I’m With The Banned* — Twitter à l’heure du fascisme de genre

Par Roger Dubar, du site Satiria

Roger Dubar, créateur du site Satiria, vient d’être banni à perpétuité de la plate-forme Twitter pour « conduite haineuse ». Des centaines de personnes ont subi le même sort pour avoir exprimé leurs opinions sur le genre. Il avait publié le texte ci-dessous l’été dernier.

Always Report Wrong Opinions

En juillet 2019, j’ai rejoint les centaines de personnes bannies définitivement de Twitter pour la « conduite haineuse » consistant à aborder les sujets du sexe biologique et de la politique genriste.

La plupart de ces personnes interdites et qualifiées d’« haineuses » sont des femmes. Beaucoup sont des féministes progressistes situées politiquement à gauche. Certaines, comme la blogueuse Miranda Yardley, sont elles-mêmes transgenres.

La façon dont cela s’est produit est une triste histoire.

Il y a dix ans, si vous m’aviez dit – à moi ou à n’importe qui de la gauche progressiste – que des expressions aussi simples que « attirance de même sexe », « femmes enceintes » et « protection des enfants » étaient « problématiques », on vous aurait considérée comme sexiste, ou homophobe, ou peut-être même tout à fait folle. On vous aurait accusée d’être alarmiste, de commettre le sophisme de la « pente glissante » et de chercher à inciter aux préjugés contre les personnes dissidentes de genre.

Fast forward jusqu’en 2019, et tout cela est arrivé.

Une nouvelle vision idéologique de l’« identité de genre » est apparue, absolument inédite dans l’histoire. Cette vision soutient que la seule différence entre les hommes et les femmes tient à une autodéclaration d’« identité de genre ». Elle insiste sur le fait que, quel que soit leur sexe biologique, les personnes sont du sexe qu’elles disent être. Elle allègue également que c’est un discours haineux que de même suggérer que personne n’a jamais cru à ces idées auparavant.

Bien sûr, de nombreuses cultures reconnaissent la non-conformité de genre. Certaines reconnaissent trois « genres » ou plus. Mais aucune n’a jamais cru qu’un homme qui dit être une femme est réellement une femme. Pourquoi croirait-on quelque chose d’aussi absurde ? Chez plus de 99 % des êtres humains, le sexe ne présente aucune ambiguïté. L’intersexualité est une catégorie à part, sans rapport avec les nouvelles prétentions selon lesquelles la chirurgie ou les hormones — ou, de façon encore plus absurde, une simple déclaration personnelle — peuvent transformer le sexe biologique d’une personne.

Vous pouvez bien sûr ne pas être d’accord avec moi sur ce point. Vous pouvez croire que le sexe biologique n’est pas plus scientifique que le fait que la terre soit ronde, que le changement climatique soit réel, que les vaccins soient efficaces ou que la gravité soit une propriété de la masse.

Ou vous pouvez soutenir que le sexe devrait être redéfini pour être plus inclusif, de sorte que la phrase « les transfemmes sont des femmes » ne soit plus seulement un slogan, mais devienne au contraire contraignante sur le plan juridique.

C’est ce que font de nombreuses organisations progressistes, dont Amnesty International, le lobby britannique Stonewall et l’American Civil Liberties Union (ACLU), et c’est ce que les transactivistes cherchent à imposer au sein des législations nationales et internationales.

C’est notamment ce qu’affirme le transactiviste canadien Morgane Oger :

    « Les transfemmes sont des femmes, comme le sont les femmes de grande taille ou les femmes francophones, et tout le monde a droit à un traitement égal en vertu de notre loi… Ces faits sont contraignants, mais ils doivent encore être défendus, car les normes culturelles ne se sont pas complètement adaptées. » [TRADUCTION] (The Globe and Mail)

Morgane croit peut-être cela, mais c’est faux. Le sexe biologique a des implications dans le monde réel — en médecine, dans le sport féminin, dans les prisons pour femmes, dans les rapports statistiques, en criminologie, dans l’attirance sexuelle et dans bien d’autres domaines. Le sexe demeure une caractéristique protégée dans les lois sur les droits de la personne, malgré les efforts acharnés de certains transactivistes pour modifier cet état de choses. Élargir la définition du mot « femmes » pour y inclure les hommes enlève toutè signification à ce mot.

