S’il existe quelque chose comme le « féminisme blanc », l’idéologie de l’identité de genre en est vraiment l’incarnation parfaite.

L’illusion que l’on peut entrer et sortir de l’oppression sexuelle à son gré est caractéristique des gens qui nagent dans le privilège.

26 JUILLET 2017 par RAQUEL ROSARIO SANCHEZ

Image : Fonds des Nations Unies pour la population

Durant mes études de troisième cycle, j’ai eu un débat animé avec un camarade de classe qui affirmait que le « féminisme blanc » était un grave problème dans le mouvement des femmes.

Pour ce type (qui était blanc et originaire des États-Unis), « le féminisme blanc » signifiait que le mouvement des femmes s’était limité aux vies et aux expériences d’un nombre très restreint de personnes — des femmes blanches des États-Unis, privilégiées, issues principalement de milieux universitaires —, et ce « durant la majorité de son histoire ».

Je lui ai dit qu’à mes yeux, cette expression fonctionnait comme un outil pour rejeter l’apport des féministes de la deuxième vague, glorifier une troisième vague (très problématique) et encourager les luttes intestines entre féministes, en créant des divisions dans un mouvement où la lutte collective est cruciale. Sa prétention était contredite par le mouvement populaire avec lequel j’avais grandi en République dominicaine, qui n’était évidemment pas dirigé par des Étasuniennes (et certainement pas par des femmes blanches de classe supérieure ou des universitaires). Il existe des problèmes légitimes au sein du féminisme dans mon pays, notamment en ce qui concerne le rapport de classes, mais on y trouve beaucoup plus de solidarité que d’animosité, et le féminisme dominicain a été conséquent dans son traitement des luttes des femmes rurales, ouvrières et immigrantes.

J’ai particulièrement remarqué, pendant mon séjour en tant qu’immigrante aux États-Unis, que la plupart des gens qui se plaignaient à moi de ce qu’ils et elles appelaient le « féminisme blanc » étaient eux-mêmes de race blanche. Je me suis sentie instrumentalisée en tant que femme de couleur dominicaine, comme si ces personnes tentaient de m’utiliser pour les valider, elle et leur type de féminisme. J’en suis venue à me méfier de toutes les personnes blanches qui utilisaient cette expression. Critiquer le « féminisme blanc » semblait être un moyen pour elles de se présenter comme des Blanc·he·s qui seraient différent·e·s, meilleur·e·s — à titre de personnes féministes « intersectionnelles » branchées, qui se trouvaient simplement être de race blanche.

Maintenant que je suis de retour en République dominicaine à travailler dans des maisons d’hébergement, je pense que mon collègue universitaire avait raison au sujet d’une chose : le féminisme blanc est réel. Mais il s’incarne dans l’idéologie de l’identité de genre.

La tendance actuelle chez les gens qui se réclament de la troisième vague, ou se disent progressistes, est de soutenir que nous pouvons fermer les yeux sur le fait que les êtres humains sont nés hommes ou femmes, pour se doter plutôt de nouvelles étiquettes comme « fluidité de genre », « multi-genre » ou « genderqueer ». Mais je constate une disjonction massive entre ce vocabulaire — popularisé dans les classes occidentales d’études de genre — et les réalités des femmes marginalisées dans des pays comme le mien.

J’ai beaucoup réfléchi à ce que signifie l’identité de genre dans le contexte du Sud mondial. Que signifie-t-elle pour les femmes et les filles qui me ressemblent ? Que signifie-t-elle pour les femmes et les filles dominicaines marginalisées non seulement par leur identité sexuelle mais aussi par la pauvreté, la race et la xénophobie ?

La République dominicaine a récemment débattu de l’opportunité de rendre ou non illégal le mariage des enfants. Notre pays présente le taux le plus élevé de mariage d’enfants dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes. Selon un sondage de 2014, 37 pour cent des femmes âgées de 20 à 49 ans se sont mariées (ou sont entrées en union libre) avant leurs 18 ans. L’enquête montre également qu’une adolescente sur cinq âgée entre 15 et 19 ans est en couple avec un homme qui est d’au moins 10 ans son aîné. Il existe une forte corrélation entre le mariage des enfants et les grossesses d’adolescentes, qui peuvent entraîner chez ces filles de graves problèmes de santé, comme l’empoisonnement du sang, l’obstruction de l’accouchement et l’hypertension artérielle. De fait, la grossesse à l’adolescence est la principale cause de décès chez les jeunes filles à l’échelle de la planète. Cette situation est particulièrement inquiétante en République dominicaine qui interdit tout avortement, même lorsque la vie de la femme est en danger.

