Meghan Murphy – « L’idéologie trans est une menace pour la condition féminine »

Nier le sexe biologique sape le fondement même du féminisme.

Par Meghan Murphy, 6 décembre 2019, sur le site Spiked-Online

 

Le samedi 2 novembre, quelques dizaines de manifestant-e-s se sont rassemblés devant l’hôtel Pan Pacific à Vancouver en scandant le slogan « No TERFS, No KKK, No fascists ». Une jeune femme blanche tenait une pancarte où l’on pouvait lire : « Le féminisme blanc, c’est de la merde ! »  Une autre femme, tout aussi blanche, brandissait une guillotine en carton décorée des mots : « Amenez-vous, les TERFs ! » Cette courageuse jeune personne portait un masque de ski pour la protéger de toute responsabilité. Les personnes menacées, bien sûr, ne disposent pas du même privilège.

On pourrait présumer que ces Vancouverois-es rageurs protestaient contre une sorte de nazis ou de suprématistes blancs qui auraient menacé d’exterminer des populations entières. Mais non, ces bonnes gens étaient sorties un samedi soir avec leurs mégaphones et des sirènes assourdissantes, pour scander : « Hey, hey, ho, ho, dehors la racaille nazie ! », parce que 300 personnes étaient à l’intérieur pour entendre un panel discuter des préjugés médiatiques dans le débat sur l’identité sexuelle. À dire vrai, je dois le préciser c’est moi, l’une des oratrices invitées, qui était le principal objet de leur furie, car je continue d’oser insister sur le fait que les femmes sont des femmes et que nos droits ont de l’importance.

Le problème tenait aussi au fait que nous discutions de l’identité de genre de façon critique plutôt que festive : une conversation que la gauche a décrétée réglée et intouchable. Il vous faut répéter ad nauseam le mantra « Les transfemmes sont des femmes » et, lorsqu’on vous demande « Qu’est-ce qu’une femme ? » ou « Comment passe-t-on du statut d’homme à celui de femme ? », soit vous répondez en hurlant au « nazisme ! », soit vous êtes un vecteur de haine blasphématoire qui ne mérite rien de moins que le mur des tortures (NDT : référence au roman « La Servante écarlate »).

Cet événement de Vancouver était le troisième d’une série organisée principalement par deux femmes — Amy Hamm et Holly Stamer. Elles n’ont pas d’antécédents militants particuliers et voulaient simplement tenir une conversation au Canada sur la question de l’identité sexuelle et des droits des femmes. Le premier événement qu’elles ont organisé fut un panel auquel j’ai participé avec Lee Lakeman, militante féministe de longue date et membre aujourd’hui retraitée de la collective Vancouver Rape Relief, et Fay Blaney, une féministe autochtone qui lutte des décennies contre la violence faite aux femmes et aux filles autochtones du Canada. Ce panel lui-même n’a pas tant porté sur l’identité transgenre que sur l’histoire du mouvement féministe et l’importance de droits des femmes fondés sur leur sexe. Néanmoins, de nombreux militants ont multiplié les pressions sur notre hôte, la Bibliothèque publique de Vancouver, pour qu’elle annule notre réservation. Ils ont prétendu que nous avions l’intention de « tenir des propos haineux » et que nous voulions « effacer l’existence des personnes transgenres ». Je suis moi-même régulièrement accusée de « porter préjudice » aux transgenres et d’« inciter à la discrimination et la haine » à leur égard.

C’est bien sûr ridicule, et il est clair que bon nombre des activistes qui portent ces accusations le savent, car si vous en demandez la preuve, on va faire comme si vous n’existiez pas ou vous dire d’« aller parfaire votre éducation ! ».

Le point essentiel de mon argument, pour les non-initiés, est le suivant : les hommes biologiques ne peuvent pas devenir des femmes. Non seulement est-il impossible de changer de sexe, mais il n’y a aucune raison de le faire. C’est OK d’être un homme, et c’est OK d’être une femme. Personne n’est jamais « né dans le mauvais corps » — vous êtes simplement né dans un corps, que vous l’aimiez ou non. Même si je me sens (et me comporte) comme une personne de 25 ans, mon corps proteste, et aucune insistance de ma part ne peut changer cela. Quand mon ex-copain était enfant, il maintenait qu’il allait devenir un éléphant plus tard, mais ses parents l’ont cruellement privé d’une trompoplastie. J’ignore pourquoi des gens croient que le sexe est la seule réalité matérielle que l’on puisse chasser par l’imagination, mais je soupçonne que cela a quelque chose à voir avec Judith Butler.

