Je me méfie des hommes « féministes »… et vous devriez le faire aussi

Par Alicen Grey, juillet 2015

homme-suffisant

Si vous êtes un mec qui lisez ceci et que vous vous considérez comme un féministe, alors j’ai simplement quelques questions pour vous:

Êtes-vous plus susceptible d’arrêter de soutenir l’industrie du porno parce qu’elle exploite et brutalise violemment des femmes – ou parce que vous avez regardé trop de porno et que maintenant votre bite ne fonctionne plus très bien? 😦

Si chaque femme féministe dans le monde se réveillait un jour et décidait que les hommes ne sont pas autorisés à se dire féministes, respecteriez-vous cette limite en comprenant que vous n’avez pas droit à tout ce que vous voulez – ou vous battriez-vous pour votre droit à vous approprier un mot destiné aux femmes, et aux femmes seules?

Avez-vous commencé à vous qualifier de féministe parce que vous avez un désir réel d’abandonner les façons dont vous bénéficiez du patriarcat – ou parce que vous pensiez que des femmes vous trouveraient plus intéressant si vous vous appropriiez leur identité?

Et aviez-vous le moindre intérêt pour les enjeux des femmes (avortement, écart salarial, harcèlement de rue, objetisation sexuelle dans les médias) avant de prendre conscience du féminisme – ou avez-vous attendu jusqu’à ce qu’on vous dise que les hommes aussi souffrent du patriarcat avant de vous inquiéter de ce qu’il inflige aux femmes?

Si cela n’est pas déjà tout à fait évident, chers Hommes Féministes, je me méfie de vous. (Ouais, je sais, « Mais pas de moi ! », « Pas de tous les hommes! », Ugh, quoi que ce soit, taisez-vous.)

Je me méfie de vous, parce que j’ai remarqué une chose :

Au moment de discussions sur le racisme, je n’ai jamais entendu d’alliés blancs dire: « Je suis soucieux de cette question parce que la suprématie blanche nuit aussi aux Blancs! »

Et lors de discussions sur la pauvreté, je n’ai pas entendu de militants riches dire des choses comme, « Je me soucie de cette question parce que les riches souffrent aussi de l’oppression de classe! »

Alors pourquoi, grands dieux, pourquoi est-ce que je continue à entendre des hommes féministes dire, « Je me soucie de cette question parce que la suprématie masculine nuit aussi aux hommes! »

Maintenant écoutez-moi. Je ne suis pas ici pour vous dire que ce n’est pas vrai. Que les hommes soient ou non également victimisés par le patriarcat n’est pas la question. Ce que je suis venue vous dire, c’est que si votre version du « féminisme » met au premier plan les besoins des hommes, eh! bien mes chéris, ce n’est pas du féminisme.

Chaque fois que j’entends la phrase « Les hommes souffrent aussi! N’oubliez pas les hommes! », cela ressemble beaucoup trop à « Les femmes veulent que nous cessions d’exploiter nos privilèges afin qu’elles puissent vivre en paix et sans peur. D’accord, cool, cool. Mais qu’est-ce que moi, j’ai à y gagner? »

Être un véritable allié des féministes, être pro-féministe, signifie comprendre certaines choses :

  • Il est patriarcal de ne valider la douleur des femmes que lorsque elle est tangentielle à une douleur masculine.
  • Il est patriarcal de ne reconnaître les femmes et leurs besoins qu’en relation avec vous et vos besoins.
  • Il est patriarcal d’insérer des rappels de votre condition masculine dans chaque conversation spécifique à la condition des femmes.

Rappel amical : si vous êtes un homme vivant dans un patriarcat, ce qui signifie que vous bénéficiez du patriarcat à presque tout moment, le fait de vous qualifier de féministe ne vous empêche pas de perpétuer la suprématie masculine. Oui, vous m’avez bien entendu : même l’acte de vous qualifier de féministe peut être patriarcal.

Et la seule façon de savoir si votre « féminisme » demeure ou non patriarcal, c’est de vous livrer à cette démarche inconfortable que l’on appelle l’introspection. Demandez-vous : « Quand je me qualifie de féministe, qui en profite principalement? Les femmes? Ou moi? »

Et, en passant, un mot pour vous toutes, les femmes féministes qui lisez ces lignes : n’allez pas penser que je m’apprête à vous laisser vous défiler.

Je suis tellement déçue de nous.

Lorsque nous présentons à des hommes nos points de vue féministes, nous perdons tellement, tellement de temps à chercher désespérément leur approbation et leur validation. Tellement de temps à faire tout en notre pouvoir pour nous dissocier du stéréotype de « la misandre ». (J’écris « nous » parce que j’en suis coupable moi aussi.)

Je comprends la situation, vous savez. J’ai souvent été dans cette situation inconfortable, quand j’essaie d’expliquer mon féminisme à un homme qui pense que le féminisme est stupide, et il rigole, se moque de moi, est condescendant, m’interrompt et me rabaisse. Je connais cette honte et cette humiliation, et je sais pourquoi nous faisons tout notre possible pour éviter de se sentir de cette façon. Je peux apprécier les motivations qui nous amènent à vouloir rendre le féminisme attrayant pour les hommes.

