Les corps masculins n’ont pas leur place dans les sports féminins

par Janice Turner, dans The Times, le 23 février 2019

(version espagnole suit)

Dans The Sunday Times, Martina Navratilova a eu l’audace de déclarer que Rachel McKinnon, un transgenre canadien qui vient de remporter le championnat du monde de cyclisme sur piste dans la catégorie des femmes de 35-44 ans, bénéficiait d’avantages injustes. La photo du podium montre un McKinnon de plus de 1,80 m et de 89 kgs, qui n’a commencé à pratiquer ce sport que récemment, éclipsant deux cyclistes féminines. McKinnon n’a pas enfreint les règles, qui exigent simplement une diminution de son taux de testostérone (bien qu’à des niveaux encore cinq fois plus élevés que la moyenne des femmes), mais il a conservé une ossature et une masse musculaire bien supérieures, ainsi qu’une plus grande capacité aérobique acquise lors de sa puberté masculine.

 

Il semble assez insensé qu’il me faille démontrer l’évidence : que les hommes performent mieux en sport, ce qui explique que les femmes de l’époque édouardienne aient dû mettre sur pied leurs propres compétitions pour avoir une chance de remporter un trophée. Mais voilà : dans tous les sports basés sur la force ou la vitesse, les hommes ont un avantage indéniable, allant de 10 à 30 %. Le record du 100 m chez les hommes, par exemple, est de 9,58 secondes, alors que celui des femmes est de 10,49 s, un temps régulièrement réalisé par les meilleurs adolescents masculins.

 

Dans les années 1970, Mme Navratilova, malgré toutes les insultes de « transphobie », a défendu le droit du transgenre Renée Richards à jouer dans l’US Open féminin. Richards, qui deviendra plus tard son entraîneur, avait plus de 40 ans au moment de sa transition chirurgicale complète, mais elle a tenu tête à des femmes au sommet de leur forme physique. Depuis, elle s’est dit que si elle avait subi une transition à 22 ans, « aucune femme génétique au monde n’aurait pu approcher mes performances. J’ai donc changé d’opinion. »

 

Aujourd’hui, le 100e meilleur jeune joueur masculin pourrait, sans chirurgie, intégrer le très lucratif circuit féminin et probablement battre Serena Williams. Martina – et les autres athlètes d’élite qui l’ont soutenue –  Paula Radcliffe, Chris Evert, Kelly Holmes – sont-elles « sectaire – pour leurs tentatives de préserver l’intégrité du sport féminin ?

 

Cette semaine, j’ai entendu un professeur d’université britannique soutenir que les compétitions séparées par sexe étaient dépassées : les femmes, disait-il, pouvaient améliorer leurs temps en concourant contre des hommes. La doctrine des nouvelles chaussures de course de l’empereur dicte que le sexe biologique n’existe pas : tout ce qui compte est le sentiment intérieur amorphe de « l’identité de genre ». Le slogan du lobby StonewallUK « Les femmes trans sont des femmes, faites-vous une  raison » ne signifie pas « Les femmes trans devraient être traitées socialement et légalement comme des femmes » – ce avec quoi beaucoup de gens, dont moi, seraient d’accord – mais qu’elles sont biologiquement des femmes : leurs corps, affirme Stonewall, sont des corps de femmes, leurs pénis sont des pénis de femmes. (Je n’exagère pas, c’est la politique avouée d’un groupe de pression grand public ayant l’oreille du gouvernement.)

 

Si vous souscrivez à cette pensée magique, il va de soi que les mâles de naissance devraient avoir le droit de compétitionner dans les sports féminins, dès le moment où ils s’identifient comme féminins. Lorsque l’organisme américain de dynamophilie a conclu qu’il était injuste pour les femmes trans de concourir contre des femmes biologiques parce que les « avantages masculins tels que l’augmentation de la masse corporelle et musculaire, la densité osseuse, la structure osseuse et le tissu conjonctif » subsistent après la suppression de la testostérone », des transactivistes ont perturbé ces événements. (McKinnon estime qu’il y a même violation des droits de l’homme du simple fait d’abaisser son taux de testostérone, qu’il considère comme naturellement produite par son corps « féminin »…)