L’un des problèmes de ce débat est que les gens ont tendance à confondre le sexe avec le « genre » et à utiliser ces termes indifféremment. Pour parler clairement, le « sexe » ne réfère qu’à la BIOLOGIE alors que le « genre » désigne les stéréotypes imposés ou prêtés aux personnes en fonction de leur sexe. Par exemple, on suppose que les femmes sont plus passives, émotionnelles et irrationnelles que les hommes, et qu’elles préfèrent les robes aux pantalons et les escarpins douloureux aux chaussures confortables. Nous sommes aussi, croit-on, fondamentalement attirées par le repassage et le magasinage, et nous aimons nous draper sur les capots des véhicules de luxe, de préférence le corps mouillé et enduit de savon. Les hommes, par comparaison, sont censés être plus rationnels, moins émotifs et plus assertifs que les femmes, et aimer les vêtements pratiques et confortables dans lesquels ils peuvent se pencher, marcher et s’asseoir. On croit qu’ils sont naturellement enclins aux jeux comprenant le lancer et l’attraper de balles, qu’ils ne peuvent cuisiner que sur des barbecues et qu’ils naissent avec un désordre neurologique qui les empêche de faire des plans à l’avance.

Ceux d’entre nous qui sont des hommes ou des femmes, ou qui connaissent d’autres hommes et femmes, sont conscients que ces stéréotypes ne sont pas universellement vrais. J’adore porter des chaussures dans lesquelles je peux marcher, par exemple, et j’ai rencontré plusieurs hommes qui éprouvent des émotions.

Tu peux naître mâle et choisir de te maquiller et de porter des robes, si tu le veux. Tu peux, bien sûr, rejeter des stéréotypes liés à la masculinité en faisant, par exemple, la vaisselle ou en riant à des blagues qui n’ont rien de comique. Mais ça ne fait pas de toi une femme.

Cela ne devrait pas être une affirmation controversée. En fait, cela ne devrait même être une chose qu’il faut préciser. Mais les dieux nous jouent un tour — je suppose que c’est pour punir l’humanité d’avoir inventé le monocycle et le genre de personnes qui l’utilisent — mais il est maintenant « controversé » de dire que seules les femmes peuvent porter des enfants et que le pénis est un organe sexuel masculin.

Le mois dernier, le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique (BCHRT) a désavoué un homme ayant déposé 15 plaintes de discrimination contre des esthéticiennes de Vancouver qui avaient refusé de lui fournir des services d’épilation du scrotum à la cire. Jessica Yaniv (né Jonathan) avait contacté ces femmes via Facebook, en prétendant être une femme, et en demandant, dans la plupart des cas, une « épilation du maillot ». En découvrant que leur éventuel client était en fait un homme et que, par conséquent, on leur demandait de manipuler et d’épiler les parties génitales d’un homme, ces esthéticiennes ont rejeté sa requête. Yaniv a prétendu qu’il s’agissait là d’une discrimination fondée sur l’identité sexuelle, étant donné qu’il s’identifiait comme femme.

Le BCHRT a déterminé que Yaniv exploitait l’idéologie de l’identité de genre dans une tentative d’extorquer de l’argent à ces femmes (NDT – pour accepter de retirer sa plainte), et qu’il avait délibérément ciblé des femmes immigrantes, car il s’est avéré qu’il entretenait une haine raciste envers « les immigrants », mais aussi parce qu’il savait que ces femmes seraient des cibles faciles, du fait de se sentir vulnérables aux pressions et de manquer de soutien social et juridique). Et le dossier a été rejeté.
C’est un soulagement, bien sûr. Les femmes ciblées par Yaniv ont énormément souffert à cause de ses plaintes — le processus a été incroyablement stressant pour elles et leurs familles ; elles ont perdu des revenus et l’une d’entre elles s’est vue forcée de fermer son entreprise de ce fait. Mais c’est le fait qu’un tel recours ait pu avoir lieu qui est le plus troublant. Comment en sommes-nous arrivés à un point où un homme se sent en droit d’exiger que des femmes manipulent ses parties génitales, sous prétexte qu’il est « une femme » ?

Bien que de nombreux militants transgenres aient prétendu que Yaniv n’est pas représentatif, qu’il ne devrait pas servir d’exemple pour démontrer les dangers de l’idéologie de l’identité sexuelle, il en est en fait le parfait exemple. C’est précisément ce scénario dont avaient prévenu la société celles et ceux d’entre nous qui ont essayé d’obtenir un examen critique des impacts sur les femmes de l’activisme transgenre et de la législation sur l’identité sexuelle. Nous avons dit que si n’importe quel homme pouvait prétendre être une femme, alors les femmes n’auraient plus le droit d’avoir des limites. Elles ne pourront plus dire : « Non, vous ne pouvez pas entrer dans notre vestiaire » ; « Non, vous ne pouvez pas vous installer dans ce refuge pour femmes » ; « Non, vous ne pouvez pas être transféré dans une prison pour femmes » ; ou « Non, je ne toucherai pas votre scrotum “féminin”. »

Si ce mot, si insaisissable, de « femme », ne veut rien dire, alors que signifie votre insistance à prétendre en être une ?

