« Certains hommes se disant trans nous mettent de la pression pour coucher avec eux. »

Par Caroline Lowbridge, BBC News, 26 octobre 2021

Une lesbienne est-elle ‘transphobe’ si elle ne veut pas avoir de relations sexuelles avec des hommes s’identifiant comme trans ? Certaines lesbiennes affirment qu’elles subissent de plus en plus de pressions et de contraintes pour accepter de tels hommes trans comme partenaires, pour ensuite être fuies et même menacées si elles en parlent. Plusieurs d’entre elles ont parlé de ces pressions à la BBC, ainsi que des hommes trans qui sont également préoccupés par cette question.

Avertissement : Ce récit contient des propos troublants.

« Quelqu’un m’a dit qu’il préférait me tuer que tuer Hitler », raconte « Jennie*, 24 ans.

« Il m’a dit qu’il m’étranglerait avec une ceinture s’il se trouvait dans une pièce avec moi et Hitler. C’était si bizarrement violent, juste parce que je ne veux pas avoir de relations sexuelles avec des hommes trans. »

Jennie est une lesbienne. Elle dit n’être attirée sexuellement que par les femmes qui sont biologiquement des femmes et qui ont un vagin. Elle n’a donc des rapports sexuels et des relations qu’avec des femmes qui sont biologiquement des femmes.

Jennie pense que cela ne devrait pas prêter à controverse, mais tout le monde n’est pas d’accord. Elle a été décrite comme transphobe, fétichiste des organes génitaux, perverse et « TERF » – une féministe radicale excluant les trans.

Que signifie « transgenre » et que dit la loi ?

« L’argument le plus courant qu’ils essaient d’utiliser est le suivant : ‘Et si vous rencontrez une femme dans un bar, qu’elle est très belle, que vous vous entendez très bien, que vous rentrez chez vous et que vous découvrez qu’elle a un pénis ? Perdriez-vous vraiment tout intérêt?’ « , explique Jennie, qui vit à Londres et travaille dans l’univers de la mode.

« Je réponds Oui, parce que même si quelqu’un semble attirant au début, vous pouvez vous en détourner. Je ne possède tout simplement pas la capacité d’être sexuellement attirée par des personnes qui sont biologiquement masculines, quelle que soit l’identité qu’ils se donnent. »

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J’ai pris conscience de ce problème particulier après avoir écrit un article sur le sexe, les mensonges et le consentement légal.

Plusieurs personnes m’ont contactée pour me dire qu’il y avait un « énorme problème » pour les lesbiennes, qui subissaient des pressions pour « accepter l’idée qu’un pénis puisse être un organe sexuel féminin ».

Je savais qu’il s’agirait d’un sujet extrêmement controversé, mais je voulais savoir dans quelle mesure ce problème était répandu.

En fin de compte, il a été difficile de déterminer l’ampleur réelle du problème car peu de recherches ont été menées sur ce sujet – une seule enquête à ma connaissance. Cependant, les personnes concernées m’ont dit que la pression venait d’une minorité d’hommes trans, ainsi que de militants qui ne sont pas nécessairement trans eux-mêmes.

Elles ont décrit avoir été harcelées et réduites au silence quand elles essayaient de discuter ouvertement de la question. J’ai moi-même été victime d’agressions sur internet lorsque j’ai essayé de trouver des personnes à interviewer en utilisant les médias sociaux.

Ce tweet, écrit par un homme trans, a été affiché en appui aux lesbiennes qui ressentent la pression d’activistes trans.

L’une des lesbiennes à qui j’ai parlé, Amy*, 24 ans, m’a dit qu’elle avait été victime d’agressions verbales de la part de sa propre copine, une femme bisexuelle qui voulait qu’elles fassent un plan à trois avec un homme trans.

Lorsqu’Amy a expliqué les raisons de son refus, sa partenaire s’est mise en colère.

« La première chose dont elle m’a traitée, c’est de transphobe », a déclaré Amy. « Elle a immédiatement sauté sur l’occasion pour me faire sentir coupable de ne pas vouloir coucher avec quelqu’un ».

Selon elle, le trans en question n’avait pas subi de chirurgie génitale, et avait donc toujours un pénis.

« Je sais qu’il y a zéro possibilité pour moi d’être attirée par cette personne », a déclaré Amy, qui vit dans le sud-ouest de l’Angleterre et travaille dans un petit studio d’impression et de design.