Mais nous devons cesser de prétendre que rendre le féminisme plus acceptable pour les hommes est indicatif de progrès réalisés pour les femmes. Toute personne qui se dit féministe, indépendamment de son sexe, doivent réfléchir aux questions suivantes :

Qu’en serait-il si le Patriarcat ne nuisait pas aux hommes?

Si nous vivions dans un monde où les hommes ne sont que bénéficiaires du Patriarcat, ne s’en trouvent jamais désavantagés?

Les hommes seraient-ils alors justifiés de ne pas se soucier de la douleur des femmes? Du traumatisme collectif vécu par les femmes? De notre peur, notre désespoir et notre asservissement mondial?

La réponse est non, n’est-ce pas? Parce que la prémisse voulant que les enjeux des femmes ne sont pertinents que lorsque le problème s’étend aux hommes est complètement tordue, n’est-ce pas? Bon.

Alors, pourquoi faisons-nous activement la promotion d’une sorte de féminisme qui repose confortablement sur cette prémisse?

Je dis : Nous ne devrions pas le faire.

Cette idée est controversée, je sais. Mais je parle sérieusement. Nous ne devrions pas faire appel à la sensibilité, la fragilité des hommes, quand nous parlons de nous-mêmes et de nos besoins spécifiques de femmes. Parce qu’il est, vous l’avez deviné, patriarcal d’attendre des femmes de nous modifier, de nous rétrécir, de nous étouffer, de nous censurer, et de nous cacher, dans le seul but d’accommoder et de réconforter les hommes. Nous le faisons depuis des années, et je suis fatiguée, et je sais que vous êtes fatiguées aussi.

Je vous laisse avec un concept auquel réfléchir :

L’empathie.

Être émue par les sentiments d’une autre personne, même si vous ne partagez pas leur situation.

« Les hommes souffrent aussi du patriarcat » est un slogan néfaste et contre-productif, parce que même si cette phrase est vraie, elle perpétue l’idée que les sentiments des femmes, leurs besoins et leurs situations de crise ne sont pas pertinents tant que les hommes ne décident pas qu’ils le sont.

Un slogan plus productif, serait : « Les femmes souffrent du patriarcat et c’est une raison suffisante pour y mettre fin. »

Voilà ce à quoi ressemble l’empathie. C’est ce que nous devrions encourager chez nos alliés masculins. Et en attendant le jour où plus d’hommes féministes masculins seront plus motivés par l’empathie plutôt que par le faux «féminisme» narcissique et axé sur les hommes qui semble de plus en plus populaire de nos jours, je continuerai à dire que je me méfie des hommes « féministes » et que vous devriez le faire aussi.

Version originale : https://medium.com/@alicengrey/i-m-suspicious-of-male-feminists-and-you-should-be-too-441055a2e614#.4200vw8u2

(Deuxième partie)

Pas tous les hommes? Eh bien, en fait …

Le mois dernier, j’ai écrit un petit texte provocateur (ci-dessus) sur les hommes « féministes ». Fondamentalement, mon article mettait l’accent sur une série de questions, incitant les hommes à faire un peu d’introspection quant à pourquoi ils se disent féministes.

Après avoir écrit cet article et avoir lu (à tort?) des réponses outragées dans divers réseaux sociaux, j’ai appris une leçon précieuse : les femmes ne devraient jamais, jamais remettre en question des hommes. Même si l’immense majorité de tous les crimes violents dans le monde sont commis par des hommes. Oh, et n’oubliez pas que toutes les industries les plus destructrices du monde – par exemple, l’agriculture industrielle, la nécrotechnocratie, le trafic sexuel, le complexe industriel militaire, etc. – sont dominées et gérées par des hommes.

On s’attend à ce que les femmes ignorent poliment ce fait, tout à fait vérifiable et universellement cohérent, pour la seule raison que les hommes n’aiment pas qu’on leur rappelle le fait que leur classe de sexe est de façon démontrable, incontestable, indisputable, globalement et historiquement plus violente que la nôtre. Ils font toute cette merde, ou ils regardent passivement les autres hommes faire toute cette merde, et puis ils ont le culot de se dire offensés quand des femmes en viennent à se méfier d’eux.

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Le culot!

Que se passe-t-il lorsque vous énoncez ce fait évident, cette réalité, cette vérité que les hommes en tant que classe sociale sont plus violents que les femmes à des taux grossièrement disproportionnés, dans le monde entier, sans distinction de race, de religion ou de classe sociale? Les hommes font ce qu’ils ont été conditionnés à faire quand quelqu’un dit quelque chose qu’ils ne veulent pas entendre: ils se mettent en colère. Et ils savent VRAIMENT comment se mettre en colère! C’est comme si le scénario était écrit à l’avance… Chaque fois qu’une femme essaie de faire allusion à la violence machiste, même quand elle est polie comme un gâteau, les zhoms débarquent en bataillons pour la faire taire avec des blagues sexistes du genre « prépare-moi un sandwich » ou des insultes comme « suce-ma-bite » et « espèce-de-connasse » et « je-vais-te-crever-un-de-ces-soirs ». Malheureusement, la plupart des femmes plient face à ces agressions. Parce que, oui, la colère des hommes est terrifiante. Essayez de parler de la violence masculine, et des hommes vont inévitablement faire dérailler la conversation avec … encore plus de violence masculine. #LOLgique, non?

