TRANS, d’Helen Joyce – Quand l’idéologie se heurte à la réalité

Par Helen Joyce pour le Mail On Sunday, le 3 juillet 2021

HELEN JOYCE, journaliste senior à The SPECTATOR, vient de publier un ouvrage dérangeant dont un journal à grande diffusion, le Daily Mail, publie de longs extraits depuis deux semaines. TRADFEM les a traduits et espère continuer en traduisant bientôt ce livre exceptionnel.

1. Voici pourquoi il est erroné – et profondément dommageable – de nous faire accepter à tou.te.s que quiconque est réellement du sexe auquel il dit appartenir : HELEN JOYCE affirme que le lobby de l’auto-identification sexuelle nuit aux enfants, aux femmes et aux personnes transgenres elles-mêmes. (The Daily Mail, 3 juillet)

Autrefois, cela aurait été une assertion évidente. Aujourd’hui, une telle conviction peut vous faire virer de votre emploi.

Un ouvrage scientifique (TRANS – When Ideology Meets Reality) rédigé par HELEN jOYCE, journaliste senior au journal The Economist, soutient que le lobby de l’auto-identification sexuelle nuit aux enfants, aux femmes – et aux personnes transgenres elles-mêmes.

L’auto-identification sexuelle est souvent décrite comme la bataille des droits civiques de la présente génération.

Mais le fait qu’un homme déclare « Je suis une femme » et que tout le monde doive être d’accord avec lui n’équivaut pas, comme dans les véritables mouvements de droits civiques, à étendre à un groupe marginalisé des privilèges injustement accaparés par un groupe favorisé.

On nous confronte à une redéfinition fondamentale de ce que signifie le fait pour quiconque d’être un homme ou une femme – une supplantation de la biologie et une réécriture totale des règles de la société, avec des conséquences d’une portée considérable.

Qu’un homme déclare « Je suis une femme », et que tout le monde soit obligé de lui donner raison, ne signifie pas, comme dans le cas des véritables mouvements pour les droits civiques, qu’il s’agit d’étendre à un groupe marginalisé des privilèges injustement accaparés par un groupe favorisé, écrit HELEN JOYCE (photo) dans son nouvel ouvrage : TRANS – When Ideology Meets Reality (Oneworld).

La plupart des gens qui soutiennent les « droits des trans » – en supposant que ce qui est réclamé est quelque chose de similaire au mariage homosexuel et au droit de vote des femmes, croient qu’il s’agit de permettre aux personnes transgenres de vivre pleinement leur vie, sans discrimination, harcèlement ni violence, et de s’exprimer comme elles le souhaitent.

De tels objectifs sont louables, mais ils ne correspondent absolument pas aux revendications du transactivisme dominant.

Les « droits des trans » font en réalité référence à l’auto-identification sexuelle. Cela signifie que les autres sont obligés d’accepter que quiconque est du sexe qu’il (ou elle) dit être.

Cela exige que tout le monde accepte les croyances subjectives des personnes qui se disent trans comme une réalité objective.

Il ne s’agit pas du tout d’un droit de la personne. Cela ressemble plutôt à une nouvelle religion d’État, avec un retour des lois sur le blasphème.

Mes objections reposent sur un fait scientifique : le sexe biologique possède une base objective.

Le dimorphisme sexuel – l’existence de deux sexes, mâle et femelle – est apparu sur Terre il y a 1,2 milliard d’années.

Les mammifères – des animaux comme l’homme qui élèvent leurs petits en leur sein, plutôt que de pondre des œufs – datent de 210 millions d’années. Pendant tout ce temps, aucun mammifère n’a jamais changé de sexe.

Les différences entre les hommes et les femmes remontent donc à il y a très longtemps, et nos corps et psychismes ont été façonnés par l’évolution d’une manière qui a une grande importance pour notre santé et notre bonheur.

La distinction entre les sexes n’est donc pas susceptible de se prêter à quelque ingénierie sociale, même si certaines personnes le souhaitent.

Ce à quoi l’on nous confronté.e.s, c’est une redéfinition fondamentale de ce que signifie pour quiconque le fait d’être un homme ou une femme – la supplantation de la biologie et une réécriture totale des règles de la société, avec des conséquences d’une portée considérable…

En plus de servir très mal les intérêts des personnes trans, l’orientation idéologique de ce puissant lobby cherche à réduire au silence quiconque ne croit pas en l’auto-identification sexuelle.

