COÏTS, ANDREA DWORKIN : LA DOMINATION MASCULINE EXPLIQUÉE À LA RACINE

Cécilia Lépine signe sur son blogue Racinerouge.fr une recension détaillée de COÏTS de la féministe radicale Andrea Dworkin qui fait valoir la pertinence de questions qui vont aussi loin, surtout en regard d’une écoute empathique par le journal LIBÉRATION (sic) des « clients » de la prostitution qui occulte l’expérience des femmes ainsi exploitées.

Cécilia Lépine écrit:
« Dans Coïts, Andrea Dworkin parle de « la baise » sans détour, articulant une analyse des violences sexuelles qui ne s’intéresse pas tant aux chiffres et aux mots-clé qu’à ce qui constitue la violation et la dégradation des femmes dans toute leur corporalité. »

(…)

« La dissociation déshumanisante entre le corps et l’esprit, l’égoïsme de l’homme et l’érotisation de la violence constituent les axes principaux de l’analyse du rapport sexuel en tant qu’acte de domination dans Coïts. Dworkin examine les mécanismes de la violence sexuelle en s’intéressant à la façon dont le rapport sexuel est codifié dans la société américaine mais son analyse peut s’appliquer au reste du monde de manière générale. Dworkin identifie les rouages de la domination sexuelle qui s’exerce par la prostitution et la pornographie mais aussi par le mariage, à une époque où le viol conjugal n’était pas encore reconnu légalement par tous les États-Unis. L’argument principal de son oeuvre est parfois faussement interprété comme l’idée que le rapport sexuel entre un homme et une femme constitue nécessairement un viol. Dworkin a réfuté cette lecture:

Je pense que le sexe ne doit pas placer la femme dans une position subordonnée. Ce doit être réciproque et non une agression par un homme qui ne cherche que son plaisir. C’est mon argument.

Andrea Dworkin (2000)

(…)

« Loin de promouvoir une vision romantique des femmes dans le rapport sexuel (souvent décriée par le mouvement « pro-sexe »), Dworkin rappelle que les femmes n’ont pas seulement manqué de plaisir dans leurs relations aux hommes mais d’amour, de considération, de respect, de tendresse et d’amitié. Que c’est au contraire dans la haine et la déshumanisation que les hommes les ont baisées, en témoignent l’érotisation de la violence dans la culture populaire, l’apologie de la prostitution et la tolérance à l’égard de la pornographie. Elle replace l’humain dans le rapport sexuel entre deux personnes, et dénonce l’égoïsme froid avec lequel le plaisir est théorisé et pratiqué par les hommes. »

Une recension à lire en entier ici

COÏTS est publié par les Éditions Syllepse et les Éditions du remue-ménage

photo dworkin devant muret

Andrea Dworkin à New York, à l’époque où elle a écrit ce livre.

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