La Nouvelle-Zélande cèdera-t-elle au lobby transgenriste? (Geneviève Gluck)

La Nouvelle-Zélande est un pays où le lobby transactiviste tente de créer une « tête de pont », c.-à-d. un territoire ou les prérogatives réclamées pourront être citées en exemple au monde entier. GENEVIEVE GLUCK explique en comité parlementaire plusieurs problèmes liés à ces propositions qui souhaitent institutionnaliser le critère de « l’identité sexuelle » en remplacement du « sexe ».

Soumission au Parlement de la Nouvelle-Zélande concernant l’auto-identification sexuelle

Vidéo: https://vimeo.com/626211433#=

La Nouvelle-Zélande est un pays où le lobby transactiviste tente de créer une « tête de pont », c.-à-d. un territoire ou les prérogatives réclamées pourront être citées en exemple au monde entier.GENEVIEVE GLUCK explique en comité parlementaire plusieurs problèmes liés à ces propositions qui souhaitent institutionnaliser le critère de « l’identité sexuelle » en remplacement du « sexe ».

Genevieve Gluck

8 octobre 2021

Je viens de présenter des arguments oraux à un comité restreint du Parlement de la Nouvelle-Zélande concernant une clause du Projet de loi sur l’enregistrement des naissances, des décès, des mariages et des relations (projet de loi BDMRR) qui permettrait de modifier le sexe d’une personne sur son certificat de naissance.

Vous trouverez ci-dessous la transcription de ma déclaration.

« Je m’appelle Genevieve Gluck et je suis une essayiste et chercheuse féministe. Je m’adresse à vous en tant que citoyenne américaine pour m’opposer à l’auto-identification du sexe qui serait promulguée par ce projet de loi.

Ce que ce projet de loi qualifie de simple « processus administratif  permettant  aux gens d’avoir une plus grande autonomie en matière d’identité  » est, si je comprends bien, la falsification approuvée par l’État de l’identité d’une personne en changeant son marqueur de sexe sur les documents officiels.

Le fait d’enregistrer des personnes de sexe masculin en tant que « femmes » annule effectivement les protections et les droits des femmes et des filles fondés sur le sexe, en permettant aux hommes de contourner les mesures de protection spécifiques au sexe. Je vais détailler ici comment des politiques autorisant ce que l’on appelle une « identité sexuelle » autodéclarée sont déjà mises en œuvre aux États-Unis au détriment des femmes et des enfants.

Cette année, l’État de Californie a mis en œuvre une politique permettant aux délinquants masculins condamnés d’être transférés dans des prisons pour femmes. Actuellement, plus de 200 hommes ont déposé une demande de transfert.  L’établissement pour femmes de Chowchilla a commencé à distribuer des préservatifs aux détenues en prévision d’agressions sexuelles. Une étude réalisée en 2009 par l’université de Californie à Irvine a révélé que les détenus transgenres de sexe masculin étaient plus susceptibles d’être des délinquants sexuels que la population masculine générale, et des statistiques similaires ont été enregistrées au Royaume-Uni.

Karen White, un homme condamné pour pédophilie, a été logé dans le quartier des prisons pour femmes en raison de son statut de transgenre, et a agressé sexuellement deux détenues. Dans l’État de l’Illinois, une femme a été violée dans une prison pour femmes par un transgenre masculin transféré, et elle a d’abord été contrainte par les responsables de la prison à retirer sa plainte. Au Royaume-Uni, des femmes hospitalisées signalent avoir été agressées sexuellement par des hommes placés dans des services pour femmes, et celles qui s’expriment sont traitées d’intolérantes.

Il y a aussi le cas de Dana Rivers, un homme anciennement nommé David Warfield, qui était un activiste transgenre reconnu au niveau national dans l’État de Californie. Le procès de Rivers est prévu pour ce mois d’octobre, pour le triple homicide d’un couple de lesbiennes et de leur fils.

Rivers a été accusé de meurtre et d’incendie criminel et est actuellement hébergé dans un quartier de la prison pour femmes en attendant son procès. Auparavant, Rivers avait participé activement à « Camp Trans », une campagne menée contre le festival annuel réservé aux femmes appelé « Michfest », auquel les victimes participaient régulièrement.

Nous avons également vu récemment le combat de boxe extrême MMA entre un homme se déclarant « trans », Alana McLaughlin, un ex-membre des forces spéciales américaines, dans lequel il a étranglé son adversaire féminine, Céline Provost. Dans ce cas, l’inclusion forcée par l’État d’hommes trans-identifiés dans le sport féminin a entraîné une violence masculine contre les femmes présentée comme un divertissement.