Qui plus est, je crains que la surenchère de cette idéologie ne provoque une réaction brutale qui nuira aux personnes transgenres ordinaires qui souhaitent simplement être en sécurité et acceptées par la société.

Lorsque le public se rendra enfin compte de ce que l’on exige, les transactivistes ne seront peut-être pas les seul.e.s à être blâmé.e.s.

Je m’attends, notamment, à un retour de bâton dans le domaine du sport féminin. Permettre à des hommes biologiques qui s’identifient comme femmes de participer à des compétitions féminines n’a pas plus de sens que de permettre à des poids lourds de boxer contre des poids légers ou à des adultes de concurrencer des moins de 18 ans.

When Ideology Meets Reality, par Helen Joyce, publié par Oneworld en juillet au prix de 16,99 £, disponible en format électronique.

Et pourtant, sous la pression des transactivistes, presque toutes les autorités sportives ont accepté le principe de l’auto-identification sexuelle.

Une poignée de transsexuels (biologiquement masculins) devraient concourir dans les épreuves féminines aux Jeux olympiques ce mois-ci – comme l’haltérophile néo-zélandaise Laurel Hubbard, qui a battu des records junior en tant qu’homme et a annoncé son « changement de sexe » il y a huit ans.

Le fait de voir des hommes plus forts, plus lourds et plus rapides battre facilement certaines des meilleures athlètes féminines au monde ne manquera pas d’ébranler des institutions profondément dédiées aux principes du fair-play, ce que soutiennent Linda Blade et Barbara Kay dans le livre UNSPORTING (Rebel News) bientôt publié en français.

Jusqu’à récemment, pratiquement aucun enfant ne se présentait dans les cliniques spécialistes de ce qu’on appelle la « réassignation sexuelle », mais au cours de la dernière décennie, leur nombre a grimpé en flèche.

Un autre retour de bâton est imminent dans la médecine pédiatrique sexuelle.

Il existe désormais de nombreuses études sur les enfants souffrant de dysphorie sexuelle, c’est-à-dire de malaises et de souffrances attribuées à leur sexe.

Ces études montrent que la plupart de ces jeunes s’en sortent, à condition d’être soutenu.e.s et non poussé.e.s à s’identifier à l’autre sexe.

Mais, à mesure que les cliniques spécialisées dans le traitement de ces problèmes sont tombées sous l’emprise des transactivistes, le traitement qui est proposé a pris un tour idéologique.

Au lieu de conseiller aux parents d’observer et d’attendre avec sympathie et compréhension que ces symptômes se dissipent, ces cliniques partent du principe que la dysphorie sexuelle dans l’enfance destine quiconque en souffre à une foule d’interventions et au transgenrisme à l’âge adulte.

Ils recommandent une « transition sociale » immédiate – un changement de nom, de pronoms et de vêtements – suivie de médicaments pour bloquer la puberté, d’hormones de l’autre sexe et d’une intervention chirurgicale, souvent alors que le ou la patiente est encore adolescente.

Il s’agit d’une voie rapide vers le dysfonctionnement sexuel et la stérilité à l’âge adulte.

80% des jeunes qui affluent aux cliniques sont des adolescentes

Au cours des dernières années, on a vu apparaître un nouveau groupe de mineur.e.s s’identifiant à l’autre sexe : les adolescentes.

Ce groupe démographique est désormais prédominant dans les cliniques sexuelles spécialisées du monde entier.

Une fois de plus, ces jeunes filles font l’objet d’une procédure accélérée d’administration d’hormones et d’interventions chirurgicales, même si rien ne prouve que cela les aidera – et malgré de bonnes raisons de prédire que ces interventions vont leur nuire.

Le message de l’idéologie transgenriste est diffusé par des « guerriers de la justice sociale » sur les médias sociaux, ainsi que par la profession médicale et les écoles, qui ont ajouté l’idéologie de l’identité sexuelle aux programmes scolaires.

Tragiquement, cette histoire se terminera par des vies brisées.

Je sais qu’on me traitera de méchante, voire de pire, pour avoir écrit mon livre. Une partie de ce que je dis sera forcément décrite comme profondément blessante par certains.

