En traitant Martina Navratilova d’«intolérante», le lobby transgenre démontre à quel point il est lui-même devenu intolérant et extrémiste

par JAMES KIRKUP, dans The Telegraph, le 21 février 2019
photo Navratilova1

La star célèbre pour sa tolérance a été diffamée pour avoir posé des questions légitimes à propos des « transfemmes » dans le monde sportif.

Martina Navratilova est l’une des dernières personnes que l’on s’attendrait à voir accusée d’intolérance. Sans doute encore la lesbienne la plus célèbre du monde, la joueuse de tennis n’a ni dissimulé ni excusé sa sexualité à une époque où de nombreux homosexuels et lesbiennes avaient peur de se confier à leur famille, et encore moins de se dévoiler aux yeux d’un public sportif mondial. Elle a également donné un poste d’entraîneuse à Renée Richards, une joueuse du circuit féminin qui est née Richard Raskind.
Cette semaine, Navratilova a été écartée d’une fonction d' »ambassadrice »par Athlete Ally, une organisation étatsunienne qui dit militer pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) dans le domaine du sport. Le groupe l’a accusée de « transphobie » pour s’être demandée si une transfemme, née et élevée de sexe masculin et conservant un corps masculin intact, devait être autorisée à participer à un sport féminin simplement parce qu’elle a pris des drogues pour réduire son taux de testostérone.
Cela répond aux critères de nombreuses autorités sportives, mais dérange beaucoup de gens, y compris Navratilova. Elles notent que la biologie masculine sous-jacente signifie que les transfemmes disposent d’une masse musculaire, d’une taille et d’une portée supérieures, ce qui leur donne des avantages qui ne peuvent être compensés par une modification hormonale.
Est-il *transphobe* de penser qu’il existe des différences physiques fondamentales entre un homme et une femme ? Il lui a suffi de le dire pour que Navratilova soit qualifiée d’intolérante et pire encore : un défenseur des droits des transgenres a même suggéré qu’elle devrait être « exécutée ».
Il s’agit là de l’orthodoxie trans dans sa forme la plus rigoureuse, une vision du monde qui insiste pour affirmer que « les transfemmes sont des femmes » et ne permet aucune dissidence ni aucune remise en question des implications de ce principe.
Mais en plus de démontrer à nouveau l’intolérance d’un mouvement qui se dit en quête de tolérance, la lutte menée contre Navratilova révèle d’autres choses sur le débat transgenre.
La première est que les LGB et T ne vont pas ensemble pour tout le monde. Bien que de nombreux groupes de défense des droits des homosexuels aient adopté le programme des transsexuels, de nombreuses personnes homosexuelles expriment des doutes. Une grande partie de la résistance aux propositions de réforme des lois sur l’égalité des sexes au Royaume-Uni est venue des lesbiennes, dont certaines craignent que le fait de permettre aux femmes « autodéfinies » d’accéder aux espaces et aux droits légaux des femmes ne porte atteinte à ces droits.
Il convient de noter que de nombreuses transfemmes conservent une anatomie masculine complète. Le terme transsexuel – qui pouvait convenir à des gens comme Richards qui ont subi une chirurgie de réaffectation sexuelle complète – a maintenant été largement remplacé par celui de « transgenre ». La différence est importante : vous pouvez maintenant être reconnu comme transgenre sans la moindre modification corporelle, et seule une minorité de personnes transgenres subissent aujourd’hui une chirurgie de réassignation complète.
De plus en plus d »hommes gais s’inquiètent aussi. L’an dernier, Jonny Best, ancien directeur du festival Queer Up North, a organisé une pétition critiquant le groupe de défense des droits des homosexuels StonewallUK pour sa conformité rigoureuse à l’orthodoxie trans.*
Ces questions sont débattues en marge de la conscience publique depuis des années, mais rarement dans la conversation générale. L’orthodoxie trans a ainsi fait d’énormes avancées au sein de l’administration publique, des organismes de bienfaisance et du milieu universitaire, progrès restés largement invisibles auprès du grand public. Toutefois, lorsque la question fait l’objet d’une attention plus large, on voit émerger une rigidité et des arguments difficilement défendables.
Jusqu’à l’intervention de Navratilova, la plupart des gens n’auront pas beaucoup réfléchi à la question des transfemmes dans le monde du sport. Maintenant, on commence à comprendre ce que signifie réellement l’assertion « les transfemmes sont des femmes » dans un contexte sportif.
De même, jusqu’à l’année dernière, peu de personnes avaient passé beaucoup de temps à réfléchir à la question des prisonniers transgenres. Cette inattention a permis à un petit groupe de défenseurs des droits des transgenres de persuader les responsables des établissements carcéraux de permettre aux transgenres de purger leur peine dans une prison correspondant au sexe de leur choix. Une poignée de militantes féministes ont exprimé leurs préoccupations, mais ont généralement été rejetées comme « transphobes ».
photo Karen White 2 visages
Il s’est alors avéré que Karen White, un violeur qui s’identifie aujourd’hui comme transfemme, avait été envoyé dans une prison pleine de femmes vulnérables, où White agressait ses co-détenues. Ce cas a illustré pour la population ce que signifiait l’axiome  » les transfemmes sont des femmes » en contexte carcéral, et la politique qui a rendu possible cet abus est en cours de révision.
Les droits des transgenres et leurs implications pour les autres personnes doivent faire l’objet d’un débat calme et ouvert. Navratilova nous a tous rendu service en portant ces enjeux à l’attention du public. Elle a mis la balle au fond du court de ceux qui militent énergiquement en faveur du programme transgenriste. En tentant de riposter aussi brutalement, ils ont perdu ce match. S’en tenir à de telles tactiques intolérantes pourrait bien leur coûter cher.
Version originale: By branding Martina Navratilova a bigot, the trans lobby shows how intolerant and extreme it has become
https://www.telegraph.co.uk/sport/2019/02/21/martina-navratilova-serving-sense-gender/#
Traduction: TRADFEM

DERNIÈRE HEURE: Le directeur de StonewallUK, le trans Ruth Hunt, vient de démissionner aujourd’hui, dans le contexte de cette crise. Jonny Best commente cette décision ici.

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