Les politiques qui remplacent le sexe biologique par une identité sexuelle autoproclamée portent atteinte aux droits des femmes et des jeunes filles à la vie privée et à la sécurité et, de fait, légalisent le crime d’exhibitionnisme et normalisent le voyeurisme. Un exemple récent et notable de cette situation est l’incident survenu au Wi Spa de Los Angeles, où un homme, dont il s’est avéré par la suite qu’il était un délinquant sexuel d’habitude, s’est identifié dans la section féminine du sauna pour se montrer entièrement nu en présence de femmes et d’enfants dont les objections ont été rejetées sur la base de son statut de transgenre.

La situation des femmes incarcérées en Nouvelle-Zélande n’est pas si différente de celle des femmes aux États-Unis : dans les deux pays, comme dans de nombreux pays du monde, les femmes marginalisées, issues de minorités ethniques et/ou à faible revenu constituent la majorité de la population carcérale féminine. En février, il a été signalé que les détenues de la prison pour femmes d’Auckland étaient traitées de manière « avilissante », « cruelle » et « inhumaine=  » dans le cadre d’un « effort concerté pour briser leur détermination « . Les femmes étaient par exemple forcées de se déshabiller devant des gardiens masculins; 68 % des détenues sont des membres de la population Māori, ce qui en fait le groupe de femmes indigènes le plus incarcéré au monde.

Si la Nouvelle-Zélande met en œuvre l’auto-identification sexuelle, rien n’empêchera n’importe quels hommes d’exiger d’être transférés dans les prisons pour femmes, ou dans tout autre espace où les femmes marginalisées ont besoin d’être protégées de la violence masculine, y compris les refuges pour victimes de viol. Des détenues ont déjà été violées et agressées sexuellement à la suite de transferts d’hommes revendiquant une identité sexuelle aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni.  Les politiques d’auto-identification sexuelle nuisent en fin de compte aux femmes les plus vulnérables et les plus à risque de la société.

Les politiques qui permettent aux hommes de s’auto-identifier comme « femmes » favorisent la violence masculine à l’égard des femmes, que ce soit dans les prisons, dans les sports ou dans les installations destinées aux femmes.

J’ai personnellement vu des contenus explicites pornographiques téléchargés sur le réseau Pornhub qui avaient été enregistrés par des hommes s’identifiant comme trans dans des espaces réservés aux femmes, notamment dans des vestiaires et des toilettes. J’ai même vu du contenu explicite enregistré par un homme en robe dans les toilettes des filles d’un lycée.

Le fait pertinent est le suivant : Le retrait du statut féminin aux femmes et aux filles – la moitié de la population humaine – est intrinsèquement déshumanisant. C’est déshumaniser les femmes et les filles que de redéfinir la femme comme une catégorie de croyance qui peut être performée, réduite aux hormones, à l’achat de maquillage, de talons hauts, d’implants mammaires et de chirurgie plastique.

Nous devons nous demander pourquoi des personnes de sexe masculin, les hommes, cherchent à accéder aux espaces privés des femmes et se voient accorder cet accès au moment même où beaucoup d’entre elles ont un accès facile à des appareils d’enregistrement – au moment même où nous assistons à un pic de la pornographie par caméra espionne, et où des hommes peuvent gagner des milliers de dollars par mois en diffusant des vidéos de femmes tournés subrepticement dans des toilettes et des vestiaires.

Nous devrions nous demander pourquoi cette idéologie, qui tente de définir les femmes selon des critères d’objectivation, s’est imposée dans la société parallèlement à l’augmentation considérable de la pornographie en ligne, qui dépeint les femmes comme des objets à posséder et à consommer par les hommes.

Nous devrions nous demander pourquoi seules les femmes sont invitées à s’autocensurer et à acquiescer, pourquoi seules les femmes sont qualifiées de « pilleuses d’utérus », de « corps d’accouchement » et, comme l’a déclaré le mois dernier la revue médical The Lancet, de « corps avec vagin ».

Ceux qui rejettent cette redéfinition avilissante des femmes sont invités à « être gentilles », mais il n’y a rien de gentil à insister sur le fait que nous sommes des performances désincarnées et que nous devons être réduites aux fantasmes masculins.

Ce système de croyance est régressif. L’inscrire dans une politique publique revient à sanctionner un énorme préjudice.

Je vous demande de reconsidérer la stipulation du projet de loi BDMRR qui rationaliserait les politiques exposant les femmes à la violence masculine. »

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