Mais je crois qu’il est rare de pouvoir passer pour un membre du sexe opposé, surtout si l’on est un homme ; que le sentiment d’appartenir au sexe opposé, aussi profond et sincère soit-il, ne peut pas changer les perceptions instinctives des autres ; qu’un tel sentiment ne constitue pas une autorisation d’utiliser des installations ou des services destinés au sexe auquel on n’appartient pas ; que les enfants qui souffrent de leur identité sexuelle sont mal servi.e.s si on leur dit qu’elles ou ils peuvent la changer.

À mesure que l’auto-identification sexuelle est inscrite dans les lois du monde entier, certains dommages collatéraux s’accumulent.

Des femmes ont perdu leur emploi pour avoir dit que le masculin et le féminin étaient des catégories objectives et socialement significatives.

Les athlètes féminines sont forcées de concourir contre des hommes. Des enfants sont stérilisés.

Ces événements se produisent en partie à cause d’un sentiment de compassion admirable, mais irréfléchi, envers les personnes transgenres. Ce qui m’a finalement poussée à écrire mon livre, c’est la rencontre avec certaines des victimes les plus poignantes de l’idéologie de l’identité sexuelle.

Ce sont des transsexuel.le.s : des personnes qui ont pris des mesures hormonales et parfois chirurgicales en vue d’une transition, pour se rendre compte ensuite qu’elles avaient fait une erreur catastrophique.

Ce que disent les critiques du livre d’Helen Joyce :

« Un livre terriblement nécessaire : bien écrit, bien documenté, passionné et très courageux. » – Richard Dawkins, biologiste évolutionniste

« Un ouvrage courageux, intelligent et important, ancré dans la science et le bon sens. » – Jenni Murray, ancienne présentatrice de l’émission Women’s Hour

« Si quiconque doute que l’idéologie genriste constitue une menace pour nous tous – y compris les personnes transgenres – il devrait vraiment lire ce livre. » – Simon Fanshawe, fondateur de l’association Stonewall UK

Ces gens parlent des traumatismes causés par les médicaments expérimentaux et les opérations chirurgicales et du fait pour les jeunes d’avoir été manipulé.e.s et trompé.e.s par des adultes.

Je les ai vu.e.s se faire maltraiter et diffamer sur les médias sociaux.

Leurs blessures les plus évidentes sont physiques : mastectomies ; castration ; corps façonnés par les hormones du sexe opposé.

Mais les blessures mentales sont plus profondes. Ces jeunes ont adhéré à une idéologie incohérente et en perpétuelle mutation, où la moindre déviation est férocement punie.

On leur a fait croire que les parents qui s’inquiétaient de l’impact de drogues puissantes sur des esprits et des corps en développement étaient intolérants et haineux, et que la seule alternative concevable à la transition était le suicide.

Cette nouvelle idéologie de négationnisme corporel, qui est au cœur de la politique d’auto-identification sexuelle, est particulièrement néfaste pour les femmes, car les corps féminins ont des besoins que les corps masculins n’ont pas.

Le corps féminin supporte presque tout le poids de la reproduction et tenter d’occulter ce fait n’y change rien.

Effacement des femmes

Les gouvernements, les entreprises et les organisations caritatives parlent désormais de « personnes qui ont leurs règles », de « personnes enceintes », de « demandeuses d’avortement » et de « parents qui accouchent », alors qu’auparavant elles y auraient simplement reconnu des « femmes ».

En tant que telles, les femmes sont effacées.

Le National Health Service britannique explique que « le concept de virginité pour les personnes ayant un vagin a une histoire complexe ».

Le magazine Teen Vogue propose un « guide de la masturbation pour les personnes ayant un vagin ». Les campagnes d’information des associations de lutte contre le cancer invitent « toute personne ayant un col de l’utérus » à se soumettre régulièrement à un frottis.

Une publicité pour Tampax enjoint le monde à « célébrer la diversité de toutes les personnes qui saignent ».

Ce langage dépeint les femmes comme des orifices, des fournisseuses de matériel génétique et des vaisseaux pour la croissance de la progéniture. Ce langage n’est pas seulement déshumanisant : il occulte également le fait que ces parties et fonctions du corps font partie d’un tout.

