Contre la censure et le cyber-sabotage, la journaliste Meghan Murphy persiste et signe

Comme la plupart d’entre vous le savent maintenant, le site Web et le compte Twitter de Feminist Current ont été piratés mardi dernier, et mes informations personnelles (adresse à domicile et numéro de téléphone) ont été mises en ligne (une manœuvre connue sous le nom de doxxing).

Grâce à l’aide de personnes extraordinaires qui en savent beaucoup, beaucoup plus que moi sur ces questions, Feminist Current a été sauvé – nous sommes de nouveau en ligne et plus en sécurité que jamais. Toute cette épreuve a été incroyablement stressante, et continuera probablement à l’être, en ce qui concerne ma propre sécurité. De futures attaques sur le site sont inévitables, et se sont produites de nombreuses fois dans le passé, mais nous espérons avoir suffisamment renforcé la sécurité pour éviter ce genre d’obstructio àn l’avenir.

Ceci n’est, bien sûr, pas nouveau. Feminist Current a été pris pour cible à de nombreuses reprises au fil des ans par des misogynes et des transactivistes qui détestent tout ce que le site représente ou qui me détestent personnellement. Et ce ne sont pas les gens qui me détestent qui manquent… En effet, la haine spécifique et aiguë qui m’est adressée a largement dépassé Feminist Current. Je suis la principale cible du vitriol et de la diffamation au Canada, en ce qui concerne le débat sur l’identité de genre. Les activistes et les médias aiment promouvoir l’idée que je suis une folle isolée, qui répand des idées dangereuses sur la biologie et les femmes, bien que cette accusation soit devenue moins crédible ces derniers temps car de plus en plus de Canadiennes se soulèvent et rendent publiques leurs préoccupations.

La raison pour laquelle je suis une cible est que je viens de la gauche et que je me suis longtemps identifiée comme féministe (bien que j’aie commencé à prendre mes distances par rapport à ces étiquettes je leur préfèere une pensée libre et m’identifie comme quelqu’un qui défend les droits des femmes, afin de m’arracher au conformisme idéologique et aux limitations de ma liberté d’expression et de ma pensée indépendante). En d’autres termes, je ne corresponds pas à l’image de personne privilégiée véhiculée par les médias canadiens, les politiciens dits « progressistes », la gauche et les transactivistes.

Leur message dominant est aujourd’hui que les seules personnes qui trouvent à redire sur la législation concernant l’identité de genre sont des chrétiens de droite intolérants, qui pensent que les homosexuels sont tarés et que les femmes doivent rester à la maison. Pour information, je n’ai pas de problème avec les personnes de droite ou chrétiennes, pas plus qu’avec n’importe qui d’autre – j’évalue les gens sur la base de leur éthique, de leur comportement, de leurs actions, de leur intégrité, de leurs idées et de leur volonté de converser et de s’engager avec respect, et non sur la base d’étiquettes générales attribuées par d’autres. Mais c’est une tactique facile pour les gauchistes qui souhaitent diaboliser leurs détracteurs, et ceux qui les entourent s’alignent sur ce discours: « Ooooh pas eux ! Ils vont nous donner des poux religieux!… »

Malheureusement pour ces personnes, je n’ai jamais été religieuse, de droite ou anti-gay. Je suis en fait une personne très libérale qui a passé la plus grande partie de sa vie à s’identifier comme socialiste et féministe. En d’autres termes, j’étais l’une d’entre eux – la cabale gauchiste – mais j’ai osé penser par moi-même et dire la vérité sur ces pensées, et iels sont incapables de gérer une évadée de leur secte, perturbant leur vision unidimensionnelle du monde. Je devais donc être détruite.

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J’ai mis sur pied Feminist Current en 2012, après une brouille au sein du collectif média féministe avec lequel je travaillais à l’époque. (Je ne travaillerai plus jamais en collectif – c’est probablement le modèle d’organisation le plus torturant, le plus bidon, le plus épuisant et le plus contre-productif, si vous souhaitez réellement accomplir quelque chose et éviter les luttes de pouvoir et les drames interminables et fastidieux qui maintiennent tout le monde piégé dans des réunions, plutôt qu’à produire du contenu ou progresser.) Je trouve ridicule et irréaliste l’idée que les leaders, les hiérarchies et les décideurs ne servent à rien et qu’il est possible ou idéal de fonctionner par consensus entre individus – dont certain-e-s sont beaucoup moins expérimenté-e-s et informé-e-s que d’autres, certain-e-s se livrent à des jeux de pouvoir, certain-e-s poursuivent des objectifs sans rapport avec ceux de l’organisation ou du groupe, certain-e-s demeurent imprégné-e-s de leur propre amertume ou de problèmes/traumatismes personnels non résolus et projetés sur les autres. Naturellement, cette débandade s’est produite au moment d’une série d’entretiens radiophoniques que nous réalisions au sujet de la « question trans ».

