Mise à jour sur l’intimidation et le harcèlement menés contre une philosophe féministe par l’Université de Bristol

par Raquel Rosario Sanchez

Cher.e.s toutes,

J’espère que vous allez bien.

Nous avons obtenu le droit à une audience de deux heures au tribunal le 17 novembre. Voici une mise à jour générale en attendant.

Ordonnance précédente « de suspension » et questions de divulgation

Le juge examinera un certain nombre de demandes faites par les deux parties, y compris une deuxième ordonnance de suspension que nos avocats ont dû déposer contre l’Université de Bristol. La plupart des demandes ont trait aux problèmes de divulgation que nous avons rencontrés et à la façon dont les manquements de l’Université dans ce litige affectent (je crois intentionnellement et délibérément) notre calendrier.

La partie défenderesse a eu recours à certaines manigances pour empêcher l’octroi de notre première ordonnance à moins que, cette fois-ci, au lieu de faire semblant de collaborer, l’université dira carrément au juge qu’elle n’a pas envie de se conformer à l’Ordonnance d’Instructions qui a déjà été accordée par un autre juge en avril 2021. Notre affaire a été lancée en juin 2020, nous sommes en octobre 2021 et l’université se bat toujours activement pour empêcher que les informations concernant le traitement qu’elle m’a réservé soient divulguées au tribunal (et éventuellement dans le domaine publique). Qu’est-ce qu’ils cachent ? Pourquoi ont-ils si peur que tout cela soit révélé ?

De toute évidence, notre partie est un livre ouvert. Mes avocats sont brillants. Je suis très satisfait de mes trois avocats et j’ai confiance en leur expertise et en leurs efforts. Ils se conforment toujours à tout ce que le tribunal nous demande et nous sommes transparents sur tout ce que nous faisons. À ce stade, il n’y a absolument rien (pas un seul document ou élément de preuve) que l’Université de Bristol m’ait demandé et que j’aie refusé de fournir. Ainsi, le 17 novembre, nous tous (leurs avocats, mes avocats, le juge et moi-même) resterons assis pendant deux heures entières à nous concentrer sur l’incapacité de l’université à fournir les informations demandées.

Débat sur les « guerres du genre » menées dans le monde universitaire

En dehors de cela, comme vous le savez peut-être, il existe enfin une conversation nationale en cours sur les brimades, le harcèlement et l’intimidation dont sont victimes les féministes dans le milieu universitaire. Lors de la conférence FiLiA 2021 du week-end dernier, j’ai présidé une table ronde avec les étudiantes Diana Barrera Moreno (Women Talk Back), Nicole Jones (XX Feminist Netword) et les professeures Jo Phoenix (Open University) et Selina Todd (Oxford University) sur la « guerre du genre » menées dans le monde universitaire. Le panel s’est concentré sur la résistance populaire des étudiantes et des professeures qui s’opposent à l’orthodoxie du genre dans les universités britanniques.

Bien qu’elle n’ait pas été présente, à la fin du débat, les centaines de participantes ont ovationné la professeure Kathleen Stock. À l’université du Sussex, la professeure Stock a fait l’objet d’une campagne d’intimidation de la part de certain.e.s étudiant.e.s, du personnel et de son propre syndicat qui s’opposent à son travail féministe basé sur la réalité matérielle. (Nous nous sommes également amusées à danser sur « Material Girls » de Madonna en son honneur lors de la soirée dansante réservée aux femmes de la FiLiA). Vous pouvez écouter ici le podcast FiLiA que j’ai fait avec elle sur son travail et le ciblage dont elle a écopé.

Comme Selina Todd, Kathleen Stock a été invitée par la police à se faire accompagner par des gardes du corps lorsqu’elle donne des conférences sur le campus, parce que leur établissement a laissé ce climat toxique atteindre un point d’ébullition où les étudiants se sentent autorisés à l’attaquer pour ses opinions tout à fait légales (et pleines de bon sens). C’est inacceptable et c’est le résultat direct de la culture d’indifférence et/ou de complicité adoptée par les directions des universités qui ont permis à leurs despotes en herbe d’agresser systématiquement des féministes sur les campus.