Paradoxalement, les transactivistes, qui prétendent que le critère du sexe réduit la condition féminine à une affaire de « biologie », veulent, pour leur part, qu’être une femme se réduise à une conviction personnelle.

Vous n’êtes pas d’accord avec moi ? Très bien. Préconisez de changer le sens des mots si vous y tenez. Soutenez que la définition du terme « homosexuel » devrait être changée d’« attirance pour le même sexe » à « attirance pour le même genre ». Prétendez qu’il est offensant de parler de « femmes enceintes » pour plutôt imposer « personnes enceintes ». Qualifiez de « transphobe » une chanson comme « Walk on the Wild Side » de Lou Reed ou toute autre œuvre contestataire du genre, sous prétexte qu’elle ne respectait pas les exigences de l’idéologie genriste version 2019.

Je pense que tout cela est dingue. Je ne pense pas que cela aide du tout les personnes trans ou dissidentes de genre. Ce qui est encore plus dingue, c’est l’idée que quiconque ne se conforme pas aux nouvelles exigences de ces transactivistes est « haineux », ou « fasciste », ou « transphobe ».

Nous ne pouvons pas contester le sexisme si nous prétendons que le sexe n’existe pas, pas plus que nous ne pouvons contester le racisme en faisant comme si la race n’existait pas à nos yeux.

Affirmer que la société doit nier le sexe biologique pour des raisons politiques ou sociologiques, c’est soumettre la science à l’idéologie. C’est ridicule. C’est ce que l’Union soviétique a fait avec son endossement désastreux de la thèse de Lyssenko, des années 20 jusqu’aux années 60.

Pire encore, le déni actuel conduit à la situation insensée où les enfants sont autorisés à croire qu’ils et elles peuvent changer de , et que toute personne ayant une opinion même légèrement différente déteste ces jeunes et mérite d’être ostracisée et agressée.

La haine ouverte envers les femmes qui refusent de se conformer aux exigences de l’idéologie transactiviste est en train de se généraliser ; elle est même considérée comme « progressiste ». L’expression code « TERF », qui signifiait à l’origine « féministe radicale exclusive des trans » désigne désormais toute personne ayant une opinion « erronée » sur le genre. Ce terme est devenu une autorisation de répandre la haine la plus extraordinaire à l’égard de toute personne s’exprimant en faveur des droits des femmes ou de la liberté d’expression, deux notions désormais décrétées « transphobes ».

J’ai commencé à m’intéresser à tout cela il y a quelques années, lorsque j’ai décrit sur Facebook mon propre vécu d’une jeunesse non conforme aux règles du genre. Un adolescent trans m’a alors intimé en ligne d’aller me tuer en ajoutant qu’iel avait bien hâte que tous les « TERF » soient morts.

Ce niveau de haine déjantée venant de prétendus progressistes, ainsi que des épisodes comme l’ambivalence de la gauche face à l’assassinat de l’équipe du magazine satirique Charlie Hebdo (que d’aucuns présentent comme l’ayant cherché) m’ont amené à lancer le site humoristique Satiria comme exutoire créatif.

Décrit de-ci de-là comme « médiocre », « audacieux », « mal photoshoppé » et « très drôle », Satiria a crû lentement sans grand incident, offensant la droite et la gauche avec le même enthousiasme. Les fondamentalistes islamiques et les végétaliens se plaignaient parfois de certaines plaisanteries, mais ils me laissaient tranquille pour le reste.