« Je peux entendre ses cordes vocales masculines. Je peux voir sa mâchoire masculine. Je sais que, sous leurs vêtements, il y a des organes génitaux masculins. Ce sont des réalités physiques que, en tant que femme qui aime les femmes, vous ne pouvez pas ignorer. »

Amy a déclaré qu’elle se sentirait ainsi même si un trans avait subi une chirurgie génitale – ce que certains choisissent de faire, alors que beaucoup ne le font pas.

Peu après, Amy et sa copine se sont séparées.

« Je me souviens qu’elle était extrêmement choquée et en colère, et a prétendu que mes opinions étaient de la propagande extrémiste et incitaient à la violence envers la communauté trans, tout en me comparant à des groupes d’extrême droite », a-t-elle déclaré.

« Je me sentais très mal d’avoir détesté chaque instant de cette relation ».

Une autre lesbienne, Chloe*, 26 ans, a déclaré qu’elle se sentait tellement sous pression qu’elle a fini par avoir des rapports sexuels avec pénétration avec un homme trans à l’université, après avoir expliqué à plusieurs reprises qu’elle n’était pas intéressée.

Elles vivaient près l’une de l’autre dans des résidences universitaires. Chloé avait bu de l’alcool et ne pense pas qu’elle aurait pu donner un consentement approprié.

« Je me suis sentie très mal de détester chaque instant de cette relation, car le principe est que nous sommes attirés par le genre plutôt que par le sexe; ce n’est pas ce que j’ai ressenti, et je me suis sentie mal de me sentir comme ça », a-t-elle déclaré.

Honteuse et embarrassée, elle a décidé de n’en parler à personne.

À l’époque, le discours dominant était « les hommes trans-identifiés sont des femmes, elles sont toujours des femmes, les lesbiennes devraient sortir avec elles ». Et je me suis dit que c’était la raison pour laquelle j’avais rejeté cette personne. Cela me rend-il mauvaise ? Est-ce que je ne serai plus autorisée à faire partie de la communauté LGBT ? Est-ce que je vais subir des répercussions pour cela ? Donc, en fait, je n’en ai parlé à personne. »

« Get The L Out », une organisation de réappropriation des droits des lesbiennes a manifesté lors de marches des fiertés dans tout le Royaume-Uni, notamment à Londres en 2018.

C’est en entendant parler d’expériences comme celles-ci qu’une militante lesbienne a commencé à faire des recherches sur le sujet. Angela C. Wild est cofondatrice de Get The L Out, dont les membres estiment que les droits des lesbiennes sont ignorés par une grande partie du mouvement LGBT actuel.

Elle et ses collègues militantes ont manifesté lors de marches des fiertés au Royaume-Uni, où ils ont rencontré une certaine opposition. La Pride de Londres a accusé le groupe de « sectarisme, ignorance et haine ».

« Les lesbiennes ont toujours extrêmement peur de parler parce qu’elles pensent qu’elles ne seront pas crues, parce que l’idéologie trans applique tant censure partout », a-t-elle déclaré.

Angela a créé un questionnaire pour les lesbiennes et l’a distribué via les médias sociaux, puis en a publié les résultats.

Elle dit que sur les 80 femmes qui ont répondu, 56 % ont déclaré avoir subi des pressions ou des contraintes pour accepter un homme trans-identifié comme partenaire sexuelle.

Tout en reconnaissant que l’échantillon n’est peut-être pas représentatif de la communauté lesbienne au sens large, elle estime qu’il était important de recueillir leurs « points de vue et leurs récits »…

Outre les pressions exercées sur elles pour qu’elles sortent avec des hommes trans-identifiés ou qu’elles aient des rapports sexuels avec eux, certaines des personnes interrogées ont déclaré qu’on avait réussi à les persuader de le faire.

« Je pensais qu’on me traiterait de transphobe ou que j’aurais tort de dire non à un trans efuser une femme trans qui voulait échanger des photos nues avec moi », a écrit l’une d’elles. « Les jeunes femmes se sentent poussées à coucher avec des hommes trans’ ‘pour prouver que je ne suis pas une terf' ».

Une femme a déclaré avoir été prise pour cible dans un groupe en ligne. « On m’a dit que l’homosexualité n’existait pas et que je devais à mes ‘sœurs trans’ de désapprendre ma ‘confusion génitale’ pour que je puisse prendre plaisir à les laisser me pénétrer », a-t-elle écrit.