Plan International, une organisation de défense des droits des enfants, a publié en mars dernier une étude sur le mariage des enfants dans la partie sud de notre île. L’équipe de recherche a interviewé des hommes qui se sont mariés avec des filles mineures, ainsi que des filles qui ont « choisi » ces mariages. Près de 40 pour cent des hommes interrogés ont déclaré préférer les filles plus jeunes parce qu’elles sont « plus obéissantes et plus faciles à contrôler ». L’étude a également révélé que beaucoup de filles se marient avec des hommes plus âgés dans l’espoir d’échapper à la violence familiale et à la pauvreté, mais qu’elles sont violentées par ces hommes une fois mariées. Une jeune fille de 15 ans interviewée pour l’étude a raconté :

« Je me suis mariée parce qu’il me fallait m’enfuir de chez moi. On me battait à coups de bâtons. On ne me faisait jamais confiance. Un jour, j’ai dit : “Je ne veux plus vivre comme ça.” À la maison, il y avait beaucoup de violence : ils m’ont déjà battue devant tout le monde, en pleine rue. Donc, je suis devenue travailleuse domestique dans une autre famille. J’avais 11 ans. C’était encore pire là-bas, la violence empirait. Je devais faire toutes les tâches, y compris laver tout le linge à la main. Ils ne me laissaient même pas aller à l’école et ils ne m’ont jamais payée, sous prétexte qu’ils me nourrissaient. Je souffrais beaucoup. Je me suis sentais emprisonnée : je ne pouvais même pas aller au parc. J’ai voulu me marier pour échapper à tout cela. Je croyais qu’en me mariant, j’allais habiter une maison calme, où je pourrais manger, dormir et sortir. Je ne savais pas qu’il n’en serait rien, que ce serait un autre enfer. »

En République dominicaine, on n’attend pas des garçons qu’ils fassent du nettoyage ou qu’ils aident à l’éducation de leurs frères et sœurs — cela relève de la seule responsabilité des filles. Avant leur mariage, 78 pour cent des filles ayant participé à l’étude de Plan International ont déclaré avoir été assignées aux tâches ménagères comme le nettoyage, et au soin de leurs frères et sœurs plus jeunes. Quand on a demandé aux filles ce que signifiait être une femme, la plupart ont répondu que cela voulait dire être une mère et une épouse.

L’autrice Caridad Araujo souligne ce qui suit :

« La moitié des femmes d’Amérique latine qui sont en âge [de travailler] sont actuellement au chômage, et celles qui ont un emploi gagnent beaucoup moins que leurs homologues masculins. Pour les femmes d’Amérique latine et des Caraïbes, l’écart salarial devient encore plus exacerbé pendant leur période de fécondité maximale. »

Cette situation provient de l’attente généralisée voulant que les femmes soient naturellement nourrissantes. Être contrainte à ce travail de soin aux autres se traduit pour les femmes par moins d’épargne, moins de promotions et moins d’argent accumulé dans leur fonds de pension de retraite.

Malheureusement, la politique d’identité de genre réduit cette réalité — et la condition féminine elle-même — à une identité insignifiante et malléable. Il est déconcertant que dans un monde où les femmes et les filles font face à une oppression structurelle basée sur leur biologie, la politique d’identité de genre ait prospéré à ce point.

Pour la journaliste Susan Cox : « L’assertion de non-binarité est une gifle au visage de toutes les femmes qui, à moins d’avoir fait un coming-out en tant que “genderqueer”, sont présumées posséder une essence interne parfaitement alignée sur la parodie misogyne de la féminité, créée par le patriarcat. » Il y a une cruauté néolibérale tordue à soutenir que le principal problème lié au genre est son impact sur les identités choisies par des individus, et non la manière dont il opère de façon systémique, en régime patriarcal, pour normaliser et encourager la violence masculine et la subordination féminine.

