À propos de ma compassion

Un texte d’Emma Gibson, d’abord affiché sur sa page FB, le 7 juin 2018.

Quelqu’un vient de décider de me rayer de ses amies à cause de mon point de vue sur les enjeux transgenres (et du fait de l’avoir exprimé). Ça va ; j’ai déjà vécu des ruptures dans le cadre de ce débat. Et j’en vivrai encore… Mais un point m’a frappé. Cette personne m’a dit : « La compassion est un trait de caractère admirable. Réfléchis-y, s’il te plaît. »

Et j’aimerais répondre à cette phrase, pour quiconque m’imagine comme une sorte de monstre. Mes propos ne sont pas destinés à cette personne (dont je me suis, de toute façon, désabonnée ici), mais à quiconque souhaite porter un jugement sur ma « compassion » ou sa prétendue absence. Et, oui, partagez ceci si vous voulez, mes sœurs. C’est public. Et j’en ai tellement ras le bol de cette accusation.

Ma compassion va aux femmes qui fuient des agressions conjugales et sont forcées de partager un refuge avec un transgenre comme Daniel Muscato ou tout autre homme parce qu’il se déclare « femme ».

Ma compassion va aux femmes qui se cachent actuellement dans des maisons d’hébergement, terrifiées à l’idée que leur ex-partenaire violent peut entrer à tout moment dans cet espace, sous prétexte qu’il s’identifie comme femme.

Ma compassion va aux mères qui ont porté et ont donné naissance à leurs enfants et qui doivent maintenant céder la place à un mari exubérant de sa « transition » à l’occasion de la fête des Mères.

Ma compassion va aux filles qui ne pourront jamais participer à des sports parce que leurs places sont maintenant occupées par des garçons qui ne répondent pas aux attentes spécifiques de leur sexe et se font reconnaître comme « filles » pour concourir dans des équipes féminines. Et les femmes qui ont travaillé et se sont entraînées pendant des années pour être les meilleures dans les sports féminins se font accaparer leurs médailles et leurs trophées par ces hommes.

Ma compassion va aux équipes sportives de filles qui se font dire qu’elles doivent laisser des hommes quarantenaires les regarder se déshabiller dans leur propre vestiaire, sous peine de se voir qualifiées d’intolérantes et d’être forcées de s’entasser dans un minuscule local inadapté.

Ma compassion va aux filles qui n’accéderont jamais à certains emplois ou à certaines industries, parce que le quota de femmes a été atteint en engageant des hommes qui se déclarent trans.

Ma compassion va aux femmes et aux enfants d’hommes d’âge mûr dont la vie tourne autour d’eux-mêmes et de leur illusion ou fétiche, au détriment des besoins de leur famille.

Ma compassion va aux femmes qui sont violées ou agressées par des hommes se déclarant trans et qui, au lieu d’être soutenues, sont dénoncées si elles « mégenrent » leur violeur – en disant le mot « il ».

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Ma compassion va à la femme s’identifiant comme trans qui a été violée en vue de l’engrosser par un célèbre transactiviste mâle et dont il a ensuite quêté la sympathie. Cet homme est toujours actif dans la communauté trans et, à ma connaissance, n’a pas été forcé de répondre de cette agression par ses pairs.

Ma compassion va à chaque femme qui a déjà vu ses préoccupations profondes ou ses accusations complètement ignorées parce qu’elle avait « mégenré » la personne dont elle parlait.

Ma compassion va aux jeunes lesbiennes qui font face à une nouvelle version de l’injonction habituelle : « Comment sais-tu que tu n’aimes pas la bite si tu n’en as jamais essayé une ? Je vais te baiser et tu verras. » Ces jeunes femmes n’ont plus d’espaces sûrs vers lesquels se tourner, parce que ces milieux (non mixtes et centres LGB) sont désormais centrés sur les enjeux trans et sur les sentiments des trans, et parce que les hommes homophobes sont désormais des « femmes » qui peuvent les pister où qu’elles aillent.

Ma compassion va aux femmes se déclarant trans – celles qui haïssent leurs corps et elles-mêmes au point de se bander les seins ou d’en réclamer l’ablation et au point de s’injecter des hormones étrangères à leur organisme. Elle va aussi aux filles (des jeunes lesbiennes, pour la plupart) à qui l’on dit qu’elles ne sont pas assez féminines, qu’elles doivent donc être des garçons et qu’elles doivent alors se bander les seins et uriner à travers un faux pénis et changer de nom, parce qu’en leur état normal, elles ne correspondent pas aux attentes.

Ma compassion va aux personnes qui tentent d’inverser une transition de genre – celles qui ont réalisé trop tard qu’il n’y a rien de faux dans leur corps. Et quand arrive le temps où elles comprennent cela, leur corps est déjà empoisonné par les hormones du sexe opposé. Elle va aux hommes embarrassés par leurs faux seins et aux femmes qui souffrent de leur nouvelle pilosité faciale.

Ma compassion va aux hommes s’identifiant comme trans, ceux qui croient vraiment être « nés dans le mauvais corps » et qu’ils sont en quelque sorte « la mauvaise personne ». Ma compassion leur est acquise parce que la société leur a dit qu’ils ne sont pas bien comme ils sont, que ce qu’ils aiment et ce qu’ils ressentent ne correspond pas à leur corps, ce qui les a amenés à décider que leur corps n’était pas le bon.

Ma compassion va à toutes les personnes trans : elles sont psychiquement malades, et nous, en tant que société, les amenons à se bourrer d’hormones qui ne correspondent pas à leur organisme (et dont nous ignorons totalement les effets secondaires à long terme), à s’amputer d’organes sains, à subir des opérations douloureuses et à passer chaque instant de leur vie à essayer de réparer leur corps « défectueux », quand le véritable défaut en cause est celui d’une société qui ne peut s’empêcher de punir, sous une forme ou une autre, la non-conformité aux stéréotypes sexuels.

Ma compassion va à tous les enfants élevés aujourd’hui et demain à qui l’on ne donne aucune clé sur la biologie la plus élémentaire, sur comment leur corps fonctionne, et qu’on laisse sans explication sur les changements à venir.

Ma compassion va aux femmes qui se font enlever les mots pour exprimer ce qui leur arrive à elles et à leurs sœurs, et pourquoi cela arrive. Celles que l’on enfume pour leur faire accepter et répéter des mensonges flagrants et un vocabulaire insensé, que ce soit au sens commun ou scientifique.

Ma compassion va aux femmes qui sont chassées des tribunes, congédiées, espionnées, harcelées, menacées de violence, de viol et de meurtre (le leur, celui de leurs enfants, de leurs animaux de compagnie…) pour avoir osé dire des choses comme « les femmes ont une vulve » ou « les personnes nées avec un pénis n’ont pas de menstruations ».

Ma compassion va aux femmes qui travaillent sans relâche à construire des endroits où elles et leurs sœurs peuvent être en sécurité, et qui voient ces ressources détruites au gré de caprices masculins. Elle va aux femmes qui ont perdu une partie d’elles-mêmes quand le Festival de musique des femmes du Michigan a été étouffé, et à celles d’entre nous qui ne le vivront jamais parce que des hommes – un autre genre d’hommes que d’habitude – ont vu quelque chose et ont décidé que s’ils ne pouvaient pas s’en emparer, ils allaient le détruire.

Version originale : https://madamnomad.com/2018/06/08/compassion/

Traduit par TRADFEM avec l’autorisation de l’autrice.

 

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