Angela C. Wild (en bas à gauche) a publié ses recherches dans un rapport intitulé Lesbians At Ground Zero.

Source de l’image, organisation Get The L Out.

L’une d’entre elles a comparé le fait d’avoir des rendez-vous avec des hommes transgenres à ce que l’on appelle une « thérapie de conversion » – la pratique controversée qui consiste à essayer de changer l’orientation sexuelle de quelqu’un.

Je savais que je n’étais pas attirée par ces hommes transidentifiés, mais j’ai intériorisé l’idée que c’était à cause de ma « transmisogynie » et que si je sortais avec elles suffisamment longtemps, je pourrais commencer à être attirée par eux. C’était une thérapie de conversion « maison », a-t-elle écrit.

Une autre a rapporté qu’une femme trans l’avait physiquement forcée à avoir des rapports sexuels après un rendez-vous.

« Il menacé de me dénoncer comme TERF et de mettre mon emploi en danger si je refusais de coucher avec lui », a-t-elle écrit. « J’étais trop jeune pour discuter et on m’avait lavé  le cerveau avec la théorie queer, donc [il était] une ‘femme’, même si chaque fibre de mon être criait le contraire, alors j’ai accepté de rentrer chez moi avec [lui]. [Il s’est servi de sa force physique lorsque j’ai changé d’avis en voyant [son] pénis et ils m’a violée ».

Bien que salué par certains membres de la communauté LGBT, le rapport d’Angela a été qualifié de transphobe par d’autres.

« [Les gens ont dit] que nous sommes pires que les violeurs parce que nous essayons [disent-ils] de présenter chaque homme trans comme un violeur », a déclaré Angela.

« Ce n’est pas le problème. La question est que si cela arrive, nous devons en parler. Si cela arrive à une femme, c’est mal. Il s’avère que ça arrive à plus d’une femme. »

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Le YouTuber trans Rose of Dawn a déclaré que certaines de ses amies lesbiennes ont subi des pressions pour accepter des hommes trans comme partenaires sexuels.

Le YouTubeur trans Rose of Dawn a abordé la question sur sa chaîne dans une vidéo intitulée « Est-ce « transphobe » de ne pas vouloir fréquenter des trans? ».

« C’est quelque chose que j’ai vu arriver dans la vraie vie à des amies à moi. Cela se produisait avant que je ne commence réellement ma chaîne et c’est l’une des choses qui m’a stimulée à le faire », a déclaré Rose.

« Ce qui se passe, c’est que les femmes qui sont attirées par les femmes biologiques et les organes génitaux féminins se retrouvent dans des positions très délicates, où si, par exemple, sur un site de rencontres, un homme trans-identifié les aborde et qu’elles disent ‘Désolée, je ne suis pas intéressée par les hommes transs’, alors elles sont qualifiées de transphobes. »

Rose a fait la vidéo en réponse à une série de tweets de l’athlète trans masculin Veronica Ivy, alors connu sous le nom de Rachel McKinnon, qui a écrit sur des scénarios hypothétiques où les personnes trans sont rejetées, et a soutenu que toute « préférence génitale » est transphobe.

J’ai demandé à Veronica Ivy s’il voulait me parler, mais il a refusé.

Légende de l’image Ivy en vélo,

L’athlète transgenre Veronica Ivy, précédemment connu sous le nom de Rachel McKinnon, pense que toute « préférence génitale » est transphobe.

Rose trouve que de telles opinions sont « incroyablement toxiques ». Elle pense que l’idée que les préférences sexuelles sont transphobes est poussée par des activistes trans radicaux et leurs « alliés autoproclamés », qui ont des points de vue extrêmes qui ne reflètent pas les opinions des hommes trans qu’elle connaît dans la vie réelle.

« Dans mon propre groupe d’amis, les hommes transidentifiés avec qui je suis amie sont presque tous d’accord pour dire que les lesbiennes sont libres d’exclure les hommes trans de leurs fréquentations », a-t-elle déclaré.

Cependant, elle pense que même les personnes transgenres ont peur d’en parler ouvertement par crainte d’être agressées.

« Les gens comme moi reçoivent beaucoup d’agressions de la part des transactivistes et de leurs alliés », a-t-elle dit.