Combien il aurait été plus difficile de plaider pour le vote des femmes, pour un congé de maternité payé ou pour mettre fin à l’exemption qui permettait aux hommes de violer leur femme à leur guise, si la seule façon de désigner les bénéficiaires de ces politiques avait été d’énumérer des sécrétions corporelles et des organes sexuels.

Si la raison invoquée pour ce nouveau vocabulaire, à savoir l’inclusion des transsexuels f à m (les femmes qui s’identifient hommes), était sincère, nous assisterions à des manœuvres linguistiques similaires pour ne pas exclure les transsexuelles m à f (hommes qui s’identifient comme des femmes) lorsqu’on parle des hommes.

Il y aurait des articles et des campagnes de publicité visant les porteurs de testicules, les producteurs de spermatozoïdes et autres acrobaties verbales.

Toute personne ayant une prostate devrait être soumise à des contrôles. Mais pareil vocabulaire n’est pas utilisé. L’incohérence est flagrante.

Ce n’est pas seulement le monde d’aujourd’hui que l’idéologie transgenriste cherche à changer – le passé est également en voie de révision.

Toute femme qui, par force, chance ou ruse, a réussi à échapper aux stéréotypes sociaux risque de subir une transition rétroactive. Les figures historiques Boudicca et Jeanne d’Arc sont toutes deux souvent décrites comme des transgenres.

Il en est de même des icônes lesbiennes telles que la poétesse Radclyffe Hall. Les personnages de fiction ne sont pas non plus à l’abri : George de la série Famous Five d’Enid Blyton, une fille qui déteste les robes et les cheveux longs, et qui aime la voile et l’escalade ; Jo du roman Little Women (de Louisa May Alcott), qui siffle, marche les mains dans le dos et promet à son père d’être « l’homme de la maison » pendant qu’il est parti à la guerre, sont aujourd’hui rebaptisées « transgenres ».

Ces reconstructions ne sont pas anodines. Elles renforcent les stéréotypes démodés sur la façon dont les hommes et les femmes sont censées se comporter et s’habiller.

En effet, le matériel pédagogique et les livres sur l’identité sexuelle semblent souvent sur le point d’apporter une excellente contribution, pour finalement la rater de manière spectaculaire.

Si les garçons veulent jouer à la poupée et les filles aux camions, on leur apprend à modifier leur corps pour qu’il corresponde à des stéréotypes dépassés. Ce qu’on devrait leur apprendre, c’est que ces stéréotypes n’ont aujourd’hui plus d’importance et qu’il y a de la place pour la diversité.

Bish, un site britannique d’éducation sexuelle destiné aux adolescent.e.s, recommande aux jeunes de déterminer où ils se situent sur une « échelle du genre », les garçons se trouvant à une extrémité et les filles à l’autre.

Un autre préjudice subi par les jeunes concerne leur protection.

À mesure que s’installe la conviction que le sexe biologique peut ou doit être remplacé par l’identité sexuelle autoproclamée, les institutions abandonnent les protocoles dont on espérait qu’ils allaient empêcher la répétition des scandales d’abus d’enfants dans l’Église catholique, chez les Scouts, ainsi que dans les centres d’accueil, les internats et de nombreux autres établissements.

Les directives rédigées par des groupes de pression transactivistes et adoptées par les écoles, les fédérations sportives et les clubs sociaux signifient que les toilettes, les vestiaires et les dortoirs sont désormais assignés selon le sexe auquel les enfants – et les adultes – disent appartenir. Les parents sont laissés dans l’ignorance de ces changements.

En 2018, Helen Watts a été expulsée des Guides du Royaume-Uni pour s’être opposée à la décision de cette organisation de permettre à des hommes de devenir membres et chefs de groupe, du moment qu’ils s’identifient comme filles ou comme femmes.

Les nouvelles règles stipulent qu’il n’est pas nécessaire d’informer les filles ou leurs parents si des hommes partageront des tentes ou des installations sanitaires dédiées aux filles.

Madame Watts se demande si les Guides ont envisagé les conséquences de ces règlements sur la prestation de soins intimes personnels (ses questions sont restées sans réponse).

L’historique de la maltraitance institutionnelle des enfants a montré comment les prédateurs peuvent « conditionner » les personnes et les organisations à accepter des comportements qui auraient autrefois déclenché des signaux d’alarme.