Tout cela a changé lorsque Satiria a commencé à se moquer de l’intolérance absurde endémique à l’idéologie genriste et de son encouragement à la haine et à la violence visant les femmes non conformistes. On s’est soudainement mis à me dénoncer en masse et répétitivement. J’ai ainsi subi une succession de bannissements de 30 jours sur Facebook, parfois pour des messages datant de plusieurs mois.

Finalement, j’ai réussi à entrer en contact avec Facebook, et leur ai présenté des preuves que leurs règles de modération étaient manipulées pour écarter non seulement moi, mais aussi d’autres pages satiriques de leur plateforme.

Je n’ai pas reçu de réponse officielle, mais mon bannissement a été discrètement annulé, mon « compteur de visionnements » (ou quel que soit le nom qu’ils lui donnent) a été remis à zéro et ma page a été remise en ligne.

Cela n’a pas été le cas avec le réseau Twitter, où Satiria existe toujours sous une forme apparemment étouffée. Sur cette plate-forme, les discussions sur la réalité biologique ont conduit à des interdictions permanentes pour moi-même et pour beaucoup d’autres — qui sont surtout des femmes.

Voici ce que m’a écrit Twitter, en citant ses Règles et politiques :

    « Vous ne devez pas directement attaquer ni menacer d’autres personnes, ni inciter à la violence envers elles en vous fondant sur la race, l’origine ethnique, la nationalité, l’orientation sexuelle, le sexe, l’identité sexuelle, l’appartenance religieuse, l’âge, le handicap ou toute maladie grave. »

Aucun de mes tweets n’a jamais attaqué qui que ce soit, bien qu’ils aient critiqué la toute nouvelle interprétation de l’idéologie genriste pour laquelle parler de la réalité biologique équivaut à un propos haineux.

Il est à noter que la caractéristique protégée du « sexe » n’est pas mentionnée dans les règles et politiques de Twitter. En revanche, agresser des femmes sur la base de leur biologie est, apparemment, acceptable.

Twitter a adopté la position idéologique selon laquelle « les transfemmes sont des femmes », et il semble vouloir la faire respecter, quoi que cela implique.

Cette nouvelle intolérance envers l’histoire, la raison et le débat n’est pas surgie de nulle part. Elle s’est développée depuis un certain temps. Comme le précise la psychologue sociale Dina McMillan, « Au cours de la récente décennie… l’endoctrinement [idéologique] est devenu brutal. Le simple fait de remettre en question toute idée promue par la Gauche progressiste entraîne diffamation, intimidation et ostracisme. Au moment où les Trans sont apparus sous les projecteurs, ces personnes avaient été formées à accepter littéralement n’importe quoi. »

Aujourd’hui, toute personne de gauche, même avec de longs antécédents de militantisme LGBT, est rejetée comme « intolérante » et comme membre de la mouvance « alt-right » si elle ose reconnaître que les êtres humains sont une espèce sexuellement dimorphe et que, faute de ce dimorphisme, la notion de « trans » n’a elle-même aucun sens rationnel.

Twitter sait ce qu’il fait. Il cherche à contrôler le langage de la discussion, et donc à contrôler ce que ses utilisateurs et utilisatrices ont le droit de penser. Comme le dit la militante Posie Parker, elle aussi interdite de Twitter: « Seules les femmes qui pratiquent l’autocensure sont encore sur Twitter. »

Bien sûr, ce n’est pas seulement Twitter qui est engagé dans ces tentatives orwelliennes et kafkaïennes de contrôle de la pensée. Chacun des grands partis politiques de gauche, ainsi que des organisations comme Stonewall, Amnesty International, l’ACLU et bien d’autres groupes de premier plan ont été capturées dans ce qui semble être un coup d’État idéologique, où sont qualifiées d’« offensantes » les assertions que les femmes ont besoin de mesures de protection et de non-mixité et que les lesbiennes n’ont pas de pénis. Twitter n’est qu’un exemple de cette fantasmagorie sexiste et homophobe.