« Le camp trans activiste est incroyablement remonté contre les personnes qu’ils considèrent comme sortant du rang. »

Debbie Hayton a été accusé de propager des discours haineux contre la communauté trans, malgré son propre statut de transgenre.

Debbie Hayton, un enseignant en sciences qui a effectué sa transition en 2012 et écrit sur les questions trans, s’inquiète du fait que certaines personnes effectuent leur transition sans se rendre compte de la difficulté qu’elles auront à nouer des relations.

Bien qu’il existe actuellement peu de données sur l’orientation sexuelle des hommes trans, il pense que la plupart d’entre eux sont attirés par les femmes du fait de leur biologie masculine et parce que la plupart des hommes sont attirés par les femmes.

Ainsi, lorsqu’ils [les hommes trans-identifiés] essaient de trouver des partenaires, lorsque les lesbiennes disent « nous voulons des femmes » et que les hétérosexuelles disent qu’elles veulent un homme hétérosexuel, les hommes trans se retrouvent isolés au plan relationnel, et peuvent se sentir très déçus par la société, en colère, contrariée et avoir l’impression que le monde leur en veut », a déclaré Hayton.

Debbie pense qu’il n’y a pas de problème si une lesbienne ne veut pas sortir avec un homme trans, mais elle craint que certaines ne soient poussées à le faire.

« La façon dont la honte est utilisée est tout simplement horrible ; il s’agit d’une manipulation et d’une guerre émotionnelle ».

« Ces femmes qui veulent nouer des relations avec d’autres femmes biologiques se sentent mal à ce sujet. Comment en est-on arrivé là ? »

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Stonewall a décliné les demandes d’interview de la BBC.

Stonewall est la plus grande organisation LGBT du Royaume-Uni et d’Europe. J’ai interrogé cette organisation caritative sur ces questions mais elle n’a pas été en mesure de fournir quiconque pour une interview. Cependant, dans une déclaration, la directrice générale Nancy Kelley a comparé le fait de ne pas vouloir sortir avec des personnes transgenres au fait de ne pas vouloir sortir avec des personnes de couleur, des personnes obèses ou des personnes handicapées.

Elle a déclaré : « La sexualité est personnelle et unique pour chacun d’entre nous. Il n’y a pas de « bonne » façon d’être lesbienne, et nous sommes les seuls à pouvoir savoir qui nous attire.

« Personne ne devrait jamais être poussé à sortir avec quelqu’un, ou être poussé à sortir avec des personnes qui ne l’attirent pas. Mais si vous trouvez que lorsque vous sortez avec quelqu’un, vous écartez des groupes entiers de personnes, comme les personnes de couleur, les obèses, les handicapés ou les transgenres, il est bon de se demander comment les préjugés sociétaux ont pu façonner vos attirances.

« Nous savons que les préjugés sont encore courants dans la communauté LGBT+, et il est important que nous puissions en parler ouvertement et honnêtement. »

 

Stonewall a été fondée en 1989 par des personnes opposées à un règlement qui avait pour nom l’Article 28 – une loi qui empêchait les conseils municipaux et les écoles de « promouvoir » l’homosexualité. L’organisation se concentrait à l’origine sur les questions touchant les lesbiennes, les gays et les bisexuels, puis en 2015, elle a annoncé qu’elle ferait campagne pour « l’égalité trans ».

Un nouveau groupe – la LGB Alliance – vient d’être formé en partie en réponse au changement d’orientation de Stonewall, par des personnes qui estiment que les intérêts des personnes LGB se trouvent laissés de côté.

« Il est juste de dire que je ne m’attendais pas à devoir me battre à nouveau pour ces droits, les droits des personnes dont l’orientation sexuelle est axée sur les personnes du même sexe », a déclaré la cofondatrice Bev Jackson, qui a également cofondé le UK Gay Liberation Front en 1970.

« Nous pensions en quelque sorte que cette bataille avait été gagnée et c’est assez effrayant et assez horrifiant que nous devions à nouveau mener cette bataille ».

 

Bev Jackson a été l’une des membres fondateurs du Gay Liberation Front, créé en 1970.

L’organisation LGB Alliance dit être particulièrement préoccupée par le fait que des lesbiennes plus jeunes et donc plus vulnérables soient poussées à avoir des relations avec des hommes trans.

