Maintenant que la réforme de la Loi sur la reconnaissance du genre est morte au feuilleton, il est temps que prenne fin ce débat toxique

par Janice Turner, lundi 15 juin 2020,  The Times

Les lobbies trans financés par des fonds publics comme Stonewall s’attendaient à ce que transformer la Loi britannique de 2004 sur la reconnaissance du genre (LRG) pour en faire un système d’« auto-identification » sexuelle passe comme une lettre à la poste.

Ils avaient persuadé la députée conservatrice Maria Miller, alors présidente de la Commission des femmes et de l’égalité des chances de la Chambre des Communes, que le fait de permettre aux hommes biologiques de changer leur certificat de naissance pour faire d’eux des femmes sur la simple foi de leur parole, abolissant ainsi toute expertise médicale, était une simple « formalité administrative » ne concernant que les personnes se disant trans et personne d’autre.

(Comme au Canada à la même époque), la consultation publique menée par Madame Miller en 2016 au sujet d ce projet de réforme de  la LRG a ignoré les arguments des groupes de femmes qui se disaient inquiètes des graves conséquences de l’auto-identification pour les centres d’aide aux victimes de viol, les prisons et les refuges pour femmes.

Le guide politique pour l’introduction de l’auto-identification dans la législation figure dans un document intitulé « Only Adults? » (« Uniquement les adultes? »), publié par le grand cabinet d’avocats Dentons. On y lit que « l’identité de genre demeure un enjeu pour lequel il est plus difficile de gagner l’adhésion du public », et que les militants trans « devraient éviter une couverture et une exposition médiatiques excessives ». Les pays où l’auto-identification a été promulguée, comme l’Irlande, Malte (et le Canada), l’ont fait avec très peu de débats publics.

Ceux qui souhaitaient réformer la LRG ont écrasé toute dissidence. La simple question de savoir comment concilier les droits des transgenres et la protection des femmes a été qualifiée de sectarisme. Au début, peu de gens ont osé prendre la parole. (La plupart des député-e-s n’expriment encore leurs réserves qu’en privé.) Les rares à avoir osé le faire ont eu droit au vitriol misogyne lancé contre l’écrivaine JK Rowling la semaine dernière.

Ainsi, des groupes féministes de base se sont formés pour défendre les droits des femmes, comme le groupe majoritairement de gauche Woman’s Place UK, dont les meetings ont souvent eu droit à un piquetage hostile. Ces féministes ne se préoccupaient pas seulement de l’auto-identification, mais aussi de la prise de contrôle par le lobby trans des politiques adoptées dans des organismes publics, allant du ministère de la Santé (National Health Service) aux écoles. Le lobby Stonewall et d’autres groupes de pression ont conseillé à ces organismes de faire fi de la Loi sur l’égalité de 2010 qui prévoit des exemptions pour certains services non mixtes – dans des endroits comme les refuges, les centres sportifs ou les maisons d’hébergement pour femmes – quand il s’agissait d’un « moyen proportionné pour atteindre un objectif légitime ».

Au lieu de cela, de nouvelles directives adressées aux écoles ont stipulé que les garçons qui s’identifiaient comme filles devaient être autorisés à se doucher avec des élèves de sexe féminin, tandis que les filles qui se sentaient gênées devaient rester à l’extérieur des vestiaires. (Cette directive aux Conseils locaux a depuis été retirée.)

photo Karen White 2 visages

Karen White

La notion que l' »identité de genre » est prioritaire, alors que le sexe biologique n’existe même pas, a influencé la politique pénitentiaire, conduisant à des affaires comme le cas d’un violeur se disant maintenant trans, Karen White, qui a obtenu d’être incarcérée dans un pénitencier réservé aux femmes et y a agressé sexuellement des détenues.

Selon des rapports publiés hier, Liz Truss, la ministre britannique de l’Égalité, a décidé de réinstaurer les protections fondées sur le sexe de la Loi sur l’égalité. Cela mettra fin à la pratique de coller des étiquettes « unisexe » sur les toilettes existantes, ce qui force femmes soit à faire la queue plus longtemps, soit à devoir défiler devant des urinoirs. Dans les écoles, cette politique est détestée par les deux sexes, en particulier par les filles qui commencent à avoir leurs règles. Les féministes ont longtemps soutenu que des espaces neutres en termes de genre devraient être ajoutés aux installations pour les personnes du même sexe lorsque c’est possible, plutôt que de remplacer celles des femmes.

Surtout, il ne s’agit pas d’un « recul » des droits des transgenres, mais d’un rééquilibrage pour prendre en compte les droits des femmes. « La biologie », comme l’a écrit JK Rowling, « est une réalité. » L’immense majorité des personnes trans, qui n’insisteraient jamais pour traiter les femmes de « menstruatrices », l’ont toujours su. Maintenant que la réforme de la LRG est morte au feuilleton, laissons ce débat inutile et toxique prendre fin pour que ces personnes puissent retrouver leur vie.

photo janice turner  Janice Turner

Journaliste primée dans plusieurs médias britanniques, Janice Turner a été la première à questionner sur la place publique le projet de réforme de cette loi, en mettant l’accent sur le vécu des enfants et des femmes confrontées aux menées du lobby transgenriste. Elle a notamment servi de relai au réseau Mumsnet, regroupant des millions de mères britanniques.

 

Version originale: https://www.thetimes.co.uk/article/now-gra-reform-is-dead-let-this-toxic-debate-end-p05mkbjxk?

Traduction: TRADFEM

Tous droits réservés à Janice Turner et au TIMES.

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