Si je me souciais le moindrement de ce que les hommes pensent de ce que je dis, j’aurais probablement écrit après ce dernier paragraphe un propos rassurant comme « JE N’AI PAS DIT QUE TOUS LES HOMMES SONT VIOLENTS! J’AI DIT QUE LA PLUPART DES VIOLENCES SONT COMMISES PAR DES HOMMES! ALORS SI VOUS N’ÊTES PAS VIOLENT, VOUS N’AVEZ PAS À VOUS EN FAIRE 🙂 CE N’EST PAS DE VOUS QUE JE PARLE 🙂 🙂 🙂 alorsnemetuezpass’ilvousplait »

Mais merde, je refuse d’écrire cela parce que je m’en fous. Allez-y, mettez-vous en colère. Si vous êtes le type de mec qui ne peut pas garder son sang-froid quand une journaliste à peine connue de Medium (coucou) énonce ce fait, que la violence est généralement un phénomène masculin, alors vous êtes exactement le genre de mec auprès de qui je refuse de perdre mon temps. La réalité n’est pas en débat, désolé. Et il ne vous suffira pas de me demander si j’ai mes règles, de m’accuser de « me méfier également des plantes en pot » ou de m’étiqueter « misandre » pour modifier cette réalité ou même pour m’empêcher d’écrire à son sujet. Ces tentatives de déstabilisation politique peuvent fonctionner avec d’autres personnes, mais ce genre d’expressions faciales ont cessé de m’affecter depuis des années.

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Je ne sais pas ce que vous espérez accomplir avec ce genre de grimace.

Vous êtes toujours là? Merci, mille mercis. Maintenant, voici ce dont je veux réellement parler :

Les hommes ne sont pas les seuls à se sentir offensés lorsqu’ils sont confrontés aux statistiques stupéfiantes sur la violence masculine mondiale. Des femmes ont aussi cette réaction. À en juger par certaines réponses offusquées à mon article, il semble que certaines femmes (lire: certaines hétéros) craignent que je leur demande de larguer leur copain et de s’en aller vivre dans une commune lesbienne séparatiste. Ne vous inquiétez pas, je ne le fais pas. Pas encore.

Ce que je nous demande de faire (« nous » = les femmes féministes), c’est de tenter une approche différente du féminisme.

Le féminisme traditionnel a l’habitude de mettre l’accent sur la victimisation des femmes. Ainsi:

  • 1 femme sur 6 sera violée au cours de sa vie.
  • 1 femme sur 4 sera agressée par un partenaire intime.
  • Les femmes ne gagnent que ____ cents par dollar gagné par un homme blanc (le chiffre varie selon l’appartenance ethnique de la femme, son statut d’invalidité, etc.)
  • Les femmes sont représentées de manière injuste et déshumanisante dans les médias

Vous avez déjà entendu tout cela et n’avez pas besoin que je le répète ici. Et oui, il est important de reconnaître les femmes qui sont battues, les femmes qui sont violées, les femmes qui sont appauvries. Quelqu’un a besoin d’être la voix qui relaie leurs récits.

Mais un problème affectant la rhétorique sur la victimisation est la facilité avec laquelle des antiféministes peuvent l’exploiter pour faire dérailler ces conversations. « Les hommes aussi sont violés / battus / assassinés!’, s’écrient-ils. Et c’est vrai. Ces crimes existent. Il est trop facile de faire échouer une conversation sur la victimisation en faisant du statut de victime une compétition. (On parle même de Jeux olympiques de l’oppression…)

Un autre problème avec la rhétorique féministe traditionnelle est qu’elle dépeint ces femmes victimes comme si elles existaient dans le vide. Comme si elles arrivaient de nulle part. Cette femme couverte d’ecchymoses s’est soudainement matérialisée! C’était si bizarre! Holà, en voici une autre! Et une autre! Mais d’où peuvent-elles provenir?

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« On dirait une sorte de voyage dans le temps… »

Arrêtons de charrier. Arrêtons de prétendre que la violence arrive spontanément aux femmes, ou que les choses sont comme ça, et que l’on ne sait pas d’où viennent les blessures collectives infligées aux femmes.

Osons le processus de questionnement tant redouté!

« Les femmes sont violées » – oui, mais par qui?

« Les femmes sont agressées » – oui, mais par qui?

« Les femmes sont appauvries » – oui, mais par qui?

« Les femmes sont injustement représentées dans les médias » – oui, mais par qui?

« Des hommes aussi sont violés / battus / assassinés! » – oui, mais par qui?

C’est bon, vous pouvez le dire. C’est par des hommes. Si vous voulez parler des victimes de la violence, vous devez parler des auteurs de cette violence.

Je comprends pourquoi les femmes ne veulent pas défier les hommes aussi directement. Nous partageons cette planète avec eux. Et il n’y a pas beaucoup de choses plus effrayantes que la perspective que la moitié de l’humanité ne peut être digne de confiance.