« Il est très inquiétant de voir des gens dire : ‘Cela n’arrive pas, personne ne fait pression sur quelqu’un pour qu’il couche avec qui que ce soit’, mais nous savons que ce n’est pas vrai », a déclaré Mme Jackson.

« Nous savons qu’une minorité, mais tout de même une minorité non négligeable d’hommes trans, fait pression sur les lesbiennes pour qu’elles sortent avec eux et aient des relations sexuelles avec eux, et c’est un phénomène très inquiétant. »

J’ai demandé à Mme Jackson comment elle savait qu’une « minorité non négligeable » d’hommes trans faisaient cela.

Elle m’aa répondu : « Nous n’avons pas de chiffres, mais nous sommes fréquemment contactées par des lesbiennes qui racontent leur expérience dans des groupes LGBT et sur des sites de rencontre. »

« Les plus  timides des jeunes femmes »

Pourquoi pense-t-elle qu’il y a eu aussi peu de recherches ?

« Je pense certainement que la recherche sur ce sujet serait découragée, sans doute parce qu’elle serait caractérisée comme un projet délibérément discriminatoire », a-t-elle déclaré.

« Mais aussi, les filles et les jeunes femmes elles-mêmes, puisque ce sont probablement les jeunes femmes les plus timides et les moins expérimentées qui sont victimes de ces rencontres, répugneraient à en parler. »

La LGB Alliance a été décrite comme un groupe haineux, anti-trans et transphobe. Cependant, Mme Jackson insiste sur le fait que le groupe n’est rien de tout cela, et qu’il compte des personnes trans parmi ses partisans.

« Ce mot transphobie a été placé comme un dragon sur le chemin pour bloquer la discussion sur des questions vraiment importantes », a-t-elle déclaré.

« C’est blessant pour nos sympathisants trans, pour tous nos sympathisants, de se faire traiter de groupe haineux alors que nous ne sommes les personnes les moins haineuses que vous puissiez trouver.

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L’expression « plafond de coton » est parfois utilisée pour parler de ces questions, mais elle est controversée.

Elle découle du « plafond de verre », qui fait référence à une barrière invisible empêchant les femmes d’atteindre le sommet de l’échelle professionnelle. Le terme « coton » fait référence aux sous-vêtements féminins, et l’expression vise à représenter la difficulté que certains hommes trans estiment éprouver lorsqu’elles cherchent à nouer des relations ou à avoir des rapports sexuels. « Briser le plafond de coton » signifie être capable d’avoir des relations sexuelles avec une femme.

L’expression aurait été utilisée pour la première fois en 2012 par un acteur porno trans connu sous le nom de Drew DeVeaux. Il ne travaille plus dans l’industrie et je n’ai pas réussi à le contacter. Cependant, j’ai parlé à une ancienne interprète et réalisatrice de films pornographiques qui pense avoir inspiré DeVeaux à l’utiliser.

Lily Cade, qui a travaillé dans l’industrie pendant 10 ans, portait l’étiquette de « Gold Star Lesbian de Porn Valley » parce qu’elle n’avait jamais eu de relations sexuelles qu’avec d’autres femmes.

Lily s’est retirée du tournage d’une scène pornographique après avoir découvert que l’autre interprète était un trans.

On a demandé à Lily de tourner une scène avec DeVeaux à Toronto et elle a d’abord accepté après avoir regardé des photos d’elle. Mais elle s’est désistée à l’avance après avoir découvert en ligne que c’était un trans. »Ma libido était orientée vers les femmes », a déclaré Lily. « Je ne pouvais pas voir au-delà du fait que ce avec quoi j’interagissais était des organes génitaux masculins modifiés par la chirurgie et non l’organe reproducteur d’une femelle et je ne pouvais tout simplement pas passer outre. »

Se sentant coupable, Lily a envoyé à DeVeaux un courriel dans lequel elle s’excusait d’être « la pire fille de toute l’histoire du monde ».

« Je me suis sentie vraiment mal à propos de mon ressenti à ce sujet, mais je me suis sentie de cette façon. J’ai fait le choix de dire quelque chose à ce sujet et de faire marche arrière », a-t-elle déclaré.

Lily a déclaré qu’elle avait été critiquée sur Twitter à l’époque, mais seulement par des « personnes très marginales du porno gay queer ». Cependant, le concept du plafond de coton a été popularisé lorsqu’il a été utilisé dans le titre d’un atelier organisé par le Planning Familial de Toronto (Canada).

