Debbie Cameron : Une brève histoire du « genre »

Par Debbie Cameron, le 25 décembre 2016, sur son blogue

debuk

À New York en 1999, j’ai assisté à une allocution de Riki Anne Wilchins (qui se décrit comme « menace transsexuelle » et est présentée dans le Gender Variance Who’s Who comme « l’une des personnes transgenres emblématiques des années 90 »). Elle y a déclaré que les féministes n’avaient pas d’analyse du genre. J’ai pensé, « De quoi parle-t-elle ? Il est pourtant clair que ce sont les féministes qui ont créé le concept de genre ! »

Avance rapide de dix ans, en 2009, quand je me suis rendue à une foire du livre à Édimbourg pour parler de The Trouble & Strife Reader, une anthologie des principaux articles d’une revue féministe à laquelle j’ai participé dans les années 1980. Deux jeunes femmes sont venues me voir après mon exposé. Le livre semble intéressant, m’ont-elles dit, mais pourquoi n’y trouve-t-on rien à propos du genre ?

De mon point de vue, ce livre était tout entier à propos du genre, que j’interprète, pour reprendre la formule créée par Gayle Rubin en 1975, comme « la division socialement imposée des sexes ». Les féministes de ma génération comprenaient le genre comme faisant partie de la mécanique patriarcale, à savoir ce système social, élaboré à partir de la base biologique du dimorphisme sexuel humain, qui assigne différents rôles, droits et responsabilités aux êtres humains de sexe masculin et féminin. Mais en 2009, je savais que ce n’était plus ce que le mot « genre » signifiait pour tout le monde. Pour ces jeunes femmes à la foire du livre, le « genre » désignait une forme d’identité, logée en chaque individu et affirmée par eux et par elles plutôt que de leur être imposée de l’extérieur. Le genre n’était pas seulement un concept distinct du sexe, il n’avait aucun lien nécessaire avec lui. Et ce n’était pas une division binaire : il y avait plusieurs genres, et pas seulement deux.

Avance rapide encore, pour octobre 2016, lorsque le pape François, au cours d’une visite spirituelle en Géorgie, a dénoncé la « théorie du genre » comme une menace pour les enseignements de l’Église catholique romaine. Le correspondant de l’agence Reuters qui a reproduit ses propos a expliqué ce qui suit :

La théorie du genre est, au sens large, le concept selon lequel, même si une personne peut être biologiquement masculine ou féminine, elle a le droit de s’identifier comme homme, femme, les deux à la fois ou aucun des deux.

J’ai pensé : « Je me souviens de l’époque où les études de genre menaçaient les enseignements de l’Église en suggérant que les rôles traditionnels des femmes n’étaient pas ordonnés par Dieu et par la nature. » Je me suis aussi dit : « OK, on a atteint le point de bascule. »

Je ne vais pas me plaindre du fait que le mot « genre » signifie des choses différentes pour différentes personnes (bien que ce soit clairement le cas et que cela entraîne entre autres beaucoup de quiproquos et d’échanges qui tournent en rond.) Comme tout ce qui concerne la langue, la signification des mots varie et change ; elle l’a toujours fait et le fera toujours. La question qui m’intéresse est de comprendre comment nous en sommes arrivées là où nous sommes. D’où sont venus ces deux sens concurrents du mot « genre » ? Quand ont-ils commencé à être utilisés, par qui et dans quels contextes ?

J’ai eu beaucoup de conversations à ce sujet, et j’ai souvent eu l’impression que le monde était divisé entre, d’une part, les gens qui pensent que le genre comme concept théorique a été créé fondamentalement par Judith Butler en 1990 et, d’autre part, les personnes qui tiennent Butler (ou les théoricien·ne·s du queer) responsables d’avoir sapé l’analyse féministe du genre et déformé le sens « véritable » de ce mot. Je n’ai jamais été satisfaite de l’un ou l’autre de ces points de vue, et j’ai voulu voir quel éclairage je pouvais apporter à l’un et l’autre, en recourant à diverses sources d’information sur l’histoire et l’utilisation de ce mot en anglais.

