Le ministère de la Trans-Vérité

par Heather Brunskell-Evans, le 5 décembre 2018, Spiked-Online

 

Le langage du transgenrisme est conçu pour faire taire toute dissidence.

photo 1984

Une image du célèbre « 1984 »

Je suis fascinée par la façon dont des concepts semblent surgir de nulle part, se saisissent de l’imagination populaire, puis s’implantent et deviennent incontestables.

Une de ces idées est que les individus peuvent être « nés dans le mauvais corps », de sorte que les hommes puissent être des femmes. Alors qu’il n’existe pas la moindre preuve scientifique, neuroscientifique ou autre, qu’une personne étant sans aucune ambiguïté mâle puisse en fait être une femme, comment la société a-t-elle pu en arriver à un point où les personnes qui remettent en question la prétention que « les transfemmes sont des femmes » sont couramment qualifiées de nazis, d’intolérantes et de transphobes?

Une nouvelle nomenclature est apparue qui partage les femmes en deux groupes, les « cis » (femmes biologiques) et les « trans ». Voilà un tour de passe-passe linguistique qui rend crédible l’idée que certains hommes peuvent en réalité être des femmes. Mais peu importe à quel point ils soignent leur apparence extérieure « féminine », les « transfemmes » (par opposition aux transsexuels) ont un pénis.

L’idée que les « transfemmes » sont des femmes et qu’il faut le croire parce qu’ils l’affirment, s’exprime ensuite dans l’idée que les « transfemmes » sont encore plus opprimés par le patriarcat que leurs sœurs « cis ». Les progressistes vitupèrent souvent les femmes qui contestent cette « vérité » nouvellement créée, en les qualifiant de « féministes radicales trans-exclusives » (ou, en anglais, TERF), même si leur attitude est modérée, attentionnée au possible, ou même chaleureuse à l’égard des personnes trans.

Cette nouvelle définition de la condition féminine a des effets étranges sur nos institutions politiques. Au Royaume-Uni, le parti travailliste admet désormais les hommes qui s’identifient comme femmes sur les listes paritaires réservées aux femmes, sans même exiger le certificat de reconnaissance du sexe prévu par la loi. Un certain nombre de ces hommes ont même postulé avec succès au programme Women in Leadership créé en hommage à Madame Jo Cox.

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Puis, il y a la misogynie. Le parti travailliste continue de soutenir le « transfemme » Lily Madigan dans son rôle responsable des dossiers femmes dans la circonscription de Rochester et Strood, malgré le fait qu’il ait intimidé et harcelé des féministes critiques envers la notion du genre et d’autres femmes. Dans un de ses plus récents messages envoyés par Twitter, il a dit que les TERF « peuvent aller se faire foutre », et il est autorisé de dire cela en toute impunité, non seulement par le parti, mais aussi par Twitter.

Les travaillistes ont également (brièvement) nommé le « transfemme » Munroe Bergdorf au sein d’un groupe de travail sur les LGBT. Bergdorf venait d’être cité dans le magazine Grazia à dire que beaucoup de féministes étaient des essentialistes biologiques, car apparemment nous  « réduisons les femmes à des vagins ambulants … une approche similaire à celle des misogynes ».

En somme, une sorte de Ministère de la Vérité informel a émergé autour de la question transgenre –  ou plutôt un Ministère de la Propagande, puisqu’il semble en charge de la falsification d’événements historiques et de faits biologiques. Conformément au concept orwellien du doublethink (double pensée), ce ministère crée puis diffuse la « Vérité » par le biais du nouveau vocabulaire de mots comme « cis » et « trans ».

Et dans un revirement effrayant, ce sont maintenant les féministes qui sont qualifiées de misogynes extrémistes, simplement parce qu’elles ne permettent pas aux êtres humains dotés de pénis de contrôler le discours politique. L’affirmation – à la fois banale et tautologique – que les femmes n’ont pas de pénis est maintenant considérée comme une provocation. Lorsqu’un groupe féministe a récemment distribué, à Liverpool, des autocollants mentionnant ce fait, la police a ouvert une enquête.

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Un vent froid d’autoritarisme souffle sur notre société prétendument progressiste, libérale et démocratique. Quand dire la vérité devient un discours de haine, quand l’oppression devient l’éthique, quand des non-faits deviennent la Vérité, nous avons toutes et tous intérêt à garder les yeux ouverts.

cov BornHeather Brunskell-Evans est philosophe en milieu universitaire et porte-parole de l’organisation FiLiA. Son plus récent ouvrage s’intitule Transgender Children and Young People: Born In Your Own Body. On peut la suivre sur Twitter sur le compte @brunskellevans.

Version originale : https://www.spiked-online.com/2018/12/05/the-ministry-of-trans-truth/?fbclid=IwAR2kHOVoYUFWLm94Hw8DRFpLqhtIVU-wYn9AHzKd4HR3EXR19G-1t4259pE

Traduction : TRADFEM

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