De plus, ce que des femmes comme moi ont dit, c’est que les droits des femmes ne peuvent exister du tout en l’absence de définition de ce qu’est une femme. Ma réponse la plus fréquente à ceux qui me disent : « Les transfemmes sont des femmes » est : « Qu’est-ce qu’une femme, alors ? »

La définition de longue date du mot « femme » est « un être adulte de sexe féminin ». Si une femme n’est plus une femme biologique, mais un homme qui aimerait être considéré comme une femme – par désir, j’imagine, d’être traité comme un harceleur insupportable chaque fois qu’il essaie de discuter de ce qui est important à ses yeux – alors qu’est-ce qu’une femme ? Que veut dire ce mot ? Et si le mot « femme » est devenu si compliqué, si changeant et impossible à définir, alors à quoi bon l’avoir ? Si ce mot si insaisissable de « femme » ne veut rien dire, alors que signifie votre insistance à prétendre en être une ? Pourquoi vous dissoudre dans une violente colère lorsqu’on vous appelle « monsieur » au lieu de « madame », si ces mots sont des catégories aussi vagues et vides ?

Les féministes ont longtemps préféré croire que les femmes ne sont pas définies par des stéréotypes sexistes, mais les activistes transgenres nous disent qu’en fait, une femme se définit non pas par le fait d’être née femme, mais par la propension d’un individu envers « le féminin ». Le discours au sujet des « enfants trans » insiste généralement sur des choses comme la préférence d’un garçon pour la culture, les robes et les poupées de princesses, comme « preuve » qu’il est « réellement une fille ». Quant aux jeunes femmes qui rejettent les cheveux longs et les robes roses (et qui, souvent, sont lesbiennes), ou qui n’aiment pas être considérées comme des objets sexuels, on les amène à croire, à cause du discours trans, qu’elles sont en fait des garçons. Les hommes qui ont vécu une transition de genre à un très jeune âge témoignent souvent d’histoires d’intimidation homophobe dans leur enfance, tandis que les filles relatent des agressions sexuelles et un profond désir de se débarrasser d’un corps qui, croient-elles, ont conduit les hommes à les agresser, à les traiter en objets ou à les harceler.

Il est logique que des jeunes cherchent une explication à l’inconfort qu’elles et ils ressentent à l’égard de leur corps ou de stéréotypes sexuels qui ne correspondent pas à leur véritable identité. Et notre monde « progressiste » leur a offert ce qui semble une réponse facile, mais qui les conduit trop souvent sur la voie de traitements hormonaux et d’interventions chirurgicales, qui ont tous deux des impacts irréversibles, y compris leur stérilisation.

Je ne suis pas opposée aux « transgenres ». Ce à quoi je m’oppose, ce sont les récits sexistes entourant le transgenrisme. Et je suis incroyablement préoccupée par la façon dont les lois sur l’identité sexuelle annulent essentiellement les droits des femmes. On ne peut pas avoir simultanément de lois sur l’identité sexuelle et de droits fondés sur le sexe. Soit le sexe est une chose immuable, soit il est déterminé par l’autodéclaration et rien de plus. Soit les femmes sont discriminées parce qu’elles sont des femmes, soit elles sont discriminées parce qu’elles s’identifient trop fortement aux stéréotypes féminins.

Au bout du compte, je me fiche de la façon dont vous voulez vous identifier comme individu. Je pense qu’il est plutôt narcissique de penser que votre personnalité est si spéciale qu’elle vous écarte de la réalité matérielle et du monde naturel, tels qu’ils existent depuis des millions d’années. Mais je ne tiens pas à vous empêcher de vivre votre vie d’une manière qui vous semble authentique, tant que cela ne porte pas préjudice à d’autres personnes. Ma limite, c’est lorsque vous dites que votre « moi authentique » l’emporte sur les droits, la sécurité et la dignité des femmes et des filles, quand vous dites que les femmes ne peuvent plus avoir d’espaces sûrs parce qu’un homme cessera littéralement d’exister si on ne l’appelle pas « elle » et si on l’empêche de pavaner sa bite dans un vestiaire de femmes.

Je fixe une limite lorsque le « moi authentique » des transgenres l’emporte sur les droits, la sécurité et la dignité des femmes et des filles.