Je me suis beaucoup servie de l’Oxford English Dictionary (OED) : heureusement pour moi, son entrée pour le mot « gender » a été révisée très récemment, ce qui la rend aussi proche d’une mise à jour complète que ce qu’on peut attendre d’un dictionnaire historique. J’ai également consulté de grands corpus de textes : en l’occurrence, des collections d’écrits en anglais américain, car les usages qui m’intéressent ont d’abord été relevés aux États-Unis. Je me suis servie de COHA, un corpus historique qui couvre la période allant de 1810 à 2010, et de COCA, un corpus contemporain qui couvre les années 1990-2015. Les dictionnaires et les corpus visent généralement à représenter l’usage « général » des mots, et leur recensement de sources non traditionnelles peut se révéler assez clairsemé. J’ai donc également fait appel à quelques textes féministes fondamentaux écrits au XXe siècle pour trouver d’autres indications de la façon dont les féministes ont utilisé le mot « gender ».

J’ai découvert certaines choses auxquelles je m’attendais, et d’autres qui m’ont étonnée. Par exemple : j’ai appris que ce ne sont pas les féministes qui ont d’abord fait la distinction entre sexe et genre (en fait, il leur a fallu un certain temps pour utiliser le mot « genre » de façon cohérente). Ce ne sont pas non plus les théoricien·ne·s du queer qui ont d’abord défini le concept d’identité de genre. Le sens « identitaire » du mot « genre » ne s’est généralisé que récemment, mais il n’est pas nouveau : ce sens est en usage depuis environ aussi longtemps que celui auquel il fait concurrence aujourd’hui, et les deux sont utilisés depuis bien avant l’éruption de la deuxième vague du féminisme dans les années 1960.

Je reviendrai sur ces points, mais jetons un bref coup d’œil sur les antécédents du mot « genre ». Vous avez peut-être entendu dire qu’il s’agissait au tout début d’un terme grammatical, utilisé dans la description des langues où les substantifs sont classés comme masculins, féminins et neutres. On dit souvent que ce sens grammatical en est plus tard venu à désigner la distinction entre les hommes et les femmes. « Plus tard » est cependant un terme relatif ; en français normand, d’où l’anglais a puisé le concept de gender, le mot gendre était déjà utilisé dès la deuxième moitié du 12e siècle pour signifier « la qualité d’être un homme ou une femme ». Selon l’OED, la première occurrence enregistrée du mot gender pour départager le masculin et le féminin date de 1474 : une référence à « ses héritiers de genre masculin ». Bref, le sens « masculin ou féminin » du mot « genre » remonte à loin. Les gens utilisent cette expression d’une manière dont les féministes se plaignent souvent, c’est-à-dire comme synonyme recherché du mot « sexe », depuis plus de 500 ans.

Par ailleurs, quand la distinction entre les concepts de sexe et de genre est-elle apparue pour la première fois en anglais, et à qui la devons-nous ? On pourrait supposer que cette première occurrence a eu lieu dans quelque texte féministe de la fin des années 1960 ou des années 1970. Mais en fait, la première citation illustrative relevée dans l’OED pour le sens pertinent du mot « gender » (soit « l’état d’être un homme ou une femme, tel qu’exprimé par des distinctions et différences sociales ou culturelles plutôt que biologiques ») provient d’un article publié en 1945 dans une revue savante de psychologie :

… durant les années d’école, aussi, le genre (qui est l’envers social du concept de sexe) est une ligne fixe de démarcation, dont les termes de qualification sont les mots « féminin » et « masculin ».

Cette même revue (The American Journal of Psychology) est la source de la citation suivante[1], datée de 1950 :

… il informe le lecteur sur le « genre » ainsi que sur le « sexe », sur les rôles masculin et féminin, ainsi que sur l’homme et la femme et leurs fonctions reproductrices.

Comme le montrent ces exemples, le sens du mot « genre » comme dépendant d’un contraste explicite ou implicite avec le sexe biologique a d’abord été utilisé par des universitaires dans des disciplines de sciences sociales comme l’anthropologie, la sociologie et la psychologie. Les citations que j’ai reproduites suggèrent que cet usage a été initialement limité à un groupe assez restreint de spécialistes : même en s’adressant à leurs collègues universitaires, il est évident que les auteurs ne s’attendaient pas à ce que tout leur public connaisse ces concepts (d’où la parenthèse dans le premier exemple et l’utilisation de guillemets dans le deuxième).

