Le gouvernement Trudeau refuse de divulguer les données de recherche sur l’identité de genre. Pourquoi ?

par Libby Emmons, The Millenial-Post, 24 février 2020

Lors de l’adoption du projet de loi canadien C-16 en 2017, une foule de femmes ont tiré la sonnette d’alarme au sujet d’un texte qui allait transformer la Loi canadienne sur les droits de la personne et le Code Criminel pour y ajouter l’interdiction des propos haineux concernant l’identité de genre et l’expression de genre. Les inquiétudes exprimées tenaient à ce que ces protections relatives à l’identité de genre auraient préséance sur les protections accordées aux femmes. Malgré la promesse qu’un rapport d’analyse comparative entre les sexes (ACS) serait publié au sujet de cette loi, il n’a pas été divulgué. Cela déplaît à madame Jennifer Joseph, qui a adressé au gouvernement canadien une pétition officielle pour que ce rapport soit rendu public.

Tweet de @BenjaminABoyce

Pourquoi le gouvernement canadien cache-t-il des rapports de résultats sexospécifiques pour le projet de loi C-16 ? @JenniferAnne_s nous fait part des difficultés rencontrées pour tenir la promesse de transparence du Canada (et de la façon dont elle a besoin de votre aide) : https://youtu.be/nTHvcSywPZc

La pétition de Madame Joseph se lit: « Nous, les soussignés, citoyens du Canada, demandons à Candice Bergen d’exiger que le rapport d’analyse comparative entre les sexes soit rendu public et que Statistique Canada explique sa méthode d’analyse ou en publie les résultats. »

 

Les femmes qui ont exprimé leurs préoccupations en 2017 n’ont pas été écoutées et ont été accusées de propos haineux transphobes pour s’être inquiétées du projet de loi C-16. Pourtant, une grande partie de ce qu’elles avaient prédit s’est déjà réalisée. Les femmes qui s’élèvent contre la présence de personnes de sexe masculin dans les espaces dédiés aux femmes sont traitées de tous les noms, ostracisées et exclues elles-mêmes de ces lieux.

 

Par exemple, en 2018, madame Kristi Hanna a quitté un refuge de Toronto pour femmes battues plutôt que de devoir partager une chambre avec un homme s’identifiant comme trans. Le personnel n’a pas tenu compte de ses protestations. En Colombie-Britannique, l’organisme Vancouver Rape Relief, le plus ancien centre d’aide aux victimes de viol au Canada, s’est vu refuser un financement par l’administration municipale, faute d’être jugé suffisamment ouvert aux transgenres de sexe masculin. Une plainte pour atteinte aux droits de l’homme avait été déposée contre le centre par Kimberly Nixon en 1995 pour avoir refusé à celle-ci, née de sexe masculin, une formation à offrir des services-conseils à d’autres femmes. VRR a estimé que Nixon ne pouvait devenir un conseiller pour d’autres femmes, faute d’être elle-même née femme. Un centre d’aide aux victimes de viol ne voulait pas que des femmes ayant été violées soient forcées d’être conseillées par un homme, et il a, pour cette raison, perdu tout son financement.

Le cas de Jessica Yaniv, qui a porté de multiples plaintes devant le Tribunal des droits de l’homme de la Colombie-Britannique, en accusant les femmes de haine pour ne pas vouloir épiler ses organes génitaux masculins, montre à quel point tout ce dossier a sombré dans l’absurde. Les droits des femmes à déterminer le travail qu’elles feraient chez elles, en privé, ont été remis en question en vertu du projet de loi C16.

La pétition déposée à Ottawa indique que les services de police de tout le Canada n’enregistrent plus le sexe des présumés délinquants, « mais plutôt le sexe selon lequel ils s’identifient ». On prétend que le sexe d’une personne est une question trop personnelle et n’est pas pertinente pour la poursuite d’un crime commis. Il est raisonnable de considérer que ce changement vise à éviter d’enfreindre la nouvelle législation sur les droits de la personne. Les problèmes suscités par cette nouvelle pratique sont notamment de jeter la confusion dans les statistiques de criminalité, qui enregistrent depuis comme crimes de femmes les crimes commis par des personnes de sexe masculin dès qu’elles s’identifient comme femmes.

   Tweet de Jennifer Walters @JWaltersFemale

    Statistique Canada n’enregistre plus les données selon le sexe mais selon l’identité sexuelle. Les données sur le financement des espaces pour femmes sont basées sur des faits. Je m’occupe de personnes qui souffrent de confusion grave et je m’assure que leurs droits sont protégés et le projet de loi C-16 a sérieusement gâché tout cela.  Êtes-vous réellement sur le terrain ?

Le projet de loi interfère également avec les droits parentaux, en obligeant les parents à se conformer aux idées de leurs enfants mineurs quant à des altérations médicales à apporter à leur corps sain.

Tweet de James Shupe (anciennement Jamie Shupe) @NotableDesister

« Depuis 11 mois, Robert Hoogland, un père de famille de Surrey, en Colombie britannique, a été contraint de regarder sa fille de 14 ans être « détruite et stérilisée » par des injections de testostérone ordonnées par le tribunal. » https://thefederalist.com/2020/02/21/heartbroken-dad-of-trans-teen-breaks-gag-to-beg-for-end-of-state-sponsored-child-abuse/

Le père d’une adolescente transsexuelle demande la fin de « sévices infligés aux enfants par l’État ».
photo père et trans

« J’avais un enfant en parfaite santé il y a un an, et cet enfant en parfaite santé a été altéré et détruit sans raison valable », déclare Rob Hoogland.

Le principal problème suscité par le projet de loi C-16 est peut-être celui qui est le plus sommairement écarté par les transactivistes. Le projet de loi C-16 cherche à réécrire les mesures de protection dues aux femmes en en supprimant la définition même du mot « femme ». C’est ce refus d’une définition biologique du mot « femme » qui a conduit à la mise en accusation de femmes pour violation de droits de la personne lorsque celles-ci définissent ce mot comme exclusif des personnes nées de sexe masculin.

 

Le projet de loi C-16 crée des classes protégées aux motifs de « l’identité de genre » et de « l’expression de genre », des termes qui n’ont pas de définition juridique. Ce projet modifie de facto le sens du mot « femme » pour en faire « quoi que ce soit que ressent » n’importe qui. En substance, cela signifie qu’une personne qui s’habille de façon féminine stéréotypée peut se prétendre femme et gagner l’accès à ces mesures de protection, qu’il s’agisse de refuges pour femmes violentées, de centres d’aide aux victimes de viol, de prisons pour femmes et de salles d’hôpital précédemment dédiées et conçues pour les soins délivrés aux femmes.

 

Ces mesures sont adoptées comme autant de gestes de compassion envers la personne qui s’identifie davantage aux stéréotypes associés au sexe opposé qu’au sien. Mais ce faisant, elles n’offrent aucune considération aux femmes qui ont besoin d’espaces et de mesures de protection dont n’ont pas besoin les personnes de sexe masculin, quels que soient leurs choix mode. Cette pétition exige la réparation de ces griefs en faisant publier l’évaluation des répercussions prévues de la loi C-16. Elle est ouverte aux signatures jusqu’au mois d’avril.

Site de la pétition: https://petitions.noscommunes.ca/fr/Petition/Details?Petition=e-2289 

photo Libby Emmons
Libby Emmons

 

Traduction : TRADFEM

Version originale : https://www.thepostmillennial.com/the-trudeau-government-wont-release-information-gender-research-why/

Tous droits réservés à Libby Emmons et au Post-Millenial.

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