Daisy Haynes pète une soupape

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Savez-vous ce qui me gave le plus ? Qu’il ait fallu attendre les années 90 pour que le viol conjugal soit reconnu et interdit légalement ! Aujourd’hui encore, les femmes doivent continuer à se battre pour leur droit au contrôle de leur procréation. Nous aimons penser que nous sommes en sécurité au Royaume-Uni, mais nous sommes à un simple coup de crayon d’une perte victorienne de tous nos droits.

Nous avons écrit des études et des articles par milliers. Nous avons parlé dans les écoles et à la télévision. Nous avons fait face à des critiques de toutes parts, et d’éminentes féministes ont été harcelées de menaces de mort et de viol pour avoir parlé de violence conjugale ou de prostitution. Du côté des Étasuniennes, on vient de faire reculer les droits des femmes de cinquante ans en restreignant la définition de la violence conjugale.

Ce n’est que depuis quelques années que le contrôle coercitif a été reconnu dans la législation britannique. Les femmes ont été jetées dans des asiles et ont subi des dommages irréparables au cerveau pour les soumettre quand elles osaient se plaindre de leur traitement, ou simplement parce que leur mari voulait se remarier. Aujourd’hui encore, lorsqu’une femme quitte un agresseur ou un coureur de jupons, elle est étiquetée de folle, psychotique, hystérique. La loi a évolué, mais sur le plan social ? Rien n’a changé.

Nous sommes violées dans nos lits conjugaux par des hommes qui nous harcèlent tant que nous ne cédons pas. Nous sommes contrôlées financièrement, et les tribunaux sont utilisés pour nous faire obéir, de peur de perdre nos enfants au profit d’hommes violents.

On a dénoncé cette merde sur tous les toits. Nous avons produit des documents et nous avons construit des refuges à partir de rien, afin de pouvoir offrir un répit aux victimes collatérales de la société patriarcale. Nous avons léché nos blessures et nous avons essayé, parfois désespérément, d’ouvrir des espaces dans la société ou discuter de ce qui catalysait notre souffrance.

Les femmes demeurent un bien public, et nous n’avons toujours pas le droit de désigner le problème : la violence masculine. On nous demande encore de justifier sans cesse nos revendications. Les critiques du féminisme ont inventé des explications pour chaque aspect de l’oppression des femmes, et l’ont justifiée dans tous les médias populaires. « Oui, peut-être qu’elle a été violée, mais que portait-elle ? » « Je veux dire, d’accord, la violence conjugale est répandue, mais il faut reconnaître que les femmes sont crampon, n’est-ce pas ? » « En plus, les femmes violentent également les hommes — pourquoi ne pas en parler ? »

Ensuite, un groupe de mecs en robe a dit : « Nous sommes les plus opprimées du monde entier, lisez ce que dit notre sondage maison » et la gauche collective est tombée à genoux.

Personne n’a remis en question ces balivernes.

Je demande juste le même niveau d’esprit critique. Parce que si quelqu’un prenait la peine de les vérifier, il ou elle réaliserait vite que ces statistiques sont complètement bidon.

  • Suicide : Le sondage était composé de participant•e•s autosélectionnés chez qui on n’a fait aucun contrôle de comorbidité, et comprenait de l’idéation suicidaire, soit la simple présence d’idées de suicide. Qui parmi vous n’a jamais pensé à se suicider ?
  • Violence : les hommes sont les personnes les plus à risque de violences, mais de la part d’autres hommes. Le fait de porter une robe et une mauvaise perruque ne change rien à cela.
  • Meurtre : en réalité, les femmes trans tuent plus souvent qu’elles ne sont tuées. Violence sexuelle : la plupart des femmes trans qui subissent de la violence sexuelle sont également prostituées. Il est fallacieux de comparer ces statistiques à celles qui décrivent la situation quotidienne des femmes. Comparez-les plutôt à celles des femmes prostituées. Rappelez-vous qu’une corrélation n’équivaut pas à une causalité, et que le fait qu’une personne soit transgenre ne signifie pas qu’elle est attaquée À CAUSE de son statut transgenre.

On m’a affirmé que les statistiques sur les meurtres sont biaisées parce que le fait que des gens ne soient pas « visibles » en tant que trans explique leur absence dans les données. Vous rendez-vous compte d’à quel point cet argument est ridicule ? Si personne ne sait que ces personnes sont trans, comment diable peuvent-elles être assassinées parce qu’elles sont trans ?

Savez-vous comment je sais que ces gens sont des hommes ? Parce qu’ils n’ont eu qu’à prendre la parole pour être crus.

photo Daisy HaynesDaisy Haynes

Traduction: TRADFEM, avec l’accord de l’autrice.

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