Le « coton » dans l’expression « plafond de coton » fait référence aux sous-vêtements féminins.

Le titre de l’atelier était : « Surmonter le plafond de coton : Abolir les obstacles sexuels que rencontrent les trans queers » et sa description expliquait comment les participant-e-s allaient « collaborer à identifier les obstacles, élaborer des stratégies pour les surmonter et construire une communauté ».

L’atelier était dirigé par un écrivain et artiste trans qui a ensuite travaillé pour Stonewall (l’organisation a demandé à la BBC de ne pas le nommer pour le protéger.).

« J’ai pensé que c’était un peu grossier », a déclaré Lily. « Le langage est grossier parce que vous évoquez la métaphore du plafond de verre, qui concerne l’oppression des femmes. C’est donc dire que si quelqu’un ne veut pas avoir de relations sexuelles avec vous, cette personne vous opprime. »

Le trans qui a animé l’atelier a refusé de parler à la BBC, mais Planned Parenthood Toronto a défendu sa décision de tenue de cet atelier.

Dans une déclaration envoyée à la BBC, la directrice générale du Planning de Toronto, Sarah Hobbs, a déclaré que l’atelier « n’a jamais eu pour but de préconiser ou de promouvoir la transgression des objections d’une femme à l’activité sexuelle ». Au contraire, elle a déclaré que l’atelier explorait « les façons dont les idéologies de la transphobie et de la transmisogynie ont un impact sur le désir sexuel ».

Qui d’autre a été approché ?

Outre Veronica Ivy, j’ai contacté plusieurs autres trans mâles très en vue qui ont écrit ou parlé de la sexualité et des relations. Aucun d’entre eux n’a souhaité me parler, mais mes rédacteurs-en-chef et moi-même avons estimé qu’il était important de refléter certaines de leurs opinions dans cet article.

Dans une vidéo qui a maintenant été supprimée, le YouTubeur Riley J Dennis a affirmé que les « préférences » en matière de fréquentations sont discriminatoires.

Il posait la question suivante : « Seriez-vous prêt-e à sortir avec une personne transgenre, honnêtement? Réfléchissez-y une seconde. OK, vous avez votre réponse? Eh bien si vous avez dit non, je suis désolée mais c’est assez discriminatoire. »

Il a expliqué : « Je pense que la principale inquiétude des gens par rapport au fait de sortir avec une personne trans est qu’elle n’aura pas les organes génitaux espérés. Parce que nous associons les pénis aux hommes et les vagins aux femmes, certaines personnes pensent qu’elles ne pourraient jamais sortir avec un homme trans avec un vagin ou une femme trans avec un pénis.

« Mais je pense que les gens sont plus que leurs organes génitaux. Je pense qu’on peut ressentir de l’attirance pour quelqu’un sans savoir ce qu’il y a entre ses jambes. Et si vous deviez dire que vous n’êtes attiré que par les personnes avec un vagin ou les personnes avec un pénis, on a vraiment l’impression que vous réduisez les gens uniquement à leurs organes génitaux. »

Le YouTubeur Riley Dennis – qui a refusé de parler à la BBC – a soutenu dans l’une de ses vidéos que les « préférences de fréquentations » sont discriminatoires.

Un autre YouTuber, Danielle Piergallini, a réalisé une vidéo intitulée « Le plafond de coton : Transphobie, sexe et rencontres (mais pas les transsexuels)« .

Il a déclaré : « Je veux parler de l’idée qu’il y a un certain nombre de personnes qui disent qu’elles ne sont pas attirées par les trans, et je pense que c’est transphobe parce que chaque fois que vous faites une généralisation à propos d’un groupe de personnes, cela ne vient généralement pas d’un bon endroit. »

Il ajoute cependant : « S’il y a un homme trans qui est pré-op et que quelqu’un ne veut pas sortir avec lui parce qu’il n’a pas les organes génitaux qui correspondent à sa préférence, c’est évidemment compréhensible. »

La romancière et poète Roz Kaveney a écrit un article intitulé « Quelques pensées sur le plafond de coton » et un autre intitulé « Plus au sujet du plafond de coton« .

« Ce que l’on constate toujours, c’est une hypothèse selon laquelle la personne a pour identité l’état actuel de ses parties génitales, et les antécédents de ses parties », a-t-elle écrit dans le premier article.