Lorsqu’elle est confrontée aux preuves que, historiquement et à l’échelle mondiale, l’oppression des femmes est fondée sur l’appartenance sexuelle, la politique d’identité de genre affirme simplement que le sexe est lui-même un construit social « inventé ».

J’ai eu il y a trois semaines le dialogue suivant avec le blogueur transgenre @RileyJayDennis

Les organes génitaux, les gonades, les hormones, les chromosomes, les caractéristiques secondaires du sexe — ces choses sont réelles et existent chez les gens.

Réponse de Dennis

MAIS les catégories distinctes de mâle et femelle » sont un système que nous avons créé. Le sexe biologique est une classification que nous avons inventée. Ces distinctions ne sont pas inhérentes à la nature.

Dans un article publié dans Quartz, Jeremy Colangelo écrit :

« Le sexe et le genre sont beaucoup plus complexes et nuancés que les gens l’ont longtemps cru. Définir le sexe comme une réalité binaire invite à y voir un simple commutateur électrique : allumé ou éteint. Mais en fait, le sexe ressemble beaucoup plus à un interrupteur-gradateur, avec beaucoup de gens assis quelque part entre les catégories d’homme et de femme, aux plans génétique, physiologique et/ou mental. Pour refléter cette gradation, les scientifiques décrivent maintenant le sexe comme un spectre.

Malgré ces éléments probants, les gens s’accrochent à l’idée que le sexe est binaire parce que c’est l’explication la plus simple à croire. Elle est conforme aux messages que nous voyons dans les publicités, les films, les livres, la musique — essentiellement partout. Les gens aiment les choses familières, et la structure binaire est familière (surtout si vous êtes une personne cisgenre qui n’a jamais eu à faire face à des problèmes d’identité sexuelle). »

Mais les féministes ne soutiennent pas que le sexe est réel parce que c’est « l’explication la plus simple à croire », ou en raison de ce que les médias nous disent. Nous soutenons que le sexe est réel, car dès le moment où une échographie révèle qu’un bébé est de sexe féminin, son assujettissement commence. Et bien que « l’identité de genre » soit présentée comme un enjeu dont le féminisme doit s’occuper, elle est, comme l’explique Rebecca Reilly-Cooper, en contradiction absolue de l’analyse féministe du sexe biologique comme axe d’oppression :

« La sujétion historique et continue des femmes n’est pas apparue parce que certains membres de notre espèce choisissent de s’identifier à un rôle social inférieur. (Laisser entendre que c’est le cas serait un acte flagrant de blâme des victimes.) Elle est apparue comme un moyen pour les hommes de dominer la moitié de l’espèce qui peut porter des enfants et d’exploiter son travail sexuel et reproductif.

Il est impossible de comprendre le développement historique du patriarcat et l’existence continue de la discrimination sexiste et de la misogynie culturelle, sans reconnaître la réalité de la biologie féminine et l’existence d’une classe de personnes biologiquement féminines. »

Loin d’être fluides, les réalités de l’oppression sexuelle sont strictes et imposées par la violence — et c’est particulièrement vrai pour les femmes de couleur et les femmes vivant dans la pauvreté.

On peut supposer que les femmes et les filles roumaines qui remplissent aujourd’hui les bordels espagnols (six femmes sur 10 prostituées en Espagne sont originaires de Roumanie) aimeraient bien échapper à leur identité sexuelle. Evelyn Hernandez Cruz, la jeune fille de 19 ans qui vient d’être condamnée à 30 ans de prison au Salvador pour avoir vécu une fausse-couche, après avoir été violée à plusieurs reprises par un gangster, voudrait certainement rejeter son statut de « femme ». Les Kenyanes de 12 ans vendues à l’industrie de la prostitution par leurs familles, par besoin désespéré d’argent pour survivre à des sécheresses régionales, ne s’identifient probablement pas à être échangées comme des biens de consommation. On peut supposer que les filles du Népal qui meurent de piqûres de serpents et de froid dans les huttes menstruelles où on les envoie pour la durée de leurs règles sont également mal à l’aise avec les restrictions propres à leur sexe.