Aussi: nous aimons les hommes. Nous ne faisons pas qu’aimer les hommes, nous les aimooo00Ooooo0OO0ooooOOOooons. Ce sont nos frères, nos pères, nos oncles, nos fils, nos amis, nos partenaires, nos mentors…

Mais, comme l’a si bien dit l’écrivain James Baldwin: « Si je vous aime, je dois vous faire prendre conscience des choses que vous ne voyez pas. »

Le fait de nommer le problème ne fait pas de vous une misandre ou une bitch ou une conne. Cela vous rend consciente. Cela signifie que vous êtes saine d’esprit. Et soyons réaliste, que vous soyez féministe ou non, polie ou non, du moment que vous êtes une femme, ils vous balanceront des insultes misogynes de toute façon. Comme le disait Mary Daly : « Je sais que je serai punie tout autant pour être un tout petit peu féministe que pour l’être sans réserve. Alors j’y vais sans réserve. »

Allons-y sans réserve, voulez-vous?

alicen-greyAlicen Grey

Version originale : https://medium.com/@alicengrey/not-all-men-well-actually-2d491d53dec4#.ksm7gzyow

Traduction : Martin Dufresne, pour TRADFEM avec l’accord de l’autrice.

 

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21 réflexions sur “Je me méfie des hommes « féministes »… et vous devriez le faire aussi

  1. Je suis un homme et je me considère comme féministe. Pour moi être féministe consiste à chercher à abolir au quotidien les distinctions purement sociales entre hommes et femmes. Vous vous méfiez de moi parce que, selon vous, en faisant ça j’aurais des arrières pensées, je voudrais également me poser en victime du patriarcat, je voudrais défendre la « cause » de l’homme dans le féminisme. Et à chaque fois que vous faites ça, vous parlez pour moi. Qu’en savez-vous réellement ? Il y a, sous-jacente, l’idée que l’on ne peut défendre sincèrement que ses propres causes. Et si on défend celles des autres, il y a sans doute quelque chose de faux, d’hypocrite dans la démarche. Sincèrement, j’espère que vous avez tort.

    Après, vous pouvez continuez de vous méfiez de moi et de mes engagements, que voulez que ça change pour moi ? Je continuerais à vivre ma vie selon mes convictions. Finalement, ils n’engagent que moi.

    • Il me semble que c’est plutôt vous qui parlez pour les autres, en ignorant complètement les propos de l’autrice pour leur substituer votre interprétation.

  2. Que dire, si ce n’est que vous avez raison?

    Je veux dire, c’est avant tout une question de justice et de souci des autres, peu importe que je sois victime ou pas dès lors que d’autres le sont.

    Mais… Malgré ça, il existe une différence fondamentale entre nous.
    C’est que, peu importe que ça nous déglingue ou pas, on y gagne. On est du « bon » côté de la barrière. On a appris ces comportements violents qui nous permettent d’assoir notre domination, domination dont nous profitons. On a appris à se mettre en avant pour gagner du prestige et de l’admiration, y compris dans les milieux féministes.
    Du coup, même si on fait gaffe, on peut, y compris sans s’en rendre compte, se comporter parfois d’une façon merdique.
    De plus, vu qu’on a le choix entre une place au chaud et une place moins au chaud, ferons nous le choix le plus juste, le plus moral, si nous avons le dos au mur? Ou obérions nous à notre petit égoïsme et vous laisserons-nous tomber?

    Au mieux, nous pouvons être des alliés œuvrant contre notre propre camp. Ce genre de position a toujours été précaire. Je ne me fais pas confiance pour être un bon allié, et il me semble normal que vous vous méfiez aussi.

    Et la violence, non mais sérieux, tellement!!!!!! Je trouve ça hallucinant qu’on en parle pas plus. Symptomatique, aussi.

    Bon courage.

  3. La mention des violences, envers les femmes ou les hommes, qui sont majoritairement perpétuées par des hommes suffit effectivement à justifier cette méfiance. C’est un réflexe de survie, quand t’as une chance sur six d’être agressée sexuellement par un mec, et par un mec que tu connais de surcroît. Le fait que le patriarcat nuise aux femmes est une raison nécessaire et suffisante pour l’abolir. Et le verbe « nuire » est un euphémisme, quand on voit que ça conduit à un manque de 100 millions de femmes dans le monde, soit à des féminicides.
    (Amartya Sen, « 100 millions women are missing », New York Review of Books)

    Et si l’homme se dit féministe et non-violent, le problème gagne en complexité…

    Quand on voit que dans les associations féministes qui incluent les hommes ces derniers finissent par reproduire des dominations genrées et à prendre le pouvoir dans l’association de manière non-représentative (id est une proportion d’hommes dans les prises de décisions bien plus grande que la proportion totale d’hommes dans l’association), clairement, la méfiance est de mise.
    Et quand ils s’engagent sans prendre le pouvoir et mènent des groupes de réflexion entre hommes pour se poser la question de leurs pratiques de domination, ce qui apparaît comme une démarche saine, la conversation s’éteint très vite. L’introspection ne fonctionne que rarement. Ou alors ça dérive sur l’oppression patriarcale que les hommes subissent, et prend la forme de plaintes communes, mais pas de recul sur leurs propres pratiques de cette même domination.
    (Cahiers du Genre, n°55, 2013, Alban Jacquemart, « L’engagement féministes des hommes, entre contestation et reproduction du genre »)