La première citation à figurer dans l’OED qui ne provient pas d’une source universitaire, ou qui ne traite pas le « genre » comme un terme de jargon obscur, est tirée d’un article publié en 1968 dans le magazine TIME. Cela pourrait suggérer qu’à la fin des années 1960, le concept scientifique social du genre commençait à gagner le discours général. Pourtant, les données de corpus historiques montrent que même dans les années 1960, le mot « genre » (dans l’un ou l’autre de ces sens) était encore relativement rare. Dans le COHA, il est enregistré à partir des années 1830, mais jusqu’à la fin des années 1950 sa fréquence reste faible –  inférieure à une occurrence par million de mots de texte. Dans les années 1960, cette fréquence s’élève à (tout juste) plus d’une utilisation par million, et on note une autre très faible augmentation durant les années 1970. Ce n’est qu’au cours des années 1980 qu’on observe un saut plus important à plus de cinq occurrences par million de mots.

Cela signifie-t-il que l’on doive prendre pour argent comptant, après tout, le récit selon lequel les féministes d’avant 1990 n’avaient aucun concept théorique du genre ? Cette question soulève le problème assez délicat des liens entre l’analyse et la terminologie. Ma lecture des premiers textes féministes de la deuxième vague suggère que, pendant cette période (soit la fin des années 60 et les années 70), le mot « genre » demeurait surtout confiné au registre universitaire : son utilisation est courante dans les textes des féministes universitaires de cette époque (l’article de Gayle Rubin, 1975, « The traffic in women », que j’ai cité plus haut, en est un exemple), mais il apparaît rarement sous la plume de féministes qui étaient politiquement actives en dehors de l’université[2]. Cependant, cela ne signifie pas que les activistes ne faisaient aucune distinction entre la biologie et la culture : il est souvent clair qu’elles possédaient le concept de genre, mais l’exprimaient simplement en d’autres mots.

En voici un exemple, tiré de l’ouvrage de Shulamith Firestone La Dialectique du sexe (1970) :

De même que l’objectif final de la révolution socialiste était non seulement d’en finir avec les privilèges de la classe économique, mais encore avec la distinction même qui existait entre les différentes classes économiques, le but définitif de la révolution féministe doit être… non seulement d’en finir avec le privilège masculin, mais encore avec la distinction même des sexes : les différences génitales entre les êtres humains ne doivent plus avoir d’importance culturellement parlant.

Firestone n’utilise pas le mot « genre », mais elle fait bel et bien la différence entre les marqueurs biologiques du sexe et ce qu’elle appelle « la distinction des sexes », par laquelle elle désigne évidemment quelque chose comme la « division socialement imposée des sexes » dont parle Rubin. C’est cela, soutient-elle, que le féminisme vise à éliminer. Après la révolution, il y aura encore des « différences génitales entre les êtres humains », mais elles « n’auront plus d’importance culturellement parlant ».

Shulamith Firestone a reconnu une dette envers Simone de Beauvoir, dont l’observation selon laquelle « on ne naît pas femme, on le devient » a souvent été acclamée comme la déclaration fondatrice du féminisme anti-essentialiste moderne. Beauvoir n’a pas non plus utilisé le mot « genre ». En 1949, lors de la première parution du Deuxième sexe, et même au cours des quelques décennies suivantes, les francophones n’ont pas fait de distinction linguistique équivalente à celle que fait l’anglais entre les concepts de « sex » et de « gender » (bien que certain·e·s aient récemment adopté le terme de genre pour combler cet écart). Mais cela n’a évidemment pas empêché les féministes françaises (ou les féministes parlant d’autres langues dépourvues de cette distinction) de rejeter le déterminisme biologique et d’élaborer une analyse de la subordination des femmes comme produit de forces sociales.