 

cov invisible women

Pourtant, comme le démontre à chaque page Invisible Women, un nouveau livre de la militante féministe Caroline Criado Perez, le sexe biologique est bien réel. Dans nos seuils de douleur et nos systèmes immunitaires ; notre réponse au stress ou au froid ; la façon dont nous manifestons la maladie de Parkinson ou les crises cardiaques ; la vitesse à laquelle nous brûlons les calories ou absorbons les poisons : tout révèle des différences significatives entre les femmes et les hommes.

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Mais affirmer que le sexe biologique devrait avoir une quelconque influence sur les décisions politiques est maintenant, bizarrement, verboten. Vous pourriez penser, eh bien, quelle importance cela a-t-il pour le sport féminin ? Les femmes transgenres ne représentent qu’une infime partie de la population et peu d’entre elles deviendront des athlètes d’élite. D’accord, quelques filles rapides ne gagneront jamais ou ne se sentiront pas libres de se plaindre de l’injustice. Quelques autres malheureuses seront blessées lors de collisions avec des joueuses trans plus grandes : Hannah Mouncey, à 1,80 m et 95 gs, a cassé la jambe d’une femme dans le football féminin australien. Clopinettes…

 

Sauf que l’idée que le sexe biologique n’est pas pertinent, qu’il est démodé ou qu’il s’agit d’un concept sectaire a profondément contaminé la vie publique. Dans tout le pays, les écoles suppriment unilatéralement les toilettes non mixtes pour des installations « neutres en termes de genre », même si cela contrevient à la loi britannique sur l’égalité et les droits de la personne. Les deux sexes détestent partager les toilettes à la puberté, mais les filles souffrent de la honte supplémentaire d’apprendre à utiliser des protections hygiéniques en sachant que les garçons sont à proximité, et craignent de se laver les mains dans les toilettes communes. Des parents signalent que leurs filles risquent de contracter des infections urinaires du fait de « se retenir » jusqu’à leur retour à la maison.


Voilà pourtant où le lobby StonewallUK nous laisse, quatre ans après avoir décidé d’incorporer les transgenres (T) au mouvement de défense des lesbienes, gays et bisexuels (LGB). Leur association a été subvertie par des extrémistes qui nient les faits biologiques, en désaccord avec des milliers d’ancien-ne-s partisan-e-s – y compris ses propres fondateurs – qui ont fait une pétition pour que les voix des femmes soient entendues, et en rupture avec sa PDG lesbienne, Ruth Hunt, qui a démissionné cette semaine, apparemment dans un certain désespoir. Il en est de même pour Martina Navratilova, la plus grande athlète LGBT de tous les temps, chassée pour avoir osé dire la vérité.

Version originale: https://www.thetimes.co.uk/article/9e86274e-36df-11e9-a129-05a1d4d7c2a2

cov Unsporting

Un livre qui vient de paraître chez Rebel News et que ous comptons traduire en français.

 

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Janice Turner: Los cuerpos masculinos no pertenecen al deporte femenino

 

Martina Navratilova ha sido condenada por decir la verdad sobre cómo los atletas transgénero de sexo masculino tienen una ventaja física injusta al competir contra las mujeres.

n 1990, después de derrotar a Zina Garrison 6-4, 6-1 y ganar su noveno título de singles de Wimbledon, Martina Navratilova se precipitó en las gradas para abrazar a su amante Judy Nelson. Una generación antes del matrimonio homosexual, dos años después de que la Cláusula 28 prohibiera promover la «aceptabilidad de la homosexualidad», Martina desafió los prejuicios y las burlas con ese alegre abrazo en la pista central. (…)

Janice Turner: Los cuerpos masculinos no pertenecen al deporte femenino.

 

Une réflexion sur “Les corps masculins n’ont pas leur place dans les sports féminins

  1. Moi je propose que les femmes boycottent les jeux quand des Trans y participent. Cette « mode » cesserait vite.

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