Par exemple, le Paedophile Information Exchange a longtemps été toléré par le parti Travailliste et par une association de défense des droits civiques qui a pris aujourd’hui le nom de Liberty.

Ses adeptes ont obtenu un auditoire en partie en persuadant les gauchistes que les ennemis de leurs ennemis étaient automatiquement des amis – dans ce cas, les ennemis étaient les conservateurs et les personnes d’obédience évangélique qui s’opposaient aux militants homosexuels et aux pédophiles.

Dans le cadre de l’auto-identification sexuelle, les transsexuels ne sont pas objectivement distincts des autres hommes, il n’y a donc aucun moyen de tenir des statistiques fiables à leur sujet.

Cela rendait presque impossible de parler de l’infiltration de pédophiles dans la gauche.

Le problème n’est pas que les transgenres soient exceptionnellement susceptibles d’agresser des enfants. Bien sûr qu’ils ne le sont pas. Les homosexuels ne le sont évidemment pas non plus, et pourtant leur mouvement a été infiltré par ceux qui l’étaient.

Quiconque se soucie du bien-être des enfants ou des personnes transgenres devrait vouloir éviter que l’histoire ne se répète.

Les transactivistes rejettent généralement les craintes que des femmes soient lésées si les transgenres accèdent aux espaces et aux services réservés aux femmes.

Les transfemmes ne font que vaquer à leurs occupations, disent-ils, et toute préoccupation est un préjugé, voire un vice – selon l’accroche mignonne qui s’est répandue des États-Unis à d’autres pays : « Nous voulons simplement faire pipi ».

Dans le cadre de l’auto-identification sexuelle, les transsexuels ne sont pas objectivement distincts des autres hommes, il n’y a donc aucun moyen de tenir des statistiques fiables à leur sujet.

Les rares éléments probants qui existent montrent qu’au moins certains des hommes qui s’identifient comme femmes sont effectivement très dangereux.

Au Royaume-Uni, le lobby Stonewall UK est la partie prenante la plus influente. Plus de 850 organisations, employant un quart de la main-d’œuvre nationale, ont adhéré à son programme « Champions de la diversité ».

Sur les 125 détenus transgenres présents dans les prisons anglaises fin 2017, 60 étaient des transfemmes ayant commis des infractions sexuelles – une part bien plus élevée que dans la population carcérale masculine générale, sans parler de la population féminine.

Donc, soit les transfemmes sont plus susceptibles que les autres hommes d’être des prédateurs sexuels, soit – plus probablement – l’auto-identification sexuelle offre aux prédateurs sexuels une merveilleuse échappatoire.

Quoi qu’il en soit, le fait de permettre aux hommes de s’auto-identifier dans les espaces réservés aux femmes réduit la sécurité de celles-ci.

La plupart des détenues emprisonnées ont été victimes d’agressions masculines, parfois dès l’enfance. Pourquoi les traumatiser à nouveau ?

Si la Direction des pénitenciers britanniques a raison et que deux pour cent des détenus masculins s’identifient comme femmes, il reste que leur nombre représente plus de la moitié du nombre total de détenues. Il suffira de peu de demandes de transfert par des hommes pour que les prisons pour femmes soient rapidement submergées.

Une grande partie du travail de promotion de l’idéologie trans est le fait d’organisations fondées pour lutter pour les droits des homosexuel.le.s, qui ont adopté l’auto-identification sexuelle pour continuer à recevoir des dons après l’obtention du droit au mariage gay.

Au Royaume-Uni, Stonewall UK est la force la plus influente. Plus de 850 organisations, qui emploient un quart de la main-d’œuvre nationale, ont adhéré jusqu’à maintenant à son programme « Champions de la diversité ».

Leur formation et leur matériel pédagogique prétendent à tort que la loi britannique donne aux employés et aux clients le droit d’utiliser des espaces non mixtes correspondant à leur identité déclarée.

Les entreprises progressent dans le classement si elles affichent des panneaux encourageant cette pratique ou si elles font en sorte que leurs locaux cessent de reconnaître le sexe.

La plupart des entreprises sont heureuses de jouer le jeu. À l’ère de la responsabilité sociale des entreprises, il est pratique d’avoir une petite minorité opprimée sur laquelle concentrer ses efforts.