Même aux États-Unis, l’oppression sexuelle est aggravée par d’autres formes d’oppression, comme le statut racial. Selon un rapport publié en 2017, les Noires sont quatre fois plus susceptibles que les Blanches de mourir de complications liées à la grossesse et « risquent deux fois plus de vivre une complication qui met en danger leur vie pendant un accouchement ou une grossesse ». Une étude menée par le Centre for Disease Control and Prevention indique que la moitié des meurtres de femmes commis aux États-Unis sont le fait de partenaires actuels ou précédents et que les Noires sont plus susceptibles de mourir par homicide que toute autre catégorie démographique. On peut là aussi présumer que ce n’est pas une réalité à laquelle ces femmes « s’identifient ».

L’argument selon lequel le sexe n’est pas réel et le genre est inné ou choisi, plutôt que socialement imposé, démontre à la fois l’ignorance du monde qui vous entoure et, en même temps, votre position privilégiée. On constate ainsi que l’idéologie de l’identité de genre est bel et bien du « féminisme blanc » : un (soi-disant) féminisme qui passe sous silence les réalités matérielles des femmes marginalisées, qui priorise les sentiments et les intérêts des personnes les plus privilégiées, et qui se présente comme universel. C’est un « féminisme » inventé par des universitaires des pays occidentaux, et il apporte bien peu aux luttes des femmes qui vivent à l’extérieur de ces milieux.

Cate Young définit le féminisme blanc comme suit :

« Un ensemble particulier de pratiques féministes superficielles, non intersectionnelles et limitées à des enjeux ponctuels. C’est le féminisme que nous considérons comme le plus répandu ; le féminisme obsédé par la pilosité corporelle, les talons hauts, le maquillage, et le changement de nom au moment du mariage. Le “féminisme blanc” est le féminisme qui ne comprend pas le privilège de l’Occident ou le contexte culturel. C’est le féminisme qui ne considère pas l’enjeu racial comme un élément de la lutte pour l’égalité.

Le féminisme blanc est n’importe quelle expression de la pensée ou de l’action féministe qui s’oppose à une analyse intersectionnelle. C’est un ensemble de croyances qui permettent d’exclure les problèmes qui affectent spécifiquement les femmes de couleur. »

Compte tenu de cette définition, que faut-il penser d’un homme qui prétend que son eyeliner définit sa « féminité », comme l’a fait cette année Gabriel Squailia dans un article pour le média Bustle ? Il écrit :

« Ma politique et mon eyeliner sont devenus inséparables. En projetant mon propre sens de la beauté, sans honte ni hésitation, j’ai effrayé mes adversaires. Mon apparence était mon armure et mon arme. Chaque jour, mon pouvoir personnel a grandi. J’ai tiré force et sécurité du fait de tracer des lignes sur mes paupières et de la visibilité que cela m’a valu. Mon sens de moi-même est personnel, particulier, idiosyncratique. Il implique des enjeux massifs et complexes d’identité et de politique. Et tout cela est présent lorsque je me penche vers mon miroir pour dessiner mes tracés d’eyeliner. »

Le ridicule de la prétention de Squailia pour qui le maquillage fait de lui une femme et pour qui le pouvoir, la force et la sécurité sont facilement accessibles par des moyens artificiels apparaît encore plus clairement en regard des réalités quotidiennes auxquelles sont confrontées la plupart des femmes et des filles du monde entier. Dans son texte, Squailia admet que la féminité est un accessoire dont il a pu se prévaloir ou pas à sa guise :

« J’ai longtemps arrêté de porter tout ce qui était identifiable comme féminin. Pendant vingt ans, je n’ai même pas possédé d’eyeliner. Et je n’ai rien dit quand les gens m’ont vu comme un homme hétérosexuel et cisgenre. »

Mais les femmes et les filles opprimées en raison de leur naissance comme femmes n’ont pas le privilège de pouvoir échapper à la condition féminine et de s’approprier le privilège masculin des hommes hétérosexuels. Le patriarcat ne se préoccupe pas de savoir si les femmes ne se plaisent pas ou ne s’identifient pas à leur rôle subordonné.