  4. Je ne suis pas journaliste.
    Je ne suis pas une femme.
    Je n’ai sans doute ni l’expérience ni le « statut » pour parler de ce sujet selon beaucoup de personnes.
    Mais je viens de lire un article (article très bien élaboré, écrit par Alicen Grey pour Medium et traduit par Martin Dufresne pour TRADFEM) qui remet en cause le fait que je puisse me considérer comme jeune gars féministe : « Je me méfie des hommes « féministes » et vous devriez le faire aussi. » Pourquoi ? Pour de multiples raisons.
    Parce que je ne combat pas pour les bonnes raisons :
    – 1 : Il semblerait que je sois susceptible de m’opposer à l’industrie du X uniquement dans le cas de figure où, je cite, « ma bite ne fonctionnerait plus très bien » (glamour) à force d’en avoir trop regardé.
    – 2 : Il semblerait que, si d’un coup les femmes disent que « les hommes ne sont pas autorisés à se dire féministes », je serais en tort de me battre pour pouvoir revendiquer mon mode de pensée parce que je m’approprierais « un mot destiné aux femmes, et aux femmes seules », et je devrais comprendre que je ne peux pas avoir tout ce que je veux.
    – 3 : Il semblerait que je me qualifierais de féministe pour paraître plus intéressant auprès des femmes.
    – 4 : Et il semblerait que je n’ai pris conscience du féminisme que lorsque qu’on m’a dit que je pouvais moi aussi souffrir du patriarcat.
    5 : Parce que si je dis que le patriarcat peut parfois nuire aux hommes, je vais forcément chercher à mettre cette idée au premier plan, afin en quelque sorte d’écraser les idées visant à satisfaire les besoins des femmes.
    6 : Parce que si je suis féministe, en gros, c’est uniquement pour mon intérêt personnel.
    Parce qu’au final il serait patriarcal de me sentir féministe, et encore plus de me qualifier de féministe.
    7 : Parce qu’un homme qui exprime sa sensibilité (oui ça peut arriver, c’est fou) lorsqu’une femme va lui asséner des choses de manière parfois un peu piquante (litote) (enfin je me rappelle plus j’ai eu des notes de merde au bac de français), eh bien il sera dans une démarche patriarcale, en cherchant à ce qu’elle « se modifient, se rétrécissent, s’étouffent, se censurent, se cachent, dans le seul but d’accommoder et de réconforter les hommes. ».
    8 : Parce que « l’immense majorité de tous les crimes violents dans le monde sont commis par des hommes. », que notre « classe de sexe est de façon démontrable, incontestable, indisputable, globalement et historiquement plus violente », et que donc je suis en tant qu’homme plus violent qu’une femme.
    9 : Parce que l’homme féministe va chercher à se victimiser, en parallèle aux horreurs que subissent les femmes, comme pour dire « eh, moi aussi j’ai mal ouyouyouy, ça veut dire que je ne suis pas responsable si t’as mal » (essayez de trouver la logique dans cette phrase, mais vous y arriverez pas)

    Alors.
    1 : Ma bite fonctionne très bien, bien que je regarde occasionnellement du porno. Et à ce que je sache, beaucoup de filles dans mon entourage font la même chose.
    2 : Je revendique mon mode de pensée si je veux, et je me bats pour lui si je veux, à ce que je sache ça ne porte pas atteinte au mouvement féministe.
    3 : Si je suis féministe, c’est pour faire entendre mes valeurs et mon sens de la justice, pas pour faire l’intéressant.
    4 : J’ai pris conscience de l’importance du féminisme dès que j’ai vu des gamines à l’école subir un traitement différent des garçons. J’ai mis du temps à comprendre qu’elles n’étaient pas les seules à en souffrir : « Pleure pas t’es pas une fille. ». Pour beaucoup ça semble inoffensif, mais je peux te dire qu’un être humain qui ne pleure pas, ou peu, est en mort lente au fond de lui.
    5 : Quand j’évoque la souffrance d’un garçon face au patriarcat, je ne viens pas le mettre au premier plan, j’essaie juste de faire entendre un minimum ma voix, même si certain(e)s pensent qu’elle n’est pas légitime. Parce qu’on n’expérimente pas certaines de vos souffrances, mais vous n’expérimentez pas certaines des nôtres.
    6 : Si je suis féministe c’est parce que j’ai un sens de la justice, pas par intérêt personnel.
    7 : J’exprime ma sensibilité face à la violence, qu’elle vienne d’une femme ou d’un homme. La base de la relation humaine et du respect de l’autre, c’est prendre en compte sa fragilité quand on s’adresse à lui. Et aux dernières nouvelles, je ne me sens pas bridé ou étouffé lorsque je respecte une personne et que je lui dis les choses posément.
    8 : Je suis un gars non-violent (antithèse pour certain(e)s) et un rappeur féministe (WOW ! DOUBLE ANTITHESE !). D’ailleurs, je dis ça qu’en me basant sur mon expérience personnelle mais bon : Plus de filles m’ont gueulé dessus que je n’ai gueulé sur les filles.
    9 : Je ne cherche pas à me victimiser, et les gars qui font ça sont juste cons, ça sert à rien de leur prêter de l’attention ils ne cherchent que ça.

    Le mouvement féministe pourrait aller tellement plus loin que vers la division entre hommes et femmes. Il pourrait aller vers plus d’unité, à travers l’apprentissage de nos différences.
    Mais bon, en plus d’être un monstre né privilégié, peut-être que je suis aussi un fou pour oser avoir des rêves, les exprimer et me battre pour eux ?
    Merci d’avoir lu.