Les cordons arc-en-ciel, les badges de pronoms et les toilettes « unisexe » ne coûtent rien ou presque.

L’ouverture d’une crèche, l’offre de stages rémunérés pour les jeunes de la classe ouvrière ou l’adaptation du lieu de travail aux employés handicapés contribueraient davantage à une diversité et une inclusion véritables. Mais ces politiques seraient coûteuses et, en l’absence de puissants lobbies pour les promouvoir, elles contribueraient moins à améliorer la réputation d’une entreprise.

En attendant, les entreprises qui résistent à cette pression transactiviste risquent d’être dénoncés dans les médias sociaux et parfois même boycottés.

Dans le monde universitaire également, les femmes qui se sont opposées à l’auto-identification sexuelle se sont retrouvées interdites des universités et des tribunes de conférences.

Le schéma général est partout le même : toute critique de l’idéologie se heurte à des menaces et à de la censure.

Pendant ce temps, les lois sont modifiées par le biais d’une « capture politique » : la déformation de l’élaboration des politiques au profit d’une minorité et au détriment du grand public. Alors qu’un pays après l’autre introduit l’auto-identification sexuelle, très peu d’électeurs savent que cela se produit, et encore moins soutiennent cette dérive.

En 2018, un sondage mené par Populus, un institut de sondage indépendant, financé collectivement par des féministes britanniques, a révélé que seuls 15 % des adultes britanniques étaient d’accord pour que le changement de sexe légal soit permis sans l’aval d’un médecin.

Une majorité des répondant.e.s a considéré qu’une « personne née de sexe masculin et possédant des organes génitaux masculins mais qui s’identifie comme femme » demeurait un homme. Seule une infime minorité de répondant.e.s a estimé que ces personnes devraient être autorisées à accéder aux salles de sport ou aux vestiaires dédiés aux femmes, ou à être placées dans une prison pour femmes si elles ont commis un crime.

Pensez à ce qui devrait se produire si l’identité sexuelle autoproclamée devait réellement supplanter le critère du sexe, dans l’ensemble de la société.

Tout le monde devrait cesser de tenir compte de si les autres sont des hommes ou des femmes et se préoccuper uniquement des identités qu’iels affichent.

Les femmes se déshabilleraient devant les hommes aussi confortablement que devant les femmes, du moment que ces hommes disent s’identifier comme femmes.

Aucune autre considération ne compterait – ni la religion, ni la pudeur, ni les traumatismes, ni rien d’autre.

Une femme juive orthodoxe accepterait volontiers de se faire examiner par un médecin de sexe masculin et une victime de viol devrait se confier entièrement à un conseiller de crise de sexe masculin – là encore, du moment que ces hommes s’identifient comme femmes.

Nous devons, à tout le moins, discuter ouvertement de cette question.

Mais le débat sur l’identité sexuelle est devenu si passionné et le climat politique si délétère qu’il semble difficile de s’y engager de bonne foi.

Pour s’attaquer à tous les maux que je décris – la destruction des droits des femmes, la stérilisation des enfants non conformes à leur assignation de genre, la propagation de l’homophobie post-moderniste et la corruption de la recherche médicale et scientifique – il faudra prendre un engagement renouvelé en faveur de deux intérêts partagés par tou.te.s dans une démocratie laïque et libérale : la liberté de croyance et la liberté d’expression.

2. Un second extrait de ce livre d’Helen Joyce a été publié dans le Sunday Mail et traduit par TRADFEM  il y a quelques jours : « Pourquoi je crois que laisser des athlètes qui ont grandi en tant qu’hommes concourir dans des sports féminins provoquera une réaction négative du public C’est le thème de l’ouvrage UNSPORTING, des Canadiennes Linda Blade et Barbara Kay, dont notre traduction (« Ultime trahison de l’esprit sportif ») sera publiée d’ici quelques semaines par REBEL NEWS, avec une préface de Léa Quedeville.