Beaucoup de gens qui se considèrent progressistes croient qu’en prêtant allégeance à l’idéologie de l’identité de genre, ils font preuve d’« intersectionnalité ». Mais s’ils et elles se préoccupaient réellement des intersections du sexe, de la race et de la classe, on les verrait prioriser les femmes et les filles marginalisées par ces axes d’oppression. Au lieu de cela, les progressistes et les militants queer priorisent des hommes qui croient que l’oppression est quelque chose que l’on peut choisir ou non de vivre. Il me semble évident que la plupart des femmes du monde entier seraient choquées de se faire dire que la violence et l’injustice qu’elles vivent sont un choix… Ou qu’elles ont quoi que ce soit à voir avec de l’eyeliner.

 

Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/07/26/white-feminism-thing-gender-identity-ideology-epitomizes/

RAQUEL ROSARIO SANCHEZ est une autrice de la République dominicaine. Sa priorité dans son travail en tant que féministe est de mettre fin à la violence infligée aux filles et aux femmes. Ses textes ont paru dans plusieurs publications en ligne et imprimés, en espagnol, en français et en anglais, y compris : TRADFEM, FEMINIST CURRENT, EL GRILLO, LA REPLICA, TRIBUNA FEMINISTA, EL CARIBE ET LA MAREA. Vous pouvez vous abonner à son fil Twitter : @ 8ROSARIOSANCHEZ, où elle s’exprime sur le féminisme, la politique et la poésie.

TAGS : GENRE, IDENTITÉ DE GENRE, INTERSECTIONALITÉ, RAQUEL ROSARIO SANCHEZ, OPPRESSION SEXUELLE, RÉPUBLIQUE DOMINICAINE, SUD MONDIAL, TROISIÈME VAGUE, MOUVEMENT DE LIBÉRATION DES FEMMES, TRANSGENRISME, FÉMINISME BLANC, FEMMES DE COULEUR

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4 réflexions sur “S’il existe quelque chose comme le « féminisme blanc », l’idéologie de l’identité de genre en est vraiment l’incarnation parfaite.

  1. Il y a un mélange de toutes sortes d’idées dans cet article auquel je n’adhère pas dans l’ensemble. Je préfère, quant à moi, ne pas qualifier le féminisme par la couleur de la peau ou l’ethnie de celles qui le pratiquent, car j’estime qu’il s’agit d’une forme de racisme qui ne veut pas dire son nom et radote à souhait que les féministes blanches non intersectionnelles sont racistes.

  2. Moi, je crois que le milieu queer et la théorie du genre permet de bousculer les codes et les thèses essentialistes…Et même si ce sont des universitaires blancs qui incarnent ce mouvement, ils ont le mérite de nous faire réfléchir, je ne crois pas qu’un homme qui se maquille choisit de rentrer dans l’oppression, il parle de son apparence, pas devenir une femme avec un eyeliner, il bouscule les codes simplement. J’ai l’impression aussi que cet article mélange « toutes sortes d’idées »…

  3. « le féminisme blanc » c’est tout ce qui concerne réellement les femmes biologiques et leurs oppressions spécifiques . Sur les groupes de discussions de mouvances intersectionnelle on s’aperçoit qu’il est mal vu d’introduire un sujet sur les violences sexuelles ou sur la domination masculine , on voit de tout : de la défense des animaux, beaucoup , beaucoup de thèmes transgenre ,de neuro-atypicité, d’histoire de toilettes , célébration du voile islamique, mais c’est comme si tout ce qui concerne les violences domestiques, la traite d’être humains, les luttes féministes internationales, les mutilations sexuelles , les discriminations spécifiques touchant les femmes de toutes les origines… était devenu plus ou moins tabou. Ainsi ce qui est « féminisme », c’est tout ce qui ne touche pas les femmes biologiques, le reste est estampillé « féminisme blanc » . La définition du « féminisme blanc » donnée dans l’article est assez criante, comment les questions touchant la charge symbolique du nom de famille seraient-elles plus « blanches » que les styles vestimentaires des enfants d’Angelina Joli? Bref, je me suis éloignée de ce milieu auquel j’ai pourtant adhéré (étant naturellement portée vers la lutte contre toutes les oppressions) quand j’ai compris que je n’avais plus le droit de parler féminisme.

    • Merci de ce témoignage. Je partage votre impression, et je trouve intéressant que l’autrice signale que ce sont surtout, selon son expérience personnelle, …des Blanc-he-s qui utilisent contre les luttes féministes cette accusation de « féminisme blanc ».

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