À l’époque, je pensais être indécise sur l’enjeu du transgenrisme, mais comme les personnes que j’ai choisi d’interviewer étaient Sheila Jeffreys et Lee Lakeman, il semble que je n’étais pas si indécise que cela. Je pense que je n’avais pas encore suffisamment exploré le conflit et les questions en jeu, et que je ne me sentais pas équipée pour prendre une position ferme, malgré mon penchant pour le réalisme et mon soutien aux espaces dédiés aux femmes.

De plus, à l’époque, il n’existait pas enccore de législation ou de politique menaçant de détruire les droits sexuels des femmes, donc je me sentais moins pressée par la question. J’essaie de ne pas m’exprimer sur des enjeux si je n’ai pas encore fait le tour des arguments pertinents, car je suis une personne publique et une auteure, et je dois être équipée pour défendre ce que je dis. Je voulais donc m’assurer, lorsque j’ai pris position sur l’identité de genre, qu’il n’y avait pas de failles dans mes arguments et que je pouvais répondre aux critiques et aux questions (ce que les transactivistes pourraient envisager de faire de leur côté…).

Après avoir diffusé ces interviews sur Vancouver Co-Op Radio, certaines femmes du collectif se sont dégonflées et ont décidé que les interviews que j’avais menées en soutien aux espaces dédiés aux femmes ne devaient plus être diffusées. au motif que les opinions exprimées étaient trop « controversées ». J’étais en colère, bien sûr, parce que Sheila et Lee présentaient des arguments importants et intelligents, et parce que je voulais sincèrement couvrir cette question, et non me cacher de la controverse. En raison de mon désaccord et de ma protestation à l’égard de cette décision, j’ai été rapidement privée de tous mes comptes et exclue de ce collectif très féministe, très sorore, entièrement fondé sur le consensus et géré démocratiquement.

C’était pour le mieux en fin de compte, car l’émission de radio que nous faisions n’était pas grand-chose (et incroyablement limitative, en termes de portée, de créativité et d’envergure, grâce à la nature restrictive des collectifs et des personnalités impliquées) et ce conflit m’a poussée à fonder Feminist Current, le site web qui reste le seul site web féministe de ce genre au Canada, malgré le fait que les médias canadiens et la gauche prétendent qu’il n’existe pas ou qu’il s’agit d’un site haineux.

Ce site et mon travail n’ont jamais été incontestés. Dès que j’ai commencé à écrire sur le féminisme, en 2011 environ, j’ai été attaquée par les progressistes et les féministes de la troisième vague, en raison de mes critiques de la « Slutwalk » (défilé des Putes), de la pornographie, du sadomasochisme et de la prostitution. Les défenseurs du « travail du sexe » ont essayé de me faire renvoyer en 2015, en affirmant que j’étais tout ce qu’ils prétendent que les personnes à congédier sont : racistes, putophobes, transphobes, anti-immigrés, intolérantes, etc. etc. etc. Ce n’était pas la première attaque dont je faisais l’objet, mais c’était la plus importante que j’avais vécue à ce jour (d’autres attaques plus graves allaient suivre, bien sûr), et elle a failli me faire craquer.

C’était incroyablement stressant, en partie parce qu’à l’époque, je n’avais pas le droit de parler publiquement de ce qui se passait, de me défendre, de reconnaître ou de remercier mes nombreux soutiens dans le monde entier – les femmes qui ont pris la parole et se sont battues en mon nom. On m’a dit qu’il était de ma responsabilité de protéger mon employeur (rabble.ca), je me suis donc sentie complètement isolée et réduite au silence en attendant que les attaques contre moi cessent, ce qui n’a pas été le cas. Ces attaques se sont plutôt intensifiées jusqu’à ce que mon employeur soit finalement contraint de répondre à la pétition et aux demandes de mon licenciement.

Après que l »on ait passé au peigne fin tout ce que j’avais produit ou écrit pour rabble.ca, j’ai été déclarée innocente et autorisée à garder mon emploi, bien que mes collègues m’aient ostracisée, démolie, m’aient infligé une intimidation passive-agressive, et m’aient essentiellement rendue responsable de leur malaise, puisque leurs alliés gauchistes faisaient fait d’eux des cibles, après avoir réalisé qu’ils ne pouvaient pas m’atteindre – un procès par association. Ils ont fait en sorte qu’il me soit pratiquement impossible de travailler, ont renié leurs promesses et leurs projets concernant mon rôle dans l’organisation, les chroniques que je devais écrire, etc. C’était très désagréable et j’ai été blessée et en colère, d’une manière dont je ne me suis pas remise pendant des années. Il s’agissait de personnes qui avaient été non seulement des collègues, mais aussi des amis – qui m’ont tout simplement exclue et ont décidé de me haïr à l’instigation de leurs cercles sociaux et alliés politiques.