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VERSIONS ORIGINALES DE CES ARTICLES D’HELEN JOYCE: https://www.dailymail.co.uk/news/article-9753017/HELEN-JOYCE-argues-gender-self-identification-lobby-harming-children-women-trans-people.html

https://www.dailymail.co.uk/news/article-9775491/HELEN-JOYCE-Letting-athletes-grew-men-compete-womens-sports-cause-public-backlash.html

TRADUCTION: TRADFEM

Tous droits réservés à HELEN JOYCE et ONEWORLD

7 réflexions sur “TRANS, d’Helen Joyce – Quand l’idéologie se heurte à la réalité

  1. C’est tout à fait ça: l’extension du domaine de la femme RENFORCE le patriarcat puisqu’il rend les femmes biologiques invisibles voire comme des ressources d’organes, on ne parlera même plus de mères mais d’incubatrices.

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  2. Bon, puisque la biologie n’a plus de sens supprimons la gynécologie et l’urologie médicales et remplaçons ces disciplines par des gendrologies identitaires médicales.
    Appelons les mâles biologiques: personnes à testicules ou personnes à pénis et les femelles biologiques: personnes à ovaires, à vulve ou à utérus.
    Ce sera plus laid au niveau de la langue mais au moins ce sera net.
    Osons affirmer aussi que les seules femmes sont les transfemmes et que les seuls hommes sont les transhommes.
    Gageons que les « mâles » à testicules vont HURLER. Nous pourrons, enfin, rire.

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    • Catherine Albertini écrit: « (…)Appelons les mâles biologiques: personnes à testicules ou personnes à pénis et les femelles biologiques: personnes à ovaires, à vulve ou à utérus. »

      Dans le cas des femelles, cette réforme est déjà en cours d’application… pour le plus grand confort des hommes…
      Quand l’oppresseur s’empare du vocabulaire, ls lutte s’annonce rude.
      Martin

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      • Je retourne le stigmate, c’est une façon de résister qui a fait ses preuves notamment dans la lutte contre le racisme. Les femelles sont plus nombreuses que les Trans. Et plus nombreuses que les mâles. Le mot homme a un double sens: il désigne les mâles et est le terme générique pour l’humanité (les droits de l’homme).
        Quand les mots n’ont plus de sens il faut changer le vocabulaire. Je préfère être une femelle qu’une personne.

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      • J’adore quand un homme me dit que je ne suis pas assez féministe à ses yeux. Cela prouve que les femelles radicales ayant des ovaires et un utérus doivent encore plus se battre pour leurs droits. Et que les hommes, même quand ils se prétendent « féministes » devraient être humbles et ne pas stigmatiser les féministes radicales qui refusent d’être des « femmes » quand ce mot inclut des hommes qui se prétendent « femmes ». Oui, je préfère être une « femelle à utérus » qu’une femme à pénis.

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        • Je voulais dire je préfère être une « femelle à utérus, à vulve ou à ovaires » que d’être une femme si ça inclut des « femmes à pénis ».

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  3. Mon seul espoir, c’est que la critique du genre féministe finisse par ouvrir les yeux de la majorité des femmes et des filles ados (intoxiquées par les réseaux sociaux). Cette épidémie de « dysphorie de genre » ressemble à l’épidémie, antérieure, de boulimie/anorexie des ados qui, à l’inverse, n’a jamais été encouragée par le corps médical. Aucun médecin n’a soutenue qu’une ado devait continuer à maigrir alors même qu’elle était étique et n’avait plus ses règles. Les trans-hommes ne supportent pas la « condition féminine ». Fuir la condition féminine est un signal de dégradation des aspirations à l’égalité des femmes et des rapports sociaux de sexes.

    Les Trans femmes, par contre, sont dans la transgression agressive: ils veulent être des femmes à part entière : représentation, politique ou médiatique, égalité salariale (alors que déjà, en tant qu’hommes ils étaient avantagés) sans en avoir les inconvénients. Les droits reproductifs des femmes, l’avortement, les cancers liés au sexe, la ménopause ne les concernent pas. Donc ils imposent, autant que faire ce peut, le silence aux femmes femelles (quand ils ne les agressent pas sur les réseaux sociaux ou dans les manifs pour les droits des femmes).

    Les individus quel qu’ils soient ont droit au respect, mais pas au détriment de la majorité. Majorité femelle soumise à la domination masculine. Une trans-femme, si elle est violée, ne risque pas une grossesse. Et c’est une énorme différence avec les femmes femelles biologiques.

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