Au Royaume-Uni, la BBC rompt enfin avec le lobby Stonewall

par Julie BINDEL

Lorsque la BBC a annoncé aujourd’hui que « après mûre réflexion, nous pensons qu’il est temps de nous retirer du programme des Champions de la diversité de Stonewall et que nous ne participerons plus à l’Indice d’égalité sur les lieux de travail créé par Stonewall », des soupirs de soulagement se sont fait entendre au sein de la société d’État.

De nombreuses lesbiennes, féministes et homosexuels en avaient assez de la domination de l’idéologie transgenriste, et la pression croissante exercée sur elles et eux pour qu’ils affichent leurs pronoms dans leurs courriels et capitulent devant les diverses exigences d’une poignée d’employés transgenristes tout en devant mettre de côté leurs propres besoins. La situation était devenue intolérable.

Lorsque Ruth Hunt a postulé pour le poste de PDG de Stonewall en 2014, elle a demandé à me rencontrer. J’ai été un peu surprise et perplexe : Je n’ai jamais été un fan de Stonewall, et j’avais écrit un livre, publié la même année, dans lequel je reprochais à l’organisation de se concentrer sur des hommes gays blancs et riches qui revendiquaient en bêlant « tolérance » et « acceptation ». Je considérais Stonewall comme un mouvement de défense des droits des hommes homosexuels, dans lequel les lesbiennes étaient à peine présentes. À l’époque, je n’aurais jamais pu imaginer à quel point la situation allait empirer.

Au cours de notre rencontre, qui a été parfaitement agréable, Mme Hunt m’a expliqué qu’elle n’avait « aucune intention » de faire de Stonewall une organisation LGBT, et qu’elle prévoyait, si elle obtenait le poste, aider les organisations transgenres à lutter de manière autonome pour leurs droits en accédant à des subventions et en offrant des conseils et un encadrement.

Quelques semaines plus tard, dès qu’elle eût pris ses fonctions, Mme Hunt a organisé une réunion avec plusieurs militants transgenristes au cours de laquelle elle s’est excusée de ma nomination au titre de « Journaliste de l’année » en 2008. Cela avait suscité une énorme protestation de la part des militants transgenres au motif que je suis considérée comme une « réactionnaire transphobe ».

Je ne suggère pas que Mme Hunt m’ait induit en erreur lors de notre rencontre lorsqu’elle a déclaré que Stonewall continuerait à se concentrer sur l’orientation et l’identité sexuelles plutôt que sur le genre, mais je me demande si elle s’est laissée « persuader » par les participants à cette réunion que toute exclusion de l’agenda transgenriste lui attirerait des ennuis. Cette réunion s’est déroulée dans un contexte d’animosité croissante à l’égard des exigences déraisonnables formulées par certains militants transgenristes, et le mouvement pour les droits des transgenres s’est avéré bien engagé.

Peu importe ce qui s’est passé lors de cette réunion qui a conduit Stonewall à changer de direction. Elle a rapidement adopté des tactiques intransigeantes et musclées. Son slogan « Pas de débat possible ! » et son mantra intransigeant et dictatorial « Les femmes trans sont des femmes » ont aliéné des lesbiennes et des homosexuels. Ces gens se sont sentis mis à l’écart par les militants transgenristes qui soutenaient que l’attirance pour le même sexe manifestait une intolérance transphobe et que les lesbiennes pouvaient avoir un pénis. Les gays et les lesbiennes ont commencé à se retourner contre Stonewall, se sentant trahis.

Dans le même temps, en plus d’être lâchés par une organisation censée protéger les droits des personnes attirées par les personnes de leur sexe, Stonewall s’est imposée auprès d’institutions énormes qui jouaient un rôle important dans nos vies, notamment la BBC, le Service national de santé (NHS), l’Office for National Statistics, le Crown Prosecution Service, une grande partie des services de police et un certain nombre de lieux de travail, y compris les autorités locales.

En s’affranchissant aujourd’hui du lobby Stonewall, la BBC, institution précieuse, a-t-elle ouvert la voie à d’autres organismes publics ? Aucune autre organisation de lobbying, en particulier celles qui refusent même de discuter des différences d’opinion sur des questions d’importance publique, ne devrait plus jamais s’en approcher d’aussi près.

Écrivaine et journaliste d’enquête, Julie BINDEL vient de signer l’anthologie Feminism for Women – The Real Route to Liberation (Little & Brown, 2021), que TRADFEM espère bientôt adapter en français.

VERSION ORIGINALE: https://unherd.com/thepost/the-bbc-finally-dumps-stonewall/?fbclid=IwAR1iikf4oyuqtplT9TTyJhZiDhpl62Tw10fQ0sZmLdi0zn2mykpaP4lLTrM

TRADUCTION: TRADFEM

2 réflexions sur “Au Royaume-Uni, la BBC rompt enfin avec le lobby Stonewall

  1. Oui, je crois que le vent a clairement tourné,.en raison du courage des féministes britanniques et en particulier des mères regroupées sur le réseau MUMSNET et dont les pressions sur les médias et surtout les riches commanditaires et apologistes du lobby transgenriste ont finalement porté fruit.

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