Qu’en est-il du sens « identitaire » donné au concept de « gender » ? Quand commence-t-il à apparaître dans les textes échantillonnés pour les dictionnaires et les corpus, et dans quels types de textes le trouve-t-on ? La réponse est qu’il émerge d’abord dans les années 1950, dans des écrits portant sur le traitement clinique de ce qu’on appelait alors les « hermaphrodites » (c’est-à-dire les personnes intersexuées) et les « transsexuel·le·s ». Il n’est pas tout à fait clair si cet usage médical s’est développé parallèlement à l’utilisation propre aux sciences sociales ou directement à partir de celle-ci, mais quoi qu’il en soit, les cliniciens ont bientôt commencé à produire un ensemble distinct de connaissances, qui incluait des propositions sur la définition du « genre ».

Deux noms surgissent à plusieurs reprises dans les citations illustrant l’utilisation médicale du mot « genre » au milieu du XXe siècle. L’un d’eux est celui de Robert Stoller, un psychiatre associé depuis le milieu des années 1950 à la clinique d’identité sexuelle de l’université étatsunienne UCLA. Il a signé en 1968 un ouvrage intitulé Sex and gender : the development of masculinity and femininity, et on lui attribue souvent l’introduction de l’expression « identité de genre », signifiant plus ou moins ce qui est encore son sens de nos jours.

Je dis « plus ou moins » parce que les idées de Stoller sur l’identité de genre n’étaient pas exactement celles qui nous sont les plus familières aujourd’hui. Il croyait qu’il existait un fondement biologique à ce qu’il appelait « l’identité de genre primaire » – définie comme un sens inné d’être un homme ou une femme qui est normalement fixé dès la deuxième année de vie –, mais il a également beaucoup écrit sur l’influence de l’éducation. En plus de posséder un diplôme en médecine, Stoller avait été formé à la psychanalyse freudienne et s’intéressait à l’idée que les désirs et comportements sexuels d’une personne, en particulier ceux définis à l’époque comme des « perversions » (dont l’homosexualité, le sadomasochisme et le transvestisme), se développent en réponse à des événements survenus dans l’enfance qui menacent l’identité de genre primaire de l’individu.

L’autre nom est celui de John Money, le psychologue qui a fondé la clinique d’identité sexuelle de l’université Johns Hopkins à Baltimore. Money a été un prosélyte influent de l’idée que le genre est appris plutôt qu’inné : il a soutenu que ses observations cliniques démontraient que les enfants acquièrent le genre dans lequel ils sont élevés, même quand il ne correspond pas à leur sexe natal. L’étude de cas sur laquelle il s’est surtout appuyé pour soutenir cette affirmation a plus tard été discréditée, sapant la réputation de Money et la crédibilité de ses théories. Mais le travail effectué à Johns Hopkins a constitué un apport significatif à l’histoire du genre, aussi bien celle du concept que du mot.

Dans un compte rendu de recherche publié en 1955, Money et deux de ses collègues ont expliqué leur concept de « rôle de genre », qu’ils ont défini comme suit :

toutes choses qu’une personne dit ou fait pour se révéler avoir le statut de garçon ou d’homme, de fille ou de femme, respectivement…. Le rôle de genre est évalué par rapport aux facteurs suivants : les manières, le port et le comportement général ; les préférences de jeu et les intérêts récréatifs ; les sujets spontanément abordés au cours de conversations non directives ou de commentaires occasionnels ; le contenu des rêves, des rêveries et des fantasmes ; les réponses aux questions indirectes et aux tests projectifs ; les indications de pratiques érotiques et, enfin, les réponses de la personne à des questions directes.

Le « rôle de genre » est conceptualisé ici de façon semblable à l’identité de genre actuelle : comme une caractéristique interne des individus, « dévoilée » par leur comportement et ce qu’elles ou ils disent d’eux-mêmes. Mais l’élément absent au sens actuel est l’idée que le genre n’est pas une division binaire : cette définition initiale ne reconnaît que deux catégories (« garçon ou homme, fille ou femme »). Stoller a lui aussi tenu pour acquis que « l’identité de genre primaire » d’une personne devait être soit masculine soit féminine. L’émergence plus récente d’autres catégories (y compris les identités « non binaire » et « fluide à l’égard du genre ») reflète peut-être l’influence de la théorie du queer ; mais à tous autres égards, on peut soutenir que la compréhension actuelle du genre comme forme d’identité est surtout redevable au modèle médical élaboré par des gens comme Money et Stoller.