    Joseph Rumelhart, alias MOJO. 25/11/2016.

    • Monsieur,
      Je vous remercie d’avoir trouvé l’article de Madame Grey très bien élaboré. Mais vous lui faites un faux procès en affirmant qu’elle « remet en cause le fait que je puisse me considérer comme jeune gars féministe ». Elle invite plutôt les proféministes à s’interroger sur des déviations que j’ai moi-même souvent observées, en disant « J’ai simplement quelques questions pour vous ». Il s’agit d’avertissements, très judicieux selon moi, sur certaines tendances et des tactiques dont font preuve, parfois involontairement, certains hommes se disant féministes et certains journalistes (par exemple, ne dénoncer le porno que dans la mesure où il entraîne de la dysfonction érectile à long terme).
      Libre à vous de ne pas vous reconnaître dans le portrait qu’elle brosse, mais j’incite nos lectrices et lecteurs à lire ce texte* eux-mêmes, autrement qu’à travers la lentille déformante de votre ironie un peu lourdingue. (Sans parler de votre paternalisme (« Le mouvement féministe pourrait aller tellement plus loin… ») et de l’inversion qu’il y a à blâmer des femmes pour « la division entre hommes et femme ».
      En fait, pour vous donner la réplique dans votre registre, je vous signale que votre commentaire est une illustration patente de la « Loi de Lewis »: «tout commentaire sur un article sur le féminisme justifie le féminisme»…

      *L’article de Madame Grey est au https://tradfem.wordpress.com/2016/11/13/je-me-mefie-des-hommes-feministes-et-vous-devriez-le-faire-aussi/

  5. Je trouve l’ensemble un peu réducteur et généralisant.
    Je suis un homme et je me dis féministe, non pas parce que je souffre du patriarcat, mais parce que je considère que chaque être humain, qu’il soit blanc, noir, femme, homme, homo, hétéro ou que sais-je, doit être traité avec le même respect et les mêmes droits.

    Et pourtant, étant gay, c’est malheureusement le cas quand même puisque la misogynie et le patriarcat sont la source de très nombreuses discriminations qui placent l’homme blanc hétéro cisgenre comme dominant, dès lors, si vous ne répondez pas à ces 4 critères, vous êtes discriminés… Et on va bientôt pouvoir ajouté le critère « riche » à la liste d’ailleurs…

    Personnellement je me bats pour que tout un chacun ait les mêmes droits, et le même respect, sans distinction de genre, de sexualité ou d’origine.

    • Vous ne précisez pas ce en quoi le texte que vous commentez serait « réducteur et généralisant ». Les hommes ont bel et bien une politique de classe, une attitude commune à l’égard des femmes (qui sévit également entre gays) et ce n’est pas généraliser indûment que de le reconnaître. Même s’il est vrai que les gays sont discriminés, vous avez tort de ne pas reconnaître que les féministes luttent contre toutes les discriminations, y compris l’homophobie, et que bien des gays luttent à leurs côtés, par exemple John Stoltenberg, dont nous avons traduit l’ouvrage « Refuser d’Être un Homme ».

  6. (J’ai déjà envoyé ce commentaire il y a environ une semaine mais il s’est perdu dans les sables…)

    La plupart des hommes ne savent pas grand-chose des violences faites aux femmes. Ils ont eu la chance de ne pas les avoirs vues de leurs propres yeux et peu d’occasions, sinon aucune, d’en entendre parler. Cela n’excuse rien, c’est juste un constat.

    Merci aux féministes, non seulement elles luttent pour les femmes, elles aident aussi les hommes à comprendre leurs compagnes. Si les femmes pouvaient les entendre, elles aussi…

    (Si vous trouvez cette dernière remarque bizarre, lisez le formidable ouvrage – glaçant – de la sociologue belge Ducret, « Le femme du dictateur ».)

    • « La plupart des hommes ne savent pas grand-chose des violences faites aux femmes. Ils ont eu la chance de ne pas les avoirs vues de leurs propres yeux et peu d’occasions, sinon aucune, d’en entendre parler. Cela n’excuse rien, c’est juste un constat. »
      Ce constat est erroné. La plupart des hommes baignent dans un bouillon de misogynie qui a nom la pornographie, l’humour sexiste, le mépris constamment affiché à l’égard des femmes. Les féministes en parlent depuis une cinquantaine d’années et ce n’est pas parce que les hommes se bouchent les oreilles qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’en entendre parler.
      Quant à votre tentative de détourner la critique vers des femmes, elle ne vous fait guère honneur.

  7. Je dirais même plus : méfiez-vous des hommes « féministes », SURTOUT ceux qui traduisent des textes féministes en français…
    Allez bisou.

  8. (Merci de publier, tout de même, ma réponse à vos reproches…)

    Abolissimo 08/12/2016 à 20:49 écrit: « La plupart des hommes baignent dans un bouillon de misogynie qui a nom la pornographie, l’humour sexiste, le mépris constamment affiché à l’égard des femmes. » « depuis une cinquantaine d’années »: Il y a 50 ans, cela veut dire dans les années 1966 qui ont culminé par la « révolution » de printemps 1968. Mai 1968 aurait-il eu une influence aussi désastreuse sur les relations entre les hommes et les femmes? Je pense plutôt le contraire.