Peu de temps après tout cela, j’ai osé insister sur le fait que les femmes étaient des êtres humains, et non des menstruatrices, dans un article qui a été publié, puis retiré, sans discussion ni explication. Après avoir envoyé de nombreux courriels demandant une explication sur les raisons de cette censure, un collègue rédacteur m’a dit que mon article « contenait du langage transphobe et violait notre politique journalistique », sans toutefois préciser lesquelles de mes paroles étaient « transphobes ». J’ai parcouru la politique de rabble.ca à plusieurs reprises, mais je n’ai rien trouvé qui spécifiait que c’était une violation de la politique que de dire que seules les femmes ont des règles ou accouchent. L’éditeur m’a relancé, affirmant que mon article était « discriminatoire à l’égard des transgenres », en précisant :

« Il est regrettable que vous ne voyiez pas les problèmes liés à l’effacement de l’identité des hommes transgenres dans l’article. Selon notre analyse, l’article nie l’identité sexuée des hommes trans qui ont des règles en laissant entendre que si une personne a des ovaires et un utérus, elle est, en vertu de ces marqueurs biologiques, une femme. Il s’agit d’un argument essentialisant qui réduit l’identité des femmes à la biologie. Dans cette discussion sur les hommes transgenres, lorsque le genre est réduit à la biologie, l’identification de genre des personnes transgenres est rejetée et leur identité se trouve dictée. Le blog oppose les droits des femmes aux droits des trans et l’identité trans est déshumanisée, rejetée et effacée dans le processus. Cela équivaut à l’expression d’idées transphobes, ce qui constitue une violation de notre politique journalistique. C’est pourquoi l’article n’a pas été publié. »

J’ai démissionné en signe de protestation.

C’était en 2016, l’année où le projet de loi C-16, la législation canadienne sur l’identité de genre, a été proposé par le parti libéral fédéral. Heureusement, je n’étais plus redevable aux médias de gauche, et j’étais vraiment indépendante, libre de dire et d’écrire sincèrement sur l’identité de genre. Je veux dire, je l’aurais fait de toute façon, mais on aurait fait pression sur moi pour que je ne le fasse pas, on m’aurait fait sentir que je ternissais la réputation de mes collègues et de la gauche canadienne, et j’aurais certainement été licenciée.

J’ai toujours dit que l’indépendance est une bénédiction, malgré l’insécurité qui y est associée. Je l’ai choisie et je continue à la choisir pour une raison. Cette année-là, j’ai été la seule personne au Canada à publier un article dans les médias grand public critiquant le projet de loi C-16 d’un point de vue féministe. En conséquence, on m’a demandé de témoigner contre le projet de loi au Sénat.

Comme c’était prévisible, le projet de loi a été adopté sans tenir compte des préoccupations très rationnelles exprimées par quelques courageuses personnes, mais au moins, il est consigné que certain-e-s d’entre nous ont résisté.

Depuis lors, je n’ai cessé d’être vilipendée, menacée, harcelée, diffamée, ostracisée, engueulée, blackboulée, abandonnée par mes amis, censurée, bannie des médias sociaux, etc. Tous les événements que j’ai organisés ont fait l’objet de protestations, et de nombreuses manifestations dont j’étais ont été ponctuées de menaces. Je fais l’objet de menaces de mort presque chaque fois que je parle de ce sujet au Canada. Il y a une raison pour laquelle je retiens les services d’un personnel de sécurité privée lors de ces événements, et la raison n’est pas que je suis une prima donna hyperbolique, malgré les ricanements de quelques féministes à mon égard.

J’écris tout cela en partie pour mémoire – pour l’histoire – parce que j’ai tendance à oublier et à me fatiguer de répéter ces détails encore et encore. Mais aussi, je suppose, pour démontrer que les récentes attaques contre Feminist Current et mon doxxing ne sont vraiment pas nouveaux. Tout ceci existe dans un contexte plus large d’attaques contre la liberté d’expression des femmes. Les Suffragettes ont dû se battre pour leur droit de parler et d’être entendues il y a plus d’un siècle, tout comme nous le faisons maintenant. Remettre en question le statu quo accepté n’a jamais été sans risque, que nous luttions contre le commerce du sexe ou l’idéologie de l’identité de genre, et que ce statu quo soit dicté par la droite ou par la gauche. Et si vous attendez que les choses deviennent faciles avant de vous exprimer, vous passez à côté de l’essentiel.

