Le harcèlement de JK Rowling fait preuve d’une société qui a oublié comment penser

photo sarah ditum

par Sarah Ditum , dans The Telegraph

L’autrice a soulevé des questions importantes et a subi un tir groupé de violence misogyne.

« Qu’est-ce que JK Rowling a fait de mal ? Le monde se divise sur ce point. Pour un groupe, ses péchés sont si évidents que la simple requête d’un complément d’information est hors de question. Ils savent juste que Rowling est « transphobe ».
Pour un autre groupe – plus important, plus calme et plus inquiet de commettre une erreur – il est tout simplement déconcertant que la plus célèbre autrice de livres pour enfants du monde soit condamnée dans des éditoriaux, désavouée par les distributeurs de la série d.oeuvres qu’elle a créée et accusée d’avoir effectivement tué des transsexuels. Ces personnes voient la réaction, et ils voient ce que Rowling a dit, mais ils n’arrivent pas à faire le lien entre les deux.
Le 6 juin, Mme Rowling a tweeté un lien vers un article intitulé « Créer un monde post-Covid-19 plus égalitaire pour les personnes menstruées ». Elle y a joint le commentaire suivant : « ‘Les personnes menstruées’. Je suis certaine qu’il y a déjà existé un nom pour elles. Aidez-moi… les fomes ? les fames ? les fimales ? » Un peu plus tard, elle a poursuivi en écrivant « Je connais et j’aime des personnes trans, mais effacer le concept de sexe enlève à beaucoup de gens la possibilité de discuter de leur vie de manière significative. Ce n’est pas de la haine que de dire la vérité. »
Et à eux deux, ces deux tweets ont mis certaines personnes très en colère. Donc, le 10 juin, Rowling a publié une réflexion personnelle (très personnelle) expliquant pourquoi elle avait écrit cela, alors qu’elle était bien au fait de la nature incendiaire du débat sur le transgenrisme. Elle y explique être une survivante de violences conjugales et d’agressions sexuelles. « Je veux que les femmes trans soient en sécurité. En même temps, je ne veux pas rendre les filles et les femmes natales moins sûres », a-t-elle écrit.
Et en termes clairs et factuels, elle a fait part de ses préoccupations quant à l’ouverture de services réservés aux femmes, comme les refuges, à tout homme qui s’identifie comme femme, et de ses inquiétudes quant à l’augmentation drastique du nombre de filles et de jeunes femmes qui tentent de changer de sexe. Cela a rendu des gens encore plus furieux.
Emma Watson – dont vous vous souvenez peut-être de la campagne #heforshe financée par les Nations unies pour promouvoir l’égalité des sexes (NdT: en tendant la main aux hommes), et du fait qu’elle était terrible en tout – n’a pas non plus mentionné les révélations de Rowling, mais elle a veillé à se dissocier fermement de la femme qui lui a offert sa carrière (avec le rôle d’Hermione dans les films d’Harry Potter).
A few Twitter replies to Rowling
Et ça, c’était le volet acceptable de l’indignation exprimée. Dans le même temps, des milliers et des milliers de tweets misogynes et le plus souvent anonymes ont fait valoir l’opinion selon laquelle Rowling devrait simplement se taire – qu’elle est vieille, desséchée et gênante, et devrait simplement sombrer dans l’oubli comme il sied à toute femme ayant dépassé l’âge où une femme est « sexy et souple ».
Ce qui n’a pas été expliqué, c’est pourquoi le fait de vouloir conserver le bon sens et l’usage généralement accepté du mot « femme » pour désigner une personne de sexe féminin est catégoriquement haineux, ou pourquoi soulever la question de droits concurrents est aussi horrible.
La raison pour laquelle cette explication n’a pas été donnée est qu’elle n’existe pas. Des cas tels que celui du violeur transgenre Karen White (qui a été logée dans une prison pour femmes malgré son anatomie entièrement masculine et y a commis d’autres agressions contre d’autres détenues) montrent que les préoccupations de Rowling ne sont pas seulement intellectuelles. Si vous adoptez le principe de l’auto-identification incontestable – « une femme est toute personne qui se dit femme » – il y aura de nouveaux Karen White.
photo Karen White
Des jeunes femmes qui ont « transitionné » pour vivre comme des hommes et qui se sont ensuite réidentifiées comme femmes dénoncent tout le tort que leur a fait la doctrine de l’identité de genre. Elles doivent être écoutées. Mais si l’affaire Rowling démontre une chose, c’est que cette écoute est impopulaire. 
Certaines personnes semblent si ravies d’avoir l’occasion de dénigrer une femme qui a réussi que tout ce qu’elle a dit peut être joyeusement déformé ou ignoré. D’autres ont tout simplement trop peur pour résister à la tempête, même si elle leur dicte des comportements absurdes (il n’y a rien de moins édifiant dans la vie moderne que de voir des gens apparemment intelligents expliquer sérieusement que le sexe n’est pas réel).
Qu’est-ce que Rowling a fait de mal ? Elle a enfreint un tabou, et les Mangemorts sont sortis des ténèbres. Pourtant, le sexe existe, et c’est une réalité importante. Plus il y aura de personnes prêtes à affirmer cette vérité évidente, moins les forces de l’ordre de la pensée autorisée auront de pouvoir sur nous toustes.

Sarah Ditum

Broderie: Jess de Wahls (https://jessdewahls.com)

Traduction: TRADFEM

Tous droits réservés à Sarah Ditum, Jess de Wahls et à The Telegraph.

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