    Il y a 50 ans, Internet n’existait pas et le « bouillon de pornographie » ne se déversait que sur ceux qui la cherchaient. Il fallait dépenser une certaine énergie pour la trouver. Avant cette époque c’était encore plus compliqué. Tous les hommes ne perdaient pas leur temps avec cela, loin s’en faut. Aujourd’hui la pornographie pullule sur Internet et atteint surtout les jeunes auxquels elle donne une image catastrophique de la sexualité, féminine, mais aussi masculine.

    Qui la diffuse? TOUS les hommes? Aucune femme? Pourquoi le font-ils? Les hommes par appât du gain, les femmes uniquement parce qu’elles sont victimes et n’ont pas d’autre moyen de « gagner leur vie »? Ne (vous) répondez pas trop vite…

    On peut chercher les coupables. Mais la question principale me semble être comment y remédier? Par la censure? Par rapport à la censure, et plus encore les motivations des censeurs je serais plutôt méfiant. Surtout par l’éducation? A l’école, bien sûr. Mais aussi dans des familles. Que suggérez-vous pour y parvenir? Question suivante: qui dispense l’éducation? Les hommes seuls?…

    « L’humour sexiste »: comment le définissez-vous? Pour moi ce seraient les blagues humiliant les femmes, éminemment condamnables. (Tout humour humiliant les humains me semble répugnant et, pourtant, les artistes qui le pratiquent ont toujours succès, auprès du public masculin comme féminin. On soigne ses complexes d’infériorité comme on peut…) L’humour n’aurait-il aucun autre rôle que de rabaisser les êtres? Est-ce que toute blague érotique est nécessairement sexiste? A mon avis, non. Autrement pourquoi les femmes riraient-elles des blagues érotiques?

    Quant au « mépris constamment affiché à l’égard des femmes » par la « plupart des hommes », je ne vous crois pas. Je ne sais pas quelle est votre expérience personnelle. En écoutant mes congénères masculins je ne constate pas la même chose. Par contre, depuis au moins deux mille ans les hommes sous-estiment l’intelligence des femmes et ont convaincu les femmes de partager cet avis. Cela continue à peser sur nous tous. Tel n’a pas été toujours le cas partout. Cela change lentement, en grande partie grâce aux luttes féministes.

    Vous me lancez: « Quant à votre tentative de détourner la critique vers des femmes, elle ne vous fait guère honneur. » Je ne détourne rien, mais vous semblez voir le monde en deux couleurs, noire et blanche. Donnez-vous donc la peine de lire « La femme du dictateur » que je cite (ou si vous aimez le théâtre, ma pièce « Toutes ces âneries sur les femmes (que les hommes racontent depuis la nuit des temps: elle est sur Internet ), regardez autour de vous toutes ces femmes affichant fièrement qu’elles partagent la vision misogyne des églises, observez leur vote en faveur des pires « macho » disponibles, tel Trump.

    Pui-je conclure en citant mon bien-aimé aphoriste Stanislaw Jerzy Lec? « Ne mettez pas tout dans le même sac, vous n’arriverez pas à le soulever. »

    • Et donc quoi? #notallmen? C’est ça votre grand message?

      Il peut y avoir des femmes sexistes, bien sûr. Elles ont grandi dans une société sexiste, qui leur a appris ce qu’était une femme bien, que les hommes et les femmes c’était différent… Et donc oui, forcément, certaines reproduisent des schémas sexistes, ne serait-ce que pour s’intégrer, parce que, dieu merci, elles ne sont pas féministes, même si, parfois… En quoi ça invalide le discours?

      Quand à l’humour, quel humour?
      Sous prétexte que « je rigole », je pourrais dire les pires saloperies, faire n’importe quoi, tout va bien, c’est pour rire, d’ailleurs, marie-chantal a rigolé elle aussi quand je lui ai fait « pouet-pouet »? Bon, faut dire, elle est cool, marie-chantal, pas comme cette coincée de charlotte avec ses idées féministes à la con.
      Voir aussi: Rémy Gaillard, Guillaume Pley…
      En attendant, je ne peux que vous conseiller de lire un peu sur l’humour non-oppressif.
      Et même si c’est un peu long, ce texte peut également vous aiguiller:
      http://www.egalitariste.net/2013/04/21/lhumour-est-une-arme/

      [Quant au « mépris constamment affiché à l’égard des femmes » par la « plupart des hommes », je ne vous crois pas.]
      [depuis au moins deux mille ans les hommes sous-estiment l’intelligence des femmes et ont convaincu les femmes de partager cet avis.]
      Euh… C’est pas du mépris ça? Je ne vous suis pas.
      Tout ça pour revenir sur l’idée que le sexisme, c’est quand même un peu la faute des femmes, même qu’il y en a que ça fait rire… Youpi!
      Question: Quel groupe social bénéficie du sexisme? Les femmes?

      Au final, j’aurais surtout 2 conseils à vous donner:
      – Faites un bon gros examen de conscience
      – Si vraiment vous n’êtes pas concerné par ce texte? Tant mieux pour vous: D’autres le sont. Tout ne tourne pas autour de vous 😉

    • Je suis désolé mais vos arguments sont si peu fondés que je perdrai pas plus d’une minute à le signaler.
      Vous faites simplement de l’obstruction.
      Basta!