« Ce qui est à peu près le modèle d’attraction sexuelle le plus réducteur que je puisse imaginer. »

Alors que ce débat était autrefois considéré comme une question marginale, la plupart des personnes interrogées qui m’ont parlé ont déclaré qu’il était devenu proéminent ces dernières années en raison des médias sociaux.

Ani O’Brien, porte-parole d’un groupe néo-zélandais appelé Speak Up For Women, a créé une vidéo TikTok destinée aux jeunes lesbiennes.

Ani O’Brien

Ani, qui a 30 ans, a déclaré à la BBC qu’elle s’inquiétait pour la génération de lesbiennes qui sont maintenant dans leur adolescence.

« Ce que nous voyons, c’est une régression où, une fois de plus, les jeunes lesbiennes se font dire ‘Comment savoir que vous n’aimez pas la bite si vous n’en avez pas essayée ?' », a-t-elle déclaré.

« On nous dit que nous devrions regarder au-delà des organes génitaux et accepter que quelqu’un dise qu’il est une femme, alors que ce n’est pas ça l’homosexualité ».

« Il n’y a pas beaucoup de femmes trans qui s’intéressent aux hommes gays, donc ils ne subissent pas autant de pression, mais il y a beaucoup d’hommes trans qui s’intéressent aux femmes, donc nous sommes affectées de manière disproportionnée. »

Ani pense que ce genre de messages est déroutant pour les jeunes lesbiennes.

« Je me souviens avoir été une adolescente dans le placard et avoir essayé désespérément d’être hétéro, et c’était déjà assez difficile », a-t-elle déclaré.

« Je ne peux pas imaginer ce que cela aurait été, si j’avais finalement accepté le fait que j’étais gay, d’être ensuite confrontée à l’idée que certains corps masculins ne sont pas masculins, donc ils doivent être lesbiennes, et de devoir faire face à cela aussi. »

Ani dit qu’elle est contactée sur Twitter par de jeunes lesbiennes qui ne savent pas comment sortir d’une relation avec un homme trans.

« Elles ont essayé de faire ce qu’il fallait et leur ont donné une chance, et ont réalisé qu’elles sont lesbiennes et qu’elles ne voulaient pas être avec quelqu’un ayant un corps d’homme, et le concept de transphobie et de bigoterie est utilisé comme une arme émotionnelle, que vous ne pouvez pas les quitter parce que sinon vous êtes transphobe », a-t-elle déclaré.

Comme d’autres personnes qui ont fait part de leurs préoccupations, Ani a été victime d’agressions en ligne.

« J’ai été incitée à me tuer, j’ai reçu des menaces de viol », a-t-elle déclaré. Cependant, elle se dit déterminée à continuer à s’exprimer.

« Une chose vraiment importante à faire pour nous est de pouvoir parler de ces choses. Fermer ces conversations et les qualifier de sectarisme est vraiment inutile, et cela ne devrait pas être au-delà de notre capacité d’avoir des conversations difficiles sur certaines de ces choses. »

Version originale : « We’re being pressured into sex by some trans women »

Traduction : TRADFEM

Ce reportage vient de faire l’objet d’une Déclaration des femmes du parti Travailliste, exprimant leur solidarité avec les lesbiennes sujettes à ces pressions.

2 réflexions sur “« Certains hommes se disant trans nous mettent de la pression pour coucher avec eux. »

  1. Alors là, on touche le fond ! Les relations sexuelles sont-elles obligatoires au point que l’on ne puisse librement choisir sa ou son partenaire ? Le viol est-il devenu un droit pour les Trans ?

    Aimé par 1 personne

  2. N’est-ce pas Beauvoir qui disait qu’à la moindre crise économique, les droits des femmes seraient remis en cause ?

    Et ne sont-ce pas des libéraux durs et illuminés qui mettent en place cette politique sexiste et oppressive dans les pays du bloc occidental ? Qui peut penser que LREM, le parti de McRon, qui met en place cette politique serait progressiste à un quelconque degré ?
    Dernière attaque en date, la circulaire dans les écoles pour contraindre les enseignants à se soumettre à cette doxa libérale et délirante, qui veut encourager les gens à croire que le problème, ce serait eux, leur corps, et non le système oppressif…

    Aimé par 1 personne

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