En mai 2019, le groupe Fair Play For Women a écrit à la directrice générale de Twitter, Martha Lane Fox, pour l’aviser que son entreprise autorisait « une attaque concertée contre la liberté d’expression des femmes ».

Selon la BBC, « Twitter a déclaré que ses règles sont appliquées de manière égale pour tous les utilisateurs, quels que soient leurs commentaires. »

Mais c’est un fait que les règles de Twitter ne sont pas appliquées de la même manière.

Un de ses utilisateurs de longue date Twitter, @TrustedNerd, maintenant débusqué comme étant Jessica Yaniv, a poussé à la faillite plusieurs Canadiennes issues de minorités ethniques et en poursuit des dizaines d’autres par le biais du système du Tribunal des droits de l’homme du Canada. Dans ses échanges en ligne, Yaniv se vante d’avoir fait chasser de Twitter des centaines de femmes.

Muscato tweet

Les attaques de Jessica contre la race et l’identité de genre des autres sont, apparemment, acceptables. Cependant, toute personne signalant le véritable sexe de Jessica est sujette à une interdiction permanente de Twitter, comme l’a découvert Meghan Murphy, militante canadienne et fondatrice du site Feminist Current.

Il y a aussi l’experte mondiale en équité dans le sport @RachelvMckinnon qui, bien qu’elle ait tweeté qu’elle voulait que les « personnes cisgenres » « meurent dans un feu de graisse », est autorisée à rester sur Twitter.

 

McKinnon grease fire

De plus, Twitter permet le maintien de comptes qui remettent régulièrement en question l’identité sexuelle des autres. Considérez cet échange de tweets entre l’éminent transsexuel @BuckAngel et le compte toujours actif @TwinkBackup :

Buck Angel tweet

Ce qui est appliqué sur Twitter est une vision étriquée de ce que quiconque, y compris des trans, est autorisé à croire sur le fait d’être trans ; et toute insistance sur des opinions dissidentes est qualifiée de « conduite haineuse ».

Il est assez mystérieux qu’une entreprise multimilliardaire comme Twitter se sente capable de diffamer des milliers de personnes — s’exposant potentiellement à des millions de dollars de responsabilité, et misant sur une version étriquée d’une idéologie genriste, téléguidée par la théorie queer, qui n’a jamais eu d’ancrage dans l’histoire de l’humanité.

Comme le montre la levée de mon bannissement de Facebook, il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Quelqu’un sur Facebook est à l’écoute. Ces personnes réalisent certainement qu’il y a des limites à ce qu’ils peuvent faire pour entraver la liberté d’expression, passer outre à la réalité biologique et aliéner leur base d’utilisateurs qui, dans l’ensemble, sont parfaitement ignorants de ce délire politiquement correct.

Twitter répondra-t-il ? Certaines « interdictions permanentes » importantes ont été annulées. Mais la plupart demeurent en place.

Nous restons, en 2019, face à l’absurde réalité que l’une des plus grandes plateformes de communication et de connaissance de l’histoire de l’humanité a choisi d’être redevable à une idéologie fondamentaliste qui cherche à interdire aux trans de reconnaître leur propre sexe biologique.

Je ne sais vraiment pas ce que les actionnaires et les assureurs de Twitter en pensent.

Twitter veut-il vraiment que toute reconnaissance de la réalité biologique contrevienne à ses conditions de service ?

Comme nous l’a appris le célèbre documentaire Jurassic Park, « la vie trouve toujours un chemin ».

Roger Dubar

logo satiria

 

Version originale : https://uncommongroundmedia.com/im-with-the-banned-twitter-in-the-time-of-gender-fascism/

Traduction : TRADFEM avec l’accord de l’auteur. Tous droits réservés à Roger Dubar.

Satiria est sur Facebook et Twitter.

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*I’m With The Banned: Jeu de mots intraduisible signifiant à la fois « Je suis solidaire des personnes bannies » et « Je fais partie de l’orchestre »…)

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