En octobre, des centaines de personnes se sont rassemblées à l’extérieur de la Bibliothèque publique de Toronto pour dénoncer une allocution que j’allais donner à l’intérieur. J’ai dit des choses comme : « Les femmes ont le droit de parler de leurs droits fondés sur leur sexe et de discuter des préoccupations valables concernant l’impact sur leur sécurité de l’identification d’hommes comme femmes ». Et : « Les athlètes féminines ne devraient pas être forcées de concurrencer des athlètes de sexe masculin ». Et : « Les femmes ont des droits spécifiques basés sur l’histoire et la réalité de l’oppression basée sur le sexe ». J’ai critiqué la décision du gouvernement canadien de placer des prédateurs masculins dangereux en prison avec des femmes, qui comptnt déjà parmi les personnes les plus marginalisées du pays. J’ai demandé : « Sur quelle base les droits des femmes existent-ils, si le mot “femme” n’a pas de sens ? Si quelqu’un peut s’identifier dans et hors de la condition féminine comme bon lui semble ? » Le reste de mes paroles sont tout aussi raisonnables et je n’en fais pas de secret.

Peu importe. Que valent des paroles quand il y a de la haine à cracher ? Et il y a bel et bien eu de la haine crachée. Des activistes ont hurlé « Salope de TERF ! » et « FUCK YOU! » au visage de femmes sortant de la conférence. Ils ont crié « HONTE ! » aux participantes. Franchement, ils étaient terrifiants. C’est pourquoi j’ai dû me faire escorter par de nombreux policiers et deux gardes du corps en sortant par la porte arrière de la bibliothèque publique, simplement pour avoir dit que les femmes sont réelles et que nos droits ont de l’importance.

Chaque fois que je prends la parole quelque part, mes hôtes reçoivent des menaces de violence, souvent misogynes, tout comme moi et les organisateurs. Notre événement du 2 novembre à Vancouver devait initialement avoir lieu à l’Université Simon Fraser, mais notre commanditaire de la réservation a annulé à la dernière minute, craignant une manifestation violente. À deux jours d’avis, nous avons réussi à obtenir une belle (et beaucoup plus grande) salle au Pan Pacific, ce qui nous a permis de vendre plus de 100 billets supplémentaires. Mais nous ne devrions pas avoir à recourir au secteur privé pour tenir ces conversations. Les femmes devraient pouvoir parler de leurs droits et de leur sécurité dans des lieux publics, sans craindre d’être agressées ou pire.

Les matamores ne sont pas en train de gagner ce combat. Cela pourra prendre encore un certain temps, mais le vent tourne et les gens perdent patience face à ceux qui se livrent à des mensonges et à des menaces pour empêcher le monde d’utiliser leur bon sens et de communiquer respectueusement pour discuter des lois et des politiques.

Peut-être bien que les femmes ne sont pas aussi passives qu’on l’a toujours dit, après tout.

Meghan Murphy est une écrivaine basée à Vancouver, en Colombie-Britannique. Son site Web est Feminist Current. Elle a autorisé cette traduction.

Traduction : TRADFEM

Version originale : https://www.spiked-online.com/2019/12/06/the-trans-ideology-is-a-threat-to-womanhood/?fbclid=IwAR3JW88CFfB5zoeaaVo1TgkTKOROVoJ0u6nEqFJ9HvM8KjO6Yql568V4rp8

Tous droits réservés à Spiked-Online.

3 réflexions sur “Meghan Murphy – « L’idéologie trans est une menace pour la condition féminine »

  1. J’aimerais soulever une question. Vous dites: « Quant aux jeunes femmes qui rejettent les cheveux longs et les robes roses (et qui, souvent, sont lesbiennes), ou qui n’aiment pas être considérées comme des objets sexuels, on les amène à croire, à cause du discours trans, qu’elles sont en fait des garçons. »
    je me souviens avoir lu il y a plusieurs années un livre intitulé « histoire de l’homosexualité », de Colin Spencer. Il y faisait mention de la façon dont une personne homosexuelle peut être amenée, de façon plus ou moins inconsciente à s’identifier aux stéréotypes concernant le sexe opposé, (les hommes gays,parce qu’ils ne seraient pas de vrais hommes,n’ont qu’à adopter des attitudes dites féminines). En leur affectant des attitudes supposées du sexe opposé, la société s’en tire avec une pirouette qui évite de sortir d’une vision binaire. Il me semble que cette projection n’est pas neuve, et ne vient donc pas du discours trans, mais bien de la société patriarcale. Qu’en pensez-vous?

    • Vous avez raison. Par contre, l’idéologie transgenriste en rajoute une couche en convainquant les jeunes en cause qu’elles ou ils sont en fait, biologiquement, de l’autre sexe. On se sert d’un discours pseudo-scientifique pour river les jeunes dans l’identité qu’on leur assigne sur la base des stéréotypes du genre. Ce n’est plus l’insulte « tu te comportes comme une femme/un homme » mais « tu es une femme/un homme » avec toute nl’autorité de la science, de la pédagogie et bientôt du droit.

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