Je ne peux prétendre avoir produit un récit exhaustif de l’histoire du « genre », mais il reste que j’ai trouvé cet exercice révélateur. Le fait de savoir que les deux sens aujourd’hui en concurrence ont émergé de traditions intellectuelles différentes (l’une ancrée dans l’étude scientifique sociale de la culture et du comportement humains, et l’autre dans l’analyse et la pratique de cliniciens travaillant avec des individus qui variaient à l’égard du genre) nous aide à comprendre ce qui est jeu dans ce conflit. Et le conflit est profond : si j’emploie le mot « genre » pour désigner « un statut social imposé aux personnes en vertu de leur sexe », et que vous l’employez pour signifier « un sentiment inné d’identité lié au sexe du cerveau d’une personne » (une hypothèse devenue courante qui provient de la tradition médicale), nous pouvons bien utiliser le même mot, mais nos cadres conceptuels n’ont presque rien en commun (par exemple, votre « genre » a une base biologique, alors que la caractéristique définissant mon concept du « genre » est qu’il n’en a pas).

Cette situation ennuie particulièrement celles des féministes qui ont l’impression d’avoir perdu « leur » mot. Mais l’on pourrait se demander à quel point nous avons vraiment besoin de cette expression. Elle ne provient pas d’une analyse politique féministe ou d’un militantisme populaire ; elle appartenait au registre académique (et demeure surtout utilisée, nous disent les corpus, dans des contextes universitaires). De nombreuses analyses féministes classiques de la condition sociale des femmes (comme le Deuxième sexe de Beauvoir, la Dialectique du sexe de Firestone et Femmes, race et classe d’Angela Davis) n’utilisent jamais ce mot.

Ces dernières années, je suis devenue plus prudente quant aux moments et aux façons dont j’utilise le mot « genre », puisque dans certains contextes et pour certains publics, je sais que le sens que je lui donne n’est peut-être pas clair. Aujourd’hui, je me demande s’il existe des contextes où je ne pourrais vraiment pas m’en passer. Comme je l’ai dit, beaucoup de féministes dans le passé ont très bien réussi sans y faire appel. Peut-être que ce qui était assez bon pour Simone de Beauvoir et Angela Davis devrait être assez bon pour moi.

Version originale : https://debuk.wordpress.com/2016/12/15/a-brief-history-of-gender/

Traduction : TRADFEM

 

[1] Ce qui est désigné par « il » dans cette citation est le travail de l’anthropologue culturelle étatsunienne Margaret Mead. Mead elle-même n’a pas utilisé le mot « genre », mais dans ses livres Mœurs et sexualité en Océanie (1963) et L’un et l’autre sexe (1966), elle rend compte du caractère variable des qualités et des rôles sociaux des hommes et des femmes dans diverses cultures, analyses qui ont préfiguré, et dans certains cas directement influencé, les discussions ultérieures sur le genre chez les spécialistes des sciences sociales et les féministes. (On trouve un court mais excellent compte rendu de la contribution de Mead à cette histoire ici).

[2] Un ouvrage universitaire qui a examiné à la fois les concepts de sexe et de genre et leur terminologie de façon assez détaillée est Sex, Gender and Society de la sociologue Ann Oakley, publié pour la première fois en 1972 et maintenant considéré comme un classique féministe (il a été réédité cette année dans une nouvelle édition complétée par une préface rétrospective de l’autrice). Le livre traite des travaux de Margaret Mead, ainsi que du travail de Robert Stoller et John Money. La nouvelle préface d’Oakley fait également brièvement allusion à Mathilde Vaerting, une quasi contemporaine allemande de Mead qui a écrit sur la façon dont les sociétés construisaient les hommes et les femmes comme à la fois différents et inégaux dès 1921. (On trouvera quelques éléments d’information sur Vaerting ici.)

On lira également de Debbie Cameron et Joan Scanlon: « Qu’est-ce que le genre? D’où vient la confusion qui l’entoure? » ici, et « Genre et sexualité : convergences et divergences du féminisme radical et de la théorie queer », ici.

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