L’article du Sunday Times

Hier, le Sunday Times a publié un article intitulé « 200 universitaires parlent de menaces de mort et d’abus alors que la bataille fait rage pour la liberté d’expression » , où l’on retrouve les voix de chercheuses féministes qui ont été victimes d’intimidation. Je suis reconnaissante que ces personnes m’aient contactée et qu’elles aient inclus ma voix dans cet article car on oublie parfois que les étudiantes sont souvent les premières à être ciblées par leurs pairs, qu’elles sont donc plus sensibles à la pression des pairs et que, en tant que chercheuses en début de carrière, elles se sentent souvent plus obligées de se conformer pour avoir une chance de faire carrière.

En ce qui concerne la campagne d’intimidation et d’abus, y compris le ciblage pendant des années par des étudiants portant une cagoule à l’université de Bristol, j’ai déclaré au Sunday Times : « La plupart des personnes agressées par des militants trans se taisent, car si vous déposez une plainte, vous subissez la campagne de menaces que j’ai vécue. Je veux un jugement d’un tribunal qui pourrait servir de moyen de dissuasion à toutes les universités pour leur faire comprendre que la traque des féministes dans le milieu universitaire est inacceptable et illégale. »

Personne ne devrait subir des brimades, du harcèlement et de l’intimidation, alors je suis de tout cœur avec Kathleen. Personne ne devrait subir d’intimidation, de harcèlement ou d’intimidation, alors je suis de tout cœur avec Kathleen. Ces dernières semaines ont été difficiles parce qu’il est surréaliste d’assister à cette prise de conscience nationale sur quelque chose que j’ai moi-même enduré (à plus petite échelle) il y a presque quatre ans. Pendant la majeure partie de cette période, les avocats de l’université m’ont contrainte à la confidentialité et m’ont empêchée de parler de ce qui se passait. Je me sentais immensément seule. Il est déshumanisant que l’on m’ait fait subir cela quelques semaines après le début de mon programme de doctorat et en tant qu’immigrée nouvellement arrivée dans un pays où je n’avais pas de famille et où je ne connaissais personne d’autre que ma directrice de thèse. J’espère que Kathleen se sent moins seule, mais il faut que tout cela cesse.

Toutes ces femmes de notre panel académique et la Professeure Stock ont besoin d’un meilleur soutien et de voir leurs droits déjà établis respectés. Pourtant, université après université après université, et même des syndicats, ont plié sous la pression des tyrans qui s’intitulent transactivistes. Dans notre cas, l’université de Bristol est heureuse de gaspiller plus d’un an de temps du  tribunal, y compris les deux heures de l’audience du 17 novembre, en recourant à des faux-fuyants et à des manigances lâches pour justifier le climat toxique qu’elle a déjà créé.

Si vous avez quelques minutes, veuillez lire ou visionner le premier discours que Kathleen Stock a prononcé à ce sujet pour l’organisation de campagne féministe Woman’s Place UK, intitulé  » A Woman’s Place is Turning the Tide  » à Brighton le 28 juillet 2018. La vidéo de cette conférence est maintenant en ligne au  https://www.youtube.com/watch?time_continue=29&v=bg4_E6Y4POc  et elle a été traduite par la collective féministe TRADFEM  AU https://tradfem.wordpress.com/2018/07/23/allocution-de-la-philosophe-kathleen-stock-a-brighton/ ).

Comme toutes les femmes de notre panel d’universitaires FiLiA, vous découvrirez une chercheuse féministe réfléchie, sensible et puissante qui a enduré trop de choses, pendant trop longtemps, inutilement.

Je fournirai plus d’informations sur ce dossier après l’audience du 17 novembre.

Bonne chance Kathleen!

Raquel Rosario Sanchez

Texte traduit par TRADFEM

Kathleen Stock est l’autrice du bestseller MATERIAL GIRLS: Why Reality Matters for Feminism, publié en mai 2021 par FLEET.

Kathleen Stock et le livre qu’on lui reproche.

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