Il n’est jamais facile de se battre et ce ne sera jamais facile. Vous subirez des conséquences. Vous risquez de perdre des amis, d’être congédiée, d’être blessée, menacée, censurée, injuriée, diffamée ou pire encore. Cela a toujours été vrai et le sera toujours. Ce que j’ai vécu n’est pas le pire de ce qu’ont vécu d’innombrables activistes, journalistes ou dissident-e-s à travers l’histoire. Mais c’est une lutte, et cela peut être terrifiant, et c’est une activité risquée. Je ne fais pas cela parce que c’est facile, je le fais parce que c’est la chose juste à faire, et parce qu’apparemment il me manque le gène qui me permet de rester silencieuse face aux mensonges et aux attaques contre nos droits.

Les droits sont une chose pour laquelle nous devrons toujours nous battre – non pas parce que nous sommes ou serons toujours dans un état d’oppression, mais parce que nous pouvons perdre ces droits à tout moment si nous ne sommes pas vigilantes. Et face à une attaque contre nos droits et libertés, sachez que le combat ne sera pas confortable, sûr ou sans risque. Et que si vous souhaitez vous considérer comme faisant partie de ceux qui sont du « bon côté de l’histoire », vous devrez vous battre de toute façon.

Meghan Murphy

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Une réflexion sur “Contre la censure et le cyber-sabotage, la journaliste Meghan Murphy persiste et signe

  1. Merci pour la traduction. Quelques coquilles je crois :
    – « enccore de législation »
    – « Après que l »on ait »
    – « diffusées. au motif »

    On peut lire ça et là que les féministes « radicales (bref les féministes) partageraient leurs idées avec l’extrême droite, concernant le transactivisme. Mais n’est-ce pas exactement la stratégie de diabolisation que les médias vendus aux financiers mettent en œuvre pour salir la gauche ces temps-ci ? Le fameux brun-rouge que tous les libéraux ont à la bouche ? Là encore la méthode est la même. Renvoyer dos à dos l’épouvantail raciste (qui devrait être dissous, mais qui ne l’est pas, car son existence est nécessaire au libéralisme) et les mouvements sociaux.
    Et puis, si on veut regarder les soutiens, allons-y pour tout le monde. Ceux et celles qui pensent que les féministes « radicales » (féministes tout court en réalité) sont assimilables à la droite dure (à tort, car les principes sont opposés), devraient s’intéresser au moins autant à ceux qui partagent leurs idées essentialistes.
    Car qui soutient le mouvement transgenre ? Au hasard, un député LREM (celui qui insulte les féministes, des femmes donc, sur les réseaux sociaux). Faut-il rappeler les faits d’armes de LREM ? Ce vers quoi il nous mène ? LREM est-il un mouvement favorable aux femmes, parti qui a nommé quelqu’un comme Darmanin à un ministère symbolique ?
    Autre soutien des transactivistes, un président états-uniens. Doit-on rappeler là aussi que le système politique états-uniens ne connaît que des nuances de droite, à un Sanders près ?
    Les gouvernements les plus capitalistes (donc prédateurs) du monde, ou certains parmi les plus patriarcaux : l’Iran a admis des hommes transidentifiés dans ses équipes de football, comme une recherche google peut le prouver : l’Iran est-elle actuellement un modèle de féminisme ?
    On pourrait encore parler des soutiens à la GPA, qui trouvent que le transactivisme est une très bonne idée.

    Doit-on encore creuser, en parlant d’Ellen Paige, soutien du mouvement transgenre ? Mais est-elle si sympathique, finalement ? Biden, les patriarcaux iraniens, d’accord, mais la gentille Paige ? Pourtant on peut se rappeler qu’elle avait tourné dans un film, Juno, dont le message était bien au fond qu’une grossesse non désirée doit être menée à terme, parce qu’une IVG est un meurtre (non, bien sûr) : Juno décidait de garder son bébé pour le donner à une famille lambda suite à sa rencontre avec une de ses camarades opposante à l’IVG, postée devant la clinique avec une pancarte. Comme si une grossesse n’était finalement qu’un léger désagrément, surtout chez une collégienne à la croissance non terminée. Et comme si les anti-choix états-uniens limitaient leurs actions à envoyer des petites filles peu menaçantes discuter calmement avec les femmes enceintes.

    C’est un vrai problème de la gauche, ça : partir du principe qu’une idée, dès qu’elle a été formulée par l’extrême droite, est indiscutablement mauvaise. C’est vrai, la plupart du temps. Mais ça ne doit pas être un mantra. Pour la GPA, par exemple, une communiste et une catholique intégriste peuvent se rejoindre, même si la raison pour laquelle elles s’y opposent sont diamétralement opposées.

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