  9. Le patriarcat est un phénomène social total, politique et économique. Le féminisme est un bouillon de culture dans un vase de Pétri. Mis au contacts des hommes, il peut s’écouler des années, voire des décennies, avant que la transformation n’opère. Les hommes ont été formatés dans le patriarcat comme Obélix dans la marmite est tombé. S’extirper de cela demande un effort continu et une prise de conscience radicale. À un moment donné tout homme aura à choisir son camp : « Resterai-je du côté des dominants ou serai-je de leur bord? »

    Pour ma part, je me méfie des hommes:

    — Qui ne connaissent pas l’histoire des femmes;
    — Qui n’ont pas lu les féministes;
    — Qui n’ont pas d’amies de femmes;
    — Qui n’ont jamais reçu les confidences d’une femme;
    — Qui n’ont jamais écouté une femme en détresse ou qui ne savent pas trouver les mots, les gestes;
    — Qui n’ont jamais travaillé avec des femmes;
    — Qui n’ont jamais eu une femme comme patronne;
    — Qui n’ont jamais voté pour une femme;
    — Qui n’ont jamais dénoncé l’injustice qui leur est faite;
    — Qui se disent féministes et qui ajoutent immanquablement un « mais, là, elles exagèrent »;
    — Qui ne s’intéressent pas à la culture des femmes, à leurs romans, films, musique, savoirs;
    — Qui trouvent leur conversation et préoccupations inintéressantes;
    — Qui doutent de la parole des femmes quand celles-ci dénoncent la violence sexuelle;
    — Qui n’ont jamais présenté d’excuses à une femme pour un geste, une parole déplacée;

    Ainsi de suite.

    S’ils se disent féministes, alors il faut passer tout cela à l’épreuve des faits et gestes. Les idées, on peut les manier et même en tirer avantage. Mais les faits, on ne peut les tordre à l’infini.

    De mon point de vue, je pense que les hommes ne peuvent pas se proclamer féministes. Un proverbe amérindien dit: «Ne juge aucun homme avant d’avoir marché avec ses mocassins durant deux lunes.» Quand bien même il le voudrait, aucun homme ne peut prétendre connaître le vécu d’une femme. C’est pourquoi il importe que les hommes se gardent une réserve dans leur adhésion au féminisme, sous peine d’usurper une parole qui n’est pas la leur. À cet égard, j’ai bien aimé, dans cet article, le rappel de l’importance de l’empathie. De plus, si les hommes pouvaient apprendre à se la fermer, une fois de temps en temps, cela serait grandement utile pour la suite des choses. S’ils pouvaient se taire et tout simplement apprendre à écouter activement, cultiver l’art d’une véritable conversation avec les femmes, je pense que les idées féministes pourraient faire beaucoup plus de chemin, de l’individuel au politique.

    • En répondant à votre liste de « Qui… » j’ai failli croire que j’étais un homme-féministe – jusqu’à lire votre dernière phrase « Ainsi de suite ». Comme je ne connais pas la suite…

      En réalité je ne me dis pas féministe. Le féminisme représentant la lutte des femmes pour leur égalité avec les hommes je le soutiens dans la mesure de mes faibles moyens, mais c’est à elles de se libérer de la soumission au pouvoir patriarcal. On peut enlever les chaines qui entravent les pieds des esclaves mais seuls les esclaves peuvent effacer celles que l’esclavage a incrustées dans leur esprit.

      Je considère la diversité humaine passionnante et enrichissante, à commencer par celle entre les sexes (puis-je avouer qu’elle ne m’a jamais cessée de fasciner et d’attirer ?) Je pense aussi que dans notre monde « globalisé » il est indispensable, sous peine de guerres sans fin, d’apprendre à accepter cette diversité dans toute son étendue. L’humanité doit apprendre à vivre ensemble mais ne saurait pas suivre un seul et unique modèle. (Si elle le faisait elle se suiciderait.)

      A part cela, je ne crois pas que les femmes soient meilleures que les hommes. Certaines le sont, d’autres pas, comme certains hommes sont formidables et d’autres odieux. Les généralisations sont toujours aberrantes. L’admettre ne diminue en rien l’utilité et la justesse de la cause féministe.

  10. J’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cet article et ressenti ce sentiment de, finalement, ne pas être seule à penser tout ça ! Merci !

  11. Je m’énerve à la moindre remarque sexiste dans une conversation, je déteste ceux qui tentent de ramener l’attention sur eux en disant « les hommes aussi… « , je n’ai jamais regardé de porno et j’ai commencé à prendre conscience qu’il y avait un problème en voyant dans un magasin de jouets un père refuser à sa fille un jouet « de garçon ».
    Pourtant je suis un homme.

    Question : Puis-je donc me considérer comme féministe ?

    • Je ne sais pas si vous pouvez vous considéré comme feministe ZQFMGB mais vous pouvez vous considéré comme un homme de plus qui commente un texte qu’il n’a pas lu et vous pouvez aussî vous considéré comme un homme de plus qui fait passer son ego devant les discriminations que subissent les femmes.
      Bravo a vous et merci à vous de validé une nouvelle fois la loi de Lewis.

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