janice Raymond a été publié pour la première fois en 1979. C’est un livre étrangement prémonitoire qui prédisait la colonisation du corps et des espaces des femmes par des hommes en quête de reconnaissance en tant que « femmes ». Pourtant, pendant des années, Raymond et les autres féministes pas à la mode ont été ridiculisées et ignorées comme étant dépassées. Néanmoins, leur vision dystopique d’hommes s’identifiant comme lesbiennes, et de services hospitaliers pour femmes, des prisons et refuges pour victimes de viol ouverts aux hommes arguant une « identité de genre féminine », s’est réalisée avec une précision désolante.

En effet, bien que le gouvernement britannique ait jusqu’ici mis de côté son projet d’introduire l’auto-identification du genre (comme vient de le faire le Canada depuis le dépôt du projet de loi C-6), la plupart des organisations autorisent déjà l’accès à leurs installations sur la base de l’identité de genre professée, plutôt que du sexe biologique – grâce, dans l’ensemble, aux efforts de lobbying du groupe Stonewall. Cela inclut le NHS (service national de santé britannique) et même des ministères.

C’est la députée conservatrice Maria Miller qui a porté les revendications du mouvement trans au parlement britannique. Dans son ancien rôle de présidente du Comité spécial sur les femmes et l’égalité (WESC), elle a cherché à « rationaliser et démédicaliser » la Loi sur la reconnaissance du genre (GRA) en introduisant l’auto-identification du genre.

 À l’époque, Miller se plaignait amèrement d’avoir fait face à une hostilité « extraordinaire » de la part d’une minorité de femmes « prétendant être féministes ». De toute évidence, elle pensait qu’en sautant à bord du train trans, elle s’assurerait une place en tant que pionnière  «conservatrice compatissante» en avance sur l’échelle des droits civiques. Elle a échoué, les conservateurs ont fait marche arrière et elle n’a pas occupé de poste au gouvernement depuis qu’elle a quitté le Comité spécial sur les femmes et l’égalité.

Il y a une certaine satisfaction sombre à regarder le monde rattraper son retard. Mais dire « je vous l’avais bien dit » serait plus lénifiant s’il n’y avait pas tant de victimes de la manie trans qui s’est emparée de nos élites politiques et culturelles, et si des gens ordinaires n’étaient pas toujours persécuté-e-s pour avoir dit la vérité. En effet, il serait plus facile de rire de l’absurdité évidente de la manie trans si les femmes n’étaient pas toujours enfermées dans les prisons et dans les services hospitaliers avec des hommes délirants et dangereux. Nous avons encore un long chemin à parcourir avant que les droits des femmes ne soient pleinement garantis.

Version originale: https://www.spiked-online.com/2021/12/02/is-the-tide-finally-turning-against-trans-mania/

Jo Bartosch est une journaliste qui milite pour les droits des femmes et des filles.

Traduction par Neli Busch et Annick Boisset pour TRADFEM

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