Andrea Dworkin… c’est du stock!

par Michèle Briand

J’ai révisé la traduction de Les femmes de droite (Right Wing Women), le premier livre d’Andrea Dworkin à paraître en français, au début du mois de décembre 2012 aux Éditions du remue-ménage. Je l’ai donc lu, relu et encore relu à haute voix. Comme on dit, c’est du stock !

cov Femmes de droite

Voici ce que j’en ai compris. Les femmes qu’on appelle « de droite » comprennent instinctivement comment fonctionne le patriarcat. Leur instinct de survie leur dicte des stratégies de femmes qui savent que les hommes en groupe sont dangereux et possèdent le pouvoir. Elles choisissent donc de tenter de se procurer la protection d’un homme contre tous les autres, même si cette protection est dérisoire. C’est la seule manière qu’elles ont trouvée pour avoir une chance, peut-être, de vivre un peu en paix. Autrement, il ne leur resterait que la mort. Et elles veulent vivre.

Elles comprennent que celles qui ne deviennent pas propriété privée restent propriété publique et que tous les hommes doivent veiller à leur obéissance collective pour conserver leurs privilèges. Et ils veulent conserver leurs privilèges. Les femmes aussi aimeraient bien en avoir, d’ailleurs. Et lorsque des êtres humains ont un privilège, peu de gens se demandent quel est le prix à payer, en termes de ressources tangibles et intangibles, pour ce privilège. Mais la dette s’accumule et il va bien falloir la payer.

Quoi dire de plus? Andrea est morte en résistante, sans avoir cessé de dire la vérité sur la misogynie, soit la volonté d’éteindre l’intelligence des femmes. Je n’ai pas trouvé de quoi me rassurer dans son analyse décapante d’un système (le patriarcat) occupé à détruire la vie. J’en tire la conclusion que ce système fermement établi nous entraîne à notre perte, ainsi qu’à celle de toutes les autres formes de vie, à mille fois cent milles à l’heure. Suis-je réconfortée de savoir comment et pourquoi? En tout cas, j’ai tiré beaucoup de plaisir à lire cette prose piquante, originale et, surtout, sentie. L’esprit est clair et la langue, pointue. Les chapitres sont comme autant de nouvelles à savourer avec amertume.

 

(Michèle Briand, L’Infobourg, Hiver 2012, p. 11)

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Une réflexion sur “Andrea Dworkin… c’est du stock!

  1. My french is not very good, but I can read it, and I am very happy that you have found one of the classic feminist writers of the 70s (I am an 87 year old Autralian radical feminist retired philosopher), I hope that many young lesbian feminists will start reading deBeauvoir’ La Seconde Sexe (and do not believe that she was a transgender supporter, her use of the word ‘sex’ for us means ‘female body’ and how patriarchy made ‘woman’ of it, does not mean that our body is not our own and unique) or read another classic American lesbian of the 70s Mary Daly’s « Gynecology », or more recently the French feminist philosopher Luce Irigaray (1980s) « Speculum », or « In the Beginning She was » (2013). In this time where we are in danger of losing the right to claim our ‘sex’ (and refuse to call it our ‘gender’, because we are born female and that is not a ‘gender identity’), we should stand together. Much love Mia Campioni

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